{"id":8276,"date":"2017-01-26T20:00:16","date_gmt":"2017-01-26T19:00:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8276"},"modified":"2017-01-26T20:00:16","modified_gmt":"2017-01-26T19:00:16","slug":"danza-macabra","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8276","title":{"rendered":"Danza macabra"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Ath\u00e9n\u00e9e Louis-Jouvet | <a href=\"http:\/\/www.athenee-theatre.com\/saison\/spectacle\/la_danza_macabra.htm\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Danza macabra\u00a0\u00bb est la traduction italienne de \u00ab\u00a0d\u00f6dsdansen\u00a0\u00bb, en su\u00e9dois, ou \u00ab\u00a0la danse de mort\u00a0\u00bb. C\u2019est le nom d\u2019une pi\u00e8ce \u00e9crite en 1900 par August Stringberg, mettant en sc\u00e8ne un couple\u00a0: Alice, une com\u00e9dienne rat\u00e9e, son mari Edgar, un artilleur \u00e0 la retraite, et Kurt, un cousin d\u2019Alice. Luca Ronconi en donne une version moderne, o\u00f9 la verve caract\u00e9ristique de l\u2019italien souligne le comique latent de cette interminable sc\u00e8ne de m\u00e9nage. Adriana Asti et Giorgio Ferrara incarne ce couple malheureux et l\u2019entremetteur pass\u00e9, qui constate l\u2019\u00e9chec de ses man\u0153uvres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e Louis Jouvet que cette nouvelle interpr\u00e9tation de la pi\u00e8ce de Strindberg s\u2019est jou\u00e9e. La pi\u00e8ce commence alors qu\u2019Alice et Edgar envisage la possibilit\u00e9 de c\u00e9l\u00e9brer leurs noces d\u2019argent, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019anniversaire de leur vingt-cinq ans de mariage. Mais ce projet est d\u2019embl\u00e9e remis en cause par les personnages qui en sont \u00e0 l\u2019origine\u00a0: leur mariage semble n\u2019\u00eatre qu\u2019un d\u00e9sastre, et en c\u00e9l\u00e9brer la dur\u00e9e s\u2019assimile \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer l\u2019anniversaire de la mort de leur jeunesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couple vit dans une forteresse sur une \u00eele, enferm\u00e9 dans un espace clos qui semble n\u2019avoir d\u2019autre temporalit\u00e9 que celle qui est rythm\u00e9e par leurs innombrables altercations. Il est fait mention d\u2019un pass\u00e9 mythique concernant Alice et Edgar\u00a0: l\u2019une, \u00e9tait autrefois actrice et tr\u00e8s sollicit\u00e9e par les hommes, l\u2019autre, \u00e9tait un fier artilleur dot\u00e9 d\u2019une grande autorit\u00e9 sur ses soldats. Mais la relation des deux personnages les a r\u00e9duits \u00e0 un narcissisme \u00e9hont\u00e9 qui les mure dans leur propre tristesse. Dans une confrontation permanente, les personnages ne se parlent plus vraiment mais se lancent de violentes piques teint\u00e9es de regrets et d\u2019agressivit\u00e9 non dissimul\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9cor moderne est caract\u00e9ris\u00e9 par sa mobilit\u00e9, mimant le balancement des meubles dans un bateau au cours du passage d\u2019une sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019autre. Constitu\u00e9 d\u2019un sofa faisant office de lit, d\u2019un canap\u00e9 et d\u2019une petite estrade o\u00f9 se tient Alice au d\u00e9but et \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce, ces diff\u00e9rents espaces sont autant d\u2019obstacles \u00e0 la course poursuite et de cachettes qu\u2019utilisent les personnages d\u00e8s lors que la dispute devient terrifiante. La violence et l\u2019atmosph\u00e8re macabre qui se d\u00e9gage de la mise en sc\u00e8ne est soulign\u00e9e par l\u2019\u00e9clairage sombre qui donne aux personnages une mine blanch\u00e2tre comme s\u2019ils n\u2019\u00e9taient que des cadavres mus par les ficelles de la mise en sc\u00e8ne. Les objets dispos\u00e9s sur la sc\u00e8ne \u2013 t\u00e9l\u00e9graphe, sofa, chaise \u2013 ainsi que les costumes des personnages se d\u00e9clinent dans des teintes de noirs et de gris qui contribuent \u00e0 l\u2019aspect fun\u00e8bre de la pi\u00e8ce, \u00ab\u00a0farce tragique\u00a0\u00bb s\u2019il en est.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La th\u00e9matique de la mort est elle-m\u00eame abord\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises par le biais du recours \u00e0 la m\u00e9taphore du vampirisme. Au th\u00e9\u00e2tre tout est acte de parole, et le texte formule la volont\u00e9 des personnages de se mordre et de se faire du mal, entre la haine, la violence, et l\u2019amour. La mise en sc\u00e8ne a fait le choix de prendre au pied de la lettre ces actes de parole et de les faire \u00ab\u00a0actes sc\u00e9niques\u00a0\u00bb puisque les com\u00e9diens miment des morsures dans le cou des uns et des autres, comme une mani\u00e8re de soumettre l\u2019autre \u00e0 sa propre \u00ab\u00a0volont\u00e9 de pouvoir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Loin de la com\u00e9die de boulevard, cette pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne la violence du mariage et le regret de la jeunesse perdue. Sur le point de divorcer au cours du la pi\u00e8ce, les combines des uns et des autres \u00e9chouent et le malentendu se r\u00e8gle. La pi\u00e8ce finit comme elle avait commenc\u00e9\u00a0: la femme et le mari retournent \u00e0 leur emplacement sur la sc\u00e8ne et entament une conversation banale. Fermant la boucle, cette pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 une parenth\u00e8se et donne l\u2019aper\u00e7u d\u2019un mariage rat\u00e9\u00a0: un huis clos infernal.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Juliette Bonnet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre de son festival c\u00e9l\u00e9brant l&rsquo;art italien, le th\u00e9\u00e2tre Ath\u00e9n\u00e9e Louis Jouvet a accueilli du 12 au 29 janvier, la troupe du metteur en sc\u00e8ne Luca Ronconi pour sa pi\u00e8ce Danza Macabra, adaptation de la pi\u00e8ce de 1900 La danse de mort du su\u00e9dois August Strindberg. L&rsquo;auteur et sa pi\u00e8ce ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s par la post\u00e9rit\u00e9 mais Ronconi a su la remettre au go\u00fbt du jour. L&rsquo;histoire est noire et mouvement\u00e9e\u00a0; elle raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple vieillissant qui, apr\u00e8s vingt cinq ans de mariage, ne se supporte plus. Coinc\u00e9s, isol\u00e9s dans un bateau pr\u00e8s d&rsquo;une \u00eele, ils n&rsquo;attendent plus que la mort pour enfin \u00eatre d\u00e9barrass\u00e9s l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Ronconi a su transpos\u00e9 l&rsquo;histoire su\u00e9doise dans un contexte italien o\u00f9 les disputes et piques que le couple s&rsquo;envoient sont d&rsquo;autant plus \u00e2cres que d\u00e9lectables dans cette langue chantante. Alice, actrice rat\u00e9e qui remet la faute sur son \u00e9poux, est interpr\u00e9t\u00e9e par la c\u00e9l\u00e8bre Adriana Asti, qui a son actif a jou\u00e9 dans les films de Bu\u00f1uel, Pasolini et au th\u00e9\u00e2tre avec Visconti. Elle est mari\u00e9e \u00e0 un capitaine d\u00e9chu, Edgard, dont la parano\u00efa de ce dernier les pousse \u00e0 s&rsquo;isoler de tout, de leur famille m\u00eame du t\u00e9l\u00e9phone qu&rsquo;ils pensent \u00eatre sur \u00e9coute et pr\u00e9f\u00e8rent utiliser un t\u00e9l\u00e9gramme. Edgard est interpr\u00e9t\u00e9 par Giorgio Ferrara, qui, ironie du sort, est \u00e9galement le mari d&rsquo;Adriana Asti depuis quarante ans. L&rsquo;ironie est d&rsquo;autant plus forte que dans la vraie vie, ils forment un couple heureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le couple est rejoint par un cousin de l&rsquo;\u00e9pouse, Kurt, interpr\u00e9t\u00e9 par Giovanni Crippa, plein de vie, il parcourt le monde et revenant sur ses terres il est quelque peu forc\u00e9 de rendre une visite \u00e0 sa famille. Il ne quittera pas le navire, comme si c&rsquo;\u00e9tait un pi\u00e8ge dans lequel il n&rsquo;y avait aucune issue. C&rsquo;est l&rsquo;histoire du drame de la vie quotidienne, d&rsquo;un amour qui s&rsquo;\u00e9teint avec l&rsquo;\u00e2ge. Le couple ins\u00e9parable se d\u00e9teste et se conna\u00eet trop. Strindberg et Ronconi nous montrent des \u00e9poux qui savent tout l&rsquo;un de l&rsquo;autre et de cette communion s&#8217;empoisonnent. Les critiques et chicanes des acteurs entre eux sont antipathiques et m\u00e9disantes, c&rsquo;est presque \u00e0 celui qui sera le plus mauvais. Ils sont comme des vampires qui se sussent mutuellement le sang, la vie&#8230; D&rsquo;ailleurs plus d&rsquo;une fois dans un exc\u00e8s de folie, \u00e0 la surprise du spectateur, ils se pr\u00e9cipitent sur le cou de l&rsquo;autre comme s&rsquo;ils voulaient le mordre. Et le cousin n&rsquo;est pas \u00e9pargn\u00e9 non plus et se mettra lui-m\u00eame \u00e0 mordre&#8230; La vie s&rsquo;att\u00e9nue dans le navire et est contamin\u00e9e par la malveillance ambulante. Cependant, ils restent ensemble, ils \u00e9voquent leurs souvenirs, leur vie d&rsquo;avant. On suspecte tout de m\u00eame des moments de bonheur v\u00e9cus ensemble, mais ils sont bien lointains et enfouis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire est simple, l&rsquo;humour noir des personnages et de leurs r\u00e9pliques grin\u00e7antes nous les rendent attachants et macabrement dr\u00f4les. Le capitaine, plein d&rsquo;id\u00e9aux en t\u00eate, est un ancien g\u00e9n\u00e9ral et lors de sautes d&rsquo;humeur fr\u00e9quentes, il se croit encore comme tel\u00a0! Excit\u00e9 de patriotisme, voulant convaincre sa femme que le monde entier est contre eux, il parcourt la sc\u00e8ne, saute, danse et puis tombe par terre -\u00e9vanouissement ou crise cardiaque- sous les fous rires de l&rsquo;audience. Ce macrocosme reclus sur lui-m\u00eame nous rappelle les personnages de Beckett qui \u00e9voluent tant bien que mal dans un isolement pourrissant. La sc\u00e8ne est absurde d&rsquo;ailleurs, la seule chose qui les maintienne envie semble bien \u00eatre la danse. Malgr\u00e9 leur grand \u00e2ge, Alice et Edgard dansent ensemble ou s\u00e9par\u00e9ment\u00a0; pour r\u00e9animer Edgar de ses crises, Alice se met au piano et interpr\u00e8te le d\u00e9but de Entry of the Boyards de Halvorsen. Tout espoir semble \u00e9teint, seule l&rsquo;attente de la mort les obnubile et pourtant ils dansent encore et toujours. Et c&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a qui les maintient en vie, la danse- quand tout semble nous abandonner, on danse encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour mettre en sc\u00e8ne ce spectacle beaucoup de petites mains ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9es. Le travail sc\u00e9nique de Marco Rossi est tr\u00e8s int\u00e9ressant\u00a0: la sc\u00e8ne est mouvante. Un syst\u00e8me de rails install\u00e9s dans le sol de la sc\u00e8ne permet de faire d\u00e9placer de droite \u00e0 gauche tous les ornements pr\u00e9sents (fauteuils, canap\u00e9s, piano, t\u00e9l\u00e9gramme, lit sur\u00e9lev\u00e9), donnant une sensation de mobilit\u00e9, au gr\u00e9 des vagues. On ressent le\u00a0 mal de mer qui touche les com\u00e9diens. Tout est en noir et blanc. Le macabre de la sc\u00e8ne n&rsquo;\u00e9pargne pas les com\u00e9diens qui ont leurs visages blancs livides\u00a0; par un jeu de perruque, Adriana Asti nous d\u00e9voile au cours de la pi\u00e8ce ses vrais cheveux, d\u00e9coiff\u00e9s et tout blancs. La sc\u00e8ne, les acteurs, sont d\u00e9j\u00e0 presque morts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce est enti\u00e8rement en VO italien, les surtitres sont pr\u00e9sents sur des petits \u00e9crans sur les c\u00f4t\u00e9s de la sc\u00e8ne. La pi\u00e8ce qui dure 1h40, devient quelque peu pesante et longue vers la fin du fait des allers et retours des spectateurs non italophones entre les surtitres et la sc\u00e8ne. Cependant, l&rsquo;univers culturel italien outrepasse l&rsquo;espace sc\u00e9nique et va jusque dans le public du fait que beaucoup \u00e9tait eux-m\u00eames italiens ou du moins parlant la langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce spectacle sombre, pesant par moment, le spectateur est emport\u00e9 par l\u2019\u00e9nergie folle que d\u00e9ploie les com\u00e9diens \u00e0 se turlupiner, \u00e0 essayer d&rsquo;exister, \u00e0 danser, \u00e0 nous faire rire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Amandine Cheval<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que je me rendais pour la premi\u00e8re fois au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e Jouvet, ce 26 janvier 2017, pour assister \u00e0 la pi\u00e8ce Danza Macabra, je n&rsquo;avais que peu d&rsquo;id\u00e9e sur le sujet m\u00eame de cette mise en sc\u00e8ne en italien tir\u00e9e de l&rsquo;oeuvre du su\u00e9dois August Strindberg. La brochure r\u00e9v\u00e9lait qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de l&rsquo;histoire d&rsquo;un couple mari\u00e9 depuis vingt-cinq ans, le Capitaine, \u00e0 la retraite mais n&rsquo;acceptant pas de ne plus faire partie de l&rsquo;arm\u00e9e, et Alice, une actrice manqu\u00e9e n&rsquo;ayant jamais tenu de r\u00f4le important. L&rsquo;histoire s&rsquo;organise autour du rapide constat que ces deux personnages se d\u00e9testent, m\u00eame s&rsquo;ils n&rsquo;osent pas se dire \u00e0 quel point, et souhaitent plus que tout la disparition de l&rsquo;autre qui pourrait ainsi les d\u00e9livrer d&rsquo;un point de vue moral mais aussi physique. En effet, m\u00eame si le d\u00e9cor est effectivement tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9 et ne comporte qu&rsquo;une pi\u00e8ce dont seuls les meubles bougent, on apprend vite que le couple habite une ancienne forteresse enclav\u00e9e sur une petite \u00eele. Les personnages sont ainsi doublement enferm\u00e9s alors que la pi\u00e8ce commence. Dans ce contexte intervient un ancien ami que la famille n&rsquo;a pas vu depuis dix ans et qui remet en question l&rsquo;\u00e9quilibre fragile r\u00e9gnant dans le couple. Alternant les sc\u00e8nes o\u00f9 ce nouveau personnage est seul avec l&rsquo;un des membres du couple, on assiste \u00e0 ce qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une sc\u00e8ne de m\u00e9nage : le mari se plaint de sa femme et vice versa, cela s&rsquo;accompagne de toutes les exag\u00e9rations et mensonges qui sont de mise dans ce cas. Le seul int\u00e9r\u00eat de cette succession de dialogues est la mise en \u00e9vidence de la non-communication r\u00e9gnant dans le couple et qui est \u00e0 l&rsquo;origine de tous leurs probl\u00e8mes, dans le sens o\u00f9 leur enfermement moral se retrouve d\u00e9crit dans un enfermement physique, dont ils se rejettent chacun le tort : Alice pense que le Capitaine ne voudra jamais quitter l&rsquo;\u00eele alors que se dernier d\u00e9sesp\u00e8re de jamais convaincre Alice de partir de cet endroit. Apr\u00e8s quelques rebondissements sans r\u00e9elle construction (chaque membre du couple menace de se suicider ou de partir avec l&rsquo;ami juste arriv\u00e9), le nouvel arrivant finit par s&rsquo;enfuir et la pi\u00e8ce s&rsquo;ach\u00e8ve sur le m\u00e9nage \u00e0 nouveau r\u00e9uni et ne semblant plus avoir de probl\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me faut souligner l&rsquo;un des aspects les plus r\u00e9ussis de la pi\u00e8ce, la distribution des r\u00f4les dans le couple. Alice est interpr\u00e9t\u00e9e par Adriana Asti, figure connue du th\u00e9\u00e2tre italien alors que le Capitaine est jou\u00e9 par son mari depuis quarante ans, le metteur en sc\u00e8ne Giorgio Ferrarra. Si l&rsquo;on peut s&rsquo;amuser de ce clin d&rsquo;oeil, il est touchant de d\u00e9couvrir une telle complicit\u00e9 sur sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est l\u00e0 que la pi\u00e8ce \u00e9choue quelque peu \u00e0 mes yeux : le spectateur n&rsquo;entre jamais r\u00e9ellement dans le jeu de ces personnages, l&rsquo;intensit\u00e9 est absente tout au long de la pi\u00e8ce tant on n&rsquo;a pas l&rsquo;impression de cette haine suppos\u00e9e au sein du couple. \u00c0 aucun moment le spectateur ne doute du d\u00e9nouement, qui am\u00e8ne les personnages \u00e0 leur point de d\u00e9part sans qu&rsquo;ils ne se quittent ou ne disparaissent, m\u00eame s&rsquo;il est question de cela durant toute la pi\u00e8ce. En outre, la multiplication des actions est incoh\u00e9rente avec la longueur de la pi\u00e8ce (bien moins de deux heures) et de ce fait, il m&rsquo;a sembl\u00e9 assister \u00e0 une oeuvre non-aboutie, une forme de brouillon o\u00f9 des sentiments tr\u00e8s banals sont affich\u00e9s et o\u00f9 les personnages changent diam\u00e9tralement entre chaque sc\u00e8ne sans qu&rsquo;aucune \u00e9volution ne soit visible. Un peu plus d&rsquo;intensit\u00e9 aurait rendu le r\u00e9sultat un peu moins plat et plus coh\u00e9rent.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Quentin Fichot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre Danza Macabra a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e Louis-Jouvet. C\u2019est la mise en sc\u00e8ne de Luca Ronconi, du texte d\u2019August Strindberg et interpr\u00e9t\u00e9e par Giorgio Ferrara, Adriana Asti et Giovanni Crippa. La pi\u00e8ce \u00e9tait en italien sur-titr\u00e9e en fran\u00e7ais gr\u00e2ce \u00e0 la traduction de Roberto Alonge. L\u2019ambiance lugubre \u00e9tait permise par un jeu de lumi\u00e8res orchestr\u00e9 par A.J Weissbard, et les personnages mis en avant par les costumes de Maurizio Galante. Le tout se d\u00e9roulant sur une base sonore g\u00e9r\u00e9e par Hubert Westkemper.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant 1h35, Alice et le Capitaine, mari\u00e9s depuis 25 ans se sont livr\u00e9s un combat sans piti\u00e9. Nous avons assist\u00e9 \u00e0 ce qui semblait \u00eatre la fin de leur tumultueuse histoire. Ces deux fortes personnalit\u00e9s n\u2019ont eu de cesse que de se reprocher mutuellement leur malheur en essayant toujours de faire passer l\u2019autre pour plus ignoble au regard des tiers. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019ils ont tent\u00e9 de faire \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de Kurt, un membre de leur famille. Ce dernier pris entre deux feux, est apparu comme un arbitre ou peut \u00eatre l\u2019observateur du dernier chapitre de leur mariage. L\u2019absence de couleur sur sc\u00e8ne y compris dans la lumi\u00e8re est venue appuyer la tristesse et la haine qui ont transparu dans les dialogues. Le d\u00e9cor a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u comme le miroir des sentiments, la pi\u00e8ce mettant \u00e0 nu les deux personnages. La sc\u00e8ne de m\u00e9nage prise sous un angle ironique a rappel\u00e9 aux spectateurs ce qu\u2019eux-m\u00eames ont pu vivre. C\u2019est ainsi que nous avons \u00e9t\u00e9 touch\u00e9s car nous nous identifions. Mais cela aurait \u00e9t\u00e9 un \u00e9chec si l\u2019excentricit\u00e9 et le caract\u00e8re d\u00e9raisonn\u00e9 des personnages n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sents. Leur folie est pass\u00e9e par le dialogue mais \u00e9galement par leur gestuelle qui a traduit leur fort agacement. A premi\u00e8re vue, il a sembl\u00e9 que l\u2019on veuille nous montrer l\u2019image d\u2019un couple us\u00e9 par l\u2019amour: la lassitude de 25 ans de mariage et de vie commune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette peinture tr\u00e8s pessimiste de l\u2019amour ne ravira pas les plus romantiques. N\u00e9anmoins, il me plait de croire que malgr\u00e9 la haine qui anime le couple, des liens affectifs subsistent. Nous avons pu le voir par la pudeur avec laquelle les deux personnages se sont compliment\u00e9s mutuellement aupr\u00e8s de Kurt, veillant \u00e0 ce que l\u2019autre n\u2019entende pas.\u00a0 Mais aussi, par le fait qu\u2019Alice attend que son mari meurt pour en \u00eatre lib\u00e9r\u00e9e. Une fatalit\u00e9 qui montre que de son vivant elle serait incapable de s\u2019en s\u00e9parer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peut-\u00eatre suis-je trop optimiste mais cette pi\u00e8ce pourrait \u00eatre une le\u00e7on: un couple qui se d\u00e9chire, ne se supporte plus et qui toute sa vie s\u2019est bless\u00e9 mais qui se pardonne toujours et recommence.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Justine Galland<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 26 janvier 2017, au th\u00e9\u00e2tre Louis-Jouvet \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e la pi\u00e8ce Danza Macabra, mise en sc\u00e8ne par Lucas Ronconi, d\u2019apr\u00e8s le texte d\u2019August Strindberg. Le choix de l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e, sorte de cocon dor\u00e9, se pr\u00eatait bien \u00e0 l\u2019esprit un peu baroque de la pi\u00e8ce, et \u00e0 la sc\u00e8ne de m\u00e9nage \u00e0 laquelle nous, spectateurs, nous appr\u00eations \u00e0 assister pendant une heure et demie. Un seul b\u00e9mol\u00a0: le surtitrage de la pi\u00e8ce qui \u00e9tait jou\u00e9e en italien, qui pouvait d\u00e9stabiliser un public non averti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre, assez \u00e9quivoque, soulignait cet esprit de la pi\u00e8ce qui nous pla\u00e7ait face \u00e0 un couple vieillissant, compos\u00e9 d\u2019Alice (Adriana Asti) et du Capitaine (Giorgio Ferrara), ayant pour unique but, en attendant la mort, de se g\u00e2cher la vie. En m\u00e9diateur, nous retrouvions Kurt, le cousin accus\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de ce mariage rat\u00e9, interpr\u00e9t\u00e9 par Giovanni Crippa. L\u2019ambiance lugubre annonc\u00e9e par le titre \u00e9tait parfaitement mis en sc\u00e8ne tant par le d\u00e9cor, avec le choix d\u2019un mobilier \u00e0 l\u2019allure poussi\u00e9reuse et vieillissante, d\u2019un noir triste, que par les personnages eux-m\u00eames, en particulier pour le personnage d\u2019Alice, fard\u00e9 \u00e0 l\u2019exc\u00e8s et coiff\u00e9 d\u2019une perruque qui rappelait incessamment ce face \u00e0 quoi nous \u00e9tions\u00a0: une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car la volont\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne \u00e9tait bien l\u00e0\u00a0: donner l\u2019impression que finalement, une sc\u00e8ne de m\u00e9nage n\u2019est qu\u2019une vaste mascarade th\u00e9\u00e2trale, faite de mensonges, de dissimulations, de menaces, tout en rappelant toujours, avec l\u2019utilisation constante du grotesque, que celle-ci n\u2019est, pour le couple qu\u2019un passe-temps, dans lequel le personnage de Kurt se retrouvera pris au pi\u00e8ge. Mais sous cette apparence de com\u00e9die, des th\u00e8mes plus s\u00e9rieux sont \u00e9voqu\u00e9s. Le vampirisme des personnages et sa symbolique am\u00e8nent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur cette relation toxique qui finalement, semble empoisonner tout ce qu\u2019elle touche. On a aussi une r\u00e9flexion sur la fin de vie, et le vieillir ensemble, avec ces deux personnages incapables de se s\u00e9parer, mais incapables de se supporter. Enfin, une derni\u00e8re question se pose, celle du sens de tout ceci, la pi\u00e8ce se concluant comme elle a commenc\u00e9, par l\u2019\u00e9vocation des noces d\u2019argent futures. \u00ab\u00a0Effacer et tout recommencer\u00a0\u00bb voil\u00e0 qui semble finalement \u00eatre le leitmotiv de cette com\u00e9die \u00e0 l\u2019humour noir.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Roxane G\u00e9lineau<\/h6>\n<hr \/>\n<p>C&rsquo;est une pi\u00e8ce de Strindberg au ton glacial qui est mise en sc\u00e8ne par un c\u00e9l\u00e8bre metteur en sc\u00e8ne italien, Lucas Roconi, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 L&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e Th\u00e9\u00e2tre de Jouvet. Sur sc\u00e8ne, une actrice et son compagnon jouent, d\u00e9jouent et imaginent l&rsquo;enfer d&rsquo;un couple qui se d\u00e9testent. Ainsi, Girogio Ferrara devient Le Capitaine, artilleur \u00e0 la retraite, bard\u00e9 de toutes ses m\u00e9dailles, sorte de costume fun\u00e9raire avant l&rsquo;heure tandis que Giovanni Crippa devient Alice, actrice rong\u00e9e par les remords d&rsquo;une carri\u00e8re avort\u00e9e, victime des infid\u00e9lit\u00e9s de son mari. Heureux dans la vie, cruels dans la fiction\u00a0;\u00a0 ce double mouvement r\u00e9v\u00e8le la terrible ambigu\u00eft\u00e9 de la relation amoureuse entre cristallisations des frustrations et grande complicit\u00e9 forc\u00e9e. Et en effet, la question se pose\u00a0: qui conna\u00eet mieux que son compagnon de vie ha\u00ef les cruaut\u00e9s de son \u00e2me\u00a0? Malgr\u00e9 tout, gr\u00e2ce \u00e0 la mise en sc\u00e8ne, on finit par remarquer les preuves \u00ab\u00a0vaches\u00a0\u00bb d&rsquo;amour entre ces deux personnages. Il faut apprendre \u00e0 distinguer au travers des pics et des prises de pouvoir successives, le lien qui les unit. Si ce n&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;apparition d&rsquo;un ancien ami \u00e0 la grande valeur symbolique puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit du pr\u00eatre qui les a mari\u00e9, le vieil amant projetait de c\u00e9l\u00e9brer ces \u00ab\u00a0noces d&rsquo;argent\u00a0\u00bb avec son aigre bien-aim\u00e9e. Ce pr\u00eatre, pris dans un \u00e9tau entre un Charybde et un Scylla moderne, projet\u00e9 dans cet univers, devient une marionnette entre les mains du couple pour se venger l&rsquo;un de l&rsquo;autre. Il d\u00e9coule que\u00a0, dans cette lutte intestine, tout devient mouvant\u00a0: pouvons-nous vraiment accorder notre confiance aux dires de chacun\u00a0? Ne tentent-ils pas de nous embobiner, nous aussi\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;humour innerve cette pi\u00e8ce, comme le sang que chacun des personnages, ironiquement, aspirent litt\u00e9ralement des cous de leurs victimes\u00a0: tour \u00e0 tour vampire et victime, la m\u00e9taphore outranci\u00e8re fait rire et marque les esprits. On assiste en ricanant aux ridicules d\u00e9boires de ce trio infernal. La qualit\u00e9 de la farce est du, en grande partie, \u00e0 l&rsquo;incroyable sc\u00e9nographie de Marco Rossi. Elle est remarquable dans son immobilit\u00e9 glauque puis dans ses d\u00e9placements ponctuelles (trois fois) d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&rsquo;autre de la sc\u00e8ne (en fonction peut \u00eatre du vainqueur de la lutte ou pour r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;illusion des changements dans leur relation malgr\u00e9 les coups port\u00e9s puisque les meubles reviennent l\u00e0 o\u00f9 ils \u00e9taient \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce). Car la sc\u00e9nographie toute enti\u00e8re se meut comme un bloc indivisible. Entour\u00e9s de meubles en cuir noirs, l&rsquo;ennui s&rsquo;\u00e9tant insinu\u00e9 dans\u00a0 les objets qui composent le foyer, on aper\u00e7oit un immense lit en fer, un canap\u00e9 qui aurait mieux \u00e0 faire dans un cabinet de psychologue, un petit gu\u00e9ridon&#8230; L&rsquo;int\u00e9rieur fait penser \u00e0 celui d&rsquo;un m\u00e9decin, si ce n&rsquo;\u00e9tait ce lit d\u00e9mesur\u00e9ment grand. Il sert tant\u00f4t d&rsquo;obstacle entre les deux personnages, tant\u00f4t de sc\u00e8ne de substitution pour Alice, d&rsquo;o\u00f9 elle peut mesurer l&rsquo;\u00e9cart entre elle et son mari affal\u00e9 dans le canap\u00e9. Derri\u00e8re, un mur fissur\u00e9, gris et suintant donne le ton, emp\u00eachant le spectateur de trouver un point de fuite dans cette ambiance \u00ab\u00a0macabre\u00a0\u00bb. Aucun refuge n&rsquo;est \u00e0 chercher dans les costumes\u00a0: gris et noir, Alice fait penser aux vieilles bigotes m\u00e9diterran\u00e9ennes, teintant ses cheveux de noir,\u00a0\u00a0 (en deuil de sa relation jusqu&rsquo;aux cheveux)\u00a0; le Capitaine est engonc\u00e9 dans son fun\u00e8bre costume militaire dont seules les m\u00e9dailles luisent. C&rsquo;est le jeu des trois acteurs qui nous permet de respirer. Entre la trag\u00e9die et la farce, les deux acteurs principaux d\u00e9bordent d&rsquo;\u00e9nergie dans ces deux genres. On rit en plaignant, et on plaint en gloussant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte de Strindberg, continuellement en mouvement, dans des rebondissements parfois proche du th\u00e9\u00e2tre de boulevard, r\u00e9sonne tranquillement, presque immobilement. La brusque r\u00e9v\u00e9lation d&rsquo;un mensonge vient bousculer l&rsquo;\u00e9lan tragique de la vengeance, mais le ton est \u00e9trangement le m\u00eame. Comment parvient-on \u00e0 maintenir un spectateur en haleine, alors que la m\u00eame \u00e9nergie est d\u00e9ploy\u00e9e du d\u00e9but jusqu&rsquo;\u00e0 la fin\u00a0? Car il y a une \u00e9nergie, c&rsquo;est certain, mais comment peut elle jaillir sans \u00e0-coups\u00a0? Cette pi\u00e8ce est une r\u00e9ussite\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Claire Herbert<\/h6>\n<pre>Photo : Luigi La Selva<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Ath\u00e9n\u00e9e Louis-Jouvet | En savoir plus \u00ab\u00a0Danza macabra\u00a0\u00bb est la traduction italienne de \u00ab\u00a0d\u00f6dsdansen\u00a0\u00bb, en su\u00e9dois, ou \u00ab\u00a0la danse de mort\u00a0\u00bb. C\u2019est le nom d\u2019une pi\u00e8ce \u00e9crite en 1900 par August Stringberg, mettant en sc\u00e8ne un couple\u00a0: Alice, une com\u00e9dienne rat\u00e9e, son mari [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8195,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,9,4],"tags":[],"class_list":["post-8276","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-athenee-theatre-louis-jouvet","category-theatre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8276","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8276"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8276\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8276"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8276"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8276"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}