{"id":8287,"date":"2017-02-11T20:00:52","date_gmt":"2017-02-11T19:00:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8287"},"modified":"2017-02-11T20:00:52","modified_gmt":"2017-02-11T19:00:52","slug":"tree-of-codes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8287","title":{"rendered":"Tree of codes"},"content":{"rendered":"<p>Ballet | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/saison-16-17\/ballet\/tree-of-codes\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle <em>Tree of Codes<\/em> est un ballet contemporain, mis en sc\u00e8ne par Wayne McGregor sur une musique de Jamie xx, avec pour sc\u00e9nographe Olafur Eliasson, Rob Halliday aux Lumi\u00e8res, et Nick Sagar au son. Ce ballet est une commande de l\u2019Op\u00e9ra national de Paris o\u00f9 s\u2018est d\u00e9roul\u00e9 le spectacle. Il fut pr\u00e9c\u00e9demment pr\u00e9sent\u00e9 au Manchester International festival en 2015 o\u00f9 il eut beaucoup de succ\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 avec des danseurs du Ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris: Lydie Vareilhes, Sebastien Berthaud, Julien Meyzindi, Lucie Fenwick et les danseurs \u00e9toile Etoile Marie-Agn\u00e8s Gillot et J\u00e9r\u00e9mie Belingard; et des danseurs du Studio Wayne McGregor: Catarina Carvalho, Travis Clausen-Knight, Alvaro Dule, Louis McMiller, Daniela Neugebauer, James Pett, Fukiko Takase, Po-Lin Tung, Jessica Wright.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Wayne McGregor est un danseur et chor\u00e9graphe de danse contemporaine britannique, il s\u2019est inspir\u00e9 de l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur am\u00e9ricain Jonathan Safran Foer <em>Tree of Codes<\/em>, livre \u00e9tant lui-m\u00eame une \u0153uvre d\u2019art, de par sa mise en page de d\u00e9coupage d\u2019un recueil de nouvelles de l\u2019artiste Bruno Schulz juif polonais abattu pendant la seconde Guerre Mondiale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation \u00e9tait rythm\u00e9e par la musique de Jamie xx. La premi\u00e8re sc\u00e8ne tr\u00e8s inattendue s\u2019est faite dans le noir o\u00f9 tous les danseurs ont d\u00e9fil\u00e9 sur sc\u00e8ne avec des lumi\u00e8res blanches sur eux. La musique \u00e9lectro, techno pop, joue beaucoup sur l\u2019ambiance des chor\u00e9graphies qui sont tr\u00e8s \u00e9tranges au d\u00e9but. Il y a une esp\u00e8ce d\u2019avanc\u00e9e dans le temps durant la prestation car plus le spectacle avance et plus on a l\u2019impression que les danseurs se rapprochent de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, ils portent tous au d\u00e9but des costumes beiges qui les fait apparaitre comme des personnages nus. Toute la sc\u00e8ne est utilis\u00e9e par les danseurs. Des grandes vitres de verre viennent s\u00e9parer la sc\u00e8ne en plusieurs couloirs pr\u00e9sentant comme des mises en ab\u00eeme des danseurs, ce qui avec les lumi\u00e8res color\u00e9es plonge dans une autre dimension.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des danseurs s\u2019affrontent en duo mais ne sont pas forc\u00e9ment dans le m\u00eame couloir, la s\u00e9rie de miroir sur les vitres, prolonge la mise en ab\u00eeme des danseurs, les faisant appara\u00eetre encore plus nombreux, c\u2019est assez troublant, car le changement se fait d\u2019ailleurs tr\u00e8s vites entre les danseurs. Leurs mouvements sont impressionnants car ils encha\u00eenent des chor\u00e9graphies tr\u00e8s g\u00e9om\u00e9triques, et leurs mouvements sont d\u2019une telle fluidit\u00e9 et souplesse qu\u2019on pourrait les percevoir comme des pantins. La lumi\u00e8re a \u00e9t\u00e9 projet\u00e9e de sorte \u00e0 ce qu\u2019on voit tous leurs muscles et les costumes beiges du d\u00e9but accentuent cet aspect-l\u00e0, cela intensifie la complexit\u00e9 de leurs mouvements. il y a un travail sur l\u2019anatomie du corps humain. Au fur et \u00e0 mesure des chor\u00e9graphies, les danseurs remplacent leurs costumes beiges, pour des costumes plus color\u00e9s, t-shirt d\u2019une couleur avec un short d\u2019une autre couleur pas forcement assortie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique joue beaucoup, la dissonance de certains sons met en avant le d\u00e9cal\u00e9 de la danse, et selon la chor\u00e9graphie. Les \u00e9clairages peinent \u00e0 faire entrer les spectateurs dans cette dimension, ils changent souvent pr\u00e9sentant un tableau de danseurs, et des projecteurs qui viennent aveugl\u00e9s volontairement la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle a pour but de divertir les spectateurs, cela montre un autre aspect de la danse, car les chor\u00e9graphies sont m\u00eal\u00e9es de mouvements de danse classique et de mouvements contemporains. Le fait que ce genre de spectacle ait lieu dans l\u2019univers du Palais Garnier est tr\u00e8s surprenant et plaisant du fait que, cela change du ballet classique et cela marque une ouverture \u00e0 la danse plus moderne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Nejma Abouzrou<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Issue du travail conjoint du musicien Jamie xx, du chor\u00e9graphe Wayne McGregor et du plasticien Olafur Eliasson je peux d\u2019ors et d\u00e9j\u00e0 vous dire que cette cr\u00e9ation m\u2019a enthousiasm\u00e9e. N\u2019\u00e9tant pas une professionnelle je vous ferai pas de comparaisons savantes, uniquement le r\u00e9cit de mes impressions.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">C\u2019est dans le noir que tout commence. Les danseurs ne sont que points de lumi\u00e8res qui \u00e9voluent au rythme de la musique. Les lumi\u00e8res deviennent ensuite des corps qui retrouvent peu \u00e0 peu leur identit\u00e9. Finalement, le spectateur fait face \u00e0 une multitude de singularit\u00e9s. Par leurs v\u00eatements, leurs cheveux, leur mani\u00e8re de bouger, chaque danseur acqui\u00e8re sa propre identit\u00e9 et on se surprend \u00e0 essayer de deviner leur pass\u00e9. M\u00eame si la repr\u00e9sentation est courte, on a le temps de s\u2019attacher. Qui est cette fille aux cheveux roses ? Et celle qui danse de mani\u00e8re plus classique, qu\u2019est ce qui la motive ? Tree of codes c\u2019est avant tout une grande interrogation. On en ressort convaincu d\u2019avoir assist\u00e9 \u00e0 quelque chose d\u2019unique mais avec un millier de questions en t\u00eate.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Ce qui n\u2019a cess\u00e9 de me fasciner durant le spectacle ce n\u2019est ni la virtuosit\u00e9 des danseurs, la beaut\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne ou la modernit\u00e9 de la musique. C\u2019est la mani\u00e8re dont cet ensemble cr\u00e9ait une \u0153uvre \u00e0 la fois simple d\u2019acc\u00e8s mais en m\u00eame temps extr\u00eamement complexe. Je vais faire un parall\u00e8le avec tous ces films sur la danse qui pullulaient il y a quelques ann\u00e9es. Tous ces <i>Sexy danse<\/i>, o\u00f9 un crew gagnait sa battle parce qu\u2019ils \u00e9taient sortis des sentiers battus. Bien souvent cela se traduisait par une rencontre entre les danses \u201cde la rue\u201d et la danse classique. Et en surface, c\u2019est cette histoire que Tree of Codes raconte. Dans les derniers tableaux on voit nettement danse contemporaine et danse classique se chercher, se toiser avant de se m\u00e9langer. Ce n\u2019est pas la premi\u00e8re fois que ces genres ce rencontre et pourtant Tree of Codes trouve une mani\u00e8re nouvelle de l\u2019exprimer. La musique et la mise en sc\u00e8ne participent bien entendu \u00e0 part \u00e9gale \u00e0 ce joyeux m\u00e9lange. Si voir l\u2019orchestre de l\u2019Op\u00e9ra vide est au d\u00e9part d\u00e9routant on s\u2019habitue tr\u00e8s vite \u00e0 cette musique qui vient de nulle part, tant\u00f4t devant, tant\u00f4t derri\u00e8re, elle nous rappelle ces musiques des soir\u00e9es. C\u2019est parfois si compliqu\u00e9 de faire simple et Jamies xx y arrive avec brio. Ce sont les transitions que j\u2019ai le plus appr\u00e9ci\u00e9. Car quand on est install\u00e9 dans un tableau, on veut que cela dure, on n\u2019a pas envie de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 un autre univers. Mais tout doucement, la musique nous y entraine et sans s\u2019en rendre compte, on se laisse porter avec d\u00e9lice d\u2019un monde \u00e0 l\u2019autre.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Pour ce qui est de la mise en sc\u00e8ne, un paragraphe doit lui \u00eatre d\u00e9di\u00e9. Je m\u2019excuse par avance pour la pi\u00e8tre description que je vais en faire. Vous irez chercher des images de ce que j\u2019ai vu et je vais me contenter de vous expliquer ce qu\u2019on ressent. En effet, un jeu s\u2019installe entre le plasticien et le public. Alors que ce dernier cherche \u00e0 voir le mieux possible, l\u2019artiste semble prendre un malin plaisir \u00e0 tromper le spectateur. Il n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 l\u2019\u00e9blouir gr\u00e2ce \u00e0 un projecteur, \u00e0 cr\u00e9er des effets d\u2019optiques par des jeux de miroirs ou encore \u00e0 transformer la salle du Palais Garnier en boule \u00e0 facette. La cons\u00e9quence de ce petit jeu est une attention accrue \u00e0 la sc\u00e8ne, et une profondeur in\u00e9dite pour le spectacle. Les corps sont d\u00e9compos\u00e9s, on ne sait plus si l\u2019on admire le danseur ou son reflet mais qu\u2019importe, c\u2019est magique.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Il faudrait plus que cette petite critique expliquer Tree of Codes. Je n\u2019ai pas parl\u00e9 de la puissance de vie qui s\u2019en d\u00e9gage. Ni de l\u2019incroyable solidarit\u00e9 qui semble exister au sein de la troupe. Le chor\u00e9graphe a r\u00e9ussi \u00e0 mettre des gestes sur les concepts de coh\u00e9sion. De mon point de vu de n\u00e9ophyte Tree of Codes c\u2019est une ode \u00e0 la vie simple. Non pas la fausse simplicit\u00e9 qui se traduit souvent par de la paresse, mais une simplicit\u00e9 \u00e9pur\u00e9e et puissante.<\/p>\n<h6 class=\"Corps\" style=\"text-align: right;\">H\u00e9lo\u00efse Dung<\/h6>\n<hr \/>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">R\u00e9fl\u00e9chir le ballet aujourd\u2019hui<\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai assist\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9sentation du ballet <em>Tree of Codes <\/em>du samedi 11 f\u00e9vrier 2017 \u00e0 19h30 au palais Garnier (Op\u00e9ra de Paris). D\u2019une dur\u00e9e d\u20191h30, ce ballet contemporain mis en sc\u00e8ne et chor\u00e9graphi\u00e9 par Wayne McGregor, avec la musique de Jamie XX et les d\u00e9cors d\u2019Olafur Eliason, est une cr\u00e9ation de 2015 au Festival International de Manchester. Une collaboration entre les danseurs du Ballet de l\u2019Op\u00e9ra national de Paris avec les \u00c9toiles Marie-Agn\u00e8s Gillot et J\u00e9r\u00e9mie B\u00e9lingard, les Premiers Danseurs, le Corps de Ballet, ainsi que les danseurs de la Company Wayne McGregor. Haut en couleurs\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un m\u00e9lange qui reste la ligne de conduite du spectacle, qui capte avec audace le regard et lui offre une palette de possibilit\u00e9s, comme pour d\u00e9multiplier la vision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette cr\u00e9ation, le britannique Wayne McGregor s\u2019est inspir\u00e9 du livre <em>The Street of Crocodiles<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre regard est mis \u00e0 l\u2019\u00e9preuve, transport\u00e9 par la virtuosit\u00e9 du mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s l\u2019ouverture, nos yeux sont saisis, et recentr\u00e9s dans l\u2019obscurit\u00e9 totale sur le corps des danseurs qui portent sur du tissu noir des lampes et qui \u00e9voluent eux aussi dans l\u2019obscurit\u00e9. Un beau tableau qui exprime l\u2019universalit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En torsion, les artistes animent l\u2019espace jusqu\u2019\u00e0 exprimer l\u2019insens\u00e9 dans des pas contemporains. Le spectacle est dynamique, il y a une v\u00e9ritable audace et volont\u00e9 de nous surprendre par sa mise en sc\u00e8ne\u00a0: n\u00e9ons roses, miroirs mobiles, toiles semi-opaques, retour des n\u00e9ons roses&#8230; Tout se d\u00e9multiplie, la musique surprend, le rythme des percussions qui s\u2019en d\u00e9tache soudainement cr\u00e9e une atmosph\u00e8re de d\u00e9s\u00e9quilibre o\u00f9 on contemple des danseurs qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent les uns les autres, l\u00e9gers. Une lumi\u00e8re intense provoque elle aussi puisqu\u2019elle tourne comme un phare sur les spectateurs, nous aveugle quelques secondes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les miroirs perdent notre regard, d\u00e9forment ou refl\u00e8tent la r\u00e9alit\u00e9. Ils se pr\u00e9sentent notamment comme deux portes qui se resserrent et derri\u00e8re lesquelles les danseurs marquent leurs entr\u00e9es ou sortie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des duos de danseurs effectuent les m\u00eames pas, parfois s\u00e9par\u00e9s par un voile qui divise l\u2019espace sc\u00e9nique en deux sur toute sa longueur. On remarque m\u00eame un d\u00e9calage entre les reproductions de mouvement, une d\u00e9synchronisation qui fait peut-\u00eatre \u00e9cho aujourd\u2019hui \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 synth\u00e9tique, artificielle\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est certain que la d\u00e9structuration est le ma\u00eetre-mot, \u00e0 cela s\u2019ajoute une grande vitrine qui tombe au-devant-m\u00eame des danseurs sur la sc\u00e8ne et la divise encore. Cette s\u00e9paration se colore, semble r\u00e9agir \u00e0 la musique, s\u2019ouvre en deux \u00ab\u00a0yeux\u00a0\u00bb circulaires et ne cesse de se transformer. S\u2019ensuit le final, avec l\u2019ensemble de la troupe dans une effervescence prenante et toujours des couleurs, le bleu, le violet, faisant penser \u00e0 l\u2019illusion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai \u00e9t\u00e9 surprise de l\u2019arriv\u00e9e de cette fin, je n\u2019ai pas eu l\u2019impression d\u2019avoir vu d\u00e9j\u00e0 une heure et vingt minutes de spectacle\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ensemble des danseurs sont largement et longuement applaudis par un public enthousiaste qui insiste avec des cris d\u2019approbation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai aim\u00e9 la singularit\u00e9 de la composition musicale (qui nous impose de v\u00e9ritables bruits et grincements parfois) et donc ce qu\u2019elle permet d\u2019exprimer\u00a0: d\u00e9s\u00e9quilibre, force de l\u2019instant, provocation. Elle apporte encore une profondeur de sens \u00e0 la danse, tout en se distinguant puisque par moments la danse ne s\u2019appuie plus sur la musique qui para\u00eet fuir, se d\u00e9tacher. Cela constitue en partie l\u2019identit\u00e9 de <em>Tree of Codes<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De mon point de vue, le volume de la musique \u00e9tait cependant un peu trop \u00e9lev\u00e9, bien que ce soit certes un moyen de captiver d\u2019avantage les sens et l\u2019attention du spectateur. Dans la loge que j\u2019occupais, plusieurs personnes ont exprim\u00e9 leur satisfaction et leur surprise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Globalement, j\u2019ai eu l\u2019impression pendant la repr\u00e9sentation, et d\u00e8s les deux premiers plans surtout, de voir des sentiments \u00ab\u00a0bouger\u00a0\u00bb. Une repr\u00e9sentation de sentiments purs en mouvements gr\u00e2ce \u00e0 la danse mais aussi par la mise en sc\u00e8ne. L\u2019art de la sensibilit\u00e9 et l\u2019\u00e9motion, avec une perception subtilement travaill\u00e9e permettent ici une \u00e9vasion personnelle au spectateur, qui songe. C\u2019est un moment particulier donc pr\u00e9cieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Tree of Codes<\/em> est marquant, exprime l\u2019universalit\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Cl\u00e9mence Herledan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris n&rsquo;a pas vocation \u00e0 interpr\u00e9ter seulement des pi\u00e8ces du r\u00e9pertoire classique de la danse, mais aussi \u00e0 s&rsquo;ouvrir \u00e0 la danse moderne et contemporaine, en pr\u00e9sentant des spectacles de grands chor\u00e9graphes de renom du XXe si\u00e8cle, issus de traditions diverses (Balanchine pour la tradition am\u00e9ricaine, Pina Bausch et le th\u00e9\u00e2tre-danse, B\u00e9jart&#8230;) et en accueillant des chor\u00e9graphes vivants. Wayne McGregor est re\u00e7u depuis une dizaine d&rsquo;ann\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris et pr\u00e9sente des pi\u00e8ces novatrices de danse contemporaine. <em>Tree of codes<\/em> est un ballet d&rsquo;une heure et demi dans\u00e9 par des danseurs de l&rsquo;Op\u00e9ra de Paris et de la compagnie de Wayne McGregor, inspir\u00e9 d&rsquo;un livre de Jonathan Safran Foer, avec une cr\u00e9ation musicale de Jamie xx et une sc\u00e9nographie de l&rsquo;artiste Olafur Eliasson. Cela fait beaucoup d&rsquo;influences et d&rsquo;artistes pour un ballet qui n&rsquo;est pas tr\u00e8s long, mais le r\u00e9sultat est l\u00e0\u00a0: la pi\u00e8ce est envo\u00fbtante, onirique et passionnante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le tout d\u00e9but de la pi\u00e8ce a de quoi surprendre\u00a0: la sc\u00e8ne est plong\u00e9e dans le noir et les danseurs entrent progressivement, visibles seulement gr\u00e2ce aux lampes install\u00e9es sur leur tenue, le long de leurs bras et de leurs jambes. C&rsquo;est donc de silhouette qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;abord, mais \u00e0 l&rsquo;inverse des ombres chinoises puisque leurs ombres ne se d\u00e9coupent pas sur un fond \u00e9clair\u00e9\u00a0: ce sont eux-m\u00eame, au contraire, qui sont lumineux dans une atmosph\u00e8re plong\u00e9e dans la p\u00e9nombre. Cette entr\u00e9e en sc\u00e8ne dure quelques minutes, puis est rendu visible le dispositif sc\u00e9nique qui fait en grande partie l&rsquo;originalit\u00e9 de la pi\u00e8ce. La sc\u00e8ne est coup\u00e9e en deux par un miroir de dimensions spectaculaires qui divise l&rsquo;espace, mais qui plus tard permettra en fait de l&rsquo;agrandir d&rsquo;autant plus. Le langage chor\u00e9graphique des danseurs est fond\u00e9 sur celui de la danse classique (on peut identifier des mouvement issus de la danse classique comme des relev\u00e9s ou des arabesques) mais tr\u00e8s dynamis\u00e9, plus rapide et plus libre. S&rsquo;il y a des pas de deux et des distinctions entre les danseurs (gr\u00e2ce \u00e0 leur tenue plus qu&rsquo;\u00e0 la mise en sc\u00e8ne qui en valoriserait un groupe ou un autre), l&rsquo;espace n&rsquo;est pas hi\u00e9rarchis\u00e9 sur un mode traditionnel de premier plan et d&rsquo;arri\u00e8re plan\u00a0: une fois qu&rsquo;un second rideau (en fait un miroir sans tain) est descendu sur sc\u00e8ne, l&rsquo;espace prend des dimensions toutes diff\u00e9rentes puisque chaque danseur est refl\u00e9t\u00e9 quelque part sur la sc\u00e8ne, mais de mani\u00e8re diff\u00e9rente selon qu&rsquo;il est sur la moiti\u00e9 avant ou la moiti\u00e9 arri\u00e8re. Ce dispositif cr\u00e9\u00e9 par Olafur Eliasson ouvre des perspectives neuves pour la sc\u00e8ne historique de l&rsquo;Op\u00e9ra Garnier\u00a0; les jeux de lumi\u00e8re renforcent cette impression en projetant par moment la lumi\u00e8re sur le public, cr\u00e9ant un rapport moins conventionnel entre public et sc\u00e8ne. Toute cette sc\u00e9nographie, inventive et dynamisante, n&rsquo;efface pas la force de la danse fa\u00e7onn\u00e9e par Wayne McGregor, elle lui donne un lieu propre pour se d\u00e9ployer. L&rsquo;\u00e9toile Marie-Agn\u00e8s Gillot est majestueuse et attire sur elle tous les regards, mais tous les danseurs sont impressionnants et livrent une performance hors du commun. C&rsquo;est un spectacle qui donne envie de se plonger dans la danse contemporaine et dont on sort plein de dynamisme et de joie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marie Huber<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le froid nocturne de f\u00e9vrier, j\u2019attends patiemment mon tour pour entrer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du majestueux Palais Garnier o\u00f9 est repr\u00e9sent\u00e9 le ballet auquel je m\u2019appr\u00eate \u00e0 assister. Adaptation d\u2019un livre de Jonathan Safran Foer, mis en sc\u00e8ne par Wayne McGregor, et associant des danseurs de l\u2019Op\u00e9ra \u2014 dont l\u2019\u00c9toile Marie-Agn\u00e8s Gillot, tr\u00e8s applaudie \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation \u2014 avec ceux du studio original de McGregor, son nom myst\u00e9rieux, <em>Tree of codes<\/em> (comprenez \u00ab\u00a0Arbre de codes\u00a0\u00bb), attise davantage ma curiosit\u00e9, d\u2019autant plus que je n\u2019ai jamais vu de ballet contemporain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contemporain, le ballet l\u2019est certainement. Dans ce spectacle, les sc\u00e8nes se succ\u00e8dent visuellement \u00e0 coup de jeux de lumi\u00e8res \u00e9poustouflants, tout en gardant une certaine coh\u00e9rence interne gr\u00e2ce \u00e0 la musique, v\u00e9ritable fil d\u2019Ariane du ballet, dont les compositions s\u2019encha\u00eenent de mani\u00e8re fluide, tel un cours d\u2019eau. La notion de couple \u00e9volue \u00e9galement : aux partenaires homme-femme se substitue des couples de trois ou quatre personnes. Autre \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s moderne \u2014 et qui peut d\u00e9sar\u00e7onner les plus \u00ab\u00a0puristes\u00a0\u00bb ou en tout cas les plus classiques \u2014, le ballet n\u2019est pas \u00e0 proprement narratif. Si intrigue il y a, elle exige un effort d\u2019interpr\u00e9tation de la part du spectateur qui se doit de d\u00e9chiffrer, de d\u00e9coder (d\u2019o\u00f9 le titre ?) derri\u00e8re les remarquables illusions d\u2019optique, la sc\u00e9nographie particuli\u00e8rement \u00e9pur\u00e9e et les costumes simples et sans pr\u00e9tention des danseurs, le sens de l\u2019histoire. En cela, le ballet est un spectacle de son temps, car le message qu\u2019elle v\u00e9hicule s\u2019individualise et laisse libre cours aux sensibilit\u00e9s et \u00e0 la perception de chacun.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par cons\u00e9quent, le terme de \u00ab\u00a0ballet\u00a0\u00bb attribu\u00e9 \u00e0 cette repr\u00e9sentation, m\u2019a assez d\u00e9rout\u00e9e, et il est fort probable qu\u2019on l\u2019ait ainsi d\u00e9nomm\u00e9 par convenance. Il s\u2019agit plut\u00f4t d\u2019un spectacle audiovisuel, associant savamment la puissance \u00e9motionnelle de la musique diffus\u00e9e par les enceintes de la salle \u2014 et non par un orchestre\u2014, les nouvelles techniques sc\u00e9niques \u2014 miroirs et murs de verre \u2014 \u00e0 la danse classique et contemporaine \u2014 les pas des deux genres s\u2019imbriquent d\u2019ailleurs assez souvent au sein d\u2019un m\u00eame encha\u00eenement. Hybridation, sensations et double niveau de lecture sont les ma\u00eetres mots d\u2019un spectacle impressionnant, mais somme toute, assez commun, car apr\u00e8s tout, ces trois adages sont aussi ceux de toutes les \u00ab\u00a0performances\u00a0\u00bb du XXIe si\u00e8cle. Il convient, en revanche, de saluer l\u2019exceptionnel talent des danseurs, qui n\u2019ont cess\u00e9 de me subjuguer tout au long de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au bout d\u2019une heure et vingt minutes, la derni\u00e8re note de musique retentit, les lumi\u00e8res se rallument et un vacarme d\u2019applaudissements se fait entendre. Le public semble conquis. Quant \u00e0 moi, je suis s\u00e9duite par la virtuosit\u00e9 des danseurs. Un peu moins par celle du metteur en sc\u00e8ne qui m\u2019a quelque peu laiss\u00e9e sur ma faim. J\u2019ai l\u2019impression que j\u2019aurais pu voir ce spectacle n\u2019importe o\u00f9. Allons donc ! Un petit effort de cr\u00e9ativit\u00e9 de la part d\u2019un art contemporain souvent d\u00e9cri\u00e9 et consid\u00e9r\u00e9 comme snob et peu accessible, serait le bienvenu.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sara Lachibeb<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un ballet pas si classique que \u00e7a.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne jouait sur la profusion de materiaux utilis\u00e9s:\u00a0 du verre color\u00e9, des miroirs, du vide, du m\u00e9tal, des lumi\u00e8res\u2026 L&rsquo;espace est rempli par des danseurs aux mouvements impressionnemment travaill\u00e9s, pr\u00e9cis, po\u00e9tiques et charg\u00e9s d\u2019intention.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique,\u00a0 lyrique, rythmique et touchante, se charge d\u2019emporter le spectateur dans l\u2019univers du mouvement et de l\u2019immaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce ballet contemporain est le fruit d\u2019un travail titanesque, port\u00e9 par une troupe de danseurs exceptionnels. Il m\u2019a paru \u00eatre une combinaison parfaite d\u2019\u00e9nergie et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019alliance de ces deux concepts donne sa puissance au mouvement et au message v\u00e9hicul\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui ressort de ce ballet, c\u2019est un sentiment de surcharge, tant au niveau des outils utilis\u00e9s qu\u2019au niveau du nombre de danseurs, qu\u2019au niveau des \u00e9motions procur\u00e9es chez la spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette profusion et cette surcharge servent \u00e0 merveille le message du spectacle; une remise en question des codes et concepts impos\u00e9s par la danse \u00e0 la danse. Le public se trouve transport\u00e9 dans l\u2019univers de la danse, univers sensible et effrayant de rigueur \u00e0 la fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et qui de mieux que des danseurs pour parler des normes et des conventions que leur discipline leur impose?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai pass\u00e9 un moment de grande beaut\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci beaucoup.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Garance Marchand<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 11 f\u00e9vrier 2017, je suis all\u00e9e voir le spectacle de danse contemporaine intitul\u00e9 <em>Tree of codes<\/em> \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris. D\u00e9j\u00e0 impressionn\u00e9e par l\u2019architecture ext\u00e9rieure du Palais Garnier, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 subjugu\u00e9e, lorsque je suis entr\u00e9e dans le hall, par le grand escalier qui m\u00e8ne \u00e0 salle de spectacle, ainsi que par la richesse des mat\u00e9riaux et des d\u00e9corations pr\u00e9sents dans ce hall\u00a0: marbres, onyx, cuivres, peintures, mosa\u00efques, sculptures et dorures\u00a0; tout ce qu\u2019il y a de plus beau et de plus cher en ce monde se trouvait r\u00e9uni l\u00e0. De plus, les gens qui p\u00e9n\u00e9traient avec moi dans l\u2019Op\u00e9ra \u00e9taient tous bien habill\u00e9s. Aucun doute, j\u2019\u00e9tais bien l\u00e0 dans un lieu prestigieux r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la bonne soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ou \u00e9trang\u00e8re ainsi qu\u2019aux classes moyennes sup\u00e9rieures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois arriv\u00e9e \u00e0 ma place, j\u2019ai eu tout le loisir d\u2019admirer la grande et magnifique salle de spectacle du Palais Garnier. Cette salle \u00e0 l\u2019italienne est compos\u00e9e d\u2019une grande sc\u00e8ne, d\u2019une immense baignoire ainsi que de balcons et de loges sur cinq \u00e9tages. Elle dispose de deux mille places assises. Son plafond, peint par Marc Chagall, l\u2019immense lustre en cristal qui en descend, les dorures de toute part et le velours rouge des fauteuils ajoutent encore au luxe et \u00e0 la somptuosit\u00e9 de la salle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cr\u00e9\u00e9 en juillet 2015, <em>Tree of codes<\/em> est un ballet contemporain innovant. Au commencement du spectacle \u00e0 19h30, toutes les lumi\u00e8res se sont \u00e9teintes\u00a0: on ne voyait sur sc\u00e8ne que la lumi\u00e8re clignotante de guirlandes argent\u00e9es \u00e9pousant la forme du corps des danseurs. Cela donnait l\u2019impression de voir des \u00e9toiles danser sur une musique \u00e9lectro-pop et plongeait d\u2019embl\u00e9e les spectateurs dans un univers post-moderne. Ensuite, une faible lumi\u00e8re projet\u00e9e au centre de la sc\u00e8ne a fait appara\u00eetre de grands miroirs non align\u00e9s les uns par rapport aux autres devant lesquels les danseurs ont dans\u00e9. Effets dans le miroir et r\u00e9alit\u00e9 des danseurs se m\u00e9langeaient alors compl\u00e8tement. L\u2019originalit\u00e9 du spectacle tenait donc tout entier dans ces jeux de miroirs et de lumi\u00e8re d\u00e9voilant la polys\u00e9mie des mouvements des danseurs\u00a0; danseurs qui ne portaient qu\u2019un minimum de v\u00eatements aux couleurs tr\u00e8s vives\u00a0: rouge, vert, jaune, bleu\u2026 Ainsi, musique, d\u00e9cors et chor\u00e9graphie se mariaient parfaitement pour former un ballet peu ordinaire, \u00e0 l\u2019image de notre \u00e9poque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la cr\u00e9ativit\u00e9 pr\u00e9sente dans ce spectacle. Ce que j\u2019ai le plus aim\u00e9, ce sont les danseurs qui, par leurs mouvements, montrent la beaut\u00e9 et la gr\u00e2ce du corps humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 \u00c0 la fin du spectacle, le public a gratifi\u00e9 les danseurs et les cr\u00e9ateurs de ce ballet de tonnerres d\u2019applaudissements.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Yali Tang<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 3 au 23 f\u00e9vrier 2017, le chor\u00e9graphe Wayne McGregor et le plasticien Olafur Eliasson pr\u00e9sentent \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra national de Paris leur nouvelle cr\u00e9ation\u00a0: <em>Tree of codes<\/em>. Ce ballet de danse contemporaine \u00e9volue sur une musique de Jamie XX, membre du groupe de pop minimaliste The XX. L&rsquo;artiste cr\u00e9e des compositions in\u00e9dites empreintes \u00e0 la fois d&rsquo;\u00e9lectronique et de classique. Cette co-r\u00e9alisation bas\u00e9e sur un livre-objet de Jonathan Safran Foer met en sc\u00e8ne des danseurs\u00a0 \u00e0 la fois issus de la troupe de McGregor et celle de l\u2019Op\u00e9ra national de Paris comme les \u00e9toiles Marie-Agn\u00e8s Gillot et J\u00e9r\u00e9mie B\u00e9lingard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle commence par un ballet de lucioles, de leds plac\u00e9es sur les danseurs habill\u00e9s de noir. La repr\u00e9sentation ne d\u00e9bute donc pas avec des corps mais avec de la lumi\u00e8re. Symboliquement, ce choix est tr\u00e8s po\u00e9tique et esth\u00e9tiquement, tr\u00e8s r\u00e9ussi. Les bras des danseurs apparaissent ensuite au spectateur diffract\u00e9s dans des c\u00f4nes en miroir. Les projecteurs s&rsquo;allument et r\u00e9v\u00e8lent les danseurs. Ce processus d&rsquo;attente, de frustration visuelle met le spectateur en haleine, il est alors mieux dispos\u00e9 \u00e0 appr\u00e9cier chaque d\u00e9tails des chor\u00e9graphies suivantes. Une vitre r\u00e9fl\u00e9chissante appara\u00eet et les danseurs en jouent, dansant devant ou\/et derri\u00e8re. La sc\u00e8ne refl\u00e9t\u00e9e semble n&rsquo;avoir plus de limite et les danseurs sont comme d\u00e9multipli\u00e9s. S&rsquo;instaure alors un jeu entre transparence et opacit\u00e9, entre le reflet des danseurs et leur imitation par d&rsquo;autres danseurs. Le miroir est plac\u00e9 pendant un temps pench\u00e9 pour nous donner une autre vision des danseurs\u00a0: le d\u00e9cor devient alors un instrument au service de notre perception. Lorsque tous les danseurs sont regroup\u00e9s derri\u00e8re ce miroir dont le fond de sc\u00e8ne nous appara\u00eet bleu, ce dernier s&rsquo;ouvre et r\u00e9v\u00e8le un fond de sc\u00e8ne rouge. Le d\u00e9cor montre alors les limites de notre perception. Cette r\u00e9flexion apporte une profondeur au ballet\u00a0: ce n&rsquo;est pas seulement\u00a0 une prouesse esth\u00e9tique ou technique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les chor\u00e9graphies des danseurs \u00e9voluent de m\u00eame au long du spectacle. Alors que les premiers tableaux sont compos\u00e9s de duos \u00e9mouvants par la douceur des contact, les danseurs, \u00e0 la fin, habill\u00e9s de couleurs vives r\u00e9p\u00e8tent en groupe des phrases chor\u00e9graphiques aux mouvements plus saccad\u00e9s. Cela \u00e9voque au spectateur une standardisation des gestes qui perd ainsi de sa force \u00e9motive. Il est cependant possible de remarquer une attention particuli\u00e8re aux mains et aux expressions tout au long du spectacle. Ces d\u00e9tails montrent la perfection des performances chor\u00e9graphiques de chaque danseur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet s&rsquo;ouvre (et se termine) sur des claquements de mains. Les danseurs apparaissent sur une musique qui n&rsquo;est que succession de sons. Cette musique presque bruitiste \u00e9volue au cours du ballet et des harmonies au piano retentissent suivies de passages plus l\u00e9gers chant\u00e9s et finalement des m\u00e9lodies \u00e9lectroniques. L&rsquo;\u00e9volution de la musique suppl\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des chor\u00e9graphies et des d\u00e9cors. En ce sens le spectateur comprend le choix de ce type de musique contemporaine. Cependant les m\u00e9lodies tr\u00e8s rythm\u00e9es et r\u00e9p\u00e9titives avec des basses tr\u00e8s pr\u00e9sentes manquent \u00e0 la fin de richesse dans la composition des harmonies. La musique perd alors de sa profondeur et transmet moins d&rsquo;\u00e9motions au spectateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectateur est alors au long de ce spectacle transport\u00e9 dans un monde qui \u00e9volue. Il assiste \u00e0 la naissance du corps et des \u00e9motions jusqu&rsquo;\u00e0 sa standardisation sa d\u00e9shumanisation. L&rsquo;abstraction de l&rsquo;histoire racont\u00e9e par les danseurs renforce les \u00e9motions transmises au spectateur.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9a Thouin<\/h6>\n<pre>Photo : Joel Chester Fildes<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Ballet | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus Le spectacle Tree of Codes est un ballet contemporain, mis en sc\u00e8ne par Wayne McGregor sur une musique de Jamie xx, avec pour sc\u00e9nographe Olafur Eliasson, Rob Halliday aux Lumi\u00e8res, et Nick Sagar au son. 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