{"id":8291,"date":"2017-02-24T20:00:33","date_gmt":"2017-02-24T19:00:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8291"},"modified":"2017-02-24T20:00:33","modified_gmt":"2017-02-24T19:00:33","slug":"fidelis-fortibus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8291","title":{"rendered":"Fidelis Fortibus"},"content":{"rendered":"<p>Cirque | La Villette &#8211; espace chapiteaux | <a href=\"https:\/\/lavillette.com\/evenement\/villette-cirques-circus-ronaldo\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un clown dans un costume de liftier, trop grand, d\u00e9lav\u00e9 et avec un air d\u00e9sempar\u00e9 nous accueille \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de son chapiteau. Mais on ne peut pas vraiment parler d&rsquo;accueil puisqu&rsquo;il nous dit de repartir. \u00ab\u00a0Non il n&rsquo;y a pas de spectacle\u00a0\u00bb nous dit-il dans un portugais marmonn\u00e9. Les retardataires sont presque fustig\u00e9s et compl\u00e8tement d\u00e9stabilis\u00e9s. Une fois install\u00e9s on peut observer la sc\u00e9nographie assez glauque de la piste. Des tombes en cercles, une corde tendue entre deux poteaux comme un fil de funambule, une \u00e9chelle, une estrade&#8230; tout sent la poussi\u00e8re et le vieux cirque. Nous avons l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;enterrement du cirque traditionnel. Pendant ce temps, le clown s&rsquo;\u00e9vertue \u00e0 chasser son public mais c&rsquo;est peine perdue. Finalement il nous explique (toujours en m\u00e2chant son portugais) que c&rsquo;est finit, qu&rsquo;ils sont tous morts, le dresseurs, la ballerine, l&rsquo;homme le plus fort du monde&#8230; tous les personnages embl\u00e9matiques du cirque traditionnel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le public est l\u00e0 pour voir quelque chose alors le clown improvise et s&rsquo;essaye aux accessoires de ses d\u00e9funts coll\u00e8gues. Son probl\u00e8me, produire du spectacle, devient son moteur et finalement le clown se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un fantastique magicien, un funambule respectable et m\u00eame un dresseur de rat. Il a comprit que s&rsquo;il veut nous voir partir, il faut que le spectacle ait lieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un hommage au cirque traditionnel puisque le clown nous montre bien que les vielles combines comiques fonctionnent toujours. Hommage aussi par la sensibilit\u00e9 de la d\u00e9marche de Danny Ronaldo qui nous fait bien ressentir sa nostalgie d&rsquo;un cirque de l&rsquo;incroyable.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Nora Calderon<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le cirque s\u2019est invit\u00e9 \u00e0 la Villette et alors que je cours retrouver l\u2019Espace Chapiteau par temps de pluie, j\u2019h\u00e9site, me demandant m\u00eame si je suis arriv\u00e9e au bon chapiteau. Il s\u2019y fait un silence de terrain de campagne\u00a0; l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on aurait l\u2019habitude de retrouver le chapiteau des cirques ambulants. Mais voil\u00e0 je suis \u00e0 Paris et la magie op\u00e8re d\u00e9j\u00e0\u00a0! J\u2019entre sous le chapiteau en question et c\u2019est un \u00e9merveillement grandissant d\u2019une heure qui m\u2019attend. Le froid aussi. Temp\u00e9r\u00e9 par la chaleur des spectateurs qui donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre autour d\u2019un feu de bois. Le cercle typique que forment les estrades, d\u00e9limite le tapis de sciure sur lequel je m\u2019attends \u00e0 voir quelques animaux rares et dresser, faire leur num\u00e9ro. La solitude de cet homme nous fait entendre la mort du cirque par le trou de serrure de son imagination. Progressivement, sa po\u00e9sie nous envahit et toutes les petites lumi\u00e8res qui l\u2019entourent contribuent \u00e0 l\u2019illusion. Il nous fait rire, il nous fait peur, il nous abandonne, nous laissant nous questionner sur sa prochaine action.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le clown marmonne en italien ou langue hispano latine\u2026un langage \u00e0 la fois lointain et si proche par nos racines. Il cr\u00e9e ainsi une distance entre lui, sa pens\u00e9 et sa volont\u00e9 qui l\u2019emm\u00e8nent et nous emm\u00e8nent avec lui, loin de l\u2019apparence r\u00e9elle et premi\u00e8re des objets qui l\u2019entourent. Le final est un tableau lumineux qui nous fait sourire et r\u00e9fl\u00e9chir sur l\u2019art et la place de la cr\u00e9ation sc\u00e9nographique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son but est bien entendu comme tous les clowns de nous divertir et de nous \u00e9mouvoir. La repr\u00e9sentation nous sensibilise aussi \u00e0 la situation des artistes qui comme lui traversent sur un fil et sans filet les difficult\u00e9s du m\u00e9tier qui semble s\u2019\u00e9teindre&#8230; Les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 participer en venant aider le clown-jongleur qui sait surprendre et rassurer son publique. Une femme choqu\u00e9e de d\u00e9couvrir que le rat du clown \u00e9tait sous sa chaise va retrouver les traits de l\u2019enfant qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 en s\u2019exclamant et riant du fond du c\u0153ur. Je crois que le clown peut \u00eatre satisfait de son num\u00e9ro quand de telles \u00e9motions lui sont donn\u00e9es.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Chlo\u00e9 Hoarau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nuit tombe \u00e0 la Villette; montent le silence, le froid et le sourire qui pr\u00e9voit le rire circassien, tandis que les spectateurs attendent devant le chapiteau du Circus Ronaldo: c\u2019est Fidelis Fortibus qui les rassemble ce soir d\u2019hiver. Un par un, ils rentrent au chapiteau, un par un, ils se font aborder par Danny Ronaldo en un gromelot italien assez s\u00e9rieux mais incompr\u00e9hensible. Quelques fois pris au pi\u00e8ge, les spectateurs, croyant comprendre le s\u00e9rieux du gromelot, sortent du chapiteau se sentant vir\u00e9s, jusqu\u2019\u00e0 ce que le rire g\u00e9n\u00e9ral les convainque de rester. Le spectacle commence dans la n\u00e9gation: \u00ab\u00a0Non c&rsquo;\u00e8 spettacolo\u00a0\u00bb, il n\u2019y a pas de spectacle, dit le clown. Au d\u00e9but, personne n\u2019y croit. Le ridicule de la situation g\u00e9n\u00e9ralise le rire. Mais peu \u00e0 peu, le pacte th\u00e9\u00e2trale transforme le comique en autre chose, tr\u00e8s noir; une fois la sc\u00e8ne \u00e9clair\u00e9e, le rire est exil\u00e9 du cimeti\u00e8re qu\u2019est devenu le chapiteau tout entier\u2014\u00ab\u00a0Tutta la mia famiglia \u00e8 morta\u00a0\u00bb. Timor\u00e9 et timide, le clown retrouve la confiance en soi \u00e0 partir des \u00e9clats de rire et d\u2019applaudissement des spectateurs. Sur la nouvelle sc\u00e8ne o\u00f9 les applaudissements ont r\u00e9tabli l\u2019espoir, il est \u00e0 nouveau possible de raconter des histoires. Le clown rend hommage aux morts, un par un, en s\u2019attardant sur chaque tombe pour raconter leur histoire et jouer leur r\u00f4le. Mais ce n\u2019est pas tragique. Au contraire, ce sont les plus joyeuses et festives pierres tombales : un monocycle couvert par un manteau rouge et vert, une croix avec un chapeau de magicien\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Seul h\u00e9ritier de tout ce savoir, le clown transforme la mort des anc\u00eatres en vie. Le spectacle devient l\u2019alternance pendulaire entre moments m\u00e9lancoliques et joyeux d\u2019une grande beaut\u00e9 po\u00e9tique. Par exemple, lorsqu\u2019il veut rendre vivant le magicien, il prend le chapeau de sa tombe et le secoue. Il n\u2019y a pas de pigeon, il n\u2019y a pas de lapin, mais une plume tombe tr\u00e8s lentement, t\u00e9moignant d\u2019un pass\u00e9 qui n\u2019est plus. Comme aucune femme ne veut \u00eatre coup\u00e9e en deux, le clown-magicien ouvre la bo\u00eete pour s\u2019installer lui-m\u00eame. Il jette quelques objets \u00e9tranges, dont de fausses jambes de danseuse de ballet. Il s\u2019installe pour se couper lui-m\u00eame en deux, lui, qui est d\u00e9j\u00e0 mentalement coup\u00e9 en deux, par son deuil, par sa perte, par sa solitude. La violence du geste casse la table sur laquelle \u00e9tait la bo\u00eete en deux; il est lui-m\u00eame coup\u00e9 en deux, mais, mis en difficult\u00e9, il ne sort de sc\u00e8ne qu\u2019avec une partie de son corps. Cach\u00e9 derri\u00e8re les rideaux, il essaie de r\u00e9cup\u00e9rer ses jambes, sans succ\u00e8s. Il d\u00e9cide finalement de prendre les jambes de la danseuse de ballet: et le voil\u00e0 sur sc\u00e8ne, de nouveau coup\u00e9 en deux mais cette fois en int\u00e9grant son pass\u00e9 circassien dans son costume.\u00a0 Et, dans ce ridicule po\u00e9tique, le clown prend le risque de la corde raide, image tr\u00e8s exacte du rire dans \u00ab\u00a0Fidelis Fortibus\u00a0\u00bb, o\u00f9 \u00e0 chaque instant s\u2019accompagne du vertige des larmes au bord des yeux, de l\u2019angoisse de voir bruler le chapiteau avant la fin du spectacle (parce que le clown h\u00e9site \u00e0 le faire, et l\u2019odeur \u00e0 gasoil rend plus r\u00e9el le drame)\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, la corde raide comme image du spectacle, o\u00f9 l\u2019on peut revenir en arri\u00e8re mais sans cesser de regarder vers l\u2019avant, o\u00f9 l\u2019\u00e9quilibre entre rire et tendresse d\u2019une part, oubli et r\u00e9miniscence d\u2019autre part rend possible la paradoxale exp\u00e9rience du cirque-cimeti\u00e8re, bleu, triste, toujours au bord de l\u2019\u00e9chec. Ce monologue en langue \u00e9trang\u00e8re est un monologue gestuel et un cri po\u00e9tique qui revendique la dimension familiale du cirque comme tradition, qui commence \u00e0 s\u2019\u00e9clipser dans nos temps modernes.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Daniela Restrepo<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans son chapiteau plant\u00e9 dans le parc de la Villette, Danny Ronaldo vous accueillera avec sa famille d\u2019artistes circassiens. Danny Ronaldo a cr\u00e9\u00e9 ce spectacle lui-m\u00eame avec le soutiens de sa femme Lotte van den Berg. Fidelis Fortibus partage \u00e0 quel point les relations au sein d\u2019une famille d\u2019artistes de cirque peuvent \u00eatre fortes et complexes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le premier regard sur la magnifique peinture et la roulotte \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du chapiteau, le cadre nous donne une impression d\u2019authenticit\u00e9. Dans le petit chapiteau, tous les objets nous semblent \u00e9tranges et uniques, les instruments de musique jouent d\u2019eux-m\u00eames avec un r\u00e9alisme d\u00e9concertant. Tout cela ajoute une bonne dose de po\u00e9sie \u00e0 la repr\u00e9sentation notamment \u00e0 la toute fin du spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les num\u00e9ros traditionnels du cirque sont pr\u00e9sents, funambulisme, clown, tours d\u2019animaux, jonglage et une longue ascension jusqu\u2019au trap\u00e8ze r\u00e9ellement vertigineuse. Le fait est que tous ces num\u00e9ros sont r\u00e9alis\u00e9s de fa\u00e7on in\u00e9dite et tr\u00e8s cr\u00e9ative. A aucun moment Danny ne fais sentir que ce qui va suivre est d\u00fbment pr\u00e9par\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici il n\u2019y a pas besoin d\u2019\u00eatre enfant pour \u00eatre happ\u00e9 par l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9trange, dr\u00f4le et l\u00e9g\u00e8rement glauque de la repr\u00e9sentation. En l\u2019espace de la dur\u00e9e du spectacle, une relation entre le public et l\u2019artiste se cr\u00e9\u00e9e. Au fur et \u00e0 mesure que nous en apprenons plus sur les artistes de ce cirque et que l\u2019on aide Danny dans ses acrobaties, le lien se resserre. Cela nous donne, j\u2019ose croire, un bref aper\u00e7u des liens qui lient les membres d\u2019un m\u00eame cirque. De sa part Danny manifeste une grande humilit\u00e9. On peut m\u00eame pr\u00e9ciser que tout cela se fait sans un mot ressemblant \u00e0 du fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019interpr\u00e9tation de Danny est visc\u00e9rale et tr\u00e8s naturelle. Dans un \u00e9lan d\u2019humeur il casse des ampoules d\u2019une guirlande par inadvertance, et donne une impression d\u2019improvisation \u00e0 tout moment. J\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 sa fa\u00e7on de ne pas faire paraitre les acrobaties \u00ab\u00a0faciles\u00a0\u00bb \u00e0 r\u00e9aliser, mais plut\u00f4t terrifiantes et dangereuses. La proximit\u00e9 entre le public et l\u2019artiste aidant grandement car le public n\u2019est pas sp\u00e9cialement \u00e0 l\u2019abris des accessoires jet\u00e9s dans toutes les directions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un num\u00e9ro de cirque unique, po\u00e9tique et touchant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Antoine Ricoux<\/h6>\n<hr \/>\n<p>C&rsquo;est dans le cadre de la Villette en cirque que se joue, sous le chapiteau de la compagnie Circus Ronaldo, un spectacle qui m\u00eale cirque et one-man show. Danny Ronaldo, seul en sc\u00e8ne pendant ce relativement court spectacle, accueille le public sur un ton g\u00ean\u00e9, en disant qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas, pr\u00e9cis\u00e9ment, de spectacle&#8230; Tous les artistes, en effet, sont morts, et c&rsquo;est leur tombes orn\u00e9es des instruments (trompette, cor, fl\u00fbte, hautbois, tambour, \u2026) ainsi que des accessoires (halt\u00e8res, balles, tutu, \u2026) caract\u00e9ristiques de chaque membre de la troupe d\u00e9c\u00e9d\u00e9 qui d\u00e9limite l&rsquo;espace de jeu. L&rsquo;interpr\u00e8te, v\u00e9ritable ben\u00eat qui ne dira pas un mot de fran\u00e7ais, s&rsquo;excuse, jure, d\u00e9plore la mort de ses camarades \u2013 tonalit\u00e9 fun\u00e8bre qui habitera tout le spectacle et sonne d\u00e9j\u00e0 le d\u00e9but de cette petite musique mi-comique, mi-s\u00e9rieuse, mi-joviale, mi-macabre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parce que toutes et tous sont morts, Danny Ronaldo n&rsquo;a d&rsquo;autre choix, devant nous, que d&rsquo;errer parmi les tombes et rejouer, sch\u00e9matiquement, les num\u00e9ros phares de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs. Le directeur (forc\u00e9ment m\u00e9chant), le clown trompettiste, la danseuse en tutu ou le jongleur aux quilles blanches revivront donc \u00e0 travers le corps d\u00e9gingand\u00e9 et maladroit de l&rsquo;acteur-circassien. S&rsquo;ils sont absents du spectacle en chair et en os, ils sont bien pr\u00e9sents par le son, chaque instrument venant commenter ou accompagner chacune des actions et des num\u00e9ros de Danny. Et si le rire est bien l\u00e0 (les adresses et les demandes faites au public sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes, spontan\u00e9es souvent, efficaces en tout cas), la tonalit\u00e9 mineure se fait bien plus ressentir, un nombre important de marches fun\u00e8bres intervenant lors du spectacle, et jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;apoth\u00e9ose finale, o\u00f9 Danny empile p\u00eale-m\u00eale toutes les croix et tous les instruments de la troupe d\u00e9cim\u00e9e, avant de hausser la \u00ab\u00a0sculpture\u00a0\u00bb au sommet du chapiteau, et d&rsquo;allumer au sein du tambour central une petite lumi\u00e8re&#8230;<\/p>\n<p>Ce spectacle n&rsquo;est en rien un v\u00e9ritable spectacle de cirque, mais l&rsquo;entreprise est audacieuse\u00a0; Danny passe en fait la plupart de son temps \u00e0 rater ses num\u00e9ros \u2013 c&rsquo;est-\u00e0-dire, \u00e0 r\u00e9ussir \u00e0 les rater, \u00e0 des fins comiques bien s\u00fbr, en ad\u00e9quation avec son personnage d\u00e9cal\u00e9, mais aussi dans une id\u00e9e plus po\u00e9tique du cirque, dont la louange passe par la mort, dont l&rsquo;ode n&rsquo;est possible que par sa disparition, dont la po\u00e9sie et l&rsquo;espoir qu&rsquo;il porte germent en creux de sa d\u00e9ploration. Car le comique est sur le fil de cr\u00eate avec le tragique, la prouesse technique (escalader un invraisemblable empilage d&rsquo;objets pour atteindre le trap\u00e8ze) avec la maladresse (rechigner constamment, implorer l&rsquo;aide de l&rsquo;assistance, tout faire tomber et \u00eatre incapable de redescendre), la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 avec la gaffe. On pourrait continuer longtemps une telle liste de contraires, tant <em>Fidelis fortibus<\/em>, litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0fid\u00e8le aux audacieux\u00a0\u00bb, va puiser dans la nostalgie la force n\u00e9cessaire pour faire revivre, potentiellement \u00e9ternellement, le cirque, la rencontre d&rsquo;un public et d&rsquo;une sc\u00e8ne, l&rsquo;art somme toute, prenant ainsi la forme d&rsquo;une le\u00e7on de vie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Louis Tisserand<\/h6>\n<pre>Photo : Circus Ronaldo<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Cirque | La Villette &#8211; espace chapiteaux | En savoir plus Un clown dans un costume de liftier, trop grand, d\u00e9lav\u00e9 et avec un air d\u00e9sempar\u00e9 nous accueille \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de son chapiteau. 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