{"id":8352,"date":"2017-03-03T20:00:00","date_gmt":"2017-03-03T19:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8352"},"modified":"2017-03-03T20:00:00","modified_gmt":"2017-03-03T19:00:00","slug":"le-corps-musicien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8352","title":{"rendered":"Le corps musicien"},"content":{"rendered":"<p>Projection musicale | Mus\u00e9e du Louvre | <a href=\"http:\/\/www.louvre.fr\/le-corps-musicien\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se fait tard, presque personne dans le mus\u00e9e. Les all\u00e9es du Louvre sont vides, mais on voit, de temps \u00e0 autres, quelques personnes se faufiler dans l\u2019aile menant \u00e0 l\u2019Auditorium. Ce soir, Pour diversifier et rajeunir son public, le Louvre accueille une conf\u00e9rence d\u2019un genre nouveau\u00a0: Clip &amp; Clap. Rien \u00e0 voir avec le bruit de la pluie qui semble interrompue depuis quelques semaines, Clip &amp; Clap a un concept simple et s\u00e9duisant\u00a0: explorer la musique sans la dissocier de ses images. Ce vendredi 3 mars, cette soir\u00e9e musicale d\u2019un nouveau genre est orient\u00e9e vers une des actualit\u00e9s du Louvre, qui est l\u2019exposition de la Petite Galerie \u00ab\u00a0Corps en mouvement, la danse au mus\u00e9e\u00a0\u00bb. Aujourd\u2019hui, il n\u2019est donc pas question de musique sans parler du mouvement qui l\u2019accompagne. Du danseur au musicien, en passant par le chef d\u2019orchestre, tout les mouvements sont \u00e9tudi\u00e9s dans un corpus de vid\u00e9o et extraits documentaires aussi vari\u00e9s que surprenante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouverture est un extrait de\u00a0 \u00ab\u00a0Jocaste\u00a0\u00bb, incarn\u00e9 par Martha Graham, danseuse exceptionnelle du si\u00e8cle dernier. Ce point de d\u00e9part un peu strict, liant danse chor\u00e9graphi\u00e9 et musique \u00e9crite, donc sans r\u00e9el surprise, nous m\u00e8ne vers des chemins plus sombres et nous met face \u00e0 des probl\u00e9matiques musicales tr\u00e8s vari\u00e9es. Peut on appr\u00e9cier le mouvement et en imaginer la musique, comme sur cette seule et unique archive d\u2019Isadora Duncan\u00a0? Peut-on \u00e9crire le mouvement, et le rendre plus passionnant que la musique qui l\u2019illustre, comme chez Xacier le Roy ? Le mouvement peut \u2013il d\u00e9noncer et pr\u00eater \u00e0 rire, comme chez Les Monthy Pitons\u00a0? Quels sont les limites du mouvement en danse et en musique et peut-on vraiment les atteindre\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les extraits vid\u00e9os se succ\u00e8dent\u00a0; certains parfois trop court, donne envie d\u2019en savoir plus. Le tout est comment\u00e9 avec brio par Cl\u00e9ment Lebrun, musicologue et musicien, et Christian Labrande, initiateur de la s\u00e9rie \u00ab\u00a0Clip &amp; Clap\u00a0\u00bb et programmateur des cycles de Musique Film\u00e9e \u00e0 l\u2019Auditorium du Louvre depuis 1989, ayant collabor\u00e9 avec le Lincoln Center \u00e0 New York ou le Barbican Center \u00e0 Londres, rien que \u00e7a. Ce duo, aussi brillant que comique, n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 donner de leur voix et de leur personne pour rendre la conf\u00e9rence un peu moins acad\u00e9mique que pr\u00e9vue. En presque deux heures de conf\u00e9rences, Cecil Taylor, fou et d\u00e9chain\u00e9 sur son piano, c\u00f4toie le jeune Iggy Pop, que personne ne retient quand il se jette dans une foule. Gene Kelly, dans une sc\u00e8ne culte de Singin\u2019 in the Rain, succ\u00e8de \u00e0 Vladimir Horowitz, et on n\u2019a pas le temps de s\u2019ennuyer. Les sujets s\u2019enchainent de fa\u00e7on anarchique, sans r\u00e9el liens logiques, mais tout est convainquant. On en ressort plein de musique, d\u2019image et de sons en t\u00eate, apr\u00e8s un final assur\u00e9e \u00e9pileptique d\u2019une performance d\u2019Hiroaki Umeda.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Noumia Boutleux<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre de la s\u00e9ance Clip&amp;Clap, \u00ab\u00a0Le corps musicien\u00a0\u00bb, les pr\u00e9sentateurs Cl\u00e9ment Lebrun et Christian Labrande am\u00e8nent les spectateurs \u00e0 un voyage esth\u00e9tique dans le domaine de la danse et de la musique. Des extraits vid\u00e9o qui montrent soit des danseurs soit des musiciens (ou bien des activit\u00e9s artistiques qui sont \u00e0 situer entre les deux), incitent \u00e0 se poser de nouveau des questions concernant le rapport entre le corps et la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lebrun et Labrande introduisent et commentent les vid\u00e9os, mais sans jamais trop dire. Ils stimulent les spectateurs \u00e0 d\u00e9velopper leurs propres r\u00e9fl\u00e9xions en donnant des indications surtout pr\u00e9cieux pour ceux qui s\u2019approchent de la danse de mani\u00e8re th\u00e9orique pour la premi\u00e8re fois. Le choix des vid\u00e9os est tr\u00e8s bien fait. Non seulement la diversit\u00e9 historique des diff\u00e9rents styles de danse et musique est pr\u00e9sente, mais on montre \u00e9galement ce qui correspond \u00e0 presque toutes les facettes th\u00e9roriques li\u00e9es \u00e0 la question du corps musicien\u00a0: La danse sans la musique, le corps en tant qu\u2019instrument, les partitions du chor\u00e9ographe, ou la danse comme \u00e9preuve de la force corporelle, pour nommer quelques exemples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un seul aspect manque un peu\u00a0: Une analyse de ce qui se passe dans le corps du spectateur qui voit la danse ou se sent stimul\u00e9 par la musique aurait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ressante. Concernant cette probl\u00e9matique, les pr\u00e9sentateurs se sont limit\u00e9s au stage diving et \u00e0 la th\u00e9matique des marathons de danse. Pourtant, il y a aussi des choix de vid\u00e9os surprenants\u00a0: un point culminant est l\u2019observation des diff\u00e9rentes mani\u00e8res de diriger des chefs d\u2019orchestre \u2013 on n\u2019aurait pas forc\u00e9ment pens\u00e9 \u00e0 chercher la danse dans le corps de celui qui dirige la musique et doit donc lui r\u00e9sister en un sens, et pourtant elle s\u2019y montre de mani\u00e8re distincte et individuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans l\u2019ensemble, le mod\u00e8le de Clip&amp;Clap est un concept qui passionne\u00a0: Bien qu\u2019il n\u2019y ait pas forc\u00e9ment un discours ferm\u00e9 et \u00e9labor\u00e9, le choix brillant des extraits et la pr\u00e9sentation stimulante et ouverte donne envie de revenir.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Doria Bretz<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 3 mars 2017 se tenait \u00e0 l&rsquo;auditorium Louvre une s\u00e9ance particuli\u00e8re nomm\u00e9e Clip &amp; Clap. Cet \u00e9v\u00e9nement n&rsquo;\u00e9tait pas le premier \u00e0 porter ce nom puisque le principe de la soir\u00e9e est r\u00e9guli\u00e8rement reconduit par ses deux organisateurs, Cl\u00e9ment Lebrun, un grand musicologue et musicien, et Christian Labrande, figure connue de l&rsquo;organisation de conf\u00e9rences tournant autour de la musique. Le th\u00e8me de cette soir\u00e9e \u00e9tait \u00ab\u00a0Le corps musicien\u00a0\u00bb et visait, d&rsquo;apr\u00e8s la brochure, \u00e0 montrer comment les corps des musiciens et des danseurs ont chang\u00e9 de fonction avec le temps pour finalement atteindre une plus grande libert\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N&rsquo;ayant trouv\u00e9 que peu d&rsquo;information au sujet de cette rencontre, je ne savais pas \u00e0 quoi m&rsquo;attendre. Pensant d&rsquo;abord \u00e0 une mise en sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale, je fus surpris d&rsquo;assister plut\u00f4t \u00e0 une conf\u00e9rence tr\u00e8s dynamique qu&rsquo;\u00e0 un spectacle. \u00c0 travers les analyses des deux professionnels cit\u00e9s plus haut et gr\u00e2ce \u00e0 des archives film\u00e9es d&rsquo;une qualit\u00e9 exceptionnelle, les diff\u00e9rents mouvements de danse et de musique \u00e9taient pr\u00e9sent\u00e9s et expliqu\u00e9s. Le voyage commen\u00e7ait avec des documents muets montrant Isadora Duncan danser devant une foule de personnes et s&rsquo;achevait sur une repr\u00e9sentation moderne d&rsquo;un artiste ne bougeant presque plus. Entre ces bornes venaient et repartaient des conceptions toutes aussi diff\u00e9rentes qu&rsquo;int\u00e9ressantes, de l&#8217;emploi entier du corps dans la composition musicale \u00e0 l&rsquo;abandon de toute logique sonore au profit du mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait fascinant d&rsquo;entendre les deux passionn\u00e9s qu&rsquo;\u00e9taient les organisateurs de la soir\u00e9e d\u00e9crire avec pr\u00e9cision l&rsquo;\u00e9volution des mentalit\u00e9s quant \u00e0 l&rsquo;expression sans cesse renouvel\u00e9e de l&rsquo;art musical. Leurs analyses se fondaient souvent sur leur propre exp\u00e9rience et montraient effectivement l&rsquo;effet qu&rsquo;avait tel ou tel autre choix artistique sur la r\u00e9ception. Cl\u00e9ment Lebrun parlait par exemple d&rsquo;un type de repr\u00e9sentation o\u00f9 des danseurs s&rsquo;ex\u00e9cutaient devant un public jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;il ne reste dans la salle qu&rsquo;un spectateur ou bien sur sc\u00e8ne qu&rsquo;un seul artiste, conduisant parfois \u00e0 faire durer des spectacles trois ou quatre heures. N&rsquo;\u00e9tant pas un sp\u00e9cialiste, j&rsquo;aurais sans doute trouv\u00e9 le concept obscur mais la r\u00e9ussite de l&rsquo;explication des intervenants et leur \u00e9loquence rendaient l&rsquo;id\u00e9e absolument fasciante et remettaient en question la place du public dans toute repr\u00e9sentation artistique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre point extr\u00eamement positif de cette s\u00e9ance \u00e9tait sa dimension tr\u00e8s vaste : en effet, s&rsquo;il \u00e9tat impossible d&rsquo;\u00eatre exhaustif en si peu de temps, les organisateurs ont mis un point d&rsquo;honneur \u00e0 varier le plus possible les genres musicaux et de danse ainsi que l&rsquo;origine des artistes, produisant un effet plaisant de d\u00e9couverte et de constante actualisation du propos sur sc\u00e8ne, allant des figures les plus connues, comme Nijinsky, aux mouvements moins fameux de body clapping. La soir\u00e9e ne s&rsquo;essoufflait jamais et \u00e9tait ponctu\u00e9e d&rsquo;humour et de dynamisme. En r\u00e9sum\u00e9, le concept des rencontres Clip &amp; Clap est une d\u00e9couverte tr\u00e8s int\u00e9ressante que l&rsquo;on pourrait conseiller \u00e0 tous, aux sp\u00e9cialistes des questions \u00e9tudi\u00e9es comme aux complets amateurs.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Quentin Fichot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on entre dans l\u2019auditorium du Louvre, on distingue imm\u00e9diatement dans l\u2019audience qui a d\u00e9j\u00e0 assist\u00e9 \u00e0 une soir\u00e9e Clip&amp;Clap et qui est novice. La premi\u00e8re cat\u00e9gorie sait \u00e0 quoi s\u2019attendre, et se love confortablement dans les fauteuils modernes de la salle. Les autres, dont je faisais partie, se plongent dans la brochure descriptive et attendent, dans l\u2019ignorance de l\u2019\u00e9clairante le\u00e7on \u00e0 venir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est en effet d\u2019une le\u00e7on qu\u2019il s\u2019agit, tellement le savoir des deux intervenants, Christian Labrande et Cl\u00e9ment Lebrun, est \u00e0 la fois important et communicatif. On tient ici plus de la discussion entre amis que d\u2019un soporifique cours magistral\u00a0: les deux sp\u00e9cialistes ont chacun leur personnage, et au cours de ces deux heures qu\u2019on ne voit pas passer, ils alternent entre petites anecdotes, vid\u00e9os d\u00e9nich\u00e9es au fin fond d\u2019archives rares et r\u00e9f\u00e9rences pointues mais assez explicit\u00e9es pour qu\u2019une n\u00e9ophyte de la musique et de la danse ne se sente pas perdue. Le th\u00e8me de cette soir\u00e9e \u00e9tait \u00ab\u00a0Le corps musicien\u00a0\u00bb, dans le cadre de l\u2019exposition sur le mouvement donn\u00e9e par le mus\u00e9e. Malgr\u00e9 l\u2019ampleur du sujet, une majorit\u00e9 d\u2019aspects a pu \u00eatre abord\u00e9e\u00a0: comment mettre en musique les mouvements du corps, et comment danser certains sons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique et la danse sont li\u00e9es depuis toujours, les sons cr\u00e9\u00e9s par le corps \u00e9tant une des premi\u00e8res formes de musique, ce qui nous est montr\u00e9 par des archives vid\u00e9ographiques tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. Ainsi, des d\u00e9buts de la chor\u00e9graphie moderne \u00e0 la danse sur des sons \u00e9lectroniques d\u2019ordinateur, le spectateur est plong\u00e9 dans un voyage dans le temps et les genres. Isadora Duncan, Iggy Pop, Miles Davis, les Monty Python, Dominique Brun\u2026 les inspirations multiples permettent d\u2019\u00e9largir la vision du corps, de la musique et de la danse, et tout le monde dans la salle s\u2019y retrouve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, les deux intervenants mettent un point fort \u00e0 cr\u00e9er une interaction incessante avec le public, et l\u2019attention de ce dernier ne faiblit jamais malgr\u00e9 un jargon de connaisseur qui peut parfois d\u00e9stabiliser au premier abord. C\u2019est que Christian Labarde comme Cl\u00e9ment Lebrun sont deux sp\u00e9cialistes pointus. Le premier travaille depuis longtemps dans le monde de la musique (programmateur des cycles de Musique Film\u00e9e \u00e0 l\u2019Auditorium du Louvre depuis 1989, organisateur de festival et d\u2019expositions \u00e0 la Cit\u00e9 de la Musique), et le deuxi\u00e8me est un petit g\u00e9nie qui conna\u00eet et pratique la musique au sens large\u00a0: du ska au jazz en passant par le rock et les grands compositeurs classiques, rien ne semble lui \u00eatre inconnu. Cela m\u00e8nera m\u00eame \u00e0 une sc\u00e8ne assez insolite, o\u00f9 apr\u00e8s avoir fait deviner au public des grands compositeurs et musiciens en les mimant, il se met \u00e0 danser presque malgr\u00e9 lui sur un clip de m\u00e9tal du groupe su\u00e9dois Meshuggah. Ce grand \u00e9cart est \u00e0 l\u2019image des soir\u00e9es Clip&amp;Clap\u00a0: ouvertes \u00e0 tous les amateurs de culture et \u00e0 tous les types de cr\u00e9ation, pour mieux unir autour du langage universel qu\u2019est celui de la musique et du corps.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Pauline Georget<\/h6>\n<hr \/>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette s\u00e9ance explore \u00e0 travers des archives film\u00e9es la mani\u00e8re dont le corps du musicien et celui du danseur ont \u00e9volu\u00e9s \u00e0 travers le temps pour changer de fonction et arriver \u00e0 de nouvelles formes d\u2019expression.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\">Clip &amp; Clap est plus une conf\u00e9rence qu\u2019un v\u00e9ritable spectacle. La s\u00e9ance est pr\u00e9sent\u00e9 par Cl\u00e9ment Lebrun, \u00e0 la fois musicologue et musicien et Christian Labrande, initiateur du projet \u00ab\u00a0Clip &amp; Clap\u00a0\u00bb, lui aussi sp\u00e9cialiste de musique. Tous deux s\u2019interrogent ce soir sur un rapport indispensable dans la musique\u00a0: celui du corps et du son.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce programme est en lien avec l\u2019exposition du Louvre \u00ab\u00a0Corps en mouvement. La danse au mus\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le programme vante une rencontre entre la conf\u00e9rence, le happening et une sorte de visite d\u2019une exposition dont les tableaux ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par des extraits vid\u00e9os.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les extraits sont pr\u00e9sent\u00e9s chronologiquement, de Isadora Duncan \u00e0 Iggy Pop en passant par le groupe de m\u00e9tal su\u00e9dois Meshuggah et Singin\u2019 in the Rain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le but est de montrer que \u00e0 travers l\u2019\u00e9volution de la musique, on a aussi assist\u00e9 \u00e0 une \u00e9volution des rapports entre le corps du musicien et le son, mais aussi le rapport du spectateur \u00e0 la musique et aux artistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les exemples sont fournis et int\u00e9ressants\u00a0; une connaissance pointue en musique permettrait de reconna\u00eetre plus rapidement les enjeux pr\u00e9sent\u00e9s par les conf\u00e9renciers. Mais m\u00eame en temps que novice, le manque de culture musicale n\u2019est pas quelque chose de r\u00e9ellement g\u00eanant puisque chaque extrait est pr\u00e9sent\u00e9 en d\u00e9tail, donnant \u00e0 la fois les informations concernant le paysage musical et ce qu\u2019apporte l\u2019artiste au sujet explor\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Beaucoup d\u2019extraits sont propos\u00e9 en duo, pour souligner deux extr\u00eames, notamment entre deux chefs d\u2019orchestre Fritz Reiner (d\u00e9but XXe) et Carlos Kleiber (fin XXe). Un chef d\u2019orchestre est particuli\u00e8rement libre de ses mouvements, il peut donc choisir la mani\u00e8re dont il dirige et vit la musique. Reiner fait un minimum de mouvements, simplement le bras, alors que Kleiber a un rapport \u00e0 la musique beaucoup plus physique puisque tout son corps est en mouvement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conf\u00e9rence parle ensuite de l\u2019\u00e9volution du public, par l\u2019exemple du stage diving en s\u2019appuyant sur la figure iconique d\u2019Iggy Pop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les deux intervenants mettent aussi en place un quizz musical dans lequel ils demandent au public de reconna\u00eetre des instruments ou des artistes en faisant un geste caract\u00e9ristique. L\u2019atmosph\u00e8re est agr\u00e9able, il y a une vraie communication entre l\u2019auditoire et les intervenants, de nombreux rires \u00e9gayent la prestation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conf\u00e9rence est riche en informations, mais jamais hors de port\u00e9e. En suivant attentivement, il est possible de comprendre tous les enjeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On voit que l\u2019\u00e9volution de la musique passe aussi par l\u2019\u00e9volution de la gestuelle\u00a0: la musique a chang\u00e9 de perspective dans les diff\u00e9rentes soci\u00e9t\u00e9s, et d\u2019une certaine mani\u00e8re elle est beaucoup plus physique qu\u2019auparavant\u00a0: m\u00eame dans les rapports que le musicien a avec son public, on voit qu\u2019il en ai beaucoup plus proche et que dans certains c\u00f4t\u00e9s il l\u2019int\u00e8gre dans sa performance, et le spectateur lui m\u00eame est en attente par rapport \u00e0 la fois \u00e0 la musique et \u00e0 l\u2019artiste.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Gho<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Louvre propose des interventions musicales avec, en partenariat, le Centre National de la Danse : Clip&amp;Clap. Situ\u00e9 \u00e0 l\u2019auditorium, le Louvre accueille une fois par mois ses visiteurs pour discuter de sujets musicaux autour de sp\u00e9cialistes. Le format peut faire penser \u00e0 une \u00e9mission de radio ou de t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 laquelle on assisterait en direct. L\u00e0, les sp\u00e9cialistes animent la soir\u00e9e et pr\u00e9sentent leur domaine au public. La sc\u00e8ne accueille seulement deux chaises et un pupitre ; c\u2019est surtout l\u2019\u00e9cran qui est important. Ce vendredi 3 mars, Cl\u00e9ment Lebrun, musicien et musicologue, et Christian Labrande, auteur r\u00e9alisateur, nous livrent une analyse sur les rapports entre corps du musicien et musique. L\u2019approche chronologique, plut\u00f4t traditionnelle, permet d\u2019englober en un temps imparti une \u00e9volution quant \u00e0 ce rapport.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e dure deux heures et offre \u00e0 voir diff\u00e9rents films d\u2019archives qui soutiennent les propos des intervenants. L\u2019utilisation des documents d\u2019archives est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante puisqu\u2019elle est diverse et propose des images rares. La s\u00e9quence o\u00f9 Isadora Duncan danse parmi les oliviers, et se retire un large sourire sur le visage, est magique. Les ressources filmographiques couvrent aussi bien \u00e9videmment des \u00e9v\u00e9nements plus contemporains -la prestation d\u2019Alessandro Sciarroni a, je pense, marqu\u00e9 tous les esprits dans la salle- et ont le m\u00e9rite de faire d\u00e9couvrir des choses nouvelles dont nous n\u2019aurions peut-\u00eatre pas entendu parler. Deux heures plut\u00f4t intenses d\u2019informations, g\u00e9n\u00e9reusement coup\u00e9e d\u2019une petite pause, pendant laquelle les animateurs proposent un quiz et miment des musiciens c\u00e9l\u00e8bres et des instruments de musique. Le corps musicien en acte. Cl\u00e9ment Lebrun et Christian Labrande semblent bien s\u2019entendre et arrivent \u00e0 rendre l\u2019atmosph\u00e8re l\u00e9g\u00e8re et bon enfant, d\u00e9ridant le public avec des plaisanteries et des vid\u00e9os d\u00e9cal\u00e9es. Cependant, il est dommage qu\u2019il subsiste ce mur invisible entre sp\u00e9cialistes et spectateurs qui rend une alchimie totale impossible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019un dans l\u2019autre, la soir\u00e9e Clip&amp;Clap est agr\u00e9able et l\u00e9g\u00e8re. Le seul point n\u00e9gatif \u00e0 souligner est que, dans ce tourbillon d\u2019informations, les sp\u00e9cialistes ont tendance \u00e0 supposer que le public s\u2019y conna\u00eet bien. C\u2019est un d\u00e9faut des passionn\u00e9s ais\u00e9ment pardonn\u00e9, et mieux vaut assister \u00e0 ces s\u00e9ances avec un carnet et un crayon.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Julia Vedrine<\/h6>\n<pre>Photo : Dave Hingerty<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Projection musicale | Mus\u00e9e du Louvre | En savoir plus Il se fait tard, presque personne dans le mus\u00e9e. Les all\u00e9es du Louvre sont vides, mais on voit, de temps \u00e0 autres, quelques personnes se faufiler dans l\u2019aile menant \u00e0 l\u2019Auditorium. 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