{"id":8357,"date":"2017-03-08T20:00:50","date_gmt":"2017-03-08T19:00:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8357"},"modified":"2017-03-08T20:00:50","modified_gmt":"2017-03-08T19:00:50","slug":"un-amour-impossible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8357","title":{"rendered":"Un amour impossible"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on | <a href=\"http:\/\/www.theatre-odeon.eu\/fr\/spectacles\/un-amour-impossible\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019espace froid et spacieux des ateliers Berthiers accueille, du 25 f\u00e9vrier au 26 mars 2017, le spectacle adapt\u00e9 du roman de Christine Angot : Un amour impossible. Adapt\u00e9e par l\u2019auteur, la pi\u00e8ce est mise en sc\u00e8ne par C\u00e9lie Pauthe, et l\u2019intrigue se pr\u00e9cise autour des deux personnages principaux, la m\u00e8re et la fille. Deux silhouettes qui se dessinent \u00e0 travers le temps, de l\u2019enfance \u00e0 la vieillesse. Leur histoire est entrecoup\u00e9e de projections vid\u00e9os, tant\u00f4t de l\u2019une, tant\u00f4t de l\u2019autre,<br \/>\nd\u00e9crivant les \u00e9v\u00e8nements froidement, apr\u00e8s coup.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un amour impossible, mais pourquoi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une m\u00e8re \u00e9l\u00e8ve sa fille, Christine, seule. Elle se d\u00e9brouille tant bien que mal pour lui offrir un niveau de vie correct et tout l\u2019amour dont elle est capable, bien qu\u2019elle-m\u00eame semble avoir souffert d\u2019un manque d\u2019affection toute sa vie. Ne voulant pas que sa fille ait la m\u00eame condition qu\u2019elle, elle d\u00e9cide de la faire reconna\u00eetre par son p\u00e8re, un riche bourgeois qui avait refus\u00e9 de l\u2019\u00e9lever en raison de l\u2019origine sociale de sa m\u00e8re. Durant cinq ans, ce nouveau p\u00e8re viole sa fille \u00e0 l\u2019insu de sa<br \/>\nm\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est l\u2019histoire de ce viol qui nous est racont\u00e9 dans cette pi\u00e8ce. Sans jamais rien montrer d\u2019autre que cette m\u00e8re et cette fille, dialoguant simplement. Ces deux existences ne tournent qu\u2019autour de cet \u00e9v\u00e8nement, et si l\u2019histoire \u00e9volue dans le temps, si l\u2019on passe de l\u2019enterrement du p\u00e8re \u00e0 l\u2019enfance de Christine, ce n\u2019est que pour d\u00e9voiler cet acte sous tous ses angles, en expliquer les moindres d\u00e9tails, en justifier tous les aspects. Cela donne \u00e0 l\u2019intrigue un air de fait divers sordide \u00e9tal\u00e9 et diss\u00e9qu\u00e9 sous les yeux du public. Une analyse sociologique du viol est propos\u00e9e au public, comme on l\u2019aurait fait dans un article ; comment expliquer qu\u2019un p\u00e8re se permette de violer sa fille ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et les r\u00e9ponses \u00e0 cette question prennent une dimension sociale ; il est riche, la m\u00e8re est pauvre. Il est catholique, la m\u00e8re est juive. Il est cultiv\u00e9, elle ne l\u2019est pas. Et pourtant, elle se permet de porter son enfant. Il lui faut alors r\u00e9parer le d\u00e9s\u00e9quilibre en l\u2019humiliant, en la descendant plus bas que terre ; faire d\u2019elle une m\u00e8re coupable en sodomisant sa fille. On ne sort pas du clich\u00e9 vu et revu de l\u2019analyse de la lutte des classes ; ici la violence sexuelle est une fa\u00e7on comme une autre<br \/>\nde rabaisser, de soumettre autrui. Et c\u2019est tout. On ne voit ni tranche de vie, ni v\u00e9ritable amour entre ces femmes, ni culpabilit\u00e9 sinc\u00e8re de la m\u00e8re. On ne voit que deux victimes qui tentent de se d\u00e9battre dans un monde qui va trop vite pour elles, dans un monde qui les engloutit sans qu\u2019elles ne s\u2019en rendent compte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce monde ext\u00e9rieur n\u2019est pas figur\u00e9 ; c\u2019est l\u2019un des seuls \u00e9l\u00e9ments que l\u2019on devine hors des dialogues. Il est signifi\u00e9 habilement par les changements d\u2019espaces ; on passe d\u2019une petite cuisine \u00e9triqu\u00e9e \u00e0 un immense hall d\u2019h\u00f4tel, d\u2019un grand appartement \u00e0 deux chambres s\u00e9par\u00e9es, le tout d\u00e9plac\u00e9 entre chaque sc\u00e8ne par des personnages muets et en costards. L\u2019espace bouge et \u00e9volue ; mais le duo reste le m\u00eame. Le duo n\u2019avance pas. La vie de ces deux femmes est fig\u00e9e dans le temps ; et pourtant le monde autour d\u2019elles bouge. On devine des espaces hors-sc\u00e8ne, des vies enti\u00e8res qui d\u00e9filent loin du plateau. Et pourtant nous ne voyons que ces deux femmes qui discutent de leur vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute l\u2019intrigue est fond\u00e9e sur les dialogues. Tous les messages transmis par cette pi\u00e8ce sont dans les mots. On comprend tout de suite que cette pi\u00e8ce est un roman. Mais qu\u2019apporte-t-elle de plus que le roman ? Car si le jeu de Maria de Meideros est extr\u00eamement touchant, il n\u2019est pas orient\u00e9 vers la bonne direction. Elle n\u2019est que victime. Tout son personnage se r\u00e9sume \u00e0 ce mot : \u00ab victime de viol \u00bb. Cela ne va pas plus loin, et c\u2019est dommage. Le personnage de la m\u00e8re est plus ambigu, m\u00eame si la com\u00e9dienne semble plus victime de son jeu que le personnage de la vie. Ce qui cr\u00e9e cependant des analogies int\u00e9ressantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout cela pousse \u00e0 se demander ; quel est l\u2019enjeu de cette pi\u00e8ce ? Qu\u2019est-ce que la metteure en sc\u00e8ne veut nous faire passer ? Malgr\u00e9 les qualit\u00e9s techniques de ce spectacle et l\u2019utilisation int\u00e9ressante de l\u2019espace, la dimension qu\u2019il donne ne semble pas d\u00e9passer celle d\u2019un article de journal bien argument\u00e9. Le tout manque de th\u00e9\u00e2tralit\u00e9, de modes d\u2019expressions autres que<br \/>\nl\u2019argumentation rationnelle sur un sujet de soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sol\u00e8ne Cr\u00e9pin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00ab\u00a0Comment cette relation se transforme, ce qui \u00e9chappe et ce qui se perd\u00a0\u00bb dit C\u00e9lie Pauthe. Il s\u2019agit du parcours de deux femmes, une m\u00e8re et sa fille Christine, dont le duo fusionnel ne survit pas \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019un homme, le p\u00e8re de Christine. Parmi les nombreuses adaptations cin\u00e9matographiques ou th\u00e9\u00e2trales qui nous sont pr\u00e9sent\u00e9es actuellement celle-ci tire sa particularit\u00e9 par l\u2019intervention de Christine Angot. Effectivement l\u2019auteur a elle-m\u00eame retouch\u00e9 et transform\u00e9 son texte afin d\u2019en faire une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre pour C\u00e9lie Pauthe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christine est viol\u00e9e par son p\u00e8re quand elle est enfant, le sujet hurl\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but par la com\u00e9dienne n\u2019est pas interdit. On cri sa douleur et on ne la cache pas, c\u2019est aussi tout le travail de la femme sur l\u2019enfant. Cette pi\u00e8ce jou\u00e9e pendant la journ\u00e9e de la femme n\u2019est pas sans rappeler les violences qui leur sont fa\u00eetes et le silence qui est souvent de mesure. C\u2019est ce silence que Christine s\u2019impose, une forme d\u2019incompr\u00e9hension et de honte. Ce cri ouvre la sc\u00e8ne, nous le percevons comme douloureux parce qu\u2019il rend monstrueuse la voix de celle qui le prononce mais nous pouvons aussi le voir comme un cri de d\u00e9livrance, c\u2019est toute sa force qu\u2019elle met dans le hurlement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, l\u2019histoire d\u00e9bute quand Christine est une enfant et se termine par les paroles d\u2019une femme m\u00fbre, chacune, \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce semblent porter ces cinquante ann\u00e9es. Leurs voix sont maltrait\u00e9es et modul\u00e9es, les corps et les attitudes se transforment. Le plus frappant est la d\u00e9marche de la m\u00e8re \u00e0 la fin de la pi\u00e8ce. Elle r\u00e9ussit \u00e0 faire peser un tel poids sur ses \u00e9paules que sa vieillesse semble extr\u00eame. Outre l\u2019\u00e9volution des personnages, le metteur en sc\u00e8ne choisi des transitions musicales accompagn\u00e9es parfois de vid\u00e9os. La lumi\u00e8re s\u2019\u00e9teint et l\u2019on change de d\u00e9cors. Si ce parti pris a le m\u00e9rite de faire comprendre de mani\u00e8re explicite les ellipses temporelles, il ne semble pas tr\u00e8s bien s\u2019int\u00e9grer \u00e0 la pi\u00e8ce. Il donne l\u2019impression qu\u2019une pause est accord\u00e9e au public, une sorte d\u2019entracte qui att\u00e9nue la tension. On peut voir un d\u00e9saccord assez net entre un d\u00e9cors sur sc\u00e8ne \u00e9voquant quasiment le huit clos (m\u00eame s\u2019il change, nous nous situons toujours dans une pi\u00e8ce ferm\u00e9e avec les deux femmes) et les vid\u00e9os qui, pour certaines, sont en ext\u00e9rieur. L\u2019espace consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9volution de la relation alterne donc entre d\u00e9cors sur place et une interface num\u00e9riques. Les deux invitent le spectateur \u00e0 se plonger dans l\u2019illusion de la r\u00e9alit\u00e9. Le d\u00e9cors mis en place sur sc\u00e8ne rappelle des lieux de la vie quotidienne. C\u2019est un d\u00e9cor minutieux o\u00f9 m\u00eame le fer \u00e0 repasser n\u2019est pas oubli\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles sont deux sur sc\u00e8ne. La fusion in\u00e9vitable rend hors de port\u00e9e leur s\u00e9paration, c\u2019est une proximit\u00e9 qui d\u00e9truit la fille quand elle est adulte mais dont elle ne peut pas se disjoindre. Toutefois dire qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient que deux sur sc\u00e8ne est n\u00e9gliger le r\u00f4le tr\u00e8s important des machinistes. Leurs gestes sont mis en sc\u00e8ne, dans le noir ou sous les projecteurs. Cette mani\u00e8re de faire cohabiter partie technique et partie artistique est surprenante non pour l\u2019innovation qu\u2019elle apporte mais l\u2019effet de distanciation que cela implique. Finalement est-il vraiment possible de rentrer dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019une m\u00e8re et de sa fille\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Pauline Gabinari<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mercredi 8 mars, l\u2019Od\u00e9on th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Europe proposait la pi\u00e8ce Un amour impossible, adaptation par Christine Angot de son propre roman. Mise en sc\u00e8ne par C\u00e9lie Pauthe, cette pi\u00e8ce se basait sur un duo d\u2019actrices, Maria de Medeiros et Bulle Ogier, interpr\u00e9tant la relation entre une m\u00e8re et sa fille dans toute sa profondeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur sc\u00e8ne, on assiste, petit \u00e0 petit, \u00e0 l\u2019\u00e9volution de ces deux personnages, une m\u00e8re c\u00e9libataire, Rachel et sa fille Christine, soulign\u00e9e par le changement des d\u00e9cors, et le d\u00e9placement des meubles au fil des d\u00e9m\u00e9nagements.\u00a0 Pas de maquillage ou de postiche pour rajeunir ou vieillir les actrices cependant. Tout est dans le jeu, dans la juste tonalit\u00e9. On voit ainsi Maria de Medeiros, enfant, bondir sur le canap\u00e9, puis devenir de plus en plus grave au fur et \u00e0 mesure que la relation s\u2019\u00e9tiole et se charge de ranc\u0153ur. En fond, des sortes de flash-backs, avec les personnages qui face cam\u00e9ra, s\u2019expriment, reviennent sur des moments, s\u2019analysent, tentent de voir clair dans cette relation empoisonn\u00e9e par le p\u00e8re. Car au-del\u00e0 de la relation m\u00e8re-fille, c\u2019est l\u2019homme qui s\u2019immisce dans celle-ci qui est questionn\u00e9e, avec le tabou de l\u2019inceste. Et pourtant \u00e0 aucun moment le p\u00e8re ne sera pr\u00e9sent, sur sc\u00e8ne, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019une arl\u00e9sienne. Peut-\u00eatre parce qu\u2019il n\u2019est pas au c\u0153ur de ce que l\u2019on veut \u00e9voquer, et peut \u00eatre aussi pour laisser, pour une fois, la parole aux femmes. En effet la r\u00e9sonnance f\u00e9ministe de la pi\u00e8ce est forte, et ce d\u2019autant plus en cette journ\u00e9e du 8 mars c\u00e9l\u00e9brant les droits des femmes. La pi\u00e8ce sera d\u2019ailleurs suivie d\u2019un d\u00e9bat sur cette question, en compagnie des deux actrices. Ce qui int\u00e9resse avant tout, ce sont donc ces deux femmes, et leurs non-dits, leurs incompr\u00e9hensions, leurs regrets. Au final seul le temps permettra aux personnages de se retrouver, et de pardonner. C\u00e9lie Pauthe, la metteure en sc\u00e8ne, souligne avec sa pi\u00e8ce cette difficult\u00e9 universelle du lien m\u00e8re-fille.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, Un amour impossible, est tout autant un amour impossible \u00e0 \u00e9prouver pleinement, qu\u2019un amour dont il est impossible de se d\u00e9barrasser. Le titre \u00e9voque toutes les relations que l\u2019on rencontre sur sc\u00e8ne\u00a0: celle du p\u00e8re avec la m\u00e8re, de la m\u00e8re avec la fille, et plus tard du p\u00e8re avec sa fille. Et la pi\u00e8ce, en \u00e9clairant diff\u00e9rents passages de ces relations, propose une sorte de v\u00e9rit\u00e9 sur les relations humaines, plongeant le spectateur dans un r\u00e9cit poignant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Roxane G\u00e9lineau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entre une\u00a0 m\u00e8re et sa fille, un tas de barri\u00e8res peuvent se construire pour emp\u00eacher la lev\u00e9e du drapeau blanc, la paix. L\u2019auteur Christine Angot a \u00e9crit le texte d\u2019une histoire crue et violente qui joue entre tendresse et d\u00e9chainement, deux p\u00f4les \u00e9motifs tr\u00e8s bien port\u00e9s par Maria de Medeiros et Bulle Ogier dans l\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale de ce roman \u00e0 l\u2019affiche au th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on jusqu\u2019au 26 mars prochain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1h40 est un temps bien restreint pour pr\u00e9senter sur sc\u00e8ne le parcours de vie d\u2019un duo de femmes bless\u00e9es et fortes. On plonge dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un petit noyau monoparental qui connait un bouleversement lorsque la m\u00e8re propose \u00e0 sa fille de faire la connaissance de son p\u00e8re. Christine est alors bien jeune lorsqu\u2019elle fait la rencontre de cet inconnu, un homme allemand, hautement cultiv\u00e9 et \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 la mondanit\u00e9 qu\u2019il a eu de Rachel, cette fille ill\u00e9gitime.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La demoiselle s\u2019entiche rapidement de cet homme qu\u2019elle d\u00e9crit bel orateur et curieux, pour le plus grand bonheur de sa m\u00e8re qui souhaite faire reconna\u00eetre juridiquement la paternit\u00e9 de son ancien amour. Pendant quelques ann\u00e9es, Christine retrouve sporadiquement son p\u00e8re qui la viole \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Sa m\u00e8re reste pourtant aveugle. Elle ne voit en le caract\u00e8re distant de sa fille lors de ses retours aupr\u00e8s d\u2019elle, qu\u2019un signe de r\u00e9pulsion d\u2019une adolescente face \u00e0 sa m\u00e8re, m\u00e9connaissance des merveilles que pouvaient lui raconter son p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le drame est plus profond. Il y a derri\u00e8re les actes du patriarche une insulte volontaire port\u00e9e contre Rachel, juive. Christine, devenue \u00e9crivaine en fait plus tard l\u2019analyse. Son p\u00e8re voulait par ses actions sexuelles d\u00e9shonorer et humilier encore plus profond\u00e9ment sa m\u00e8re. Pour se faire, il se distingue des autres en commettant un inceste sordide. Les deux personnages se composent dans leurs silences, dans leurs regrets, mais \u00e9galement dans leur infini amour qui subsiste dans le chaos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte \u00e9tant adoss\u00e9 au pass\u00e9 de Christine Angot, la metteure en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce, C\u00e9lie Pauthe, s\u2019est absorb\u00e9e dans le roman en le reproduisant dans une tendresse minimaliste et voluptueuse. Par les mouvements de d\u00e9cors, le public prend conscience du temps qui passe et voit vieillir une fille parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement\u00a0 en chemin coup\u00e9s et laborieux d\u2019une relation maternelle exceptionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte \u00e9tant adoss\u00e9 au pass\u00e9 de Christine Angot, la metteure en sc\u00e8ne de la pi\u00e8ce, C\u00e9lie Pauthe, s\u2019est absorb\u00e9e dans le roman en le reproduisant dans une tendresse minimaliste et voluptueuse. Par les mouvements de d\u00e9cors, le public prend conscience du temps qui passe et voit vieillir une fille parall\u00e8lement \u00e0 l\u2019\u00e9panouissement\u00a0 en chemins coup\u00e9s et laborieux d\u2019une relation maternelle exceptionnelle.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Isabelle Grignon-Francke<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le roman de Christine Angot, Un amour impossible, fut tr\u00e8s judicieusement mis en sc\u00e8ne par C\u00e9lie Pauthe aux Ateliers Berthier (Od\u00e9on), le huit mars 2017. \u00a0Le point d\u2019acm\u00e9 de la pi\u00e8ce correspondit aux trente derni\u00e8res pages du roman dans lesquelles la confrontation entre la m\u00e8re et sa fille cristallise des ann\u00e9es de ranc\u0153ur et de douleur tues. Comme pour en faire ressortir l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9clat tout en permettant au spectateur qui n\u2019a pas forc\u00e9ment lu le roman de Christine Angot de comprendre les enjeux du dialogue final entre Rachel et Christine, l\u2019exposition en flash-back de sc\u00e8ne dialogu\u00e9es durant lesquelles Christine passe de l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte en passant par l\u2019adolescence sont un choix tr\u00e8s judicieux qui permet de dresser un panorama remarquablement exhaustif de toutes les th\u00e9matiques du roman duquel la pi\u00e8ce est tir\u00e9e. Le jeu des analepses sc\u00e9niques s\u2019av\u00e9ra donc \u00e9minemment f\u00e9cond et emp\u00eacha toute atomisation arbitraire et par trop restrictive d\u2019un stade de l\u2019intrigue au d\u00e9triment des autres. En outre, cette mise en sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale a ceci d\u2019unique qu\u2019elle provient d\u2019une r\u00e9\u00e9criture compl\u00e8te du roman Un amour impossible par l\u2019auteur elle-m\u00eame. L\u2019adaptation th\u00e9\u00e2trale du roman constitue donc une \u0153uvre \u00e0 part enti\u00e8re dans le corpus de son auteur, et ne trahit en aucun cas l\u2019univers singulier dont elle s\u2019inspire. Le jeu des actrices semblait un peu asym\u00e9trique quand \u00e0 son art suggestif\u00a0: celui de Bulle Ogier, actrice incarnant le personnage de la m\u00e8re de Christine, s\u2019av\u00e9ra remarquable, effleurant le pathos d\u2019une tangence infiniment l\u00e9g\u00e8re et laissant au spectateur le soin de deviner \u00e0 demi-mots une r\u00e9alit\u00e9 presque indicible tandis que le jeu de Maria de Medeiros dans le r\u00f4le de Christine fut trop criard, outr\u00e9 et gesticulant pour distiller un sentiment poignant qu\u2019e\u00fbt pourtant exig\u00e9 le personnage d\u00e9chir\u00e9 qu\u2019est Christine. Il n\u2019en reste pas moins vrai que Maria de Medeiros ne sombra pas toujours dans l\u2019outrance de mimiques trop unilat\u00e9rales et fut capable d\u2019une finesse d\u2019autant plus remarquable et appr\u00e9ciable qu\u2019elle contrasta singuli\u00e8rement d\u2019avec son impersonation de Christine enfant. De plus, il ne faut pas manquer de saluer la qualit\u00e9 d\u2019un d\u00e9cor oscillant tr\u00e8s agr\u00e9ablement entre agencement \u00e9pur\u00e9 et pr\u00e9cision r\u00e9aliste. Quant au contenu id\u00e9ologique de la pi\u00e8ce, il peut para\u00eetre r\u00e9ducteur et fr\u00f4lant dangereusement le simplisme de part la volont\u00e9 de l\u2019auteur de d\u00e9noncer dans la pr\u00e9tendue omnipotence du regard social l\u2019unique cause\u00a0 de l\u2019abandon de la m\u00e8re de Christine par son p\u00e8re. Comment les hi\u00e9rarchies sociales pourraient-elles donc constituer une nourriture suffisante et exhaustive pour une herm\u00e9neutique des relations humaines\u00a0et des trag\u00e9dies intimes qui en d\u00e9coulent\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Louise Hersent<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Christine Angot voulait \u00e9crire un livre \u00ab\u00a0o\u00f9 on verrait ce que c\u2019est avoir une m\u00e8re\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 d\u2019o\u00f9 vient cet Amour impossible que l\u2019auteure a adapt\u00e9 pour la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale \u00e0 la demande de la metteuse en sc\u00e8ne, C\u00e9lie Pauthe. La pi\u00e8ce, jou\u00e9e du 25 f\u00e9vrier au 26 mars, montre l\u2019\u00e9volution de la relation d\u2019une m\u00e8re et sa fille, depuis l\u2019enfance \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte de cette derni\u00e8re. Une histoire apparemment simple, mais d\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne, le spectateur est confront\u00e9 \u00e0 tout ce qui lie et qui s\u00e9pare les deux personnages. L\u2019ouverture est en effet d\u2019une grande efficacit\u00e9\u00a0: un plateau compl\u00e8tement nu, la m\u00e8re (Bulle Ogier) d\u2019un c\u00f4t\u00e9, la fille (Maria de Medeiros) de l\u2019autre. Le p\u00e8re vient de mourir et Christine tourne autour de sa m\u00e8re, insistant pour savoir si elle ressent quelque chose. Son tourment est visible et se heurte au \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb obstin\u00e9 de la m\u00e8re, indiff\u00e9rente \u00e0 la mort de celui qui fut son amant. Les paroles sont rares, entrecoup\u00e9es de silences et des va-et-vient de Christine jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle explose et crie que son p\u00e8re \u00e9tait \u00ab\u00a0un salopard qui a viol\u00e9 sa fille\u00a0\u00bb. Le spectateur reste choqu\u00e9 de cette r\u00e9v\u00e9lation, choqu\u00e9 aussi de l\u2019immobilit\u00e9 de la m\u00e8re. C\u00e9lie Pauthe va alors nous montrer le d\u00e9roulement de l\u2019histoire de ces deux femmes confront\u00e9es \u00e0 la transgression de cet interdit fondamental qui est comme une onde de choc qui traverse leur vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La metteuse en sc\u00e8ne et les deux actrices r\u00e9alisent quelque chose de remarquable au th\u00e9\u00e2tre\u00a0: \u00e0 l\u2019oppos\u00e9e exacte de la r\u00e8gle d\u2019unit\u00e9 de temps de l\u2019\u00e9poque classique, elles vont nous montrer, en l\u2019espace d\u2019une heure et demi et sans changer de costumes, l\u2019\u00e9volution de la relation d\u2019une m\u00e8re et de sa fille pendant vingt ans. Apr\u00e8s la sc\u00e8ne d\u2019ouverture, qui est l\u00e0 aussi pour faire comprendre le retour en arri\u00e8re, la deuxi\u00e8me sc\u00e8ne fait voir les m\u00eames personnages mais le changement est frappant, Maria de Medeiros a soudain un ton et une \u00e9nergie tr\u00e8s enfantine et elle vient r\u00e9citer une po\u00e9sie \u00e0 sa m\u00e8re. Ce changement temporel est rendu compr\u00e9hensible pour le spectateur justement par la radicalit\u00e9 de la coupure entre les deux sc\u00e8nes. C\u00e9lie Pauthe utilise aussi, \u00e0 plusieurs reprises au cours de la pi\u00e8ce, de moyens cin\u00e9matographiques\u00a0: entre deux sauts temporels, des courts m\u00e9trages sont projet\u00e9s dans lesquels la m\u00e8re raconte son histoire, la mani\u00e8re dont elle vit sa relation avec Christine. La metteuse en sc\u00e8ne et les deux actrices parviennent avec un grand talent \u00e0 faire sentir, \u00e0 travers les mots, les gestes, les lieux, ce que C\u00e9lie Pauthe appelle \u00ab\u00a0la m\u00e9moire affective, d\u00e9pos\u00e9e dans le C\u2019est cette m\u00e9moire-l\u00e0 qui est au c\u0153ur de tout, qui est le n\u0153ud dramatique de la relation de la m\u00e8re et de la fille. L\u2019enjeu n\u2019est pas le viol en lui-m\u00eame mais la mani\u00e8re dont les deux femmes ont construit leur relation avec ce non-dit fondamental qui se trouve entre elles. Il n\u2019est pas question de dire ce que c\u2019est avoir une m\u00e8re, mais bien de le montrer et l\u2019exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale est un moyen id\u00e9al pour cela. Dans un espace o\u00f9 la parole est tout ou presque, on nous montre le non-dit, l\u2019indicible et, finalement, la parole qui surmonte tous les obstacles et qui parvient \u00e0 r\u00e9unir. On nous montre, et plus encore on nous fait ressentir, au-del\u00e0 de la parole, le sentiment qui est \u00e0 l\u2019origine de tous les autres, l\u2019amour d\u2019une m\u00e8re et de sa fille.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Oc\u00e9ane Le Bourhis<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce commence par un prologue \u00e9nigmatique qui instaure sobrement, sur une sc\u00e8ne noire et vide, les tensions qui brouillent la relation m\u00e8re-fille. Le p\u00e8re vient de mourir. La fille dit \u00e0 la m\u00e8re sa surprise d&rsquo;\u00e9prouver du chagrin pour ce \u00ab\u00a0salopard qui violait sa fille\u00a0\u00bb dont elle attendait la mort avec impatience. La m\u00e8re, elle, a d\u00e9j\u00e0 vers\u00e9 bien trop de larmes. La fille s&rsquo;en \u00e9tonne\u00a0: \u00ab\u00a0Tu ne ressens pas de chagrin, pas du tout\u00a0?\u00a0\u00bb, s&rsquo;en effraie, insiste, reproche \u00e0 la m\u00e8re de la laisser, \u00ab\u00a0une fois de plus\u00a0\u00bb, si seule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une fois mort, le p\u00e8re offre une chance \u00e0 la m\u00e8re et \u00e0 la fille de comprendre, de reconstruire cette relation, fragile, bless\u00e9e, de mettre des mots sur leur situation, tragique. Au fil des dialogues, Christine dresse, d&rsquo;une mani\u00e8re un peu caricaturale, le proc\u00e8s du grand absent, ce p\u00e8re, ordure intouchable, figure abstraite qui incarne les travers de la soci\u00e9t\u00e9 toute enti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire \u2013 autobiographique \u2013 est celle d&rsquo;un amour impossible entre une jeune femme juive et pauvre et un homme de bonne famille, catholique, antis\u00e9mite. Le mariage est hors de question. Il veut bien faire un enfant, mais il ne s&rsquo;en occupera pas. L&rsquo;enfant na\u00eet, ne rencontre pas son p\u00e8re avant l&rsquo;adolescence. La m\u00e8re parvient \u00e0 obtenir du p\u00e8re qu&rsquo;il reconnaissance l&rsquo;enfant et lui donne son nom, mais pour compenser cette victoire, il faut une humiliation irr\u00e9versible\u00a0: le p\u00e8re cesse de respecter l&rsquo;interdit humain fondamental, celui de l&rsquo;inceste. La fille ne se remet jamais du silence aveugle de la m\u00e8re. Elle la prend cependant par la main pour retraverser ensemble le pass\u00e9 et rendre entre elles, pour le temps qui reste, l&rsquo;amour possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La relation se recompose \u00e0 travers une exploration de la m\u00e9moire conduite \u00e0 deux voix. Diff\u00e9rents lieux et temps se superposent pour articuler les moments-cl\u00e9s de l&rsquo;existence. Des vid\u00e9os projettent occasionnellement sur le mur noir du fond, sous la forme d&rsquo;un t\u00e9moignage, les narrations de la fille ou de la m\u00e8re, chaque fois seule, debout, devant de grands arbres verdoyants. Le dispositif central est celui du flash-back, orchestr\u00e9 par l&rsquo;\u00e9crivaine Christine Angot elle-m\u00eame et interpr\u00e9t\u00e9 avec enthousiasme par les deux com\u00e9diennes. Un canap\u00e9, un poisson rouge, une table mobiles permettent d&rsquo;organiser le temps et de retrouver, entre onirisme et r\u00e9alisme, l&rsquo;appartement de la zup de Ch\u00e2teauroux, celui de Reims, celui de la fille dans les ann\u00e9es 2000, et enfin le restaurant parisien o\u00f9, l&rsquo;intimit\u00e9 \u00e9tant devenue impossible entre les deux femmes, se tiennent les ultimes rendez-vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certes, la situation est complexe, son potentiel th\u00e9\u00e2tral, tragique, sa port\u00e9e universelle sont incontestables, certes Christine Angot parvient \u00e0 un niveau de lucidit\u00e9 \u00e9difiant, mais on peut reprocher \u00e0 la mise en sc\u00e8ne de r\u00e9p\u00e9ter trop fort, trop vite des enjeux qu&rsquo;on aurait mieux compris avec un peu plus de pudeur, \u00e0 Maria de Medeiros de ne jamais se d\u00e9faire tout \u00e0 fait du ton excessivement niais qu&rsquo;elle prend pour jouer Christine enfant, et surtout, de tant pleurer! C&rsquo;est l\u00e0 un probl\u00e8me de temporalit\u00e9 esth\u00e9tique\u00a0: seul le roman, peut-\u00eatre, \u00e9tait capable de faire sentir l&rsquo;\u00e9paisseur des ann\u00e9es, la dur\u00e9e de la douleur et, entre les lignes, la force \u00e9crasante du silence, n\u00e9cessaires pour rendre compte pleinement du terme \u00ab\u00a0impossible\u00a0\u00bb. Le th\u00e9\u00e2tre va trop vite d&rsquo;un temps fort \u00e0 un autre, il passe trop vite de l&rsquo;enthousiasme aux larmes hyst\u00e9riques, et la voix de la com\u00e9dienne n&rsquo;a pas le temps de se faire au ton blanc, infiniment profond de celle qui a v\u00e9cu, compris, qui, parvenant \u00e0 \u00e9crire, peut affirmer, vraiment\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne d\u00e9brouille pas MON affaire. Je ne lave pas MON linge sale. Mais le draps social \u00bb.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\" align=\"right\">Justine Leret<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un amour impossible est l&rsquo;histoire d&rsquo;une relation m\u00e8re-fille, de ses origines (la rencontre des parents) jusqu&rsquo;\u00e0 la fin (le pr\u00e9sent de l&rsquo;histoire). La pi\u00e8ce, jou\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Od\u00e9on-Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Europe, est l&rsquo;adaptation du roman de Christine Angot. La mise en sc\u00e8ne de C\u00e9lie Pauthe est sobre\u00a0; les voix des actrices portent clairement la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la premi\u00e8re sc\u00e8ne, la fille (Maria de Medeiros) demande \u00e0 sa m\u00e8re (Bulle Ogier) si elle souhaite l&rsquo;accompagner \u00e0 l&rsquo;enterrement du p\u00e8re. La sc\u00e8ne d&rsquo;exposition pr\u00e9sente rapidement les enjeux de la pi\u00e8ce\u00a0: il s&rsquo;agit de comprendre le silence de la m\u00e8re (sa fille \u00e9tait victime de viol incestueux). Et pour cela, il faut revenir \u00e0 la gen\u00e8se de l&rsquo;histoire. D\u00e8s le d\u00e9but, on comprend que c&rsquo;est la fille le moteur de l&rsquo;action\u00a0: c&rsquo;est elle qui s&rsquo;exprime, qui cherche \u00e0 comprendre. D\u00e8s le d\u00e9but, c&rsquo;est elle qui se d\u00e9place et se retrouvera aux quatre coins de la sc\u00e8ne. La m\u00e8re, elle, reste immobile dans l&rsquo;ombre\u00a0; c&rsquo;est la voix, et elle seule, qui peut montrer ses \u00e9motions. Et encore.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La deuxi\u00e8me sc\u00e8ne, le pass\u00e9 est de retour. La jeune femme est redevenue \u00e9coli\u00e8re\u00a0; on voit la relation fusionnelle entre m\u00e8re et fille. Le jeu est pudique, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;effusions de tendresse\u00a0: quelques gestes suffisent pour montrer la proximit\u00e9 des deux. L&rsquo;action continue selon l&rsquo;ordre chronologique. Les v\u00eatements indiquent bien les moments de la vie (la petite \u00e9coli\u00e8re au sac \u00e0 dos devient une adolescente avec des petits talons). Ils sont simples mais repr\u00e9sentatifs, comme les d\u00e9cors (rien n&rsquo;est superflu). La sc\u00e8ne finale est longue\u00a0: la fille r\u00e9v\u00e8le \u00e0 sa m\u00e8re que ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 n&rsquo;est pas singulier, l&rsquo;explication tend vers l&rsquo;universel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut remarquer que la pi\u00e8ce met en sc\u00e8ne le moment-m\u00eame de l&rsquo;\u00e9criture \u2013 la m\u00e8re raconte sa premi\u00e8re rencontre avec son futur compagnon, la fille \u00e9crit. Ce moment est propos \u00e0 une constatation tragique\u00a0: la m\u00e9moire est individuelle et faillible. L&rsquo;utilisation de vid\u00e9os projet\u00e9es sur le fond du th\u00e9\u00e2tre servent \u00e0 recontextualiser. Elles sont comme des r\u00e9surgences du pass\u00e9 qui expliquent ce qui ne peut se dire entre les personnages (le personnage est seul). La sc\u00e8ne finale se conclut d&rsquo;ailleurs sur une vid\u00e9o, ce qui s&rsquo;oppose au dernier mot de la pi\u00e8ce (\u00ab\u00a0maintenant\u00a0\u00bb). Alors que cela montre sans doute une fin optimiste (tourn\u00e9e vers le futur), cela exprime pour moi l&rsquo;impossibilit\u00e9 du r\u00e9el maintenant, puisque c&rsquo;est bien la m\u00e8re, &lsquo;enferm\u00e9e dans un \u00e9cran&rsquo;, idol\u00e2tr\u00e9e par la petite fille, qui finit la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Un amour impossible est une pi\u00e8ce sans fioritures, l&rsquo;histoire de la relation m\u00e8re-fille bris\u00e9e qui cherche \u00e0 se reconstruire, un combat entre maux et mots.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ma\u00ebva Lopez<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec cette pi\u00e8ce adapt\u00e9e du roman de Christine Angot Un amour impossible, publi\u00e9 en 2015, la metteuse en sc\u00e8ne C\u00e9lie Pauthe s\u2019int\u00e9resse au lien entre m\u00e8re et fille mais aussi \u00e0 la construction d\u2019une identit\u00e9 f\u00e9minine. La pi\u00e8ce raconte l\u2019histoire de Christine, fille de Rachel qui l\u2019a \u00e9lev\u00e9e seule suite au d\u00e9part du p\u00e8re avant la naissance de l\u2019enfant. A l\u2019adolescence de Christine, Rachel parvint \u00e0 convaincre le p\u00e8re de reconna\u00eetre sa fille, mais celui-ci profite des visites de Christine pour la violer. De par la violence du pass\u00e9 des personnages et le traitement qui en est fait, la pi\u00e8ce, actuellement jou\u00e9e aux Ateliers Berthier du Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Od\u00e9on, n\u2019est pas \u00e0 montrer \u00e0 tous, mais la crudit\u00e9 adopt\u00e9e permet de mettre en sc\u00e8ne dans les d\u00e9tails la complexit\u00e9 des relations dans une famille \u00e9branl\u00e9e par l\u2019inceste et de l\u2019abandon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le c\u0153ur de la pi\u00e8ce est constitu\u00e9 de la reconstruction de la relation entre Christine et sa m\u00e8re Rachel apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019incompr\u00e9hension entre elles. Dans cette optique, seules deux actrices se partagent la sc\u00e8ne\u00a0: Bulle Ogier incarne Rachel, tandis que Maria de Medeiros est Christine, d\u2019abord adulte confront\u00e9e \u00e0 la mort d\u2019un p\u00e8re qui l\u2019a violent\u00e9e, puis petite fille, et de nouveau adulte. Le choix de faire jouer Christine par la m\u00eame actrice au cours du temps est int\u00e9ressant, car il met en avant le lien entre ce qu\u2019elle a v\u00e9cu enfant et ce qu\u2019elle est devenue. Il oblige cependant l\u2019actrice \u00e0 accentuer son jeu, ce qui met de mani\u00e8re assez regrettable le spectateur face \u00e0 une petite fille aux \u00e9motions exag\u00e9r\u00e9es quand cela n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire. Je suis donc mitig\u00e9e vis-\u00e0-vis de ce choix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019autre part, les autres personnages intervenants dans l\u2019histoire sont pr\u00e9sents par le biais de la technologie\u00a0: voix enregistr\u00e9e pour la fille de Christine et vid\u00e9o pour Christine et Rachel quand elles prennent la parole pour raconter l\u2019histoire telle qu\u2019elles l\u2019ont v\u00e9cue, parfois pour indiquer l\u2019intervention d\u2019une tierce personne, et non plus en la vivant devant nous. Cela met en place une distance entre le spectateur et l\u2019histoire racont\u00e9e, puisque l\u2019illusion th\u00e9\u00e2trale n\u2019est alors plus compl\u00e8te, mais cela permet de recentrer la pi\u00e8ce sur la relation m\u00e8re\/fille alors que, si l\u2019histoire s\u2019\u00e9tait int\u00e9gralement d\u00e9roul\u00e9e devant nos yeux, les probl\u00e9matiques sociales et identitaires qu\u2019elle r\u00e9v\u00e8le auraient pris le pas sur cette question.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les choix sc\u00e9naristiques de la metteuse en sc\u00e8ne contribuent \u00e9galement \u00e0 bouleverser la chronologie de la pi\u00e8ce. L\u2019intrigue se d\u00e9roule sur de nombreuses ann\u00e9es dont la repr\u00e9sentation occupe le temps de la pi\u00e8ce. Les ellipses n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019\u00e9volution de celle-ci sont permises par les changements de d\u00e9cors effectu\u00e9s devant le public par des d\u00e9m\u00e9nageurs touts de noir v\u00eatus, souvent entre deux sc\u00e8nes, parfois en pr\u00e9sence des personnages. Ces changements de d\u00e9cors montrent l\u2019\u00e9volution de la situation mais aussi de la relation entre les deux femmes. De m\u00eame, la table pr\u00e9sente dans l\u2019appartement de Christine adulte est sur sc\u00e8ne d\u00e8s le d\u00e9but de la pi\u00e8ce, comme si l\u2019adulte qu\u2019elle allait devenir \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente d\u2019une certaine fa\u00e7on dans son enfance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour conclure, j\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 la puissance de cette mise en sc\u00e8ne qui convenait bien au sujet difficile \u00e0 traiter. Le public dans la salle \u00e9tait manifestement de mon avis puisqu\u2019un court instant de calme a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les applaudissements, tout le monde restant bouche b\u00e9e apr\u00e8s cette pi\u00e8ce \u00e9mouvante.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Jade Marchet-Jamet<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Jusqu&rsquo;au 26 mars 2017 se joue aux Ateliers Berthier, seconde salle de l&rsquo;Od\u00e9on-Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Europe, l&rsquo;adaptation th\u00e9\u00e2trale du dernier roman de Christine Angot, Un Amour Impossible. Parue en 2015 et r\u00e9compens\u00e9e par le Prix D\u00e9cembre durant la m\u00eame ann\u00e9e, cette autobiographie retrace les relations entre l&rsquo;auteur et sa m\u00e8re, l&rsquo;inceste, l&rsquo;absence du p\u00e8re, les regrets et les non-dits aux trois \u00e2ges de leurs vies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en d\u00e9cembre 2016 au Centre Dramatique National Besan\u00e7on Franche-Comt\u00e9, dans une mise en sc\u00e8ne de sa directrice, C\u00e9lie Pauthe qui, boulevers\u00e9e par le roman, a souhait\u00e9 se concentrer sur ses trente derni\u00e8res pages, long dialogue entre la fille et la m\u00e8re alors \u00e2g\u00e9e de quatre-vingt-trois ans. Pour transposer le d\u00e9but du r\u00e9cit, Christine Angot effectue de consid\u00e9rables changements et \u00e9crit des sc\u00e8nes dialogu\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bulle Ogier actrice f\u00e9tiche de Jacques Rivette, de Patrice Ch\u00e9reau et de Luc Bondy est la m\u00e8re, Rachel, tandis que Maria de Medeiros, com\u00e9dienne, actrice, r\u00e9alisatrice et chanteuse franco-portugaise, r\u00e9v\u00e9l\u00e9e par son r\u00f4le cultisme dans Pulp Fiction est la fille, Christine Angot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour son auteur, l&rsquo;\u00e9criture est la restitution de perceptions pass\u00e9es, dans laquelle le style ne se doit d&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un m\u00e9dium \u00e9pur\u00e9 afin d&rsquo;atteindre imm\u00e9diatement la v\u00e9rit\u00e9. Bien que son ambition de \u00ab\u00a0remettre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur\u00a0des moments\u00a0\u00bb soit sensible, les dialogues apparaissent de fait, simplistes compar\u00e9s \u00e0 la complexit\u00e9 de leurs contenus. De surcro\u00eet, les ellipses temporelles deviennent un pari th\u00e9\u00e2tral. Les nombreux remaniements de d\u00e9cors et l&rsquo;utilisation abusive de la vid\u00e9o laissent les com\u00e9diennes et les spectateurs oisifs. L&rsquo;antinomie entre les costumes et la temporalit\u00e9, l&rsquo;accentuation des intonations et des gestuelles rompent avec toute vraisemblance, ne permettant pas aux spectateurs de s&rsquo;immerger au creux de l&rsquo;intrigue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re partie de la pi\u00e8ce nous livre une pr\u00e9tendue explication sociale sur une maladie psychiatrique, la p\u00e9dophilie. Cette trag\u00e9die familiale serait inscrite dans une trag\u00e9die collective fond\u00e9e sur un principe de domination sociale et ethnique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le public, majoritairement f\u00e9minin, g\u00ean\u00e9 par ces soucis de mise en sc\u00e8ne est pourtant emport\u00e9 par la retranscription \u00e9mouvante du lien maternel et de sa transformation au fil du temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A travers une singuli\u00e8re r\u00e9miniscence, Christine Angot convoque un \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb et assiste \u00e0 une retrouvaille avec soi-m\u00eame.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">El\u00e9onore Sirabyan<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un amour impossible \u00a0est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre mis en sc\u00e8ne par C\u00e9lie Pauthe adapt\u00e9 du roman \u00e9ponyme de Christine Angot. Le roman relate une histoire familiale centr\u00e9e sur la relation entre une m\u00e8re et sa fille. La pi\u00e8ce est jou\u00e9e Maria de Medeiros (la fille) et Bulle Ogier (la m\u00e8re).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plusieurs amours sont abord\u00e9s : l&rsquo;amour d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 de la femme pour son mari, l&rsquo;amour pervers du p\u00e8re pour sa fille, mais surtout l&rsquo;amour r\u00e9tabli de la fille pour sa m\u00e8re. L&rsquo;intrigue se d\u00e9roule dans un cadre r\u00e9aliste contemporain, il s&rsquo;agit m\u00eame d&rsquo;une histoire vraie (la pi\u00e8ce \u00e9tant adapt\u00e9e d&rsquo;un roman autobiographique).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, une atmosph\u00e8re tendue entre les deux personnages intrigue le spectateur, et la r\u00e9v\u00e9lation du viol de Christine (la fille) frappe et choque. S&rsquo;ensuit alors un flash-back pour expliquer tout ce que l&rsquo;on vient de voir : aspect cin\u00e9matographique int\u00e9ressant pour rendre compte de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;histoire, avec des ellipses et la mise en sc\u00e8ne des personnages \u00e0 diff\u00e9rentes p\u00e9riodes de leur vie de mani\u00e8re chronologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une v\u00e9ritable \u00e9volution est rendue compte \u00e0 travers les jeux de Christine notamment, de son rapport vis \u00e0 vis de sa m\u00e8re. Un amour qui semblait sans t\u00e2che se d\u00e9grade, il y a un d\u00e9senchantement : larmes, col\u00e8re et d\u00e9ception de la fille ; incompr\u00e9hension, accablement, et auto-accusation de la m\u00e8re. Le spectateur est touch\u00e9 par cet \u00e9loignement affectif, comme si tout tombait en morceaux&#8230; \u00e9volution, rendue compte tant au niveau du jeu qu&rsquo;au niveau du d\u00e9cor : on passe de la maison familiale au restaurant en passant par l&rsquo;appartement de Christine etc, transportant le spectateur dans un endroit inconnu \u00e0 chaque fois, renfor\u00e7ant davantage la vicissitude des deux vies et de leur relation. N\u00e9anmoins l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la pi\u00e8ce est fondamentalement centr\u00e9 sur le fond des propos, elle est plus textuelle que spectaculaire avec l&rsquo;alternance de sc\u00e8nes \u00e9motionnelles et r\u00e9flexives. On traite bien d&rsquo;un probl\u00e8me d&rsquo;actualit\u00e9 qui d\u00e9passe le cadre de ce drame familial et qui nous concerne tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, peu \u00e0 peu le voile se l\u00e8ve et il s&rsquo;agit en r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un probl\u00e8me profond\u00e9ment soci\u00e9tal qui vient se r\u00e9percuter sur les individus : ce sont les id\u00e9es v\u00e9hicul\u00e9es par des instances sup\u00e9rieures, ici antis\u00e9mites, qui viennent impacter le plus petit composant de la soci\u00e9t\u00e9. La d\u00e9nonciation est clairement exprim\u00e9e, d&rsquo;une voix haute et forte. Cependant le spectacle se termine par une touche positive : la m\u00e8re est la fille arrivent enfin \u00e0 communiquer apr\u00e8s tant d&rsquo;ann\u00e9es de \u00ab\u00a0guerre froide\u00a0\u00bb. Ce n&rsquo;est ni la faute \u00e0 l&rsquo;une, ni \u00e0 l&rsquo;autre, mais bien celle de la soci\u00e9t\u00e9, celle de la vie. Et tout cela n&rsquo;importe plus du moment que cela a \u00e9t\u00e9 dit car l&rsquo;important, c&rsquo;est \u00ab\u00a0aujourd&rsquo;hui et maintenant\u00a0\u00bb.\u00a0 Plus qu&rsquo;\u00e0 n&rsquo;importe quel moment la n\u00e9cessit\u00e9 de s&rsquo;ouvrir et de parler ne s&rsquo;est fait sentir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai personnellement bien appr\u00e9ci\u00e9 le spectacle. Tout d&rsquo;abord pour les \u00e9motions qu&rsquo;il suscite, l&rsquo;id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;impact de la soci\u00e9t\u00e9 sur les individus que je trouve int\u00e9ressant ainsi que le th\u00e8me de la relation m\u00e8re-fille qui est particuli\u00e8rement important et complexe. Et justement j&rsquo;aurais aim\u00e9 que la pi\u00e8ce s&rsquo;appesantisse davantage sur ce probl\u00e8me de communication, ce blocage de g\u00e9n\u00e9ration o\u00f9 l&rsquo;un(e) ne comprend pas l&rsquo;autre, o\u00f9 le \u00ab\u00a0faire-semblant\u00a0\u00bb est le seul moyen de continuer \u00e0 se donner l&rsquo;illusion de \u00ab\u00a0bien vivre\u00a0\u00bb et de se dire que \u00ab\u00a0tout se passe bien\u00a0\u00bb. \u00a0L&rsquo;amour est-il possible ou non ? En tout cas la parole, elle, doit l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Eveline Su<\/h6>\n<pre>Photo : Elisabeth Carecchio<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on | En savoir plus L\u2019espace froid et spacieux des ateliers Berthiers accueille, du 25 f\u00e9vrier au 26 mars 2017, le spectacle adapt\u00e9 du roman de Christine Angot : Un amour impossible. 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