{"id":8362,"date":"2017-03-21T20:00:11","date_gmt":"2017-03-21T19:00:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8362"},"modified":"2017-03-21T20:00:11","modified_gmt":"2017-03-21T19:00:11","slug":"songe-dune-nuit-dete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8362","title":{"rendered":"Le songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9"},"content":{"rendered":"<p>Ballet | Op\u00e9ra national de Paris | <a href=\"https:\/\/www.operadeparis.fr\/saison-16-17\/ballet\/le-songe-dune-nuit-dete\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>Nous entrons enfin dans les beaux jours, et ce n&rsquo;est pas le Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui nous dira le contraire. L&rsquo;Op\u00e9ra Bastille nous propose en ce d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9e 2017 une programmation assez novatrice, laquelle nous fait ressentir un besoin d&rsquo;attirer un public de plus en plus jeune. Tout le monde conna\u00eet le Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 de Shakespeare (1564-1616), com\u00e9die rocambolesque qui, \u00e0 travers les actions du lutin Puck et d&rsquo;une fleur magique, nous fait d\u00e9j\u00e0 sentir des airs d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Cette fleur magique s\u00e8me la zizanie dans des couples mortels et divins, s&rsquo;ensuit\u00a0 des p\u00e9rip\u00e9ties sous le signe de l&rsquo;amour s&rsquo;inscrivant dans un monde \u00e0 la fronti\u00e8re de l\u2019onirisme. L&rsquo;Histoire se d\u00e9roule entre deux temporalit\u00e9s, le jour et la nuit, deux lieux, le palais du monarque ath\u00e9nien et une for\u00eat magique peupl\u00e9e de cr\u00e9atures f\u00e9eriques, et trois mondes, les dieux, la cour et le peuple. N\u00e9anmoins nous sommes ici devant le ballet de Balanchine qui, dans les ann\u00e9es 1950, nous propose une version du songe plus engag\u00e9e vers la confusion des sentiments et le d\u00e9sordre des hommes. Les deux actes de son ballet soulignent le passage d&rsquo;un monde innocent \u00e0 un monde troubl\u00e9 mais emprunt d&rsquo;une beaut\u00e9 inexplicable. Il ne faut pas non plus n\u00e9gliger l&rsquo;importance de la musique de Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1947) qui, dans cette \u0153uvre, nous permet de nous accueillir dans une atmosph\u00e8re empreinte de fra\u00eecheur et de souvenirs d&rsquo;enfants. Enfin, les d\u00e9cors et les costumes ont \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9s par Christian Lacroix et \u00e0 son assistante Camille Dugas qui ont, \u00e0 travers ce ballet, r\u00e9ussi \u00e0 rehausser le r\u00eave et la majest\u00e9 \u00e0 son paroxysme. Le rideau se l\u00e8ve, d\u00e9bute alors les encha\u00eenements du ballet de l&rsquo;Op\u00e9ra national de Paris.<\/p>\n<p>L&rsquo;instrumental r\u00e9sonne \u00e0 Bastille, le d\u00e9cor nous appara\u00eet et s&rsquo;impose comme ma\u00eetre des lieux. Un dialogue na\u00eet alors entre le d\u00e9cor et les costumes, nous entrons enfin dans le monde magique du Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9. La dramaturgie exacerb\u00e9e m\u00eale finesse et prouesses techniques des danseurs qui prennent part \u00e0 une com\u00e9die enfantine, sous l&rsquo;impulsion de l&rsquo;interpr\u00e8te du personnage de Puck. Le lyrisme du ballet nous initie \u00e0 un monde enchanteur qui est boulevers\u00e9 par une temp\u00eate du sensible. Le spectateur est subjugu\u00e9 par une technique ma\u00eetris\u00e9e, accessible et artistiquement pure et d\u00e9licate.<\/p>\n<p>Le deuxi\u00e8me acte d\u00e9bute, la marche nuptiale r\u00e9sonne. Les d\u00e9cors de for\u00eat ont d\u00fb faire place \u00e0 celui d&rsquo;un palais ayant des airs de ruines romantiques. Les costumes sont immacul\u00e9s, dans la m\u00eame teinte que l&rsquo;architecture antiquisante. Les 3 mariages peuvent alors d\u00e9buter, les tutus s&rsquo;encha\u00eenent avec des t\u00e2ches rouge\u00e2tres sur leurs parties inf\u00e9rieures ce qui pourrait nous faire penser \u00e0 des roses gracieuses qui prennent leur envol. Un nouveau monde nous appara\u00eet, la nuit est termin\u00e9e, le jour prend ses marques, il est \u00e9tincelant, brillant et luxueux. La fluidit\u00e9 des passages des deux actes d\u00e9montre une ma\u00eetrise totale du sc\u00e9nographe malgr\u00e9 un traitement des sentiments tr\u00e8s in\u00e9gal, \u00e0 la fois dans l&rsquo;espace physique et dans l&rsquo;espace du sensible. La tension dramatique se rel\u00e2che, le spectateur s&rsquo;engage dans le mouvement initi\u00e9 par les membres du ballet. La nuit retombe sur la sc\u00e8ne, le monde myst\u00e9rieux reprend ses marques, les verts luisants apparaissent dans la p\u00e9nombre, nous comprenons que nous devons nous retirer peu \u00e0 peu de cet univers onirique.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Franck Calard<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 est une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre originale de William Shakespeare, repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Bastille sous forme de ballet par le chor\u00e9graphe George Balanchine. L\u2019orchestre et les ch\u0153urs de l\u2019Op\u00e9ra national de Paris sont men\u00e9s par Simon Hewett pour la direction musicale et Jos\u00e9 Luis Basso pour les ch\u0153urs, pour les diff\u00e9rentes \u0153uvres musicales de F\u00e9lix Mendelssohn-Bartholdy. Les d\u00e9cors et les costumes sont r\u00e9alis\u00e9s par Christian Lacroix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle s\u2019ouvre sur une sc\u00e8ne somptueuse, de haut en bas des d\u00e9cors d\u2019arbres et de fleurs g\u00e9antes mettent en sc\u00e8ne le lieu du premier acte, la for\u00eat f\u00e9erique. Des enfants jouent le r\u00f4le de petits insectes avec des costumes orn\u00e9s de gros yeux de mouche ou d\u2019ailes de papillon, le tout est tr\u00e8s color\u00e9 et joyeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019action pour les cinq premi\u00e8res minutes m\u2019a paru \u00ab\u00a0flou\u00a0\u00bb pour ma part. Sans paroles il est certain que la mise en place des personnages, la pr\u00e9sentation du contexte est plus difficile \u00e0 assimiler. Ce n\u2019est que par les costumes (somptueux) qu\u2019on pouvait discerner qui \u00e9tait les humains (les couples Lysandre et Hermia puis H\u00e9l\u00e9na et D\u00e9m\u00e9trius). De plus la querelle pour l\u2019enfant indien entre la Reine et le Roi des f\u00e9es n\u2019est pas tout de suite compr\u00e9hensible, ils semblent courir apr\u00e8s un enfant, et cette querelle para\u00eet comme un cheveux sur la soupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette mise en contexte effectu\u00e9e, l\u2019histoire peut commencer avec l\u2019utilisation de la fleur perc\u00e9e par la fl\u00e8che de Cupidon, par Puck. Cette fleur a le pouvoir de faire tomber quiconque amoureux de la premi\u00e8re personne aper\u00e7ue. Ob\u00e9ron, le Roi des f\u00e9es, en observant les diff\u00e9rentes querelles et probl\u00e8mes entre les humains amoureux d\u00e9cide de faire intervenir Puck par le pouvoir de la fleur. Puck impatient d\u2019ob\u00e9ir se trompe de destinataire, s\u2019en suit des quiproquos, tr\u00e8s dr\u00f4le et r\u00e9solument bien men\u00e9s entre les couples, l\u2019homme de l\u2019un aime la femme de l\u2019autre, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout s\u2019arrange au final quand Puck essaye de remettre de l\u2019ordre gr\u00e2ce \u00e0 ses pouvoirs. Les couples sont endormies c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te, le Duc et Hippolyte (Reine des Amazones) les d\u00e9couvrent, les r\u00e9veillent et proclament un triple mariage pour eux-m\u00eames et ces deux couples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne s\u2019\u00e9teint, c\u2019est l\u2019entracte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sc\u00e8ne se r\u00e9ouvre sur le d\u00e9cor de la cour du palais du duc, d\u00e9cor\u00e9 pour les festivit\u00e9s. Les divertissements sont dans\u00e9s par de nombreux couples, de tr\u00e8s belles performances.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque les repr\u00e9sentations prennent fin, nous nous retrouvons au royaume des f\u00e9es,\u00a0 o\u00f9 Ob\u00e9ron et Titania sont r\u00e9unis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La derni\u00e8re sc\u00e8ne, Puck balaye la sc\u00e8ne, comme pour imager la mise en ordre enfin r\u00e9alis\u00e9e. Ensuite, des lucioles s\u2019installent sur sc\u00e8ne, scintillent et accompagnent le dernier mouvement musical jusqu\u2019\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, qui symbolise la fin du ballet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mis \u00e0 part le d\u00e9but du ballet, l\u2019\u0153uvre est riche de moment comiques, mais aussi de duo tendre et romantique, de d\u00e9cor et de costumes color\u00e9s, et elle symbolise exactement une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Claire Garrouste<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le Songe D\u2019Une Nuit d\u2019\u00c9t\u00e9 est une pi\u00e8ce c\u00e9l\u00e8bre comme de William Shakespeare, et elle se diff\u00e9rencie de ses autres pi\u00e8ces \u00e0 cause de sa dimension f\u00e9erique et pleine de joie, qui fait contraste avec ses pi\u00e8ces historiques et ses trag\u00e9dies. Le ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris profite de cet aspect f\u00e9erique pour repr\u00e9senter un ballet qui se r\u00e9jouit de ce monde merveilleux qu\u2019il mit en sc\u00e8ne cet \u00e9t\u00e9. Ce ballet est une repr\u00e9sentation du ballet de New York City Ballet, dont George Balanchine a cr\u00e9\u00e9 la chor\u00e9graphie en 1962, pour \u00eatre accompagn\u00e9 par la musique de Mendelssohn, mais d\u00e8s mars deux mil dix-sept le ballet de l\u2019op\u00e9ra de Paris ajoute ce ballet \u00e0 leur r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au d\u00e9but, le ballet met en avant l\u2019aspect f\u00e9erique de la pi\u00e8ce, parce qu\u2019il commence dans la for\u00eat de Hippolyte o\u00f9 un groupe innombrable de f\u00e9eries et papillons arrivent sur la sc\u00e8ne. Ensuite, les trois principaux groupes de danseurs arrivent l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre sur la sc\u00e8ne\u00a0; d\u2019abord Titania, reine des f\u00e9eries, et son \u00e9poux Ob\u00e9ron qui vient de se disputer, ensuite dans la sc\u00e8ne suivant Hermia, son fianc\u00e9 Lysandre, un jeune homme amoureux d\u2019elle qui s\u2019appelle D\u00e9m\u00e9trius et Helena qui est amoureuse de D\u00e9m\u00e9trius, puis finalement les artisans qui veulent repr\u00e9senter une pi\u00e8ce. Donc l\u2019ouverture de Ein Sommernachtstraum illustre un m\u00e9lange de magie et malentendus, qui cr\u00e9e un monde plein de d\u00e9sordre merveilleux dans ce ballet. La dispute entre Titania et Ob\u00e9ron se pr\u00e9cipite entre la col\u00e8re funeste et une dispute pu\u00e9rile, par contre la tristesse de Helena est rendu \u00e9mouvante, et fait contraste avec la bouffonnerie des quatre artisans. Mais si le ballet commence avec un d\u00e9but parfait, quelquefois la vitesse de l\u2019action ne lui permet pas de se traiter chaque n\u0153ud de l\u2019intrigue avec le m\u00eame soin. Par exemple, quand Puck administre son philtre d\u2019amour il n\u2019y a aucune sensation que cette sc\u00e8ne aurait d\u00fb inciter les rires selon Shakespeare, et en plus la pi\u00e8ce des artisans ne semble qu\u2019un outil pour expliquer comment Titania tombe amoureuse d\u2019un homme avec la t\u00eate d\u2019un \u00e2ne, plut\u00f4t qu\u2019un n\u0153ud de l\u2019intrigue \u00e0 part entier. Ceci a provoqu\u00e9 la confusion, parce que tous les n\u0153uds de l\u2019intrigue \u00e9tant r\u00e9solus avant le fin de l\u2019acte un, beaucoup de spectateurs ont consid\u00e9r\u00e9 le ballet comme termin\u00e9 et donc un grand nombre d\u2019entre eux sont partis avant le deuxi\u00e8me acte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que le deuxi\u00e8me acte n\u2019ait pas aucun sens par rapport au premier, son style ajoute beaucoup au ballet\u00a0; le style classique est employ\u00e9 pour les mariages de Helena et D\u00e9m\u00e9trius, et aussi Hermia et Lysandre. Le ballet d\u00e9passe ce monde de papillons pour d\u00e9peindre l\u2019\u00e9l\u00e9gance de la noblesse, \u00e0 ce point il semble pertinent de mentionner aussi les beaux costumes de Christian Lacroix qui capturent parfaitement le caract\u00e8re et le statut social de chaque personnage. Si le deuxi\u00e8me acte est un peu ennuyant et fonctionne comme \u00e9pilogue, le travail pr\u00e9cis de couturiers et danseurs\u00a0le fait n\u00e9anmoins un festin visuel. On doit constater aussi la repr\u00e9sentation magnifique de Hannah O\u2019 Neill (Titania) et Fabien R\u00e9villion (Oberon), qui dansent un grand pas de deux qui est vraiment le moment le plus marquant du ballet et met en \u00e9vidence les talents formidables des danseurs principaux, mais aussi du corps entier. \u00c0 la fin du ballet, les mariages sont achev\u00e9s et on fait un retour au monde f\u00e9erique, o\u00f9 l\u2019\u00e9cole de danse a fourni une quantit\u00e9 de jeunes danseurs, tous v\u00eatus dans les costumes vibrants qui les transforment en f\u00e9es et papillons de la for\u00eat et concluent le ballet avec le m\u00eame aplombe dont il a commenc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, on ne peut pas nier qu\u2019on \u00e9tait un peu d\u00e9\u00e7u par l\u2019intrigue peu clair qui roule aux vitesses in\u00e9gales, et aussi par le manque de com\u00e9die par rapport aux malentendus de Puck, cependant il reste une gamme de raisons pour aller assister \u00e0 ce spectacle. La musique de l\u2019orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris est vraiment incroyable, et les talents inoubliables de danseurs cr\u00e9ent un festin pour les yeux qui n\u2019a pas de rivale. Si les fans de Shakespeare vont plaindre un peu la variation de sa pi\u00e8ce, les danseurs et ceux qui aiment les spectacles vont \u00eatre ravis de tous ses \u00e9l\u00e9ments de beaut\u00e9 et de la fantaisie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Jessica Harpin<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le Songe D\u2019Une Nuit d\u2019\u00c9t\u00e9 est une pi\u00e8ce c\u00e9l\u00e8bre comme de William Shakespeare, et elle se diff\u00e9rencie de ses autres pi\u00e8ces \u00e0 cause de sa dimension f\u00e9erique et pleine de joie, qui fait contraste avec ses pi\u00e8ces historiques et ses trag\u00e9dies. Le ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris profite de cet aspect f\u00e9erique pour repr\u00e9senter un ballet qui se r\u00e9jouit de ce monde merveilleux qu\u2019il mit en sc\u00e8ne cet \u00e9t\u00e9. Ce ballet est une repr\u00e9sentation du ballet de New York City Ballet, dont George Balanchine a cr\u00e9\u00e9 la chor\u00e9graphie en 1962, pour \u00eatre accompagn\u00e9 par la musique de Mendelssohn, mais d\u00e8s mars deux mil dix-sept le ballet de l\u2019op\u00e9ra de Paris ajoute ce ballet \u00e0 leur r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au d\u00e9but, le ballet met en avant l\u2019aspect f\u00e9erique de la pi\u00e8ce, parce qu\u2019il commence dans la for\u00eat de Hippolyte o\u00f9 un groupe innombrable de f\u00e9eries et papillons arrivent sur la sc\u00e8ne. Ensuite, les trois principaux groupes de danseurs arrivent l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre sur la sc\u00e8ne\u00a0; d\u2019abord Titania, reine des f\u00e9eries, et son \u00e9poux Ob\u00e9ron qui vient de se disputer, ensuite dans la sc\u00e8ne suivant Hermia, son fianc\u00e9 Lysandre, un jeune homme amoureux d\u2019elle qui s\u2019appelle D\u00e9m\u00e9trius et Helena qui est amoureuse de D\u00e9m\u00e9trius, puis finalement les artisans qui veulent repr\u00e9senter une pi\u00e8ce. Donc l\u2019ouverture de Ein Sommernachtstraum illustre un m\u00e9lange de magie et malentendus, qui cr\u00e9e un monde plein de d\u00e9sordre merveilleux dans ce ballet. La dispute entre Titania et Ob\u00e9ron se pr\u00e9cipite entre la col\u00e8re funeste et une dispute pu\u00e9rile, par contre la tristesse de Helena est rendu \u00e9mouvante, et fait contraste avec la bouffonnerie des quatre artisans. Mais si le ballet commence avec un d\u00e9but parfait, quelquefois la vitesse de l\u2019action ne lui permet pas de se traiter chaque n\u0153ud de l\u2019intrigue avec le m\u00eame soin. Par exemple, quand Puck administre son philtre d\u2019amour il n\u2019y a aucune sensation que cette sc\u00e8ne aurait d\u00fb inciter les rires selon Shakespeare, et en plus la pi\u00e8ce des artisans ne semble qu\u2019un outil pour expliquer comment Titania tombe amoureuse d\u2019un homme avec la t\u00eate d\u2019un \u00e2ne, plut\u00f4t qu\u2019un n\u0153ud de l\u2019intrigue \u00e0 part entier. Ceci a provoqu\u00e9 la confusion, parce que tous les n\u0153uds de l\u2019intrigue \u00e9tant r\u00e9solus avant le fin de l\u2019acte un, beaucoup de spectateurs ont consid\u00e9r\u00e9 le ballet comme termin\u00e9 et donc un grand nombre d\u2019entre eux sont partis avant le deuxi\u00e8me acte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que le deuxi\u00e8me acte n\u2019ait pas aucun sens par rapport au premier, son style ajoute beaucoup au ballet\u00a0; le style classique est employ\u00e9 pour les mariages de Helena et D\u00e9m\u00e9trius, et aussi Hermia et Lysandre. Le ballet d\u00e9passe ce monde de papillons pour d\u00e9peindre l\u2019\u00e9l\u00e9gance de la noblesse, \u00e0 ce point il semble pertinent de mentionner aussi les beaux costumes de Christian Lacroix qui capturent parfaitement le caract\u00e8re et le statut social de chaque personnage. Si le deuxi\u00e8me acte est un peu ennuyant et fonctionne comme \u00e9pilogue, le travail pr\u00e9cis de couturiers et danseurs\u00a0le fait n\u00e9anmoins un festin visuel. On doit constater aussi la repr\u00e9sentation magnifique de Hannah O\u2019 Neill (Titania) et Fabien R\u00e9villion (Oberon), qui dansent un grand pas de deux qui est vraiment le moment le plus marquant du ballet et met en \u00e9vidence les talents formidables des danseurs principaux, mais aussi du corps entier. \u00c0 la fin du ballet, les mariages sont achev\u00e9s et on fait un retour au monde f\u00e9erique, o\u00f9 l\u2019\u00e9cole de danse a fourni une quantit\u00e9 de jeunes danseurs, tous v\u00eatus dans les costumes vibrants qui les transforment en f\u00e9es et papillons de la for\u00eat et concluent le ballet avec le m\u00eame aplombe dont il a commenc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, on ne peut pas nier qu\u2019on \u00e9tait un peu d\u00e9\u00e7u par l\u2019intrigue peu clair qui roule aux vitesses in\u00e9gales, et aussi par le manque de com\u00e9die par rapport aux malentendus de Puck, cependant il reste une gamme de raisons pour aller assister \u00e0 ce spectacle. La musique de l\u2019orchestre de l\u2019Op\u00e9ra de Paris est vraiment incroyable, et les talents inoubliables de danseurs cr\u00e9ent un festin pour les yeux qui n\u2019a pas de rivale. Si les fans de Shakespeare vont plaindre un peu la variation de sa pi\u00e8ce, les danseurs et ceux qui aiment les spectacles vont \u00eatre ravis de tous ses \u00e9l\u00e9ments de beaut\u00e9 et de la fantaisie.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anna Hubert<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9, d\u2019apr\u00e8s l\u2019\u0153uvre originale de Shakespeare, a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 par le chor\u00e9graphe Balanchine en 1962 \u00e0 NY. Pour la premi\u00e8re fois interpr\u00e9t\u00e9e en France, le ballet s\u2019est retrouv\u00e9 sur la sc\u00e8ne de l\u2019op\u00e9ra Bastille \u00e0 l\u2019occasion de douze repr\u00e9sentations. M\u00ealant danse classique, orchestre symphonique et ch\u0153ur de chanteurs, le ballet plonge le spectateur dans l\u2019univers fantastique et f\u00e9\u00e9rique de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Ouverture se fait avec l\u2019orchestre qui reprend la partition de Felix Mendelssohn-Bartholdy. Cette premi\u00e8re immersion sonore est vite compl\u00e9t\u00e9e par le visuel du d\u00e9cor de Christian Lacroix. L\u2019Acte I se situe dans une for\u00eat onirique o\u00f9 l\u2019apparition des f\u00e9es sous une lumi\u00e8re bleue accentue l\u2019impression de Songe. L\u2019euphorie se ressent avec la multitude de danseurs qui \u00e9voluent dans des costumes color\u00e9s mais aussi avec la chor\u00e9graphie qui refl\u00e8te un dynamisme enfantin. Le tableau pose l\u2019intrigue en mettant directement en avant la probl\u00e9matique du mariage qui est le fil conducteur du ballet. Th\u00e9s\u00e9e apparait dans son habit dor\u00e9 \u00e0 traine. Face \u00e0 lui, Hippolyte la reine des Amazones, fait son entr\u00e9e accompagn\u00e9 d\u2019un enfant. Cet enfant, que Th\u00e9s\u00e9e tente de subtiliser, symbolise le d\u00e9sir d\u2019union des deux personnages. Par la suite, l\u2019apparition de la reine des f\u00e9es assise dans un coquillage nous rappelle celui pr\u00e9sent dans la Naissance de Venus de Botticelli. La f\u00e9\u00e9rie se retrouve dans la tenue des danseuses. La fluidit\u00e9 des robes roses ralentit le rythme du ballet qui allie la vivacit\u00e9 de la chor\u00e9graphie et la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du Songe. C\u2019est alors que de nouveaux protagonistes interviennent. Il s\u2019agit de l\u2019intrigue amoureuse entre Helena qui aime Demetrius, mais qui est d\u00e9laiss\u00e9 par ce dernier pour Hermia. Hermia et Lysandre qui s\u2019aiment. Les deux couples sont reconnaissables par leur tenue rouge pour le premier et bleue pour le second. Tout l\u2019enjeu du ballet tourne autour d\u2019eux. Les deux hommes s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la m\u00eame femme, Hermia. Le d\u00e9sespoir d\u2019Helena se fait sentir dans les tentatives vaines d\u2019attirer l\u2019attention sur elle. Elle est alors aid\u00e9e par Puck le d\u00e9mon malicieux \u00e0 corne qui sans le savoir fait sentir la rose aux hommes qui tombent un \u00e0 un aux pieds d\u2019Helena. Les f\u00e9es roses r\u00e9apparaissent en \u00e9tant cette fois-ci accompagn\u00e9es par un ch\u0153ur domin\u00e9 par les solistes: Anne-Sophie Ducret et Pranvera Lehnert. Puck qui ne comprend pas son erreur encourage un combat entre les deux. Un nouvel \u00e9l\u00e9ment s\u2019ajoute \u00e0 cette intrigue. Des hommes du peuple jouent une sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre. Puck s\u2019en m\u00eale et transforme l\u2019un d\u2019entre eux en \u00e2ne. Il fait sentir \u00e0 la reine des f\u00e9es, endormie dans son coquillage, la rose ensorcel\u00e9e et tombe amoureuse de Bottom, l\u2019\u00e2ne. L\u2019\u00e2ne est amadou\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 une gerbe d\u2019herbe qui est plus int\u00e9ressante que la reine des f\u00e9es. Le ton est plus l\u00e9ger et suscite le rire du public devant ce personnage attachant. \u00c9tant sous les commandements de Th\u00e9s\u00e9e, Puck doit r\u00e9tablir l\u2019\u00e9quilibre initial. La sc\u00e8ne est alors recouverte d\u2019un \u00e9pais nuage de fum\u00e9e. Le Songe r\u00e9appara\u00eet et plonge les couples dans un sommeil. Le premier acte prend fin avec l\u2019approbation du p\u00e8re qui autorise le mariage des couples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apres un entre acte, l\u2019Acte II s\u2019ouvre sur un d\u00e9cor antique structur\u00e9 par des colonnes romaines. Les danseurs ont rev\u00eatu des costumes blancs, et les danseuses des tutus \u00e0 plateau. La musique ne laisse aucun doute, cet air triomphant nous rappelle un morceau connu. On assiste bien aux mariages. La chor\u00e9graphie rev\u00eat des caract\u00e9ristiques classiques o\u00f9 les danseurs effectuent leur mouvement et se r\u00e9pondent de mani\u00e8re sym\u00e9trique. Se succ\u00e8de un nouveau tableau r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 un duo. Pendant de longues minutes, les spectateurs se laissent s\u00e9duire par ces deux \u00e9toiles qui se touchent, se portent, tournent l\u2019un autour de l\u2019autre. Le temps se ralentit, et on assiste \u00e9merveill\u00e9 \u00e0 ces prouesses techniques et corporelles. Tout est d\u00e9tail. Chaque geste prend une signification particuli\u00e8re. Cette performance physique s\u2019ach\u00e8ve sous un tonnerre d\u2019applaudissement. Dans le tableau final, la sc\u00e8ne est \u00e0 nouveau plong\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9. Comme \u00e0 l\u2019ouverture, les elfes et les f\u00e9es font leur apparition dans un d\u00e9sordre color\u00e9. Puck entre. Il n\u2019est bient\u00f4t \u00e9clair\u00e9 que par des lampions agit\u00e9s par les elfes. Le c\u0153ur men\u00e9 par les solistes fait son apparition et finalise le ballet par un port\u00e9 de Puck.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet a su conqu\u00e9rir le public gr\u00e2ce \u00e0 la f\u00e9\u00e9rie de ce Songe qui s\u2019incarne dans tous les d\u00e9tails. Le ballet \u00e9merveille les sens.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Michelin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ces d\u00e9buts du ballet \u00e0 l\u2019op\u00e9ra sont historiques puisque le ballet marque son entr\u00e9e au r\u00e9pertoire. Apr\u00e8s une ouverture par l\u2019orchestre qui annonce les th\u00e8mes r\u00e9currents de la partition et introduit d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 cette polyvalence entre moments joyeux de l\u2019intrigue et tension, c\u2019est dans une atmosph\u00e8re onirique, f\u00e9\u00e9rique \u2013 qui justifie bien le titre de l\u2019\u0153uvre- que s\u2019est ouvert le dit ballet, ce Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9. Costumes dans les tons pastel, aliment\u00e9s de pierres \u00ab\u00a0Swarovsky\u00a0\u00bb partenaire, une gr\u00e2ce des danseurs qui jouent de sveltes f\u00e9es, ou des esprits, avec des levers de jambe souples et tr\u00e8s r\u00e9currents, dans une sym\u00e9trie souvent millim\u00e9tr\u00e9e, des lumi\u00e8res qui oscillent entre le tamis\u00e9 de la nuit et un \u00e9clairage plus blanc pour traduire le jour\u2026 tout contribue \u00e0 cette ambiance du r\u00eave. D\u2019ailleurs, quand le rideau se l\u00e8ve, les danseurs arrivent un \u00e0 un, comme si le r\u00eave se dessinait peu \u00e0 peu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec ce ballet, le spectateur est face \u00e0 l\u2019art total dans toute sa splendeur\u00a0: ils sont tous r\u00e9unis, danse classique caract\u00e9ristique du ballet traditionnel dans la somptueuse mise en sc\u00e8ne de Georges Balanchine, musique du grand compositeur allemand romantique Mendelssohn, et th\u00e9\u00e2tre, par l\u2019inspiration du texte de Shakespeare, traduit ici par l\u2019intrigue et les jeux des danseurs\u00a0; cette synth\u00e8se des arts constitue l\u2019histoire m\u00eame sans n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une narration verbale, et celle-ci passe par la danse, le choix des couleurs de costume en guise de nom pour d\u00e9signer les couples en jeu, et la musique, capable de nous renseigner sur le type d\u2019atmosph\u00e8re. Ces \u00e9l\u00e9ments fusionnent pour rendre l\u2019histoire limpide, comme dans un songe form\u00e9 d\u2019images fortes sans narrateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9cors\u00a0sont sobres mais essentiels\u00a0: des arbres c\u00f4t\u00e9s cour et jardin au premier acte entourent la sc\u00e8ne de leurs feuillages sur toute sa profondeur et sa hauteur, comme une alc\u00f4ve pour illustrer la bulle onirique. Au deuxi\u00e8me acte, les arbres sont intercal\u00e9s de tron\u00e7ons d\u2019architecture dans les tons clairs, pour traduire \u00e0 la fois le ch\u00e2teau et la cour, lieu du mariage, ou m\u00eame une \u00e9glise. Ces d\u00e9cors sobres et structurants ont tout le loisir de laisser la danse s\u2019exprimer avec des \u00e9clairages appropri\u00e9s. Les danseurs se pr\u00eatent aux mimes au-del\u00e0 de la danse \u2013 par exemple, un personnage aux traits d\u2019elfe coquin interf\u00e8re dans les conflits entre couples, caract\u00e9ris\u00e9 par des pas rapides, les genoux hauts, et sautillants. Leurs irruptions parfois seuls dans le noir et dans un halo de lumi\u00e8re donne toute sa dimension th\u00e9\u00e2trale \u00e0 la pi\u00e8ce, avec la mise en exergue \u00ab\u00a0du\u00a0\u00bb personnage qui se distingue de l\u2019ensemble des danseurs. Cette caract\u00e9risation est renforc\u00e9e par l\u2019association d\u2019un mouvement sp\u00e9cifique par danseur-personnage, au-del\u00e0 de la caract\u00e9risation chromatique par le costume, qui joue d\u2019ailleurs un r\u00f4le d\u00e9terminant pour la compr\u00e9hension\u00a0: on distingue alors une couleur par couple, vert et rose p\u00e2les pour l\u2019un, rouge pour le second et bleu plus vif pour le dernier, ce qui permettra de comprendre les conflits et les jalousies entre eux dans l\u2019acte I en attendant l\u2019heureuse r\u00e9solution de l\u2019acte II.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si la parole n\u2019esquisse pas les atmosph\u00e8res, la diversit\u00e9 de caract\u00e8re, esquiss\u00e9e dans l\u2019ouverture, est parfaitement rendue par la partition, toujours coordonn\u00e9e avec le jeu. Les personnages et les situations ont leur musique, et lorsque les sc\u00e8nes se r\u00e9p\u00e8tent, la musique aussi\u2013 comme lors du d\u00e9saccord entre mari et femme pour la garde de l\u2019enfant. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les moments joyeux correspondent \u00e0 l\u2019irruption des esprits de la for\u00eat dans des pas eux aussi rapides, des arabesques et sissones, sur un th\u00e8me r\u00e9current assum\u00e9 par les violons. Les parenth\u00e8ses amoureuses sont quant \u00e0 elles plus lentes et plus sensuelles, avec des interventions solistes du cor, parfois aventureuses\u2026 Les moments de \u00ab\u00a0drame\u00a0\u00bb\u00a0&#8211; le vol de l\u2019enfant &#8211; sont traduits par une musique de ton plus grave, o\u00f9 les danseuses bloquent la fuite du voleur, la danse \u00e9tant susceptible de traduire tant le conflit que la sensualit\u00e9, dans cette fronti\u00e8re fine entre l\u2019amour et le rejet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019humour a \u00e9galement sa place sur sc\u00e8ne avec l\u2019intervention du petit elfe qui ne comprend pas toujours les oscillations des femmes face aux hommes, ce qu\u2019il traduit par gestes, suscitant les rires. C\u2019est aussi cette danse avec un \u00e2ne, qui amuse et traduit bien l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des r\u00eaves, fantastiques et la d\u00e9connect\u00e9s du r\u00e9el.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019acte II\u00a0est un traditionnel acte de r\u00e9solution introduit par une fanfare \u00e0 l\u2019orchestre. Les costumes sont d\u2019abord uniform\u00e9ment clairs, connotant la puret\u00e9, sur une sc\u00e8ne rendue lumineuse par les \u00e9clairages blancs eux aussi. Le rouge et le bleu vifs ont disparu comme le conflit. Seule la danse dans la nuit, sans \u00e9clairage autre que celui de costumes color\u00e9s et scintillants, rend la fin de l\u2019acte II plus intime. En montrant le festin, la f\u00eate, il se termine \u00e0 l\u2019\u00e9clairage des lucioles, affirmant l\u2019onirisme comme ligne du ballet jusqu\u2019\u00e0 la fermeture du rideau, cl\u00f4ture du r\u00eave\u2026<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Alexandrine Monnot<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Grand classique du\u00a0 NYC Ballet, qui termine chaque ann\u00e9e sa saison de printemps avec cette production devenue traditionnelle, le Songe d\u2019une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 a fait cet hiver son entr\u00e9e dans le vaste r\u00e9pertoire de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Chor\u00e9graphi\u00e9 par G. Balanchine sur l&rsquo;\u0153uvre \u00e9ponyme de F. Mendelssohn et cinq autres pi\u00e8ces, ce ballet se divise en deux actes. Le premier d\u00e9bute par la dispute entre Titania et Ob\u00e9ron ; Puck, voulant les faire retomber amoureux, m\u00e9lange les sentiments des couples pr\u00e9sents dans la for\u00eat. Lorsqu&rsquo;enfin tout rentre dans l&rsquo;ordre, chacun est invit\u00e9 aux noces du lendemain ; les danses qui en forment le vaste divertissement composent alors le second acte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rideau clos, l\u2019orchestre entame l&rsquo;ouverture du Sommernachtsraum. Les violons se tra\u00eenent d\u00e8s les premi\u00e8res mesures, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie d\u00e9gag\u00e9e par le toujours tr\u00e8s bon Simon Hewett. Si les vents excellent en couleur et phras\u00e9, les cors sont d\u00e9finitivement trop lourds, aux attaques d\u2019une justesse toute relative que l\u2019on pourrait ais\u00e9ment pardonner s&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas ici de l\u2019Orchestre National.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin se d\u00e9voile la sc\u00e8ne, et la magie prend alors tout son sens. D\u00e9cors et habiles jeux de lumi\u00e8re nous plongent dans l\u2019univers shakespearien ; nous suivons volontiers les premiers danseurs dans cette for\u00eat vaporeuse. Les costumes sont d\u2019une facture somptueuse \u2013 Christian Lacroix s\u2019est surpass\u00e9, et l\u2019usage des quelque cent-cinquante m\u00e8tres de dentelle n\u2019\u00e9tait pour l\u2019occasion pas un luxe mais une n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Entrent deux couples, par\u00e9s d\u2019un velours d\u2019une lourdeur dont on a peur qu\u2019elle emp\u00eache le ballet de d\u00e9fier la gravit\u00e9 ; on s\u2019interroge un instant \u2013 \u00ab\u00a0n\u2019aurai-je pas d\u00fb relire la pi\u00e8ce ?\u00a0\u00bb. Mais la question ne fait qu\u2019effleurer l\u2019esprit du spectateur, car vraiment, on n\u2019avait pas besoin de lire Shakespeare pour comprendre Balanchine, surtout sur les pages les plus expressives de Mendelssohn.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La technique des danseurs est irr\u00e9prochable, et d\u2019une telle aisance que l\u2019on s\u2019imaginerait, dans un pitoyable exc\u00e8s de z\u00e8le, capable de faire de m\u00eame. Puck nous frappe d\u2019\u00e9blouissement. Le personnage fac\u00e9tieux est d\u2019une gr\u00e2ce et d\u2019un humour agiles, m\u00eame dans ses solos les plus virils et les plus techniques. C\u2019est lui, \u00e9l\u00e9ment perturbateur qu\u2019on ne saurait r\u00e9primander, qui introduit la fac\u00e9tie d\u00e9capante dont Balanchine a su orner sa chor\u00e9graphie, hommage pertinent \u00e0 l\u2019historicit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale. Et cet humour se ressent dans la salle \u2013 et ce n\u2019est pas seulement de voir ce pauvre trompettiste se battre avec les volutes des fumig\u00e8nes retomb\u00e9es dans la fosse d\u2019orchestre. Le public pouffe devant les quiproquos comme du pauvre danseur affubl\u00e9 d\u2019une t\u00eate d\u2019\u00e2ne sous les fac\u00e9ties de Puck ; tous excellent dans un mim\u00e9tisme comique l\u00e9ch\u00e9 qui n\u2019est pas sans rappeler de la gestuelle de la comedia dell\u2019arte \u2013 historicit\u00e9, toujours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00c9cole de l\u2019Op\u00e9ra nous subjugue, les soli nous happent ; quel dommage que l\u2019orchestre encore les alourdisse, que les fausset\u00e9s des cors nous \u00e9loigne des corps telle une douche froide dont on atteint le paroxysme alors que Titania s\u2019endort\u00a0: pas une once de tendresse ni de po\u00e9sie dans le vibrato de mauvais go\u00fbt de la soprano qui entonne la berceuse \u2013 bien que le ch\u0153ur de femmes soit d\u2019une d\u00e9licate exactitude d\u2019interpr\u00e9tation et d\u2019homog\u00e9n\u00e9it\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un grand moment d\u2019\u00e9motion chor\u00e9graphique et une v\u00e9ritable prouesse sc\u00e9nique marque l\u2019entr\u00e9e du ballet dans le r\u00e9pertoire de l&rsquo;Op\u00e9ra \u2013 quel dommage que son orchestre nous rappelle trop souvent de songer \u00e0 autre chose.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ma\u00eflys Pascault<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Du Songe d&rsquo;une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9, ne doit-on retenir qu&rsquo;une petite m\u00e9lodie c\u00e9l\u00e8bre\u00a0? S\u00fbrement pas\u00a0! En ce moment,\u00a0 l&rsquo;Op\u00e9ra-Bastille met \u00e0 l&rsquo;honneur le ballet en deux actes de F\u00e9lix Mendelssohn, reprenant la chor\u00e9graphie de George Balanchine (tous deux inspir\u00e9s du chef-d\u2019\u0153uvre de Shakespeare). Quant \u00e0 la direction musicale, elle revient \u00e0 l&rsquo;allemand Simon Hewett. L&rsquo;intrigue, complexe, retrace d&rsquo;abord une folle nuit au cours de laquelle, dans une for\u00eat pr\u00e8s d&rsquo;Ath\u00e8nes, quatre couples se croisent, se disputent, s&rsquo;\u00e9garent et se retrouvent, sous le regard amus\u00e9 d&rsquo;un petit elfe (Puck). Le second acte met en sc\u00e8ne les mariages qui suivent cet \u00e9pisode myst\u00e9rieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u0153uvre est un condens\u00e9 de musique grandiose et narrative, sur lequel chaque pas s&rsquo;appuie, nous racontant ainsi une histoire aussi dr\u00f4le que belle et fantaisiste. L\u2019acoustique de l&rsquo;Op\u00e9ra Bastille met parfaitement en relief l&rsquo;interpr\u00e9tation, sublime notamment lors de la fameuse marche nuptiale. La prestation du ch\u0153ur et des solistes est aussi impeccable, puissante, sans \u00eatre envahissante. La chor\u00e9graphie est \u00e0 la fois dynamique et vari\u00e9e\u00a0: c&rsquo;est une succession de solos, duos, farandoles et groupes de danseurs&#8230; Les danseurs solistes sont ici \u00e0 la hauteur de leur r\u00e9putation\u00a0: ils allient gr\u00e2ce, pr\u00e9cision, et dynamisme sans aucun faux-pas\u00a0! Dans ce ballet-vaudeville, tout s&rsquo;encha\u00eene tr\u00e8s vite et de mani\u00e8re tr\u00e8s fluide\u00a0: on rentre et on sort sans arr\u00eat\u00a0! Le \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb des danseurs est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s satisfaisant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;un point de vue sc\u00e9nographique, Christian Lacroix, chef des d\u00e9cors et costumes, nous propose un ensemble assez classique, mais n\u00e9anmoins efficace et tr\u00e8s esth\u00e9tique, ce qui nous permet d&rsquo;entrer tout en douceur dans cet univers \u00e9nigmatique. Le tout, combin\u00e9 \u00e0 une lumi\u00e8re envo\u00fbtante, offre dans le premier acte de tr\u00e8s beaux tableaux, \u00e0 tel point qu&rsquo;on se croirait&#8230;dans un songe\u00a0! En revanche le second acte se veut plus lumineux (car de jour), aux costumes plus rigides et \u00e0 l&rsquo;ambiance plus s\u00e9rieuse et classique. Cela constitue un contraste un peu trop important, peut-\u00eatre, avec un premier acte dont l&rsquo;histoire et le visuel se veulent plus fantaisistes\u00a0: on aurait aim\u00e9 conserver ce petit sourire qui ne nous l\u00e2chait pas pendant la premi\u00e8re partie. N\u00e9anmoins cette deuxi\u00e8me partie n&rsquo;en reste pas moins impressionnante et grandiose.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, l&rsquo;Op\u00e9ra National de Paris nous livre ici une version \u00e0 la fois divertissante, \u00e9mouvante et \u00e9l\u00e9gante du Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9\u00a0: on reste dans l&rsquo;esprit de Shakespeare (et c&rsquo;est tant mieux!). Malgr\u00e9 un petit manque de prise de risque sc\u00e9nographique,\u00a0 l&rsquo;institution offre &#8211; comme \u00e0 son habitude &#8211; un spectacle d&rsquo;une qualit\u00e9 indiscutable et des danseurs exceptionnels. On ne peut que recommander vivement un tel moment de plaisir, qui a par ailleurs \u00e9t\u00e9 salu\u00e9 vivement par le public.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Adrien Ricouart<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour cette saison 2016\/2017, la chor\u00e9graphie d\u2019un Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 de George Balanchine vient s\u2019ajouter au r\u00e9pertoire de la compagnie de l\u2019Op\u00e9ra de Paris. Cette version de 1962 est cr\u00e9\u00e9e pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Paris sous la direction musicale de Simon Hewett.<br \/>\nTout d&rsquo;abord une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, le Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 de Shakespeare inspira plusieurs musiciens et chor\u00e9graphes. Mendelssohn mit en musique cette histoire. Maurice Petitpa fut le premier \u00e0 chor\u00e9graphier cette pi\u00e8ce. En 1962, George Balanchine livre sa propre version de la pi\u00e8ce, sur la musique de Mendelssohn, pour le New York city ballet. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ballet en 2 actes et 6 tableaux<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019histoire se passe en Gr\u00e8ce, dans une for\u00eat. Plusieurs personnages\u00a0: de jeunes amants, le duc d\u2019Ath\u00e8nes, la reine des Amazones, des elfes, des f\u00e9es et des lutins se partagent la sc\u00e8ne. Tout au long de l\u2019\u0153uvre, Puck, un lutin malicieux interpr\u00e9t\u00e9 par Emmanuel Thibault, cherchera \u00e0 unir deux couples\u00a0: Hermia et D\u00e9m\u00e9trius, Lysandre et H\u00e9l\u00e9na. Cependant Puck se trompera \u00e0 plusieurs reprises cr\u00e9ant ainsi des sc\u00e8nes comiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9cors et les costumes de Christian Lacroix, assist\u00e9 par Camille Dugas, nous invitent \u00e0 la r\u00eaverie. Totalement en lien avec l\u2019\u0153uvre, le couturier recr\u00e9\u00e9 l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019une for\u00eat enchant\u00e9e. Les costumes couleurs pastel des cr\u00e9atures f\u00e9\u00e9riques sont printaniers, avec des mati\u00e8res l\u00e9g\u00e8res. A cela s\u2019opposent les couleurs chaudes des costumes en velours, rappelant les v\u00eatements du XVe si\u00e8cle, des deux jeunes couples. Chaque mati\u00e8re et couleur symbolisent les diff\u00e9rents groupes de personnages permettant ainsi un bon suivi de l\u2019intrigue. Les jeux de lumi\u00e8re permettent aussi de souligner certaines actions ou de mettre en valeur des personnages. De plus la finesse de jeu des danseurs d\u00e9termine bien le caract\u00e8re de leur personnage\u00a0: chaque fois qu\u2019intervient Puck on le voit sautillant et mesquin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a une continuit\u00e9 dans ce ballet, ponctu\u00e9 de beaucoup de touches d\u2019humour. Dans l\u2019ensemble, la pi\u00e8ce est l\u00e9g\u00e8re et d\u00e9bouche sur un heureux \u00e9v\u00e9nement\u00a0: le mariage de trois couples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On salut un tr\u00e8s beau travail tant au niveau de la mise en sc\u00e8ne qu\u2019au niveau de l\u2019interpr\u00e9tation des danseurs. Danseurs \u00e9toiles (Hannah O\u2019Neill, Alice Renavand) comme jeunes danseurs de l\u2019\u00e9cole de danse de l\u2019Op\u00e9ra de Paris \u0153uvrent ensemble pour nous livrer une formidable repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Jessica Sok<\/h6>\n<pre>Photo : Bill Henson<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Ballet | Op\u00e9ra national de Paris | En savoir plus Nous entrons enfin dans les beaux jours, et ce n&rsquo;est pas le Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;\u00e9t\u00e9 qui nous dira le contraire. L&rsquo;Op\u00e9ra Bastille nous propose en ce d\u00e9but d&rsquo;ann\u00e9e 2017 une programmation assez novatrice, laquelle [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8178,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,2,3],"tags":[],"class_list":["post-8362","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-ballet","category-opera-national-de-paris"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8362","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8362"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8362\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8362"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8362"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8362"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}