{"id":8368,"date":"2017-03-23T20:00:24","date_gmt":"2017-03-23T19:00:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=8368"},"modified":"2017-03-23T20:00:24","modified_gmt":"2017-03-23T19:00:24","slug":"mechanical-esctasy","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=8368","title":{"rendered":"Mechanical esctasy"},"content":{"rendered":"<p>Danse \/ Th\u00e9\u00e2tre \/ Musique | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/club-guy-et-roni-slagwerk-den-haag-mechanical-ecstasy\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai eu la chance r\u00e9cemment de me rendre au th\u00e9\u00e2tre de Chaillot pour un spectacle de danse contemporaine. En tout cas, c&rsquo;est l&rsquo;information que j\u2019avais. Le matin de la repr\u00e9sentation je vais me renseigner sur le site du th\u00e9\u00e2tre pour avoir quelques informations suppl\u00e9mentaires sur cette troupe n\u00e9erlandaise qui vient nous proposer un divertissement. Grosse surprise quand je tombe sur des images qui pourraient \u00eatre celles d&rsquo;un club underground berlinois tr\u00e8s avant-gardiste &#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 mon entr\u00e9e \u00e0 Chaillot, je commence \u00e0 comprendre un peu mieux. Deux sc\u00e8nes se font fasse, encadrant le public, et sur l&rsquo;un des c\u00f4t\u00e9s de ce rectangle, un espace pr\u00e9vu pour les DJs. Au centre, le public, sous des lumi\u00e8res stroboscopiques et dans lequel se m\u00e9langent d&rsquo;\u00e9tranges personnages, tant\u00f4t drag queen, tant\u00f4t anges d\u00e9guis\u00e9s avec de grandes ailes, distributions de bracelets lumineux &#8230; Bref, une ambiance de bo\u00eete de nuit. Et effectivement, le spectacle commence, dans un th\u00e9\u00e2tre de Chaillot \u00e0 mi-chemin entre le Rocky horror picture show et un club berlinois tr\u00e8s \u00e9lectro trash.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour vous donner une id\u00e9e de ce qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 sous nos yeux , sur chaque sc\u00e8ne , des danseurs se relayaient sur des chor\u00e9graphies tr\u00e8s modernes , sur les sons tr\u00e8s modernes des Dj , ainsi que sur les textes de po\u00e9sie un peu \u00e9tranges , scand\u00e9s par une femme habill\u00e9e en g\u00e9n\u00e9rale russe ou presque !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le but est pour les danseurs \/acteurs, de faire bouger le public autant qu&rsquo;eux ! Probl\u00e8me, autour de moi, il y a des jeunes \u00e9videmment, mais aussi des gens plus \u00e2g\u00e9es, retrait\u00e9s habitu\u00e9s aux programmations tr\u00e8s chouettes de Chaillot, et particuli\u00e8rement mal \u00e0 l&rsquo;aise devant ce spectacle \u00e9trange.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une heure de spectacle de 22h \u00e0 23h, puis \u00e0 23h une heure de danse intense pour le public, vraie transformation en bo\u00eete de nuit pour le coup !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un spectacle tr\u00e8s int\u00e9ressant et \u00e0 vrai dire, surtout tr\u00e8s surprenant !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 conseiller \u00e0 tous ceux qui veulent se d\u00e9fouler dans un cadre \u00e9trange !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Ad\u00e9j\u00e8s<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation de Mechanical Ecstasy se d\u00e9roule au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot. Il est difficile de qualifier cette \u00ab\u00a0performance\u00a0\u00bb &#8211; je suis d\u2019ailleurs pr\u00e9venue d\u00e8s mon arriv\u00e9e que ce n\u2019est pas un spectacle. Le qualifier de spectacle de danse serait comme n\u00e9gliger les musiciens\u00a0Jan-Bas Bollen et Thijs de Vlieger (membre du groupe NOISIA), \u00e9l\u00e9ments essentiels et indispensables. C\u2019est une \u0153uvre d\u2019art, une performance atypique et d\u00e9jant\u00e9e. Les artistes de Club Guy &amp; Rony nous proposent un spectacle haut en couleur et surprenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les spectateurs sont accueillis dans une salle ressemblant \u00e0 une boite de nuit, lumi\u00e8re puls\u00e9e et musique rythm\u00e9e de beats. Les artistes, v\u00eatus de mani\u00e8re loufoque, \u00e0 hauts talons, grim\u00e9s ou travestis, d\u00e9ambulent. Ensuite, des musiciens s\u2019installent et jouent en accompagnant la musique \u00e9lectronique. Une femme prend la parole et scande, murmure, hurle parfois, d\u2019une voix pressante ces mots inqui\u00e9tants, effrayants, sorte de po\u00e9sie \u00e9trange \u00ab\u00a0You are the machine\u00a0!\u00a0\u00bb. Les artistes gesticulent, leur danse saccad\u00e9e, violente, puissante correspond \u00e0 l\u2019atmosph\u00e8re oppressante et \u00e0 la voix l\u00e9g\u00e8rement m\u00e9tallique de la femme. Ils ne se contentent pas de danser\u00a0: ils sont la musique, traduisant avec leurs corps ce que nous ressentons tous \u2013un sentiment d\u2019urgence, d\u2019angoisse &#8211; face \u00e0 ces sons \u00e9lectroniques et \u00e0 cette femme qui nous compare \u00e0 des robots, qui remet en cause la nature humaine. Ils sont sur deux sc\u00e8nes diff\u00e9rentes, de chaque c\u00f4t\u00e9 de la salle et les danses alternent, obligeant le public \u00e0 se retourner fr\u00e9quemment. Le spectateur n\u2019est pas passif, il fait partie int\u00e9grante du spectacle, il est invit\u00e9 \u00e0 danser. L\u2019ambiance est l\u00e9g\u00e8rement hyst\u00e9rique, nous ressentons un sentiment d\u2019urgence, amplifi\u00e9 par les paroles oppressantes que scande la femme, encourag\u00e9e par les cris des artistes qui, entre chaque danse, se m\u00ealent au public. La lumi\u00e8re accompagne la danse saccad\u00e9e et contribue \u00e0 amplifier la f\u00e9brilit\u00e9 ambiante. Elle peut \u00eatre tamis\u00e9e, vive voire parfois \u00e9blouissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La performance qui nous est propos\u00e9e est aussi une performance subversive. Tout d\u2019abord par sa nature\u00a0: une ode aux rave parties\u00a0; mais aussi car elle critique les st\u00e9r\u00e9otypes de genre. En effet, des hommes qu\u2019on pourrait qualifier de virils sont travestis en femme, et m\u00eame la danse renverse les valeurs habituelles\u00a0: ils peuvent \u00eatre port\u00e9s par leurs partenaires f\u00e9minines. Mechanical Ecstasy n\u2019est donc pas simplement un spectacle loufoque et divertissant\u00a0: c\u2019est une \u0153uvre subversive, qui cherche \u00e0 interroger la nature humaine tout en offrant un spectacle visuellement tr\u00e8s agr\u00e9able.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anna Bellot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">On cherche toujours \u00e0 comprendre les spectacles \u00e0 coup d\u2019analyses tr\u00e8s pouss\u00e9es qui d\u00e9cortiquent chaque geste, chaque parole prononc\u00e9e. Pourtant, pour Mecanical Ecstasy, l\u2019essentiel de la performance est probablement contenu dans le titre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour vous remettre dans le contexte, il s\u2019agit du fruit de la collaboration entre Club Gay &amp; Slagwerk Den Haag un groupe de percussionnistes hollandais. Perdu dans la fosse, entour\u00e9 de trois sc\u00e8nes, on ne sait tout d\u2019abord pas o\u00f9 regarder, o\u00f9 se placer. Face aux musiciens\u00a0? O\u00f9 vers l\u2019une des estrades encore vides\u00a0? Finalement il n\u2019y aura pas \u00e0 choisir, car les danseurs de Mechanical Ecstasy sont partout \u00e0 la fois, occupant les sc\u00e8nes, la fosse, disparaissant pour mieux r\u00e9apparaitre. Il faut alors accepter de ne pas tout voir, se d\u00e9tendre et appr\u00e9cier le moment. C\u2019est l\u2019utilisation espace qui donne v\u00e9ritablement tout son sens \u00e0 la repr\u00e9sentation car ce que fait Mechanical Ecstasy c\u2019est monter le club sur sc\u00e8ne, glorifier les soir\u00e9es en tout genre. Alors qu\u2019ils auraient pu se contenter d\u2019une sc\u00e8ne, de quelques danseurs et d\u2019une bonne playlist, Club Gay &amp; Slagwerk Den Haag poussent leur id\u00e9e jusqu\u2019au bout pour un r\u00e9sultat jouissif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs d\u00e9bordent d\u2019\u00e9nergies, circulent de sc\u00e8nes en sc\u00e8nes sans jamais oublier de chauffer le public pour l\u2019inciter \u00e0 danser. On est r\u00e9ellement dans un spectacle participatif, les plus motiv\u00e9s avaient m\u00eames pu apprendre la chor\u00e9graphie de l\u2019after-party. Les danseurs incarnent plusieurs personnages, diff\u00e9rents tableaux se succ\u00e8dent. On ne comprend pas toujours tout mais on sent qu\u2019il s\u2019agit de sujets universels, que ce sont la libert\u00e9 de s\u2019amuser et l\u2019ind\u00e9pendance qui sont revendiqu\u00e9es. S\u2019il fallait ne citer qu\u2019un moment ce serait le match de catch, magnifiquement chor\u00e9graphi\u00e9 qui met en \u00e9chec l\u2019image de l\u2019homme puissant et viril. Pour accompagner les danseurs, un texte en anglais imm\u00e9diatement traduit sur les \u00e9crans presque slam\u00e9 par un personnage ind\u00e9fini, tout de noir v\u00eatu. L\u00e0 encore, il est question de libert\u00e9, d\u2019insoumission mais surtout de l\u00e2cher prise. Il faut apprendre \u00e0 profiter pleinement du moment pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si vous voulez tout oublier, vous amuser, admirer des danseurs d\u2019exception\u2026 en r\u00e9sum\u00e9 un bon coup de booste pour finir votre semaine, foncez. Un petit conseil cependant. Si comme moi vous d\u00e9passez difficilement le m\u00e8tre 60 pr\u00e9voyez des amis aux \u00e9paules solides o\u00f9 vous ne verrez que les pieds des danseurs ce qui, avouons-le, serait fort dommage.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">H\u00e9lo\u00efse Dung<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre corps s&rsquo;exprime, d\u00e9connect\u00e9 de la raison, il s&rsquo;exprime avec instinct et raison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre instinct est mis en avant, la musique nous entraine, sa valeur\u00a0: le l\u00e2cher prise. Les m\u00e9lodies sont multiples.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concept est \u00ab\u00a0border line\u00a0\u00bb et cela se voit par les multiples horizons qu\u2019incarne leur performance. Un pied dans toutes les disciplines\u00a0: les genres se m\u00e9langes, le transgenre s\u2019affirme, toutes les nationalit\u00e9s sont repr\u00e9sent\u00e9es ainsi que la folie, la provocation sexuelle, sensorielle, comique de l\u2019absurde et des perruques de Marie Antoinette parmi d\u2019autres surprises loufoques. Un d\u00e9calage avec tout ce qu\u2019on connait de d\u00e9j\u00e0 norm\u00e9 permet de donner un nouveau souffle et laisse place \u00e0 une tr\u00e8s grande libert\u00e9, une forte cr\u00e9ativit\u00e9 et une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui nous happe. Il y a les strasses des soirs de f\u00eate. Il y a des jeux de lumi\u00e8res, des chor\u00e9graphies \u00e0 droite, \u00e0 gauche puis on glisse vers une lumi\u00e8re stroboscopique et \u00ab\u00a0on est la machine\u00a0\u00bb, on est un, on est tous et on danse avec les danseurs, entrain\u00e9 par la musique \u00e9lectronique aux allures de tributs \u2013 peut-\u00eatre oc\u00e9anique (un membre des musiciens, par moment, souffle dans un coquillage). Nous sommes aussi entrain\u00e9s par la voix de Mirjam Stolwijk qui nous livre une performance incroyable en nous parlant sans rel\u00e2che comme un rh\u00e9toricien, imposant l\u2019esprit du groupe, et nous donnant les cl\u00e9s du l\u00e2ch\u00e9 prise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La danse est impressionnante par la force qu&rsquo;elle d\u00e9gage et les jeux de port\u00e9e par \u00e9quipe de trois danseurs sont recherch\u00e9s et originaux. La sensation que l\u2019on a affaire \u00e0 quelque chose d\u2019enti\u00e8rement organique par la fluidit\u00e9 des mouvements (ondulations des corps \u00e9lectris\u00e9s) ils se crispent puis ondulent. Il y a des cris, des encouragements, du d\u00e9sir de l\u2019envie d\u2019appartenir d\u2019\u00eatre tous ensemble et on danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot il y a deux salles de spectacle. Mais ce spectacle qui demande la participation de ses spectateurs se d\u00e9roule dans l\u2019immense hall qui \u00e0 lui seul fait office de salle de r\u00e9ception de gala avec sa baie vitr\u00e9e tout du long. Le long de cette baie vitr\u00e9e au milieu l\u2019excellent groupe de musicien Slagwerk Den Haag et de chaque c\u00f4t\u00e9 d\u2019eux deux sc\u00e8nes se regardent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs sont parmi la foule, d\u00e9guis\u00e9s, ils circulent en incarnant un personnage et ils interagissent avec le public. Le spectacle est une exp\u00e9rience unique que tout le monde devrait vivre une fois dans sa vie qui dure 1h puis c\u2019est la boite de nuit l\u2019heure suivante avant que cendrillon retourne \u00e0 sa vie m\u00e9canique de citoyenne urbaine.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Chlo\u00e9 Hoarau<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est vingt-deux heures, les invit\u00e9s du Club Guy and Roni se pressent dans le Grand Foyer du Th\u00e9\u00e2tre Chaillot. D&rsquo;\u00e9tranges cr\u00e9atures se m\u00ealent \u00e0 la foule. Une femme en robe de cuir noire distribue des bracelets fluorescents ; un homme avec un manteau l\u00e9opard s&rsquo;immisce dans les conversations des invit\u00e9s et un Noir sculptural fait briller le public en collant des strass sur les visages des nouveaux arrivants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Petit \u00e0 petit, la lumi\u00e8re se tamise et la musique s&rsquo;intensifie. Une voix f\u00e9minine, rauque, lancinante, se fait entendre. Elle d\u00e9clame une heure durant une sorte de po\u00e8me au long cours. Les mots percutent. Ils parlent d&rsquo;amour, d&rsquo;extase, de vie, de rapport aux autres, de la diff\u00e9rence entre l&rsquo;homme et la machine. C&rsquo;est l&rsquo;extase m\u00e9canique du corps, o\u00f9 chaque pens\u00e9e, chaque \u00e9motion, n&rsquo;est qu&rsquo;une combinaison particuli\u00e8re de mol\u00e9cules.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De chaque c\u00f4t\u00e9 de la piste, les performeurs du Club Guy and Roni entrent dans la danse. Leurs corps volent, se contorsionnent et entrent en transe dans une d\u00e9marche queer d&rsquo;explosion des normes et de la r\u00e9alit\u00e9 : le corps se lib\u00e8re par la danse des normes auquel il est astreint. Le d\u00e9hanchement m\u00e9canique des danseurs marque le lancement de la machine humaine. L&rsquo;\u00e9nergie qui se d\u00e9gage de ces mouvements hypnotiques se propage dans un public en effervescence. M\u00eame les plus sceptiques au d\u00e9but du spectacle ne peuvent r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;appel des vibrations de la techno\u00a0et hochent la t\u00eate fr\u00e9n\u00e9tiquement. Les stroboscopes du Grand Foyer de Chaillot ont dilat\u00e9 le temps et empli chacun d&rsquo;une \u00e9nergie nouvelle. La limite entre le public et les danseurs s&rsquo;efface peu \u00e0 peu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle touche \u00e0 sa fin ; les danseurs quittent peu \u00e0 peu la sc\u00e8ne. Pourtant il est impossible de couper le public en transe ; le spectacle se poursuit jusqu&rsquo;\u00e0 minuit \u00e0 travers lui. Les danseurs ont r\u00e9ussi leur pari : lib\u00e9rer un public de tout \u00e2ge qui se l\u00e2che une heure durant au son survitamin\u00e9 des basses.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Valentine Lanoix<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mechanical Ecstasy est un spectacle de danse contemporaine cr\u00e9\u00e9 par une compagnie n\u00e9erlandaise. Il s\u2019agit du Club Guy &amp; Ron fond\u00e9, en 2002, par Roni Haver et Guy Weizman. Avec plus d\u2019une vingtaine de cr\u00e9ations \u00e0 son actif, elle s\u2019est impos\u00e9e sur la sc\u00e8ne internationale et particuli\u00e8rement en Europe. Leurs r\u00e9alisations sont caract\u00e9ris\u00e9es par un style r\u00e9solument contemporain ainsi que l\u2019alliance de la danse, de la musique, du cin\u00e9ma, du th\u00e9\u00e2tre et des arts visuels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leur cr\u00e9ation, Mechanical Ecstasy, pr\u00e9sent\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre National de la Danse, Th\u00e9\u00e2tre Chaillot, date de 2005. Psych\u00e9d\u00e9lique, haute en couleur, entra\u00eenante\u2026 la premi\u00e8re partie (1h) est orchestr\u00e9e avec brio m\u00eame s\u2019il est parfois difficile de suivre le fil de l\u2019histoire et du texte. Le spectacle est sur-titr\u00e9 en fran\u00e7ais. La seconde partie, o\u00f9 le public est invit\u00e9 \u00e0 monter sur sc\u00e8ne, l\u2019est tout autant. La sc\u00e8ne du Th\u00e9\u00e2tre Chaillot se transforme en un v\u00e9ritable night-club avec de la musique \u00e9lectronique. Je l\u2019avoue, j\u2019imaginais mal ce mouvement de foule vers la sc\u00e8ne, mais il est plut\u00f4t bien amen\u00e9 par la troupe. Ind\u00e9niablement, la compagnie sait \u00e9lectriser les foules. Peut-\u00eatre que le public n\u2019est aussi pas tout \u00e0 fait le m\u00eame et rompt plus facilement avec les codes sociaux. Les horaires du spectacle ne sont d\u2019ailleurs pas habituels (22h \u2013 24h).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La compagnie joue de toute mani\u00e8re avec les codes et rien n\u2019est \u00ab\u00a0standard\u00a0\u00bb. Cette explosion de couleurs, ces danses endiabl\u00e9es, la cacophonie apparente et le kitsch omnipr\u00e9sent sont autant de clich\u00e9s qui m\u2019ont attir\u00e9s. Or, la troupe a su les surpasser. Mechanical Ecstasy d\u00e9passe les codes du cabaret burlesque. On ressent toute la force, l\u2019\u00e9nergie et le travail qui se cache derri\u00e8re la repr\u00e9sentation. Les num\u00e9ros plus acrobatiques sont particuli\u00e8rement impressionnants. Les \u00ab\u00a0d\u00e9tails\u00a0\u00bb sont foisonnants, pens\u00e9s et travaill\u00e9s. Tout le travail sur l\u2019\u00e9clairage qui joue avec ces d\u00e9tails m\u2019a particuli\u00e8rement impressionn\u00e9. Leur esth\u00e9tique qui n\u2019a rien de minimaliste pourrait \u00eatre vue comme \u00e0 contre-courant. Mechanical Ecstasy est \u00e0 mon sens repr\u00e9sentatif du style qu\u2019ils d\u00e9veloppent pour l\u2019ensemble de leurs cr\u00e9ations. Son originalit\u00e9 et sa richesse se trouvent dans l\u2019interaction avec le public notamment, \u00e9videmment, la seconde partie. Ils nous emportent dans leur univers et nous font d\u00e9passer nos peurs, appr\u00e9hension. Le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 s\u2019oublier soi-m\u00eame dans une totale libert\u00e9. Le spectacle, reprenant les codes du clubbing, des rave party, devient alors une ode au mouvement. Le Club Guy &amp; Ron casse les codes et brise les barri\u00e8res, spectateurs-acteurs, dans ce spectacle totalement d\u00e9jant\u00e9 et ma\u00eetris\u00e9 jusqu\u2019au bout des ongles\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Astrid Lours-Riou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette soir\u00e9e psych\u00e9d\u00e9lique et envoutante, m\u00e9langeait danse, musique \u00e9lectronique et paroles d\u00e9clam\u00e9es en anglais dans une ambiance \u00e9lectrique de partage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s mon entr\u00e9e dans le th\u00e9\u00e2tre, je fus impressionn\u00e9e par ces grands espaces en pierre et ces escaliers interminables. L\u2019architecture du lieu \u00e9tait dans un style classique et luxueux commun aux grands b\u00e2timents parisiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand j\u2019arrivai dans le lieu destin\u00e9 \u00e0 la repr\u00e9sentation, guid\u00e9e par le beat entrainant de la musique, je fus surprise du m\u00e9lange entre le classicisme du th\u00e9\u00e2tre et la modernit\u00e9 de l\u2019am\u00e9nagement de l\u2019espace ainsi que du contenu de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Trois sc\u00e8nes diff\u00e9rentes entouraient une piste de danse. Ce dancefloor offrait une magnifique vue sur la Tour Eiffel et ses illuminations toutes les heures.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux sc\u00e8nes \u00e9taient dispos\u00e9es de chaque c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9s de la piste et se faisaient face. Sur ces sc\u00e8nes, des danseurs \u00e9voluaient en chor\u00e9graphies et acrobaties de groupes sur une musique \u00e9lectronique jou\u00e9e par un groupe situ\u00e9 sur la sc\u00e8ne au centre de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les apparitions des danseurs sur chaque sc\u00e8ne \u00e9taient surprenantes. Les artistes portaient des costumes tous originaux et les changeaient \u00e0 chaque apparition, la nudit\u00e9 des torses se m\u00ealait aux combinaisons \u00e0 paillettes et aux coiffes de plumes. Ils pouvaient danser uniquement sur l\u2019une des sc\u00e8nes puis la lumi\u00e8re se rallumait sur l\u2019autre ou alors sur les deux en m\u00eame temps, ci bien que je ne savait plus o\u00f9 donner de la t\u00eate et que chaque spectateur \u00e9tait libre, dans cet espace en mouvement, de regarder dans la direction qu\u2019il voulait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019ailleurs non seulement les perceptions des spectateurs \u00e9taient d\u00e9cupl\u00e9es, mais notre r\u00f4le m\u00eame d\u2019observateur fut remis en question. Les danseurs descendaient sur la piste ou plut\u00f4t cette sorte de fosse pour venir nous inviter \u00e0 danser ou tout simplement \u00e9voluaient entre nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous faisions comme partie du spectacle et petit \u00e0 petit, les corps se l\u00e2chaient, les mouvements de ces inconnus autour de moi s\u2019accordaient aux miens sur le rythme de la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une femme intervenait r\u00e9guli\u00e8rement sur la sc\u00e8ne pour prononcer des paroles en anglais (sur-titr\u00e9es en fran\u00e7ais au-dessus des sc\u00e8nes) avec une voix suaves et convaincue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette oratrice nous invitait \u00e0 l\u2019expression, \u00e0 la danse, \u00e0 la lib\u00e9ration, questionnait l\u2019identit\u00e9 et tout son texte prenait sens parmi cette foule \u00e0 la fois robotis\u00e9e, m\u00e9canique et pourtant unie, affranchie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La repr\u00e9sentation ce termina sur une sorte de concert du groupe ayant produit la musique, sur un ton toujours \u00e9lectronique. Le mouvement des corps, le son des cris de joie et les pulsations de la musique formaient une harmonie finale coh\u00e9rente avec l\u2019atmosph\u00e8re transmise pr\u00e9c\u00e9demment dans la soir\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je sortis de cet \u00e9v\u00e9nement euphorique, remplie d\u2019espoir et en m\u00eame temps de doute sur l\u2019humanit\u00e9 et notre relation avec les autres, mais avec une certitude\u00a0: j\u2019avais v\u00e9cu une exp\u00e9rience unique.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9a M\u00e9main<\/h6>\n<pre>Photo : Club Guy &amp; Roni<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse \/ Th\u00e9\u00e2tre \/ Musique | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus J&rsquo;ai eu la chance r\u00e9cemment de me rendre au th\u00e9\u00e2tre de Chaillot pour un spectacle de danse contemporaine. En tout cas, c&rsquo;est l&rsquo;information que j\u2019avais. Le matin de la repr\u00e9sentation je [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8202,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,4,7],"tags":[],"class_list":["post-8368","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-theatre","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8368","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8368"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8368\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8368"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8368"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8368"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}