{"id":896,"date":"2016-11-26T20:00:53","date_gmt":"2016-11-26T19:00:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=896"},"modified":"2016-11-26T20:00:53","modified_gmt":"2016-11-26T19:00:53","slug":"bal-a-page","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=896","title":{"rendered":"Le bal \u00e0 la page"},"content":{"rendered":"<p>Lecture | Festival Livres en T\u00eate 2016 | Maison des pratiques artistiques amateurs | <a href=\"http:\/\/festivallivresentete.com\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le rendez-vous \u00e9tait \u00e0 la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (MPPA) de l&rsquo;Auditorium de Saint Germain, ce samedi 26 novembre. En effet, le festival du Livres en T\u00eate, pour sa huiti\u00e8me \u00e9dition, proposait au public trois soir\u00e9es aux th\u00e8mes riches en surprise\u00a0! Soutenu par les Livreurs Lecteurs Sonores, la Sorbonne Paris IV et son atelier lecture \u00e0 haute voix, le festival se d\u00e9roulait du jeudi 24 novembre au dimanche 27. La programmation fut tr\u00e8s ambitieuse et r\u00e9ussie\u00a0: apr\u00e8s nous avoir lu de la science avec les \u00ab\u00a0Savants Fous\u00a0\u00bb, puis du cin\u00e9ma \u00ab\u00a0On a lu le film\u00a0\u00bb, la derni\u00e8re soir\u00e9e- sujet de cette chronique- fut \u00ab\u00a0muy caliente\u00a0\u00bb avec de l&rsquo;\u00e9rotisme au \u00ab\u00a0Bal \u00e0 la Page\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le concept \u00e9tait pour le moins original. Il reposait sur un d\u00e9fit\u00a0: d\u00e9poussi\u00e9rer la lecture \u00e0 voix haute. Et leur trouvaille fut une petite p\u00e9pite\u00a0: allier lecture et danse\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps d&rsquo;une soir\u00e9e, vous pouviez d\u00e9couvrir d&rsquo;excellents nouveaux romans en plus de vous \u00e9chauffez les gambettes et manier le tango comme des pro ou presque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Libres de laisser vos affaires sur votre si\u00e8ge dans le th\u00e9\u00e2tre, plusieurs choix s&rsquo;offraient alors \u00e0 vous. Vous \u00e9tiez conviez par le chaleureux et tout autant talentueux orchestre MAM Musique du Mam Trio &#8211; Viviane Arnoux \u00e0 l\u2019accord\u00e9on, Fran\u00e7ois Michaud au violon et Norbert Lucarain beatmaker et clavi\u00e9riste\u00a0&#8211; \u00e0 monter sur sc\u00e8ne pour des cours de danse endiabl\u00e9s avec Virginie Serrano. Commencer par de la samba, cumbia y salsa vous d\u00e9sinhibent en moins de deux et laissent place \u00e0 des pas de danses quelque fois maladroits mais toujours dans la bonne humeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, si vous aviez un p&rsquo;tit creux, le traiteur Mojita &amp; Bob s&rsquo;occupait de vous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien entendu, les auteurs \u00e9taient de l&rsquo;aventure pr\u00eats \u00e0 d\u00e9dicacer leurs ouvrages et \u00e9changer quelques mots. La s\u00e9lection \u00e9tait vari\u00e9e mettant en avant de nouveaux auteurs comme notamment Elitza Gueorguieva, originaire de la Bulgarie, avec son premier roman traduit en fran\u00e7ais <em>Les cosmonautes ne font que passer<\/em> aux \u00e9ditions Gallimard, 2016, racontant l&rsquo;histoire de son pays sovi\u00e9tique puis post-sovi\u00e9tique par les yeux d&rsquo;une enfant. Ou d&rsquo;autres plus connus dans le m\u00e9tier comme l&rsquo;\u00e9m\u00e9rite Herv\u00e9 Le Tellier avec son dernier livre <em>Moi et Fran\u00e7ois Mitterrand<\/em> aux \u00e9ditions JC Latt\u00e8s, 2016, qui a obtenu le grand prix de l&rsquo;humour noir la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, vous \u00e9tiez inviter \u00e0 un voyage livresque confortablement assis dans votre si\u00e8ge. Les lecteurs, faisant partis de l&rsquo;atelier Lecture \u00e0 haute voix de Paris IV, arrivaient en musique sur sc\u00e8ne, arm\u00e9s de leur tablette, ils entamaient leur lecture. Au menu, le prix de la Nouvelle de l&rsquo;Acad\u00e9mie Fran\u00e7aise 2014, <em>Romanesque<\/em> de Tonino Benacquista aux \u00e9ditions Gallimard, 2016\u00a0; Denis Michelis et son deuxi\u00e8me roman <em>Le bon fils<\/em> aux \u00e9ditions Notabilia, 2016\u00a0; Fr\u00e9d\u00e9rique Richaud <em>Le coiffeur de Marie-Antoinette et autres oubli\u00e9s de l&rsquo;Histoire<\/em> aux \u00e9ditions Cherche Midi, 2016 et enfin Olivier Pourriol <em>Une fille et un flingue <\/em>aux \u00e9dition Stocks, 2016.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;association musique et lecture fut plus qu&rsquo;un succ\u00e8s quand la musique devenait mim\u00e9tique de l&rsquo;action\u00a0: un lecteur arrivant en retard, un violon imitant un rire incontr\u00f4l\u00e9&#8230; Le travail d&rsquo;acteur des lecteurs fut formidable, on se souvient de cette lectrice qui su manier deux \u00e0 trois tons diff\u00e9rents de lecture puis revenir \u00e0 son timbre naturel pour nous pr\u00e9senter l&rsquo;extrait lu. Les rires dans l&rsquo;assembl\u00e9e r\u00e9pondirent pr\u00e9sent, baignant cette soir\u00e9e dans une euphorie communicative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un deuxi\u00e8me bal fut offert au public, proposant dans un rythme effr\u00e9n\u00e9 le fameux french-cancan,\u00a0 du swing,\u00a0 de la pop, du tango argentin et sans oublier le rock&rsquo;n&rsquo;roll.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une bande copains d\u00e9jant\u00e9s mettant le feu au dance floor,\u00a0 un couple amoureux dansant comme s&rsquo;ils \u00e9taient seuls sur sc\u00e8ne, pari gagner, chapeau bas au Bal \u00e0 la Page pour cette \u00e9vasion humaine et romanesque\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Amandine Cheval<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u201cSi vous aimez lire et danser, ces soir\u00e9es sont de vrais spectacles vivants destin\u00e9s aux amoureux de la lecture\u201d. Ainsi a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e, dans le programme du festival \u201clivres en t\u00eate\u201d, la soir\u00e9e \u201cBal \u00e0 la page\u201d qui a eu lieu la semaine derni\u00e8re \u00e0 l&rsquo;auditorium Saint-Germain. Ce festival de lecture \u00e0 haute voix, le premier en France \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer cette pratique artistique, est co-organis\u00e9 par Les Livreurs, groupe de professionnels de la lecture \u00e0 voix haute, et le Service Culturel de l&rsquo;Universit\u00e9 Paris-Sorbonne depuis 2009. Ses manifestations ayant eu lieu \u00e0 des endroits d&rsquo;un grand prestige culturel tels que l&rsquo;auditorium Saint-Germain, la Maison de la Radio et la Sorbonne, cette huiti\u00e8me \u00e9dition a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e du 21 \u00e0 27 novembre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme le marque le titre de la soir\u00e9e, \u00ab\u00a0bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb, l&rsquo;id\u00e9e principale de cet \u00e9v\u00e9nement \u00e9tait la combinaison de la lecture et de la danse en une soir\u00e9e, ce qui a \u00e9t\u00e9 mis en place de fa\u00e7on agr\u00e9able gr\u00e2ce \u00e0 une division du temps tr\u00e8s \u00e9quilibr\u00e9e,\u00a0\u00a0 consistant \u00e0 une alternance entre les lectures et les pauses-danse-musique tout au long de la soir\u00e9e. Si le \u201cbal \u00e0 la page\u201d a vraiment satisfait les amateurs de la litt\u00e9rature aussi bien que ceux de la danse, ou, pour mieux dire, l&rsquo;envie des participants d&rsquo;\u00e9couter des lectures litt\u00e9raires ainsi que de danser, c&rsquo;est parce que tous les quatre \u00e9l\u00e9ments de la soir\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire les textes lus, la lecture, la musique et la danse ont \u00e9t\u00e9 mise en place par des personnes non seulement professionnelles et talentueuses mais surtout ayant envie de partager et m\u00e9langer leur travail dans cette bonne ambiance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout d&rsquo;abord, du c\u00f4t\u00e9 des textes, six romains\u00a0 de six \u00e9crivains diff\u00e9rents, tous publi\u00e9s en 2016, ont \u00e9t\u00e9 choisis pour cette soir\u00e9e. La \u201cfraicheur\u201d de ces \u0153uvres tr\u00e8s r\u00e9cemment apparues, la vari\u00e9t\u00e9 du style, du langage et du profil des auteurs ainsi que leur pr\u00e9sence dans la salle ont\u00a0 stimul\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des spectateurs, qui \u00e9taient nombreux \u00e0 acheter quelques-uns des livres pr\u00e9sent\u00e9s, en vente \u00e0 a sortie du th\u00e9\u00e2tre et avec la signature de l&rsquo;auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais s\u2019il existe quelque chose de meilleur qu\u2019un bon texte litt\u00e9raire, c\u2019est un bon texte litt\u00e9raire interpr\u00e9t\u00e9 \u00e0 voix haute par un lecteur talentueux\u00a0! Gr\u00e2ce aux Livreurs, dont la passion pour la lecture \u00e9tait transmise par leur voix et leurs expressions en lisant, notre attention est rest\u00e9 captur\u00e9e par leur pr\u00e9sence et leurs lectures vives \u00e0 partir de la premi\u00e8re majuscule jusqu\u2019\u00e0 le dernier point final des textes lus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En outre, l&rsquo;initiation \u00e0 la danse anim\u00e9e par une professeur de danse au commencement de la soir\u00e9e non seulement a donn\u00e9 envie de continuer \u00e0 danser \u00e0 chaque pause, mais a aussi cr\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle une ambiance tr\u00e8s chaleureuse entre les participants. Quant aux \u00ab\u00a0MAM musique\u00a0\u00bb, les trois musiciens qui, restant sur la sc\u00e8ne pendant tout l\u2019\u00e9v\u00e9nement, ont accompagn\u00e9 les pauses-danse ainsi que tous les entr\u00e9es des lecteurs, il s\u2019agissait d\u2019une pr\u00e9sence et d\u2019une musique toute alternative, vivante et donnant envie de se trouver sur sc\u00e8ne pour danser toute suite\u00a0! La seule chose que l\u2019on pourrait regretter, c\u2019est le fait que la soir\u00e9e se soit termin\u00e9e par des lectures et non pas avec de la musique, ce qui nous a fait partir ayant toujours envie de bouger un peu plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin, tout en renversant le clich\u00e9 que la litt\u00e9rature est r\u00e9serv\u00e9 aux fauteuils solitaires, le \u00ab\u00a0bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 l\u2019art de la lecture au sein de la famille des arts d\u2019une fa\u00e7on bien simple et directe, qui n\u2019a fait qu\u2019augmenter son originalit\u00e9 et sa r\u00e9ussite.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Maria Constantinou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Qu&rsquo;ont en commun danse et lecture? Telle est la question que l&rsquo;on peut se poser quand on est invit\u00e9 \u00e0 un \u00e9v\u00e8nement comme le \u00ab\u00a0bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb, \u00e0 la Maison des pratiques artistiques amateurs de Saint-Germain-des-Pr\u00e9s. \u00ab\u00a0Un bal entrecoup\u00e9 de lectures\u00a0\u00bb lit-on sur le programme; voil\u00e0 de quoi laisser songeur. Ce rapprochement a-t-il vraiment un sens ou n&rsquo;est-il que fortuit, aussi hasardeux que cette rencontre g\u00e9ographique qui rapproche \u00ab\u00a0R\u00e9aumur\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0S\u00e9bastopol\u00a0\u00bb pour cr\u00e9er une station de m\u00e9tro? Repla\u00e7ons-nous dans le contexte. Car cette question, personne ne l&rsquo;aurait pos\u00e9e il y a quelques si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lecture appara\u00eet aujourd&rsquo;hui comme une activit\u00e9 solitaire, individuelle, intime. Une sorte de repli int\u00e9rieur, dans l&rsquo;immobilit\u00e9. La danse, notamment au sein d&rsquo;un bal, est fondamentalement sociale: on danse \u00e0 deux, \u00e0 trois, \u00e0 dix; en couple, en cercle, en Rueda. On est tourn\u00e9 vers l&rsquo;ext\u00e9rieur. Notre corps bouge au rythme de la musique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rien \u00e0 voir alors avec la lecture? Mais celle-ci n&rsquo;a pas toujours \u00e9t\u00e9 cette activit\u00e9 solitaire et individuelle que nous avons d\u00e9crite. Elle \u00e9tait partage dans les cercles de lecture, dans les salons litt\u00e9raires. La lecture \u00e0 haute voix et en groupe pr\u00e9c\u00e8de la lecture individuelle, on a tendance \u00e0 l&rsquo;oublier. Et c&rsquo;est cette pratique que les \u00ab\u00a0livreurs\u00a0\u00bb, les lecteurs \u00e0 haute voix, remettent au go\u00fbt du jour lors de ce bal \u00e0 la page.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s un cours de danse, o\u00f9 nous avons appris des rudiments de salsa et de chacha, nous voil\u00e0 envo\u00fbt\u00e9s par la voix du livreur, comme les indig\u00e8nes suspendus aux l\u00e8vres du conteur, qui de prisonnier est devenu ge\u00f4lier dans le texte <em>Romanesque<\/em> de Tonino Benacquista. On redevient enfant le temps d&rsquo;une lecture, on crache sur les gens qui font la queue pour acheter un pain et une brique de lait, l\u00e0, en bas de chez nous, quitte \u00e0 nous faire disputer par maman; on se d\u00e9guise en cosmonaute, gr\u00e2ce \u00e0 Elitza Gueorguieva. On rit et tout le public avec nous des lettres \u00e0 Fran\u00e7ois Mitterrand d&rsquo;Herv\u00e9 Le Tellier. A cet instant, je fais partie de ce public d&rsquo;auditeurs qui frissonne et fr\u00e9mit au son de la lecture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis de nouveau une danse, rock, french cancan, les rythmes s&rsquo;encha\u00eenent. Vous aviez toujours secr\u00e8tement esp\u00e9r\u00e9 vous dandiner sur Funky town jou\u00e9 par un accord\u00e9on, un clavier et un violon? Voil\u00e0 votre r\u00eave exauc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Danse et lecture s&rsquo;entrelacent: \u00e0 \u00e9galit\u00e9, ce sont deux pratiques corporelles. On retrouve le corporel des mots, comme ce d\u00e9but de <em>Lolita<\/em> de Nabokov: \u00ab\u00a0Lo-li-ta: le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, \u00e0 trois, cogner contre les dents. Lo.Li.Ta\u00a0\u00bb. La lecture s&rsquo;incarne dans une voix et danse et lecture nous confrontent \u00e0 des rythmes diff\u00e9rents. Ce n&rsquo;est plus le rythme de notre voix int\u00e9rieure, la cadence de notre marche. Le rythme de cette autre voix, de cet autre pas, rencontre notre rythme personnel. On sort de notre zone de confort pour vivre une exp\u00e9rience corporelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lien entre danse et lecture prend tout son sens dans cette musique qui englobe les deux activit\u00e9s; les chansons du trio MAM Musique \u00ab\u00a0Human swing box\u00a0\u00bb ponctuent chaque lecture et se font ainsi fil rouge de toute la soir\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais je craindrais en m&rsquo;en tenant l\u00e0 de laisser de c\u00f4t\u00e9 la dimension la plus importante de cette soir\u00e9e, celle qui rassemble ce public du bal \u00e0 la page: le plaisir d&rsquo;entendre, d&rsquo;imaginer, de danser, de rire. Bref de vivre la lecture par la danse et la danse par la lecture gr\u00e2ce \u00e0 la musique. Et sans consid\u00e9rations historiques ou philosophiques s&rsquo;il vous pla\u00eet ! Donc si l&rsquo;on me demande ce que j&rsquo;ai pens\u00e9 du \u00ab\u00a0bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb, ce qu&rsquo;il faut retenir, c&rsquo;est \u00e7a: je suis venue, j&rsquo;ai dans\u00e9 et j&rsquo;ai bien rigol\u00e9.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marl\u00e8ne Lafont<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019occasion du 8<sup>e<\/sup> Festival de Lecture \u00e0 Haute voix du 21 au 26 novembre, \u00e9tait r\u00e9alis\u00e9e la soir\u00e9e intitul\u00e9e le \u00ab\u00a0Bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb o\u00f9 se m\u00ealent les arts de la danse et de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une soir\u00e9e pas tr\u00e8s comparable \u00e0 tout ce que l\u2019on s\u2019attend puisque c\u2019est nous, spectateur, qui avons rythm\u00e9s le d\u00e9but de l\u2019\u00e9v\u00e8nement. Tandis que les plus timides restent assis confortablement dans leur si\u00e8ge, les plus courageux des spectateurs rejoignent la professeure de danse Virginie Serrano sur sc\u00e8ne, qui a pour d\u00e9fit, en une heure, de nous apprendre quelques bases de danse. Accompagn\u00e9s par le groupe de musique MAM, nos pas commencent alors \u00e0 s\u2019associer au rire, et \u00e0 un sentiment de joie et de bien-\u00eatre. Seul ou accompagn\u00e9, chacun d\u2019entre nous r\u00e9p\u00e8tent les pas montr\u00e9s, sur des notes de rock, de salsa et autres danses latines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tranquillement les spectateurs sont invit\u00e9s \u00e0 rejoindre leur place dans une ambiance g\u00e9n\u00e9rale d\u00e9tendue, voire intime, comme si en une heure, chacun d\u2019entre nous avait appris \u00e0 se connaitre par le biais de la danse. C\u2019est alors en \u00e9changeant quelques derniers sourires avec nos partenaires de danse que d\u00e9bute ce pour quoi la soir\u00e9e fut cr\u00e9\u00e9e\u00a0: la lecture. C\u2019est \u00e0 tour de r\u00f4le, que des hommes et des femmes, jeunes et \u00e2g\u00e9s, rentrent seul sur sc\u00e8ne, respirent un coup, ouvrent une petite tablette num\u00e9rique, et alors, se lancent dans la lecture sous le regard attentif des \u00e9crivains, d\u2019un extrait du livre d\u2019un des auteurs pr\u00e9sents, consciencieusement lu et relu, r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 la perfection \u00e0 tel point que leur regard se d\u00e9tache quasiment du texte, pour n\u2019en faire ressortir seulement l\u2019interpr\u00e9tation des paroles sous leurs yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certaines interpr\u00e9tations sont impressionnantes\u00a0: sous le regard admiratif des spectateurs, le livreur se transforme en une autre personne, en un acteur, afin d\u2019interpr\u00e9ter tant\u00f4t un souverain, tant\u00f4t un adolescent de 16 ans, ou encore une petite fille. Les textes pr\u00e9sent\u00e9s sont touchants chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, relevant \u00e0 la fois de la sensualit\u00e9, du comique, ou d\u2019un registre plus triste. Chaque lecture est entrecoup\u00e9e de notes de musique au style si particulier et d\u00e9lirant du groupe MAM. Tandis que le projecteur se focalise sur la personne au centre de la sc\u00e8ne, chaque passage de lecture suscite le rire, le sourire, un regard d\u2019effroi, ou un silence imposant. L\u2019ambiance se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre particuli\u00e8rement plaisante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le comble est ressenti \u00e0 la pause o\u00f9 certains se retrouvent sur sc\u00e8ne pour danser la Macarena, ou bien au bar pour \u00e9changer leur point de vue autour d\u2019un verre de vin. Ceux \u00e9tant s\u00e9duit, se dirigent directement apr\u00e8s des caisses pour acheter le livre, dont la seule lecture d\u2019un extrait a suscit\u00e9 leur curiosit\u00e9. L\u2019achat \u00e9tait qui plus est r\u00e9compens\u00e9 par la d\u00e9dicace de l\u2019auteur, avec qui on pouvait avoir le privil\u00e8ge d\u2019\u00e9changer quelques mots. La soir\u00e9e se rythma ainsi autour de trois entractes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui ressort de la soir\u00e9e est l\u2019enthousiasme g\u00e9n\u00e9ral\u00a0: la fa\u00e7on dont les mots se sont m\u00eal\u00e9s \u00e0 la danse triomphe et suscite la satisfaction de chacun d\u2019entre nous. En regagnant sa voiture ou le m\u00e9tro l\u2019id\u00e9e partag\u00e9e est unanime\u00a0: \u00e0 l\u2019ann\u00e9e prochaine pour la nouvelle \u00e9dition du Festival\u00a0!<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Orlane Lefeuvre<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le cadre du huiti\u00e8me festival de lecture \u00e0 voix haute \u00ab\u00a0Livres en T\u00eate\u00a0\u00bb organis\u00e9 par l\u2019association Les Livreurs (Directeur : Jean-Paul CARMINATI) a eu lieu le 26 novembre dernier un \u00ab\u00a0bal litt\u00e9raire\u00a0\u00bb \u00e0 la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs de Saint-Germain des Pr\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 nos billets, nous arrivons dans la salle de la MPAA, choisissons nos places et nous installons. Nous sommes accueillis en musique par le groupe MAM Musique \u00ab\u00a0Human Swing Box\u00a0\u00bb (une accord\u00e9oniste, un violoniste et un beat boxer-pianiste). Huit auteurs sont repr\u00e9sent\u00e9s ce soir-l\u00e0, et six sont pr\u00e9sents dans la salle, pour la lecture d\u2019extraits de leur derni\u00e8re \u0153uvre : Tonino BENACQUISTA pour <em>Romanesque<\/em>, Elitza GUEORGUIEVA pour <em>Les Cosmonautes ne font que passer<\/em>, Denis MICHELIS pour <em>Le Bon Fils<\/em>, Fr\u00e9d\u00e9ric RICHAUD pour <em>Le Coiffeur de Marie-Antoinette et autres oubli\u00e9s de l\u2019histoire<\/em>, Ollivier POURRIOL pour <em>Une fille et un flingue<\/em>, Jaime MONTESTRELA (traduite par Herv\u00e9 Letellier) pour <em>Contes liquides<\/em>, Herv\u00e9 LE TELLIER pour <em>Moi et Fran\u00e7ois Mitterrand<\/em> ainsi que le vainqueur du concours Short Edition J\u00e9r\u00f4me PITRIOL pour la nouvelle <em>Flexibilit\u00e9 administrative<\/em>. Six acteurs\/lecteurs se succ\u00e8dent sur sc\u00e8ne pour la lecture de ces textes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La soir\u00e9e se d\u00e9coupe en trois parties : Pendant une demi-heure, Virginie SERRANO, danseuse, enseigne au public (environ quatre-vingt personnes volontaires) quelques pas de danses (rock \u00e0 six temps, cha-cha-cha,\u2026), puis nous sommes invit\u00e9s \u00e0 rejoindre nos places, et laissons place \u00e0 la mise en voix de quatre extraits. Pendant un premier entracte, nous sommes invit\u00e9s \u00e0 danser de nouveau avec la professeure. Un stand \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur vend encas et boissons pour les petites faims, les livres lus sont vendus et les demandes de d\u00e9dicace, possibles. La soir\u00e9e reprend son cours et quatre autres extraits sont lus. Un second entracte interrompt la lecture et l\u00e0, un bal \u00ab\u00a0libre\u00a0\u00bb c\u2019est-\u00e0-dire sans professeur se lance. La derni\u00e8re partie enfin propose la lecture de cinq extraits dont un pour lequel tous les lecteurs sont sur sc\u00e8ne (Les <em>Contes Liquides<\/em>). La soir\u00e9e se cl\u00f4t en musique, sur un remerciement tr\u00e8s vif \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9quipe du festival.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les lectures se d\u00e9roulent comme suit : un projecteur \u00e9claire la sc\u00e8ne en diagonale depuis\u00a0 le fond de la sc\u00e8ne c\u00f4t\u00e9 Cour, le (a) lecteur (trice) s\u2019avance alors que les musiciens accompagnent son pas, il (elle) se place derri\u00e8re le micro \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, ouvre sa liseuse et propose une mise en voix tr\u00e8s th\u00e9\u00e2trale (et souvent dr\u00f4le) de l\u2019extrait. Ce format est tr\u00e8s agr\u00e9able car il permet une interaction entre musiciens et lecteurs. Les extraits sont suffisamment longs pour que l\u2019on ait la possibilit\u00e9 de se plonger dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pouvoir danser entre les lectures est agr\u00e9able. N\u00e9anmoins, ce soir-l\u00e0, bal et lectures s\u2019entrem\u00ealaient assez mal au niveau des th\u00e8mes et\/ou \u00e9poques abord\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Finalement, la soir\u00e9e dure plus de trois heures, pendant lesquelles nous ne nous sommes jamais ennuy\u00e9s. Les lectures d\u2019auteurs contemporains plus ou moins connus \u00e9taient captivantes tant par les textes que par les lect-acteurs et le bal, tr\u00e8s agr\u00e9able gr\u00e2ce au groupe et \u00e0 la sympathie du public. Deux reproches seulement : la salle de th\u00e9\u00e2tre bi-frontale, peu adapt\u00e9e au format \u00ab\u00a0bal\u00a0\u00bb, ainsi que l\u2019absence de remerciements envers les lecteurs (non cr\u00e9dit\u00e9s dans le programme).<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anne Pernas<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Maison des Pratiques Artistiques Amateurs Saint-Germain a ouvert ses portes \u00e0 un public des plus h\u00e9t\u00e9roclites le samedi 26 novembre pour un \u00e9v\u00e9nement des plus insolites\u00a0: un bal \u00e0 la page\u2026 Au rythme de diverses danses sont lues quelques chefs d\u2019\u0153uvre des plus r\u00e9cents\u00a0: <em>Romanesque<\/em> de Tonio Benacquista, <em>Les Cosmonautes ne font que passer<\/em> d\u2019Elitza Gueorguieve, <em>Le Bon Fils<\/em> de Denis Michelis, <em>Le coiffeur de Marie-Antoinette et autres oubli\u00e9s de l\u2019Histoire <\/em>de Fr\u00e9d\u00e9ric Richaud, <em>Une fille et un flingue<\/em> d\u2019Ollivier Pourriol, <em>Contes liquides<\/em> de Jaime Montestrela et <em>Flexibilit\u00e9 administrative<\/em> de J\u00e9r\u00f4me Pitriol. \u00a0Ce qui n\u2019\u00e9tait-il y a quelques ann\u00e9es qu\u2019une petite animation de cabaret litt\u00e9raire s\u2019est mue en un v\u00e9ritable festival o\u00f9 l\u2019on est tour \u00e0 tour invit\u00e9 \u00e0 \u00e9couter l\u2019autre comme lecteur puis comme cavalier. Les Livreurs offrent les bourgeons litt\u00e9raires r\u00e9cemment \u00e9clos\u00a0 au rythme du jeu de MAM Musique \u00ab\u00a0Human Swwing Box\u00a0\u00bb tandis que Virginie Serrano pousse tout un chacun \u00e0 envahir une sc\u00e8ne pour y faire ses premiers pas.\u00a0 Ev\u00e9nement-cl\u00e9 du festival \u00ab\u00a0Livres en t\u00eates\u00a0\u00bb, cette soir\u00e9e invite tout un chacun \u00e0 se mouvoir entre sc\u00e8ne et parterre, au gr\u00e9 de la musique stylistique ou orchestrale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La solennit\u00e9 des \u0153uvres clam\u00e9es alternent avec la f\u00eate inaugur\u00e9e aux entractes par les invitations \u00e0 la danse. Le rythme de ce spectacle est\u00a0 en effet des plus singuliers. Billet en main, le spectateur p\u00e9n\u00e8tre dans une grande salle de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019apparence classique. La sc\u00e8ne semble nue, except\u00e9 c\u00f4t\u00e9 cour o\u00f9 tr\u00f4nent trois musiciens qui discutent et s\u2019accordent. Surgit alors sur sc\u00e8ne une femme \u00e9nergique qui, du haut de ses talons, invite \u00e0 quitter sa place de simple spectateur pour la rejoindre et s\u2019initier \u00e0 l\u2019art de la danse. A la polka succ\u00e8de la salsa puis le rock ainsi que d\u2019autres danses \u00e0 deux. Apr\u00e8s cette initiation la sc\u00e8ne se retrouve vide de monde, se pourvoit d\u2019un micro et laisse succ\u00e9der dans un silence respectueux diverses lectures des \u0153uvres de talent les plus r\u00e9centes. Liseuse rouge en main, chaque livreur pr\u00eate sa voix \u00e0 une histoire captivante, emmenant tour \u00e0 tour le public dans un harem, au Nouveau Monde, \u00e0 la rentr\u00e9e des classes ou au temps de la Joconde. Trois s\u00e9quences se succ\u00e8dent ainsi, entrecoup\u00e9 de danses fr\u00e9n\u00e9tiques au rythme de l\u2019accord\u00e9on, du violon et du clavier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Faire de la d\u00e9couverte litt\u00e9raire une v\u00e9ritable rencontre festive, tel semble \u00eatre en effet le but recherch\u00e9 et atteint par les initiateurs de ce cabaret litt\u00e9raire. La prestation des lecteurs reste surprenante\u00a0; tous se m\u00e9tamorphosent au travers d\u2019une lecture qui, pendant quelques minutes, semble les embraser tout entier. Il s\u2019agit tout d\u2019abord du lecteur de Tonino Benacquista, qui nous emm\u00e8ne dans un Orient aussi proche que lointain o\u00f9 une nouvelle Sh\u00e9h\u00e9razade tente de sauver sa vie en contant au sultan le plus rustre qui soit la plus belle des histoires, celle de son amour. L\u2019\u0153uvre d\u2019Elitza Gueorguieva s\u2019incarne ensuite en une enchanteresse lectrice se m\u00e9tamorphosant en une enfant qui, d\u00e9guis\u00e9e en cosmonaute, s\u2019efforce de briser la monotonie de la file d\u2019attente de devant chez l\u2019\u00e9picier, qu\u2019elle aper\u00e7oit depuis son balcon. La salle se transforme \u00e0 nouveau avec l\u2019\u0153uvre de Denis Michelis, raillerie des ambitions scolaires et sociales de tout un chacun pour sa prog\u00e9niture.\u00a0 Enfin, le personnage de Sala\u00ef, apprenti de L\u00e9onard de Vinci, envahit la sc\u00e8ne au fil d\u2019une lecture captivante. La musique entra\u00eene ensuite vers un autre monde sonore avant que deux cycles semblables ne se poursuivent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce principe de \u00ab\u00a0Bal \u00e0 la page\u00a0\u00bb peut sembler quelque peu \u00e9trange au premier regard, lectures et prestations corporelles ne semblant pas se lier explicitement. N\u00e9anmoins, cette question ne tient gu\u00e8re face au v\u00e9ritable voyage qu\u2019il est possible d\u2019effectuer en un peu e trois heures. S\u2018il est certes possible de lire et de danser sans l\u2019aide de quiconque, cet \u00e9v\u00e9nement est avant tout une invitation au partage des exp\u00e9riences\u00a0: si notre lecture nous transporte, pourquoi ne pas en faire profiter autrui \u00e0 l\u2019occasion d\u2019une f\u00eate des plus instructives\u00a0?<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Th\u00e9r\u00e8se Rey<\/h6>\n<pre>Photo : Les Livreurs<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Lecture | Festival Livres en T\u00eate 2016 | Maison des pratiques artistiques amateurs | En savoir plus Le rendez-vous \u00e9tait \u00e0 la Maison des Pratiques Artistiques Amateurs (MPPA) de l&rsquo;Auditorium de Saint Germain, ce samedi 26 novembre. 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