{"id":926,"date":"2016-12-09T20:00:26","date_gmt":"2016-12-09T19:00:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=926"},"modified":"2016-12-09T20:00:26","modified_gmt":"2016-12-09T19:00:26","slug":"prefere-etre-meteore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=926","title":{"rendered":"Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre un m\u00e9t\u00e9ore"},"content":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de Belleville | <a href=\"http:\/\/www.theatredebelleville.com\/prochainement\/item\/336-je-prefere-etre-un-meteore\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre un m\u00e9t\u00e9ore, Conf\u00e9rence totale de Sophie de F\u00fcrst\u00a0\u00bb est jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de Belleville par Sophie de F\u00fcrst, sur un texte de Romain Cottard et Paul Jeanson, se pr\u00e9sente sous la forme d\u2019une conf\u00e9rence, qui doit se conclure sur la r\u00e9ponse \u00e0 \u00ab\u00a0la grande question, celle que tout le monde se pose\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s quelques minutes de conf\u00e9rence, une sonnerie de t\u00e9l\u00e9phone retenti et cet \u00e9l\u00e9ment perturbateur va progressivement prendre le pas sur la pr\u00e9sentation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne reste simple, une table, sur laquelle quelques papiers, un verre d\u2019eau, un projecteur. Power point et paperboard \u00e0 l\u2019appui, la com\u00e9dienne commence une conf\u00e9rence tout \u00e0 fait classique et formelle, pr\u00e9vue en trois temps. Elle entame avec \u00e9nergie sa premi\u00e8re partie sur le \u201cmoi\u201d. Vive et moqueuse, parfois jusqu\u2019\u00e0 l\u2019insolence, elle lance au public quelques pistes de r\u00e9flexion, sur l\u2019\u00eatre et le para\u00eetre, le rapport soi,\u2026 Jonglant entre pens\u00e9es philosophiques profondes et exemples quotidiens simplificateurs, elle joue avec brio son r\u00f4le de conf\u00e9renci\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9ment perturbateur. Une sonnerie de t\u00e9l\u00e9phone, le sien, interrompt la conf\u00e9rence, cr\u00e9dible jusque lors. Quelque peu d\u00e9stabilis\u00e9e, elle se poursuit sa pr\u00e9sentation, la seconde partie portant sur le \u201cmoi\u201d face aux \u201cautres\u201d. Pour \u00e9tudier cela, elle demande \u00e0 un spectateur de monter sur sc\u00e8ne, cr\u00e9ant un instant intimiste entre eux deux. Les jeux de lumi\u00e8res et de sons appuient cette impression d\u2019instant intime, r\u00e9ussissant \u00e0 faire dispara\u00eetre le public qui jusqu\u2019\u00e0 lors jouait pleinement son r\u00f4le d\u2019auditoire dans la pi\u00e8ce. Gr\u00e2ce \u00e0 leur discussion, le public commence \u00e0 comprendre ce qui la perturbe\u00a0: le retour de son p\u00e8re \u00e0 Paris, qu\u2019elle n\u2019a pas vu depuis plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette pr\u00e9sence la trouble trop pour qu\u2019elle puisse poursuivre son expos\u00e9, au point qu\u2019elle s\u2019interrompt pour de bon avant sa troisi\u00e8me partie, sens\u00e9ment apoth\u00e9ose de son expos\u00e9. Final haut en couleur, la com\u00e9dienne se rebelle, explose, d\u00e9clare n\u2019avoir jamais voulu de cette conf\u00e9rence. Tout en pr\u00e9parant son sac, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 abandonner son public avant de lui avoir livr\u00e9 la conclusion de sa pr\u00e9sentation, elle se livre de mani\u00e8re tr\u00e8s personnelle. La s\u00e9quence, plus \u00e9motionnelle et personnelle que le reste de la pi\u00e8ce, lui permet aussi de s\u2019exprimer sur l\u2019omnipr\u00e9sence des parents, la formation du moi,\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pi\u00e8ce est port\u00e9e par une com\u00e9dienne d\u2019une \u00e9nergie totale, v\u00e9ritable feu d\u2019artifice, tr\u00e8s habile dans les \u00e9changes avec\u00a0le public. Bien rythm\u00e9e, ses \u00e9lans de vie sont compl\u00e9t\u00e9s par des moments plus s\u00e9rieux et des instants tr\u00e8s intimes. La force du propos tient dans le trouble instaur\u00e9 entre la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction. Sur divers plans, la limite reste floue et les interactions et autres adresses directes au public, questionnent sans cesse sur le r\u00f4le du spectateur au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Sarah Beiger<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 une dr\u00f4le de pi\u00e8ce que j\u2019ai assist\u00e9 le vendredi 9 d\u00e9cembre au th\u00e9\u00e2tre de Belleville. Un spectacle d\u2019une heure de\u00a0 Romain Cottard et Paul Jeanson o\u00f9 Sophie de F\u00fcrst nous pr\u00e9sente un seule en sc\u00e8ne \u00e9lectrique, avec une \u00e9nergie d\u00e9bordante. C\u2019est sous la forme d\u2019une conf\u00e9rence que cette jeune com\u00e9dienne nous propose la r\u00e9ponse \u00e0 la grande question\u00a0; la question que tout le monde se pose. Elle nous assure d\u00e8s le d\u00e9but du spectacle que nous sommes face \u00e0 son ultime conf\u00e9rence, celle o\u00f9 elle donnera la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette conf\u00e9rence est faite par Sophie de F\u00fcrst, qui n\u2019est plus Sophie de F\u00fcrst mais juste, une femme. S\u2019entrem\u00eale alors r\u00e9alit\u00e9 et fiction, les fronti\u00e8res \u00e9tant brouill\u00e9es par la com\u00e9dienne. Est-ce une anecdote de la conf\u00e9renci\u00e8re, du personnage de Sophie ou bien de Sophie de F\u00fcrst\u00a0? Ces m\u00eames difficult\u00e9s quant \u00e0 conna\u00eetre la limite entre fiction et r\u00e9alit\u00e9 sont aussi pr\u00e9sente lorsque Sophie de F\u00fcrst invite sur sc\u00e8ne une personne du public. Commence alors un dialogue o\u00f9 nous avons des difficult\u00e9s \u00e0 d\u00e9m\u00ealer le vrai du faux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais si nous nous attaquons au fond de cette conf\u00e9rence, nous sommes face \u00e0 une r\u00e9flexion sur l\u2019\u00eatre. Sophie de F\u00fcrst nous am\u00e8ne face \u00e0 trois th\u00e8mes\u00a0: le moi, le moi avec l\u2019autre et le moi comme cosmos. Au cours de son d\u00e9veloppement, la com\u00e9dienne nous propose un spectacle interactif demandant au public de fermer les yeux par exemple.\u00a0 Une place importante \u00e0 l\u2019image ou \u00e0 la musique est aussi tr\u00e8s pr\u00e9sente tout au long du spectacle comme avec cette \u00e9poustouflante d\u00e9monstration de \u00ab\u00a0Leg Guitare\u00a0\u00bb. Sous la forme d\u2019une conf\u00e9rence Sophie de F\u00fcrst nous pr\u00e9sente un Power point de citations, \u00e0 la fois intellectuelles et d\u00e9jant\u00e9es, dans le but de faire r\u00e9fl\u00e9chir le spectateur ou bien s\u2019appuyant sur son paper board pour faire ses d\u00e9monstrations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais dans un mouvement repr\u00e9sentatif de la nature humaine, Sophie de F\u00fcrst plaque tout \u00e0 la fin de sa conf\u00e9rence se rendant compte de l\u2019inint\u00e9r\u00eat de toutes ses questions et avouant que la fameuse r\u00e9ponse n\u2019est en faite qu\u2019une enveloppe vide. Cette enveloppe vide est une mani\u00e8re de donner \u00e0 voir l\u2019immensit\u00e9 de l\u2019\u00eatre et l\u2019impossibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 toutes les interrogations qu\u2019il soul\u00e8ve. C\u2019est le caract\u00e8re sensible de la com\u00e9dienne qui prend le dessus face au caract\u00e8re rationnel de la conf\u00e9renci\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sophie de F\u00fcrst, comme une tornade blonde, nous livre dans un show \u00e0 cent \u00e0 l\u2019heure une r\u00e9flexion sur le moi, au travers d\u2019anecdotes et de r\u00e9flexions hilarantes. Je suis pour ma part ressortie de ce spectacle avec une \u00e9nergie folle et ayant juste l\u2019envie d\u2019y retourner.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9na Rimbert<\/h6>\n<pre>Photo : Marie-Cl\u00e9mence David<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Th\u00e9\u00e2tre | Th\u00e9\u00e2tre de Belleville | En savoir plus Le spectacle \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re \u00eatre un m\u00e9t\u00e9ore, Conf\u00e9rence totale de Sophie de F\u00fcrst\u00a0\u00bb est jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de Belleville par Sophie de F\u00fcrst, sur un texte de Romain Cottard et Paul Jeanson, se pr\u00e9sente sous la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":906,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,4,55],"tags":[],"class_list":["post-926","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-theatre","category-theatre-de-belleville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/926","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=926"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/926\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=926"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=926"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=926"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}