{"id":9278,"date":"2017-04-22T20:00:06","date_gmt":"2017-04-22T18:00:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=9278"},"modified":"2017-04-22T20:00:06","modified_gmt":"2017-04-22T18:00:06","slug":"everyness","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=9278","title":{"rendered":"Everyness"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Grande halle de la Villette | <a href=\"https:\/\/lavillette.com\/evenement\/wang-ramirez\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Everyness<\/em> est un spectacle mettant en sc\u00e8ne cinq danseurs aux parcours \u00e9clectiques. La musique originale est de Schallbauer et la sc\u00e9nographie est l\u2019\u0153uvre de la designer fran\u00e7aise plusieurs fois prim\u00e9e Constance Guisset. Le titre est un n\u00e9ologisme qui ouvre sur l\u2019universel, \u00e0 partir de nos r\u00eaves d\u2019amour qui aiment \u00e0 s\u2019envoler, mais chutent \u00e0 la rencontre du r\u00e9el. <em>Everyness<\/em> \u00e9claire les relations entre amoureux et ceux qui d\u00e9sirent l\u2019\u00eatre, par changements de partenaires et autres soubresauts \u00e9motionnels. Dans chaque tableau, les cinq citoyens expriment leurs diff\u00e9rences en mati\u00e8re d\u2019\u00e9nergie, de style, de morphologie. Cet ensemble est encadr\u00e9 par deux s\u00e9quences d\u2019envol, l\u2019une pr\u00e8s du sol, l\u2019autre r\u00e9solument a\u00e9rienne, alors en contact avec le sixi\u00e8me personnage: une sph\u00e8re blanche et presque transparente. L\u2019\u0153uvre de la plasticienne et sc\u00e9nographe Constance Guisset se trouve en transformation permanente et incarne la pl\u00e9nitude autant que l\u2019\u00e9puisement. Son syst\u00e8me de sonorisation lui conf\u00e8re une voix singuli\u00e8re qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve au contact physique avec les danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle met en tension les danseurs, leurs relations, et \u00e9veille notre esprit et notre curiosit\u00e9. Les danseurs soulignent de leurs gestes &#8211; parfois gracieux, parfois stri\u00e9s et distordus mais toujours signifiants &#8211; les rapports de forces. Apparait alors en parall\u00e8le une boule de tissus, m\u00e9taphore des \u00e9v\u00e9nements, des sensations cr\u00e9\u00e9es, du paysage \u00e9tat d\u2019\u00e2me, de l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit du chor\u00e9graphe, de celui des danseurs, du notre. Elle peut \u00eatre violente et tout d\u00e9molir, mais aussi, parfois, l\u00e9g\u00e8re\u00a0; ces diff\u00e9rences sont amplifi\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 des effets sonores reproduisant en d\u00e9tail le bruit d\u2019une boule de d\u00e9molition ou d\u2019une goutte d\u2019eau tombant sur le sol. Cette sph\u00e8re est les \u00e9l\u00e9ments un \u00e0 un\u00a0: feu et souplesse, eau et mollesse, air et apaisement, terre et destruction. Wang Rodriguez recr\u00e9e une ambiance naturelle, lumi\u00e8re, son, danseurs, boule, sont en mouvement perp\u00e9tuel. Une g\u00e9om\u00e9trie d\u00e9pouill\u00e9e apporte \u00e0 l\u2019espace sc\u00e9nique d\u2019<em>Everyness<\/em> une clart\u00e9 maximale et la puissance d\u2019un palais asiatique. Malgr\u00e9 un niveau in\u00e9gal entre les danseurs &#8211; les deux femmes tirent leur \u00e9pingle du jeu &#8211; ce spectacle est\u00a0 hypnotisant. Il est une invitation \u00e0 la douceur et au d\u00e9sir.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anna Bellot<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">WangRamirez propose <i>Everynes<\/i>s au public fran\u00e7ais du 19 au 22 avril 2017 \u00e0 la Grande Halle de la Villette.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Le spectacle est incarn\u00e9 par cinq danseurs contemporains. Ils ont des origines diff\u00e9rentes. Chacun d\u2019entre eux, tour \u00e0 tour, parlent de leur pays dans leur langue. Ils entrainent les autres dans cette d\u00e9couverte culturelle par des chants a capella. Un sixi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment est pr\u00e9sent. Une sph\u00e8re d\u2019air. Elle est centrale. Autour d\u2019elle s\u2019articule l\u2019ensemble de la repr\u00e9sentation. Incarnant aussi bien une force quand elle est gonfl\u00e9e. Ils doivent lutter contre son action et sa trajectoire. Son souffle, sa descente, ses remont\u00e9es rythment directement les danseurs, leurs pas, leur mouvement et leur respiration. Wang la prend sur son dos. Elle tente de la maitriser, se bat contre elle. La sph\u00e8re l\u2019\u00e9touffe sous son poids d\u2019air. Les autres l\u2019aident. L\u2019ennemi est apprivois\u00e9 petit \u00e0 petit. Ils jouent avec, la bousculent, lui donnent le rythme qu\u2019ils veulent. La danse est combative, que ce soit entre les deux femmes ou avec les hommes. Le mouvement de l\u2019un guide celui de l\u2019autre. Il est prolong\u00e9, abouti. Du haut de la t\u00eate, le corps est effleur\u00e9 de la main pour atteindre la pointe du pied. Les corps s\u2019imbriquent et se r\u00e9pondent. On assiste \u00e0 une r\u00e9elle attraction-r\u00e9pulsion des sexes. L\u2019un est le pantin de l\u2019autre. Les mouvements sont donn\u00e9s \u00e0 distance. En groupe, parfois coordonn\u00e9s, parfois libres, le hip hop intervient par des passages au sol, des acrobaties. On se demande s\u2019il y a de l\u2019improvisation. Mais non, la maitrise des corps est parfaite. Le rythme est cadenc\u00e9 par des acc\u00e9l\u00e9rations, des passages \u00e0 terre, des sauts qui font penser \u00e0 des arts martiaux. Tout \u00e7a avec une impression de facilit\u00e9 dans l\u2019ex\u00e9cution des mouvements. Dans les ralentis, les corps sont \u00e0 l\u2019unisson. Ils sont sous l\u2019emprise de la sph\u00e8re d\u2019air qui va jusqu\u2019\u00e0 leur donner la respiration \u00e0 prendre.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify; text-justify: inter-ideograph;\">Le spectacle offre \u00e0 voir un laisser-aller maitris\u00e9 des danseurs. Tout est en accord. La diff\u00e9rence que ce soit celle des origines ou celle des sexes est enrichie de la diversit\u00e9 des danses et des musiques. Un subtil m\u00e9lange bien dos\u00e9 qui donne envie d\u2019une suite. On veut que l\u2019exp\u00e9rience se prolonge.<\/p>\n<h6 class=\"Corps\" style=\"text-align: right;\">Pauline Fantou<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 La Villette du 19 au 22 avril 2017, <em>Everyness<\/em> est un spectacle de danse contemporaine chor\u00e9graphi\u00e9 et dirig\u00e9 par le duo de danseurs hip hop Honji Wang et S\u00e9bastien Ramirez.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs sur sc\u00e8ne le soir du 22 avril \u00e9taient\u00a0: Johanna Faye, Salomon Baneck-Asaro, Alexis Fernandez Ferrera alias Maca, Thierno Thioune et Honji Wang.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur sc\u00e8ne\u00a0: trois gar\u00e7ons et deux filles, des traits de tous les continents, des habits aux couleurs vari\u00e9es, et des mouvements de diff\u00e9rentes qualit\u00e9s. \u00c0 cette extr\u00eame vari\u00e9t\u00e9 visuelle, fait \u00e9cho celle du son\u00a0: non seulement la musique passe de la chanson fran\u00e7aise \u00e0 la sud-am\u00e9ricaine \u00e0 l\u2019\u00e9lectronique, mais les paroles des danseurs m\u00e9langent plusieurs langues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le n\u00e9ologisme du titre est sans aucun doute mis en sc\u00e8ne par cet \u00e9clectisme, mais pas uniquement. Il s\u2019agit aussi, et surtout, de la <em>toutesse<\/em> du monde et des rapports humains, que les diff\u00e9rents tableaux qui composent le spectacle croisent et mettent \u00e0 l\u2019\u00e9preuve. Ce qui demeure constant dans chaque tableau est la haute pr\u00e9sence sc\u00e9nique des danseurs, leur aisance dans le mouvement, et leur incessante relation avec les autres\u00a0: il n\u2019y a jamais de moments de v\u00e9ritable solo, et les corps s\u2019aiment, se d\u00e9fient, se lient, se d\u00e9testent, se rencontrent, tout le long du spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les corps des cinq danseurs \u00e9tablissent donc un rapport \u00e0 la fois changeant et incessant entre eux, et avec un sixi\u00e8me personnage\u00a0: une sph\u00e8re gonflable cr\u00e9\u00e9e et install\u00e9e par Kai Gaedtke, qui rappelle un ballon. La montgolfi\u00e8re du tour du monde\u00a0? ou simplement la rondeur all\u00e9gorique de l\u2019universalit\u00e9\u00a0? Quoi qu\u2019il en soit, le ballon \u2013 comme les danseurs \u2013 est l\u00e9ger, l\u00e9vite, mais s\u2019\u00e9croule aussi, les tra\u00eenant dans sa chute et \u00e9tant lui-m\u00eame tra\u00een\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette installation engendre des effets sp\u00e9ciaux qui sugg\u00e8rent une lib\u00e9ration de l\u2019emprise du sol, mais ils sont admirablement agenc\u00e9s\u00a0: ils ne font que mettre en valeur la danse, la ma\u00eetrise technique et la vari\u00e9t\u00e9 des qualit\u00e9s de mouvement, ainsi que les relations entre les corps. Tout donc est en lien, tout forme un tout\u00a0: rien ne d\u00e9passe les connexions corporelles et humaines, en prenant le dessus. C\u2019est l\u2019harmonie propre \u00e0 la disharmonie des rapports et des \u00e9motions humains, r\u00eav\u00e9s, d\u00e9sir\u00e9s, r\u00e9els, conflictuels, amoureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs mettent magnifiquement en sc\u00e8ne un message universel. Face \u00e0 leurs corps chutant, se relevant, volant et se recroisant, le spectateur est emport\u00e9 dans le mouvement. Et il a envie lui aussi de rencontre, de compromis, de diversit\u00e9. De cette complicit\u00e9 tellement visc\u00e9rale qui ne peut \u00eatre propre qu\u2019\u00e0 l\u2019amour ou \u00e0 la danse.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Silvia Guidice<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Honji Wang, danseuse lumineuse et chor\u00e9graphe associ\u00e9e \u00e0 S\u00e9bastien Ramirez (dans la compagnie \u00e0 leurs noms que le couple a cr\u00e9\u00e9 depuis 2008), rayonne tout au long du spectacle avec une agilit\u00e9 remarquable. La sc\u00e8ne de la grande halle \u2013 immense \u2013 est enti\u00e8rement noire, sans ornement susceptible de d\u00e9tourner le regard. En contrepoint, les danseurs sont v\u00eatus sobrement, mais de tissus l\u00e9gers, color\u00e9s, casual.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Honji Wang s&rsquo;avance sur la sc\u00e8ne vide au milieu des quatre danseurs qui l&rsquo;accompagnent. Elle est pieds nus, v\u00eatue d&rsquo;une simple jupe orange, et elle porte sur le dos un sac \u00e9trange qui se gonfle lentement, \u00e0 mesure que les danseurs esquissent quelques premiers mouvements. \u00ab\u00a0Le jour s&rsquo;est d\u00e9pli\u00e9 comme une nappe blanche\u00a0\u00bb, \u00e9crivait le po\u00e8te Pierre Reverdy. Ici, c&rsquo;est une boule de tissu blanc qui se soul\u00e8ve comme pour figurer un soleil \u00e0 l&rsquo;aurore. C&rsquo;est une immense respiration\u00a0: le public retient son souffle. Une \u00e9nergie \u00e9poustouflante s&#8217;empare des cinq individus. Le public est emport\u00e9 dans le r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec une gr\u00e2ce a\u00e9rienne, les danseurs encha\u00eenent des mouvements inspir\u00e9s du hip-hop, parfois comiques, parfois combatifs, r\u00e9solument oniriques. Une tension hypnotisante circule d&rsquo;un corps \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0: entre attraction et r\u00e9pulsion, chaque geste s&rsquo;efforce d&rsquo;exprimer la pr\u00e9carit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9quilibre o\u00f9 se tiennent les relations entre les \u00eatres humains. \u00ab\u00a0Everyness\u00a0\u00bb\u00a0: vaste programme, cens\u00e9 donner \u00e0 voir, quoi\u00a0? l&rsquo;absolu, l&rsquo;universel, la pl\u00e9nitude, ces infinis auxquels l&rsquo;homme aspire, et dont le spectacle donne une certaine id\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La grande sph\u00e8re de tissu blanc, illumin\u00e9e de l&rsquo;int\u00e9rieur, fait planer sa pesanteur lunaire au-dessus de la sc\u00e8ne. Tant\u00f4t astre du jour (ou de la nuit?), tant\u00f4t mat\u00e9rialisation symbolique de la Terre qui nous rassemble, la sph\u00e8re incarne aussi la force qui s&rsquo;exerce sur les danseurs et \u00e9manent d&rsquo;eux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chor\u00e9graphie se d\u00e9roule au rythme sid\u00e9ral d&rsquo;une musique compos\u00e9e sp\u00e9cialement pour l&rsquo;occasion par Schallbauer (et je vous invite \u00e0 (re)d\u00e9couvrir l&rsquo;atmosph\u00e8re sonore du spectacle sur <a href=\"https:\/\/www.schallbauer.de\/wang-ramirez\">son site internet<\/a> !). Les jeux de lumi\u00e8res accompagnent eux aussi admirablement les temps forts et les basculements de ces affrontements sans parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au sol, les danseurs ne s\u2019embarrassent pas excessivement des contraintes de la gravit\u00e9, qu&rsquo;ils s&rsquo;amusent \u00e0 d\u00e9fier pour mieux y consentir de temps en temps, faisant alors ressortir la puissance qu&rsquo;elle d\u00e9tient sur nos corps \u00e0 tous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;un des moments les plus fascinants est certainement celui o\u00f9 la sph\u00e8re, l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9gonfl\u00e9e, reli\u00e9e par un ing\u00e9nieux syst\u00e8me de corde et de poulie \u00e0 l&rsquo;un des danseurs, se met \u00e0 danser elle-m\u00eame, secou\u00e9e par de larges s\u00e9ismes qui r\u00e9percutent le jeu pleinement ma\u00eetris\u00e9 du corps avec cet objet grandiose. On ne sait plus lequel du danseur ou du globe est la marionnette de l&rsquo;autre, tant l&rsquo;un et l&rsquo;autre trahissent avec justesse le vertige et les convulsions de la vie, de la libert\u00e9, de la douleur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En bref\u00a0: allez les voir d\u00e8s qu&rsquo;ils reviennent, vous comprendrez.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Justine Leret<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Everyness<\/em> est un spectacle de hip-hop-danse contemporaine mont\u00e9 par la compagnie Wang Ramirez avec Joy Alpuerto Ritter ou Johanna Faye, Salomon Baneck-Asaro, Alexis Fernandez Ferrera alias Maca, Thierno Thioune, Honji Wang. La direction artistique &amp; chor\u00e9graphie est de la compagnie Wang Ramirez, la dramaturgie de Roberto Fratini, sc\u00e9nographie de Constance Guisset, gr\u00e9age \u00a0de Kai Gaedtke, musique originale de Schallbauer, cr\u00e9ation lumi\u00e8res de Cyril Mulon, \u00e0 la r\u00e9alisation des costumes \u00a0de trouve Linda Ehrl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Everyness met en sc\u00e8ne les al\u00e9as amoureux de cinq danseurs. C\u2019est \u00e0 la fois la repr\u00e9sentation des r\u00eaves d\u2019amour qui se heurtent \u00e0 la dure r\u00e9alit\u00e9, les changements de partenaires, les \u00ab\u00a0je t\u2019aime moi non plus\u00a0\u00bb, les tromperies, les d\u00e9sirs non assouvis et autre cataclysmes \u00e9motionnels.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019abord, premi\u00e8re impression\u00a0: les costumes. Cela fait du bien de ne pas voir des danseurs en lycra noir mais en beaux costumes contemporains, \u00e0 la fois sobres, proches du quotidien et esth\u00e9tiques. En un mot\u00a0: efficace. Cela commence bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Des fils permettaient aussi aux danseurs de d\u00e9fier les lois de la gravit\u00e9 ainsi qu\u2019une grosse boule blanche, m\u00e9taphore de leurs relations amoureuses, nette, imposante, destructrice, pesante, handicapante, vacillante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils sont en tout cinq danseurs \u00e0 la personnalit\u00e9 forte qui forment cinq \u00e9nergies distinctes, cr\u00e9ant un beau m\u00e9lange. C\u2019est un spectacle o\u00f9 l\u2019individualit\u00e9 a bien sa place. Ce sont des personnes attachantes qui nous gratifient d\u2019un beaux sourire au moment du salut final, ce qui n\u2019ai pas le cas de tous les artistes, et qui met de bonne humeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les danseurs n\u2019\u00e9voluaient pas seulement sur de la musique\u00a0: la grande boule blanche \u00e9mettait aussi des vibrations, des ondes, comme un coup de foudre. Ils dansaient sur des phrases parl\u00e9es, des souffles, des mots jet\u00e9s ou des chansons qu\u2019ils interpr\u00e9taient eux-m\u00eames. Un ballet \u00e0 la limite du th\u00e9\u00e2tre. J\u2019aime les associations, les repr\u00e9sentations non exclusives d\u2019un seul art. Les arts sont comme les \u00e9nergies\u00a0: quand ils se rencontrent, ils ne se substituent pas, ils s\u2019ajoutent. C\u2019\u00e9tait un peu comme une mise en sc\u00e8ne de leur vie \u00e0 eux, leur vie de danseurs, leur vie d\u2019artistes\u00a0: une vie qui lie \u00e0 la fois la danse et les relations avec les autres (entre autres). Et j\u2019ai trouv\u00e9 cela touchant de leur part de nous en d\u00e9voiler un morceau, de nous inclure pour un moment. Ce spectacle est un partage entre les artistes et le public.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce que je reproche, c\u2019est le manque de variation, une repr\u00e9sentation assez lin\u00e9aire, assez r\u00e9p\u00e9titive, sans \u00e9volution, une mise \u00e0 la suite de diff\u00e9rents tableaux pas toujours \u00e9vidents \u00e0 comprendre. Avec parfois des moments de vide, o\u00f9 l\u2019\u00e9nergie retombait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s ce spectacle, on se questionne. On se demande\u00a0: mais qu\u2019est-ce qu\u2019ils veulent dire par l\u00e0\u00a0? Cela n\u2019a pas fait \u00e9cho chez moi. Qu\u2019ont-ils voulu montrer\u00a0? Peut-\u00eatre, simplement, il n\u2019y avait rien \u00e0 comprendre, juste \u00e0 oublier le reste et de s\u2019impr\u00e9gner de la qualit\u00e9 du geste.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Garance Marchand<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le spectacle<em> Everyness <\/em>des chor\u00e9graphes Honji Wang et S\u00e9bastien Ramirez \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;affiche jusqu&rsquo;au 22 avril \u00e0 la Grande halle de la Villette. Trois danseurs et deux danseuses, v\u00eatus de tenues \u00e0 la fois d\u00e9contract\u00e9es et \u00e9l\u00e9gantes, nous proposent une r\u00e9flexion sur notre lien \u00e0 autrui. Comme l&rsquo;indiquent le nom du spectacle, les physionomies vari\u00e9es des danseurs et les nombreuses langues prononc\u00e9es sur sc\u00e8ne, le propos prend d&#8217;embl\u00e9e une dimension universelle. La musique est extr\u00eamement changeante, elle aussi\u00a0: \u00e0 tel point que l&rsquo;on peut entendre \u00e0 un moment donn\u00e9 de la vari\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise, et l&rsquo;instant d&rsquo;apr\u00e8s, de la musique classique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On se situe dans un temps d&rsquo;apr\u00e8s la tour de Babel et ses pr\u00e9tentions excessives. Les langues sont devenues nombreuses\u00a0: on parle fran\u00e7ais, anglais, espagnol ou m\u00eame filipino. Et pourtant, le spectacle n&rsquo;est pas surtitr\u00e9. Comprenne qui pourra. Comme si la langue n&rsquo;\u00e9tait pas ici l&rsquo;essentiel, comme si elle \u00e9tait plus ce qui s\u00e9pare que ce qui unit les hommes. A un moment donn\u00e9, un danseur s&rsquo;exprime en espagnol, mais ses mots sont rendus \u00e0 peine audibles par une musique assourdissante. Quelques bribes se d\u00e9tachent cependant du vacarme\u00a0: le mot \u00ab\u00a0diferencia\u00a0\u00bb ou la question \u00ab\u00a0\u00bfD\u00f3nde est\u00e1 mi familia?\u00a0\u00bb. Ce \u00e0 quoi il nous faut \u00eatre attentifs, ce n&rsquo;est pas aux discours, mais aux corps, et \u00e0 ce qu&rsquo;ils nous disent, \u00e0 nous tous, polyglottes ou non, des rapports que nous entretenons avec les autres hommes. Il est question de la famille contemporaine\u00a0dans ses d\u00e9compositions et recompositions, mais aussi de l&rsquo;amiti\u00e9, de la rivalit\u00e9, et surtout de l&rsquo;amour. C&rsquo;est donc de l&rsquo;\u00a0\u00ab\u00a0insociable sociabilit\u00e9\u00a0\u00bb des hommes, pour reprendre des termes kantiens, dont il s&rsquo;agit avant tout. La d\u00e9licatesse des danseurs culmine dans un duo o\u00f9 un homme et une femme sont pris dans le cercle de l&rsquo;amour : celui de l&rsquo;attraction et de la r\u00e9pulsion, celui de l&rsquo;affection, de l&rsquo;offense, m\u00eame minime, et du pardon, duquel rejaillit l&rsquo;affection.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce spectacle nous emporte d\u00e8s les premi\u00e8res secondes, du fait de sa vigueur, de sa fluidit\u00e9 et de son ancrage r\u00e9solu dans le pr\u00e9sent. Le th\u00e8me des rapports humains y est trait\u00e9 de mani\u00e8re subtile et sensible, sans jamais tomber dans le d\u00e9j\u00e0-vu. La sc\u00e9nographie est cependant beaucoup plus hasardeuse. Quand les danseurs occupent tout l&rsquo;espace, le spectacle parvient \u00e0 un haut niveau d&rsquo;intensit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9motion. Malheureusement, pendant toute la derni\u00e8re partie, la sc\u00e8ne est occup\u00e9e par une \u00e9norme sph\u00e8re gonflable blanche, dont la pr\u00e9sence n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre. C&rsquo;est un simple gadget, qui semble plus g\u00eaner les danseurs que leur offrir de nouvelles possibilit\u00e9s d&rsquo;expression. Ce dr\u00f4le d&rsquo;oignon g\u00e9ant ne fait qu&rsquo;encombrer la sc\u00e8ne. Il s&rsquo;apparente \u00e0 un deus ex machina, qui, au lieu d&rsquo;apporter des solutions, cr\u00e9e un probl\u00e8me du seul fait de sa pr\u00e9sence\u00a0ind\u00e9sirable : il d\u00e9tourne l&rsquo;attention, attire les regards pour aussit\u00f4t d\u00e9cevoir. On peut par contre saluer le travail qui a \u00e9t\u00e9 fait sur la lumi\u00e8re\u00a0: elle rythme le parcours des danseurs, tout en dessinant de nouveaux espaces.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">St\u00e9phanie Morel<\/h6>\n<hr \/>\n<h3>Perdre pour mieux retrouver la boule<\/h3>\n<p>\u00ab\u00a0Everyness\u00a0\u00bb, cr\u00e9ation originale de Honji Wang et S\u00e9bastien Ramirez, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la Grande Halle de la Villette dans le cadre du Th\u00e9\u00e2tre de la Ville Hors les Murs, transporte le spectateur dans les m\u00e9andres des relations humaines.<\/p>\n<p>Cinq danseurs \u00e9voluent autour d\u2019un sixi\u00e8me personnage, une immense boule de lumi\u00e8re cr\u00e9e par la plasticienne Constance Guisset. La sph\u00e8re iridescente est tant\u00f4t un pendule hypnotisant tant\u00f4t une plan\u00e8te rappelant <em>Melancholia<\/em>, irradiant le d\u00e9sordre, semant l\u2019incertitude dans le c\u0153ur des hommes et mettant \u00e0 nu leurs blessures les plus profondes. De par sa forme ectoplasmique, elle hante les subconscients et fait resurgir le drame des non-dits qui entrave les relations entre les hommes. Bien qu\u2019immat\u00e9rielle, elle s\u2019affaisse telle une <em>jelly<\/em> sur les personnages et les assomme par sa l\u00e9g\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame si la qu\u00eate de l\u2019amour et de l\u2019unisson avec l\u2019autre est au c\u0153ur de la cr\u00e9ation, la violence en est corollaire. On se heurte \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence de l\u2019autre ou au contraire on se trouve dans l\u2019incapacit\u00e9 de l\u2019atteindre tant les d\u00e9mons int\u00e9rieurs rendent incapable de recevoir l\u2019amour. Plus que l\u2019amour, c\u2019est bien la solitude que la danse tente de d\u00e9peindre dans des tableaux de groupe o\u00f9 un des danseurs est en \u00e9quilibre instable, retenu par le groupe mais attir\u00e9 par la gravit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La danse va plus loin que le geste. La musique \u00e9lectronique de Schallbauer accompagne aussi bien le mouvement des danseurs que les oscillations de la sph\u00e8re. Une narration du corps, du mot mais m\u00eame du souffle permet de tracer une ligne quasi di\u00e9g\u00e9tique. Ainsi un des danseurs s\u2019exclame, \u00e0 bout de souffle\u00a0<em>: \u00ab\u00a0Loneliness is when you feel alone in the middle of a crowd\u00a0\u00bb<\/em> (la v\u00e9ritable solitude c\u2019est de sentir seul au milieu d\u2019une foule).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La cr\u00e9ation chor\u00e9graphique propose un syncr\u00e9tisme de diff\u00e9rents types de danses. Les danses urbaines c\u00f4toient la guinguette, les danses indiennes vont de pair avec la voltige. Les techniques de sc\u00e9nographie servent \u00e9galement au mieux le projet. La sph\u00e8re prend \u00e0 la fin des allures de force cin\u00e9tique o\u00f9 les danseurs courent en rond, dans le vide, tels des ombres chinoises emprisonn\u00e9es dans un film sans fin.<\/p>\n<p>Les danseurs sont \u00e0 la fois rappel\u00e9s \u00e0 un ancrage dans le sol, les attachant \u00e0 une g\u00e9henne terrestre et contingente, et pr\u00eats \u00e0 s\u2019envoler pour rejoindre cette sph\u00e8re qui promet l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019universel, \u00e0 l\u2019id\u00e9al, \u00e0 la transcendance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les sc\u00e8nes d\u2019envol, gr\u00e2ce \u00e0 des c\u00e2bles ou \u00e0 au gonflement de la sph\u00e8re, permettent de donner \u00e0 la danse une dimension de mouvement dans l\u2019espace en trois dimensions. Les danseurs semblent \u00e9voluer au ralenti, comme tout droit sortis d\u2019un film de kung-fu. On aurait appr\u00e9ci\u00e9 que ces \u00e9l\u00e9ments sc\u00e9nographiques soient plus nombreux car l\u2019envol avort\u00e9 permettait une nouvelle approche chor\u00e9graphique du mouvement mais aussi servait le combat des danseurs entre ciel et terre, eux-qui \u00e9taient devenus des pantins apatrides, coinc\u00e9s dans un purgatoire c\u00e9leste. Les deux danseuses, incroyables, apportaient de la douceur, en montrant l\u2019importance de l\u2019amiti\u00e9 quand les relations amoureuses passionnelles riment avec violence. Une tr\u00e8s belle chorographie entre les deux danseuses sur le th\u00e8me de l\u2019appui et du soutien illustrait la solidarit\u00e9 f\u00e9minine tout en douceur dans une vision de Piet\u00e0.<\/p>\n<p>Enfin, le titre de la cr\u00e9ation \u00ab\u00a0Everyness\u00a0\u00bb, un n\u00e9ologisme r\u00e9sume toute l\u2019entreprise de ce projet novateur. Quoi de mieux que de cr\u00e9er un mot pour danser l\u2019indicible.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Victoria Robert<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Honji Wang et S\u00e9bastien Ramirez pr\u00e9sentent au Th\u00e9\u00e2tre de la Vilette <em>Everyness,<\/em> un ballet contemporain pour cinq danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce ballet \u00e9voque l&rsquo;Amour dans son acceptation la plus universelle, l&rsquo;amour de l&rsquo;autre, l&rsquo;amour d&rsquo;une famille, l&rsquo;amour de soi mais \u00e9galement son contraire, le rejet, l&rsquo;abandon et la\u00a0 solitude. Ce topos des ballets de danse classique est ici trait\u00e9 avec subtilit\u00e9 par la multiplicit\u00e9 des pistes de r\u00e9flexion explor\u00e9es. Du jeu amoureux entre deux amants \u00e0 la t\u00e9nacit\u00e9 d&rsquo;une danseuse agripp\u00e9e au pied d&rsquo;un autre, les duos \u00e9tablissent une r\u00e9elle communication entre les danseurs qui se touchent, s&rsquo;\u00e9vitent et se cherchent. Le ballet \u00e9volue avec de nombreuses danses \u00e0 5 corps. La relation de chaque danseur avec ses partenaires est particuli\u00e8rement forte et le spectateur est frapp\u00e9 par la synergie du groupe.\u00a0 Les danseurs se parlent et nous parlent. La langue n&rsquo;a alors plus d&rsquo;importance tant les \u00e9motions sont fortes. Un des danseurs par exemple ordonne aux autres de partir puis se retourne vers la salle et crie \u00ab\u00a0Go Go Go\u00a0\u00bb. S&rsquo;instaure alors un dialogue entre la troupe et le public qui permet au spectateur de vivre les relations entre les personnages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le ballet est interpr\u00e9t\u00e9 par une troupe certes unie mais compos\u00e9e de cinq danseurs aux styles bien diff\u00e9rents. L&rsquo;\u00e9nergie, le style et la morphologie de chaque danseur sont mis en avant. Il n&rsquo;est d&rsquo;aucune fa\u00e7on question de uniformit\u00e9. Les danseurs ne semblent pas jouer un r\u00f4le pr\u00e9-\u00e9tabli par le chor\u00e9graphe mais au contraire s&rsquo;expriment avec une grande libert\u00e9. Le ballet s&rsquo;ouvre par la danse robotique d&rsquo;une danseuse tandis qu&rsquo;une autre lui r\u00e9pond par des mouvements lents, fluides et graciles. La confrontation des univers personnels des danseurs enrichie la chor\u00e9graphie. Ils sont pr\u00e9sent\u00e9s comme des artistes s&rsquo;exprimant diff\u00e9remment mais pourtant se comprenant. Ainsi, le ballet explore la mani\u00e8re dont plusieurs personnes s&rsquo;unissent tout en conservant leur singularit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette pr\u00e9sence de diff\u00e9rence dans une unit\u00e9 enrichie consid\u00e9rablement les relations mais peut parfois cr\u00e9er des tensions, des incompr\u00e9hensions. Sur sc\u00e8ne, l&rsquo;amour et la haine s&rsquo;opposent, se croisent. Cette relation du tout au rien, cet <em>Everyness <\/em>est mat\u00e9rialis\u00e9 par une sph\u00e8re blanche cr\u00e9\u00e9e par Constance Guisset qui se gonfle et se d\u00e9gonfle, qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve ou p\u00e8se sur les \u00e9paules des danseurs. Unique \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nographique, cet objet permet de cr\u00e9er un lien entre tous les tableaux et les danseurs. Cette \u0153uvre par sa po\u00e9sie, la perfection de sa forme et son caract\u00e8re \u00e9volutif concentre toute la richesse de ce ballet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Traitant de l&rsquo;amour mais plus largement des relations dans la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, ce ballet rend hommage au langage cr\u00e9\u00e9 par chaque homme pour t\u00e9moigner de sa vision du monde et \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de celui qui lui fait face certes diff\u00e9rent mais compl\u00e9mentaire.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">L\u00e9a Thouin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Everyness<\/em>, ballet de danse contemporaine dirig\u00e9 et chor\u00e9graphi\u00e9 par Honji Wang et S\u00e9bastien Ramirez, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 dans la Grande halle de La Villette du 19 au 22 avril. Sur une musique originale de Schallbuer, les chor\u00e9graphes ont mis en sc\u00e8ne cinq danseurs (Johanna Faye, Salomon Baneck-Asaro, Alexis Fernandez Ferrera alias Maca, Thierno Thioune et Honji Wang), ainsi qu\u2019un sixi\u00e8me personnage mat\u00e9rialis\u00e9 par une imposante sph\u00e8re blanche presque transparente, imagin\u00e9e par la plasticienne et sc\u00e9nographe Constance Guisset.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien que le programme distribu\u00e9 au d\u00e9but du spectacle d\u00e9crive ce ballet comme \u00e9tant une \u00ab\u00a0cr\u00e9ation qui \u00e9claire les relations entre amoureux et ceux qui d\u00e9sirent l\u2019\u00eatre, par changements de partenaires et autres soubresauts \u00e9motionnels\u00a0\u00bb, on peut tout autant l\u2019appr\u00e9cier en le regardant comme une succession de tableaux abstraits. Le dialogue \u00e0 la fois g\u00e9om\u00e9trique et po\u00e9tique qui s\u2019est install\u00e9 entre les trois hommes, les deux femmes et la sculpture molle qui de temps \u00e0 autres scandait l\u2019espace telle une pendule \u00e9tait riche d\u2019une grande expressivit\u00e9, laissant au spectateur une forte empreinte \u00e9motionnelle. Les chor\u00e9graphes ont sembl\u00e9 valoriser l\u2019approche personnelle et intime de la danse de chacun des danseurs qui se mouvaient tous selon un style bien diff\u00e9rent. A l\u2019image de la sph\u00e8re \u00e9volutive parfois port\u00e9e ou pouss\u00e9e par l\u2019un des danseurs et parfois suspendue ind\u00e9pendamment d\u2019eux sur sc\u00e8ne, les danseurs se caract\u00e9risaient par la diversit\u00e9 de leur approche gestuelle qui \u00e9voluait au cours de la repr\u00e9sentation en entrant en communication les une avec les autres. L\u2019une des danseuses avait un r\u00f4le qui se d\u00e9tachait manifestement des autres, et tandis que ses premiers pas \u00e9taient robotiques et saccad\u00e9s, elle a plus tard dans\u00e9 de mani\u00e8re extr\u00eamement fluide, l\u00e9g\u00e8re et a\u00e9rienne lorsqu\u2019elle r\u00e9alisait un duo avec l\u2019un des danseurs. De la m\u00eame mani\u00e8re que cette sph\u00e8re \u00e9vanescente emplissait et d\u00e9semplissait l\u2019espace, les danseurs utilisaient leur capacit\u00e9 physique \u00e0 occuper l\u2019espace par leur dispersion sur sc\u00e8ne et leurs gestes amples, gracieux et expressifs, tout en faisant paradoxalement prendre conscience du vide autour d\u2019eux. Ce choix de conserver l\u2019\u00e9nergie et la sensibilit\u00e9 de chacun permettait r\u00e9ellement de faire prendre conscience au spectateur de l\u2019unicit\u00e9 de chaque danseur, et par l\u00e0, de l\u2019unicit\u00e9 de chaque homme. La tentative de communication des danseurs avec la sph\u00e8re apparaissait comme la tentative de chaque homme de saisir une r\u00e9alit\u00e9 en constante \u00e9volution, de saisir l\u2019insaisissable, comme dans un r\u00eave.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e9g\u00e8re ou \u00e9crasante, lumineuse ou terne, incarnant la pl\u00e9nitude puis l\u2019\u00e9puisement, le tout ou le rien, la pr\u00e9sence puis l\u2019absence, le mouvement et le silence, cette \u00e9trange sph\u00e8re blanche aux qualit\u00e9s organiques de transformation permanente s\u2019accorde ainsi avec puissance et d\u00e9licatesse au titre du ballet, le n\u00e9ologisme \u00ab\u00a0Everyness\u00a0\u00bb. Ex-Machina de th\u00e9\u00e2tre grec vou\u00e9 \u00e0 r\u00e9soudre les tensions du monde terrien, ou OVNI venu bousculer la perception quotidienne de l\u2019homme\u00a0? En confrontant les danseurs et le spectateur \u00e0 cet objet myst\u00e8re, Wang et Ramirez nous encouragent \u00e0 ouvrir notre perception et \u00e0 exprimer notre diff\u00e9rence, \u00e0 avoir conscience de l\u2019un, et de l\u2019universel.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Lor\u00e8ne Tissier<\/h6>\n<pre>Photo : Denis Koon\u00e9 Kuhnert<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Grande halle de la Villette | En savoir plus Everyness est un spectacle mettant en sc\u00e8ne cinq danseurs aux parcours \u00e9clectiques. La musique originale est de Schallbauer et la sc\u00e9nographie est l\u2019\u0153uvre de la designer fran\u00e7aise plusieurs fois prim\u00e9e Constance Guisset. 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