{"id":928,"date":"2016-12-10T20:00:16","date_gmt":"2016-12-10T19:00:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=928"},"modified":"2016-12-10T20:00:16","modified_gmt":"2016-12-10T19:00:16","slug":"lile-du-reve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=928","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00eele du r\u00eave"},"content":{"rendered":"<p>Op\u00e9ra | Ath\u00e9n\u00e9e Th\u00e9\u00e2tre Louis-Jouvet | <a href=\"http:\/\/www.athenee-theatre.com\/saison\/spectacle\/l_ile_du_reve.htm\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;adaptation en un op\u00e9ra de trois actes du roman de Pierre Loti, <em>Le mariage de Loti <\/em>par Reynaldo Hahn et sa mise \u00e0 la sc\u00e8ne le samedi 10 d\u00e9cembre au Th\u00e9\u00e2tre Louis Jouvet, avec une mise en sc\u00e8ne d&rsquo;Olivier Dh\u00e9nin, une direction musicale de Julien Masmondet et la participation de l&rsquo;Orchestre du Festival Musiques au pays de Pierre Loti, s&rsquo;est voulue une restitution de l&rsquo;exotisme caract\u00e9risant l&rsquo;\u0153uvre de l&rsquo;auteur. L&rsquo;histoire \u00e9tait une de ces trag\u00e9dies normales, dont les personnages ont bien soulign\u00e9 l&rsquo;it\u00e9ration : un militaire occidental trouve une jeune fille autochtone sur une \u00eele de Polyn\u00e9sie, dont il s&rsquo;\u00e9prend et qui s&rsquo;\u00e9prend de lui; mais l&rsquo;amour est contrari\u00e9 par la tradition qui enracine la jeune fille dans son pays natal, et le colon-aventurier doit bient\u00f4t s&rsquo;en aller, rappel\u00e9 par ses ma\u00eetres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est donc pas par son argument que cette pi\u00e8ce pouvait briller, par la force des coups de th\u00e9\u00e2tre ou par celle des grandes tirades. Sur le sujet, il \u00e9tait difficile de faire face aux monuments qui ont d\u00e9j\u00e0 investi l&rsquo;amour en op\u00e9ra en lui octroyant ses grandes heures. Le sch\u00e9ma triptyque adopt\u00e9, rencontre-amour c\u00e9l\u00e9br\u00e9-s\u00e9paration, aurait difficilement pu rivaliser avec les malheurs de Madame Butterfly, dont les stances lyriques ont saisi l&rsquo;auteur de cette critique dans ses premi\u00e8res exp\u00e9riences d&rsquo;op\u00e9ra. Confrontation d\u00e9favorable, donc, si l&rsquo;on op\u00e8re ce rapprochement, pas moins que ceux qui reproch\u00e8rent \u00e0 Pierre Loti son exotisme et son \u00e9loignement des exigences naturalistes occupant (quasiment au sens militaire) l&rsquo;espace litt\u00e9raire fran\u00e7ais de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jugeons Loti avec Loti, et Renaldo Hahn avec Reynaldo Hahn. Sans pr\u00e9tention d&rsquo;une vraisemblance aigue ou d&rsquo;une scientificit\u00e9 dans le rapport au v\u00e9cu<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a>, Reynaldo Hahn exprime l&rsquo;onirisme b\u00e9at et la sensualit\u00e9 enivrante dont le souvenir de son voyage \u00e0 Tahiti \u00e9tait impr\u00e9gn\u00e9. La rupture culturelle, bien soulign\u00e9e dans le contraste entre les jeunes filles choristes, jambes et pieds nus, et les militaires fran\u00e7ais en uniforme, devait rappeler d\u00e8s le d\u00e9but la barri\u00e8re sociale qui aurait raison de cet amour. Les jeux d&rsquo;\u00e9clairages et la projection sur des panneaux amovibles \u00a0de paysages de cartes-postale visaient \u00e0 compl\u00e9menter l&rsquo;exotisme et l&rsquo;onirisme th\u00e9matiques de l&rsquo;\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;encadrement de la pi\u00e8ce, par deux phases typisant la culture, \u00e9tait expressif : le ch\u0153ur, compos\u00e9 d&rsquo;une dizaine de jeunes femmes, \u00e9tait dispos\u00e9 de biais par rapport au public, assis et en deux rang\u00e9es de quatre dispos\u00e9es face \u00e0 face, dans une disposition toute particuli\u00e8re. Cet encadrement, chant\u00e9, devait rappeler la dimension rituelle et communautaire de ce monde, o\u00f9 les visites d&rsquo;\u00e9trangers font \u00e9v\u00e9nement. La pi\u00e8ce se cl\u00f4t ainsi en marquant un retour au point de d\u00e9part. La culture a fait barri\u00e8re \u00e0 cet amour dangereux qui se serait d\u00e9natur\u00e9 en \u00e9chappant au cadre de sa naissance, ce coin de paradis : ceci, les chants (en fran\u00e7ais) ont beau jeu de le rappeler. Ainsi plong\u00e9 dans cette atmosph\u00e8re si suave et sensuelle, le spectateur pouvait se laisser emporter \u00e0 un doux songe d&rsquo;1h30, port\u00e9 par une m\u00e9lodie sans grands \u00e9clats, mais fredonnante, rythm\u00e9e, r\u00e9guli\u00e8re\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Par exemple, notons avec le livret que \u00absa botanique est d&rsquo;ailleurs tr\u00e8s r\u00e9duite, se limite \u00e0 une dizaine d&rsquo;esp\u00e8ces qu&rsquo;il conna\u00eet mal, et laisse dans l&rsquo;oubli les arbres les plus caract\u00e9ristiques et les plus r\u00e9pandus \u00bb : un exemple magnifique d&rsquo;une critique \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque par Albert T&rsquo;Serstevens, publi\u00e9e dans <em>Le Monde<\/em> du 10 janvier 1950<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Guillaume Azouz<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L\u2019\u00eele du r\u00eave<\/em>, est un op\u00e9ra de Reynaldo Hahn bas\u00e9 sur un \u00e9pisode de la vie de l\u2019explorateur Pierre Loti (Enguerrand de Hys). Cette \u0153uvre en trois actes raconte l\u2019arriv\u00e9e de Loti, un marin fran\u00e7ais \u00e0 Bora-Bora ainsi que son histoire d\u2019amour avec Mah\u00e9nu (Marion Tassou) une jeune autochtone. Le premier acte raconte la venue de Loti sur l\u2019\u00eele et son l\u2019amour naissant avec Mah\u00e9nu, le second est focalis\u00e9 sur l\u2019histoire de T\u00e9ria (\u00c9l\u00e9onore Pancrazi) qui \u00e9tait mari\u00e9e au fr\u00e8re de Loti, devenue folle depuis son d\u00e9part. La troisi\u00e8me acte est celui du mariage de Mah\u00e9nu et Loti, qui n\u2019aura pas lieu car ce dernier doit repartir en France, il propose \u00e0 Mah\u00e9nu de venir avec lui mais elle ne le suivra pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la tr\u00e8s jolie salle \u00e0 l\u2019italienne du th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e Louis-Jouvet, s\u2019ouvre un ch\u0153ur de vahin\u00e9s qui nous conte les plaisirs et les beaut\u00e9s de leur \u00eele. Le metteur en sc\u00e8ne (Olivier Dh\u00e9nin) place cet ensemble derri\u00e8re un rideau l\u00e9g\u00e8rement transparent les formes de ces chanteuses sont fantomatiques et intrigantes, impression que Loti a du ressentir \u00e0 son arriv\u00e9e. La mise en sc\u00e8ne est tr\u00e8s \u00e9pur\u00e9e, on trouve des \u00e9l\u00e9ments mobiles \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la sc\u00e8ne, coupl\u00e9s parfois \u00e0 des photos d\u2019\u00e9poque de Tahiti. Ce choix donne un aspect moderne \u00e0 un op\u00e9ra qui est tout \u00e0 fait traditionnel. On trouve des tableaux sc\u00e9niques tr\u00e8s bien compos\u00e9s, par exemple dans le troisi\u00e8me acte, au moment o\u00f9 Loti et Mah\u00e9nu doivent se marier sur le fond de la sc\u00e8ne, derri\u00e8re de grandes plaques transparentes bleues ou roses, danse des vahin\u00e9s avec des marins pendant que l\u2019action principale continue en avant-sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le livret est \u00e9crit par Andr\u00e9 Alexandre et Georges Hartman. La musique est interpr\u00e9t\u00e9e par l\u2019orchestre du Festival de Musique au pays de Pierre Loti, et dirig\u00e9 par Julien Masmondet. Marion Tassou est de loin la meilleure dans son r\u00f4le, la jeune soprano est excellente et passionn\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>L\u2019\u00eele du r\u00eave, <\/em>un op\u00e9ra traditionnel avec une intrigue tr\u00e8s classique sans grandes surprises, mais renouvel\u00e9e par une mise en sc\u00e8ne contemporaine qui sert efficacement les int\u00e9r\u00eats artistiques.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Arianna Bocca<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0[\u2026] cet \u00ab\u00a0instrument de musique de g\u00e9nie\u00a0\u00bb qui s&rsquo;appelle Reynaldo Hahn \u00e9treint tous les c\u0153urs, mouille tous les yeux, dans le frisson d&rsquo;admiration qu&rsquo;il propage au loin et qui nous fait trembler, nous courbe tous l&rsquo;un apr\u00e8s l&rsquo;autre, dans une silencieuse et solennelle ondulation des bl\u00e9s sous le vent.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marcel Proust<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans la somptueuse salle du th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e-Louis-Jouvet que l&rsquo;on a pu assister \u00e0 la repr\u00e9sentation de\u00a0<em>l&rsquo;Ile du r\u00eave<\/em>\u00a0de Reynaldo Hahn, une op\u00e9rette pleine de d\u00e9licatesse, mise en sc\u00e8ne par Olivier Dh\u00e9nin avec\u00a0l&rsquo;Orchestre du Festival Musiques au pays de Pierre Loti\u00a0dirig\u00e9 par Julien Masmondet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reynaldo Hahn est n\u00e9 \u00e0 Caracas en 1874, d&rsquo;une m\u00e8re v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne et d&rsquo;un p\u00e8re allemand. Il immigre t\u00f4t en France et montre tr\u00e8s vite de grandes aptitudes pour la musique. Il se fait alors un nom dans les salons parisiens qu&rsquo;il est bon de fr\u00e9quenter pour un jeune homme plein de talent et d&rsquo;ambition et il devient\u00a0rapidement l&rsquo;un des\u00a0compositeurs les plus renomm\u00e9s de la Belle \u00c9poque. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans ces salons que celui qu&rsquo;on aime \u00e0 appeler \u00ab\u00a0Le V\u00e9n\u00e9zu\u00e9lien de Paris\u00a0\u00bb fait la connaissance de Marcel Proust qui deviendra son amant et ami intime (il restera sans doute comme l&rsquo;un des \u00eatres que Proust aimait le plus ch\u00e8rement).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Reynaldo Hahn, au tout d\u00e9but de sa longue carri\u00e8re qui le m\u00e8nera jusqu&rsquo;\u00e0 diriger le prestigieux\u00a0<em>Op\u00e9ra de Paris<\/em>, choisit d&rsquo;adapter\u00a0<em>Le mariage de Loti<\/em>, roman autobiographique de Pierre Loti, inspir\u00e9 de ses voyages \u00e0 Tahiti, qu&rsquo;il pr\u00e9sente en trois actes \u00e0\u00a0<em>l&rsquo;Op\u00e9ra Comique<\/em>. On y retrouve d\u00e9j\u00e0 les grands th\u00e8mes qui parcourront l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre comme l&rsquo;exotisme, la m\u00e9lancolie mais aussi une certaine l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 p\u00e9tillante qui convient tellement \u00e0 l&rsquo;onirisme caract\u00e9ristique du roman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Hahn d\u00e9clarait n&rsquo;avoir qu&rsquo;un seul r\u00eave &#8211; en plus de \u00ab\u00a0pouvoir manger de la bonne cuisine sans engraisser\u00a0\u00bb &#8211; celui \u00ab\u00a0d&rsquo;avoir un c\u0153ur l\u00e9ger\u00a0\u00bb.\u00a0Dans sa repr\u00e9sentation, Olivier Dh\u00e9nin fait le choix de rendre compte de cet esprit d\u2019apesanteur si cher au musicien que Proust \u00e9voque avec gr\u00e2ce lorsqu&rsquo;il parle d\u2019\u00a0\u00ab\u00a0une silencieuse et solennelle ondulation des bl\u00e9s sous le vent\u00a0\u00bb. La mise en sc\u00e8ne est extr\u00eamement sobre et laisse la musique et les voix\u00a0\u00e0 elles seules emporter le spectateur dans l&rsquo;univers exotique de Loti o\u00f9 se m\u00ealent mythe occidental de la vahin\u00e9-enfant et fantasmes non avou\u00e9s. C&rsquo;est par le choix des costumes, par ailleurs\u00a0tr\u00e8s simples et \u00e0 l&rsquo;harmonie tr\u00e8s pure, que Olivier Dh\u00e9nin parvient \u00e0 apporter quelques touches de modernit\u00e9 \u00e0 cette composition.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Paul Facomprez<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\">Mon premier Op\u00e9ra. J\u2019ai une place dans une loge pr\u00e8s de la sc\u00e8ne, je suis \u00e0 deux pas du plus grand op\u00e9ra de Paris, l\u2019orchestre vient de la ville de mes ann\u00e9es de lyc\u00e9es\u2026 Bref, la soir\u00e9e devrait bien se d\u00e9rouler malgr\u00e9 mon retard.<\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\">J\u2019\u00e9coute et je regarde. J\u2019entends des roulements de R \u00e0 l\u2019infini et je vois des d\u00e9cors simplistes. Des chanteurs qui ne jouent pas et des acteurs qui ne chantent pas. Normal apr\u00e8s tout mais un je-ne-sais-quoi ne me pla\u00eet pas.<\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\">J\u2019entends dans une autre loge une femme s\u2019exprimait ainsi \u00e0 son mari\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est bien mais \u00e7a manque&#8230;\u00a0\u00bb. C\u2019est \u00e7a je ne m\u2019y connais pas en Op\u00e9ra mais ce soir ce que j\u2019entends manque d\u2019un quelque chose. Je l\u2019ai toujours imagin\u00e9 comme transportant\u00a0; comme la danse vous transporte, comme la musique, comme un livre, etc. Et ce soir je ne ressens rien, je suis passivement cette histoire d\u2019amour invraisemblable. En 2 phrases le personnage principale se fait influencer et change d\u2019avis. Elle finit par chanter en touchant le sol de tr\u00e8s pr\u00e8s avec son visage. Mon approche peut sembler satirique mais j\u2019avais plus envie de rire que de pleurer avec eux. Des trag\u00e9dies mise en sc\u00e8ne il y en a des milliers et m\u00eame si cela reste un genre qui peut facilement \u00eatre porter \u00e0 la com\u00e9die si il est mal jouer, il reste un sujet moderne. Le metteur en sc\u00e8ne a d\u2019ailleurs voulu moderniser cet op\u00e9ra par sa sc\u00e9nographie. L\u2019id\u00e9e des diff\u00e9rents plans, du bois et des vieilles photos \u00e9taient bonnes. La sc\u00e9nographie \u00e9tait belle mais simpliste et quand elle est accompagn\u00e9 d\u2019une histoire qui l\u2019est aussi on s\u2019ennuie rapidement. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que l\u2019histoire soit plus moderne ou que le jeu le soit. Cette fiche est parfaitement subjective, je ne peux que vous conseillez de voir cet op\u00e9ra pour vous forger votre propre avis.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Circ\u00e9 Malnoy<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vierge de toute exp\u00e9rience \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ra, c&rsquo;\u00e9tait ma premi\u00e8re fois. La rencontre avait lieu \u00e0 l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e Th\u00e9\u00e2tre Louis-Jouvet (Paris 9<sup>e<\/sup>). L&rsquo;appr\u00e9hension laissa place \u00e0 l&rsquo;intuition pour aborder <em>L&rsquo;\u00eele du r\u00eave<\/em>. Compos\u00e9e \u00e0 17 ans par Reynaldo Hahn, la pi\u00e8ce s&rsquo;inspire de l&rsquo;\u00e9crivain Pierre Loti et relate son voyage en Polyn\u00e9sie. L&rsquo;ivresse insulaire s&#8217;empare de celui qui d\u00e9couvre l&rsquo;abondance d&rsquo;une nature paradisiaque. Il est question d&rsquo;amour durant 1h15. Un jeu de s\u00e9duction croquant fait office de pr\u00e9liminaires. L&rsquo;histoire d&rsquo;amour d\u00e9chu de l&rsquo;\u00e9crivain avec une jeune polyn\u00e9sienne r\u00e9v\u00e8le ensuite une m\u00e9lancolie plus am\u00e8re. Finalement, le d\u00e9chirement puis la distance donnent un accent tragique \u00e0 la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&#8217;embl\u00e9e, je suis saisi par les performances vocales servies par une mise en sc\u00e8ne soign\u00e9e. La mise en lumi\u00e8re offre pour sa part un jeu d&rsquo;ombres subtil. Il s&rsquo;en d\u00e9gage une esth\u00e9tique bien que des \u00e9l\u00e9ments de la pi\u00e8ce paraissent m&rsquo;\u00e9chapper. Install\u00e9 dans la fosse orchestre qui est ma partenaire pour mon premier rapport \u00e0 l&rsquo;art lyrique, je t\u00e2tonne avant de rentrer dans la pi\u00e8ce. Le sc\u00e9nario demeure en effet difficile \u00e0 suivre. Une fois la premi\u00e8re demie-heure pass\u00e9e, je manque de d\u00e9crocher, la pi\u00e8ce me para\u00eet parfois ardue. A ce moment-l\u00e0 je n&rsquo;ai qu&rsquo;une envie, que le premier acte se termine le plus vite possible. Une dizaine de minutes plus tard, l&rsquo;entracte est ainsi la bienvenue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9anmoins, \u00e0 d\u00e9faut de tout comprendre, je me laisse doucement bercer par les sonorit\u00e9s envo\u00fbtantes. La m\u00e9lodie empreinte de notes bois\u00e9es et teint\u00e9e de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 m&#8217;emporte. Je c\u00e8de \u00e0 la tentation. L&rsquo;\u00e9vocation des parfums, des fleurs et des \u00e9toiles m&rsquo;enveloppe. <em>L&rsquo;\u00eele du r\u00eave<\/em> prend tout son sens. C&rsquo;est une surprenante invitation au voyage qui m&#8217;emporte vers un exotisme onirique. L&rsquo;\u00e9clat de sensations se r\u00e9v\u00e8le tout \u00e0 fait plaisant. Les effluves paradisiaques m&rsquo;ont doucement arrach\u00e9 \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, l\u00e0 est l&rsquo;essentiel. Toutefois, la r\u00e9sonance de quelques notes polyn\u00e9siennes demeure trop br\u00e8ve pour me combler. Si ma premi\u00e8re fois ne reste pas inoubliable, j&rsquo;en garderai un souvenir \u00e9mu. Gr\u00e2ce au plaisir de la d\u00e9couverte, je ne suis plus sot.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Valentin Thibaut-Sochay<\/h6>\n<pre>Photo : Ath\u00e9n\u00e9e Louis-Jouvet<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Op\u00e9ra | Ath\u00e9n\u00e9e Th\u00e9\u00e2tre Louis-Jouvet | En savoir plus L&rsquo;adaptation en un op\u00e9ra de trois actes du roman de Pierre Loti, Le mariage de Loti par Reynaldo Hahn et sa mise \u00e0 la sc\u00e8ne le samedi 10 d\u00e9cembre au Th\u00e9\u00e2tre Louis Jouvet, avec une mise [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":908,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,9,8],"tags":[],"class_list":["post-928","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-athenee-theatre-louis-jouvet","category-opera"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/928","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=928"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/928\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=928"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=928"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=928"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}