{"id":9282,"date":"2017-04-27T20:00:21","date_gmt":"2017-04-27T18:00:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=9282"},"modified":"2017-04-27T20:00:21","modified_gmt":"2017-04-27T18:00:21","slug":"le-syndrome-ian","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=9282","title":{"rendered":"Le syndrome ian"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/christian-rizzo-le-syndrome-ian\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Le syndrome Ian<\/em> est un spectacle de danse contemporaine qui s\u2019interroge sur les danses dites populaires, en s\u2019inspirant de la premi\u00e8re exp\u00e9rience du chor\u00e9graphe Christian Rizzo dans une bo\u00eete de nuit londonienne \u00e0 14 ans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense que cette\u00a0 exp\u00e9rience nous est effectivement offerte sur sc\u00e8ne. Les \u00e9clairages laissent une grande part de la sc\u00e8ne sombre avec des effets de fum\u00e9e et des lumi\u00e8res blanches dont les ampoules dessinent des sortes de grandes \u00e9toiles \u00e0 plusieurs branches. Ces \u00e9clairages sont d\u00e9plac\u00e9s discr\u00e8tement tout au long du spectacle en fonction du nombre de danseurs qui se trouvent sur sc\u00e8ne, ce qui a l&rsquo;avantage de cr\u00e9er plusieurs espaces et de jolis tableaux. La chor\u00e9graphie faite sur cette musique de club, avec des sons qui rendent hommage \u00e0 Ian Curtis, est assez r\u00e9p\u00e9titive mais entra\u00eenante. Je pense que le pari de mettre une bo\u00eete de nuit sur sc\u00e8ne est r\u00e9ussi car les spectateurs ont vite envie de rejoindre les danseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant il faut aimer ce genre de musique et le c\u00f4t\u00e9 un peu r\u00e9p\u00e9titif du spectacle malgr\u00e9 de tr\u00e8s belles chor\u00e9graphies. Le spectacle s&rsquo;ouvre notamment sur des trios et des duos qui s&rsquo;enlacent ce qui est en soi une assez belle sc\u00e8ne mais qui s&rsquo;\u00e9tend \u00e0 mon avis un peu trop. La longueur de ce genre de passages fait qu&rsquo;il m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 vraiment difficile de rentrer totalement dans le spectacle, je pense avoir souvent d\u00e9croch\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De plus je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement r\u00e9ceptive \u00e0 l&rsquo;ajout de certains \u00e9l\u00e9ments, notamment celui de monstres faits de poils noirs qui guettaient et encerclaient petit \u00e0 petit les danseurs restant sur sc\u00e8ne. Tout un groupe de montres finit par se former jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;une danseuse se d\u00e9fasse de ce costume en r\u00e9v\u00e9lant ses v\u00eatements color\u00e9s. Il s\u2019agissait peut \u00eatre d\u2019une illustration des montres de la nuit qui nous guettent, pourtant m\u00eame sans explication c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t intriguant et int\u00e9ressant \u00e0 mettre en sc\u00e8ne \u00e0 mon avis comme \u00e9l\u00e9ment oppressant la joie qui accompagne les danseurs dans leurs mouvements. Je pense que c&rsquo;est surtout cela qui \u00e9tait vraiment appr\u00e9ciable dans le spectacle: l&rsquo;\u00e9nergie des danseurs, leur apparente bonne humeur et l&rsquo;impression que l\u2019on aurait pu rencontrer ces duos dans une f\u00eate ce qui cr\u00e9ait une r\u00e9elle proximit\u00e9 avec le public.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Chlo\u00e9 Bories<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">3\u00e8me chapitre d\u2019une histoire qui a d\u00e9but\u00e9 en 2013 avec D\u2019apr\u00e8s une histoire vraie, Le syndrome Ian, nous plonge du 26 au 28 avril 2017, dans l\u2019univers electro-pop du clubbing. Un an apr\u00e8s avoir r\u00e9invent\u00e9 la danse de couple dans Ad noctum, Christian Rizzo, directeur du centre chor\u00e9graphique national de Montpellier, investit la sc\u00e8ne du th\u00e9\u00e2tre National Chaillot et nous envo\u00fbte cette fois encore, par une mise en sc\u00e8ne hypnotique et branch\u00e9e. Plus question de se concentrer\u00a0: l\u00e2chez prise, \u00e9coutez ces rythmes \u00e9lectromagn\u00e9tiques, perdez-vous et regardez ces jeunes danseurs consumer avec intensit\u00e9 cette vie nocturne \u00e9tourdissante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils sont neuf danseurs. Initialement regroup\u00e9s au centre de cette sc\u00e8ne ovale r\u00e9ajust\u00e9e, ils se dispersent progressivement pour former tant\u00f4t des duos, tant\u00f4t des trios mais, ils ondulent de fa\u00e7on trop saccad\u00e9e pour reconnaitre les particularit\u00e9s d\u2019une seule danse. La musique est faible et seul un rythme prononc\u00e9 se fait entendre. Puis, le son augmente et des tonalit\u00e9s de plus en plus \u00e9lectris\u00e9es s\u2019ajoutent \u00e0 un son d\u00e9j\u00e0 artificiel et magn\u00e9tique. Sur cette sc\u00e8ne de bois clair, les corps se partagent autant que l\u2019espace sc\u00e9nique, on alterne de partenaire et on s\u2019entrelace sensuellement dans un mouvement langoureux imm\u00e9diatement contredit par un geste anguleux. Cette dualit\u00e9 physique, cette incapacit\u00e9 de choisir entre deux adresses physiques, intrigue autant qu\u2019elle fascine. Les allures ultramodernes de leurs d\u00e9hanch\u00e9s sous-entendent en r\u00e9alit\u00e9 un m\u00e9lange de genres musicaux d\u00e9couverts en 1979. <em>Le Syndrome Ian<\/em> est alors le fruit d\u2019une p\u00e9riode musicale charni\u00e8re, divis\u00e9e entre deux oppos\u00e9s, o\u00f9 les gestes herm\u00e9tiques et abstraits de la <em>pos<\/em>t<em>-punk<\/em> et <em>new wave<\/em> viennent perturber la sensualit\u00e9 des mouvements circulaires et <em>groovy<\/em> d\u2019un disco enivrant. Il donne \u00e0 voir ce qu\u2019il a d\u00e9couvert alors qu\u2019il fr\u00e9quentait ce club londonien pour la premi\u00e8re fois\u00a0: deux mondes radicalement distincts qui \u00e9voluent conjointement. Ainsi, le public se retrouve plong\u00e9 dans l\u2019atmosph\u00e8re d\u2019une boite de nuit et assiste \u00e0 un pur moment de vie. Proposer une vision de cette vie noctambule, chor\u00e9graphier le microcosme du clubbing, c\u2019est introduire l\u2019Art, la beaut\u00e9 et le sens dans un monde \u00e9nigmatique et cach\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le choix des tenues co\u00efncide avec la sph\u00e8re anonyme du clubbing. Tous v\u00eatus de noir et de blanc, il est impossible de les dissocier et d\u2019imaginer une personnalit\u00e9 quelconque, \u00e0 travers ces corps en mouvement m\u00eame si leur \u00e2ge, leur genre, leur taille, leur couleur de peau impose une distinction. Mais parfois, ce bloc humain aveugle et imp\u00e9n\u00e9trable laisse parfois les corps se singulariser permettant ainsi de percevoir certains aspects de leur unicit\u00e9. Ils sont proches de la trance voire de l\u2019\u00e9pilepsie g\u00e9n\u00e9rale. En effet le souvenir d\u2019Ian Curtis, chanteur mythique du groupe de rock <em>Joy Division<\/em>, plane sur sc\u00e8ne. Les danseurs semblent ne pas avoir de limite, ils transmettent une \u00e9nergie, une vivacit\u00e9 de corps et d\u2019esprit qui fait du bien. <em>Le Syndrome Ian<\/em> est une bouff\u00e9e d\u2019air chaud et d\u00e9poss\u00e8de d\u2019un quelconque esprit logique car il ne s\u2019agit pas d\u2019analyser mais de percevoir l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit m\u00eame du chor\u00e9graphe\u00a0: <em>\u00ab tenter, quoiqu&rsquo;il arrive, de danser sur les ruines d&rsquo;une nuit \u00e0 jamais dissip\u00e9e \u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le temps d\u2019une petite heure, les quelques neufs clubber se d\u00e9m\u00e8nent dans un environnement presque fantomatique. Le d\u00e9cor est froid et rappelle cette <em>post-punk<\/em> hostile. Dans cette sorte d\u2019entrep\u00f4t aust\u00e8re, des lumi\u00e8res blanch\u00e2tres sortent de grandes \u00e9toiles m\u00e9talliques, les couleurs vives sont absentes et les formes circulaires laissent place \u00e0 des lignes saillantes. Il y a aussi cette constellation de points blanc phosphorescents qui tapissent le fond de la sc\u00e8ne et qui rappellent cet environnement nocturne pour lui donner son aspect magique. Mais, si le gris, le noir ou le blanc dominent largement la sc\u00e8ne, quelques faisceaux lumineux jaunes ou cuivr\u00e9s s\u2019imposent parfois pour redonner \u00e0 cette atmosph\u00e8re inhospitali\u00e8re cette fi\u00e8vre que l\u2019on se souvient avoir v\u00e9cu les samedis soir. Le disco reprend le dessus avant d\u2019\u00eatre de nouveau balay\u00e9 par la <em>new-wave<\/em>. Or, il ne s\u2019agit pas d\u2019un affrontement entre les deux mais plut\u00f4t un essai permanent pour les faire coexister. Visuellement splendide, ce d\u00e9cor \u00e9volue au rythme des danseurs. Ils s\u2019approprient leur espace et poussent ces projecteurs luminescents de sorte \u00e0 faire varier les propositions lumineuses. \u00a0Et puis, il y a cette fum\u00e9e qui s\u2019\u00e9parpille nonchalamment sur ces corps tant\u00f4t lascifs, tant\u00f4t angulaires. Leurs gestes s\u2019incorporent alors \u00e0 cette fum\u00e9e \u00e9parse pour finalement les faire dispara\u00eetre avec po\u00e9sie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cette atmosph\u00e8re grave et pesante, s\u2019ajoute l\u2019\u00e9tranget\u00e9 des personnages au costume verd\u00e2tre \u00e0 long poils qui rappellent les tenues de camouflage militaire. Pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne \u00e0 tour de r\u00f4le, ils sont cinq, observent les danseurs se d\u00e9fouler inconscients, imprudents, se meuvent lentement sans \u00eatre vus. Ils \u00e9vincent progressivement les jeunes danseurs pour se poser triomphalement, face au public. Ils se balancent nonchalamment pour finir par tomber brusquement et ne se relever que difficilement. Probable incarnation visuelle de la mort, \u00e9nigmatique et sourde, elle vient rappeler \u00e0 ces jeunes \u00e2mes paum\u00e9es une r\u00e9alit\u00e9 oubli\u00e9e en ces moments d\u2019exaltation intense. Les ann\u00e9es 80 approchent, le virus de sida aussi, les drogues circulent, Ian Curtis se suicide. Et, parce que tous les mouvements corporels ont un sens, ceux-l\u00e0 ne peuvent traduire que l\u2019incapacit\u00e9 de ces jeunes hommes et femmes \u00e0 faire face, \u00e0 cet \u00e9l\u00e9ment trouble-f\u00eate incontestable. Une seule jeune femme s\u2019en sortira, elle s\u2019extirpe de ce costume difforme, et habill\u00e9e pour la premi\u00e8re fois de couleurs, elle redonne une touche d\u2019espoir \u00e0 ce final mortif\u00e8re.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Laura-Line Fady<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Le jeudi 27 Avril, je suis all\u00e9e au spectacle intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Le syndrome Ian\u00a0\u00bb. Ce dernier a d\u00e9but\u00e9 \u00e0 19h30 pr\u00e9cise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par Christiano Rizzo, qui s&rsquo;est occup\u00e9 de la chor\u00e9graphie, de la sc\u00e9nographie et des costumes. La musique fut compos\u00e9e par P\u00e9n\u00e9lope Michel et Nicolas Devos.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;objectif de Christiano Rizzo \u00e9tait de recr\u00e9er l&rsquo;ambiance des soir\u00e9es de clubbing.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique se composait d&rsquo;un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de musique \u00e9lectro, de house, de techno, de musique \u00e9lectroacoustique et d&rsquo;autres styles. Le tout \u00e9tait savamment m\u00e9lang\u00e9 \u00e0 coup de mixage sonore faisant la liaison des diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments sonores, les superposant aussi. De courts motifs se r\u00e9p\u00e9taient sur le mod\u00e8le du minimalisme am\u00e9ricain. Petit \u00e0 petit, une rythmique lancinante commen\u00e7a \u00e0 \u00e9merger, pulsant sous les motifs r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Rapidement, la musique assez statique du d\u00e9but devint entra\u00eenante, s&rsquo;amplifiant progressivement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La chor\u00e9graphie m&rsquo;a paru tr\u00e8s \u00e9trange au d\u00e9but. Les danseurs et danseuses \u00e9taient v\u00eatus d&rsquo;un t-shirt blanc, d&rsquo;un pantalon fonc\u00e9 et de baskets. Il \u00e9tait assez difficile de distinguer les gar\u00e7ons des filles\u00a0; ils avaient tous les cheveux l\u00e2ch\u00e9s, et une attitude d\u00e9contract\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle commen\u00e7a sur une diffusion de sons mix\u00e9s. Les danseurs \u00e9taient r\u00e9partis par petits groupes sur la sc\u00e8ne. Leurs mouvements \u00e9taient limit\u00e9s \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, et ils se tenaient tr\u00e8s proches les uns des autres. Les groupes \u00e9voluaient par mouvement d\u00e9synchronis\u00e9s, projetant une vision d&rsquo;ensemble mouvante et \u00e9volutive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Petit \u00e0 petit, la musique commen\u00e7a \u00e0 s&rsquo;amplifier, et \u00e0 devenir plus rythm\u00e9e. En parall\u00e8le, les gestes des danseurs devinrent plus larges, plus engag\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les mouvements r\u00e9p\u00e9titifs restaient relativement simples et syst\u00e9matiques. Les pas des danseurs n&rsquo;\u00e9taient pas ce \u00e0 quoi le spectateur portait attention. En effet, c&rsquo;\u00e9taient les interactions entre les danseurs et les mouvements des diff\u00e9rents groupes g\u00e9rant l&rsquo;espace qui construisaient la beaut\u00e9 du spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9s le d\u00e9but du spectacle, une personne v\u00eatue d&rsquo;un costume noir couvert de poils se tenait sur le c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne immobile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours du spectacle, ces figures sombres immobiles devinrent de plus en plus nombreuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vers la fin du spectacle, les danseurs furent remplac\u00e9s par ces personnes v\u00eatues de costumes noirs. Ces derni\u00e8res dansaient sur place en effectuant des torsions, tombaient \u00e0 terre, puis se relevaient lentement, cr\u00e9ant une ambiance assez morbide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la fin de la repr\u00e9sentation, les danseurs costum\u00e9s finirent tous couch\u00e9s \u00e0 terre. Seule une danseuse se mit debout, enleva son costume pour r\u00e9v\u00e9ler une tenue aux couleurs vives. Sur une musique hard rock, elle se mit \u00e0 s&rsquo;agiter et se d\u00e9mener en tous sens, agitant sa chevelure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Puis, la lumi\u00e8re s&rsquo;\u00e9teignit, pour laisser le spectateur dans le noir. La musique quant \u00e0 elle, effectua un crescendo magistral et s&rsquo;arr\u00eata brusquement, le tout dans le noir complet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;\u00e9tait de fait, un spectacle tr\u00e8s surprenant, original et dont la beaut\u00e9 r\u00e9sidait dans la gestion de l&rsquo;espace, les interactions et la mouvance des disposition.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\"><strong>\u00a0<\/strong>Oph\u00e9lie Lacondemine<\/h6>\n<hr \/>\n<p>Jeudi 27 avril 2017, 19h30, entr\u00e9e au club. Un peu t\u00f4t dirait-on. Cette fois je ne danse pas, j&rsquo;observe. C&rsquo;est en r\u00e9alit\u00e9 dans la salle Jean Vilar du Th\u00e9\u00e2tre de Chaillot que prend place <em>le<\/em> s<em>yndrome ian<\/em>, dernier spectacle de Christian Rizzo mettant en sc\u00e8ne la danse de club. Dans cette repr\u00e9sentation, Chistian Rizzo se rappelle de sa premi\u00e8re fois en club dans le Londres de 1979. Il a quatorze ans et est \u00e9merveill\u00e9 par ces corps bougeant en musique. C&rsquo;est dans une optique de d\u00e9fi de rendre toute sa beaut\u00e9 \u00e0 cette danse populaire qu&rsquo;il la pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne, lui offrant ainsi une grande reconnaissance.<\/p>\n<p>Haut blanc, bas noir,pour les neuf danseurs\u00a0; dress code de la soir\u00e9e ou symbole de l&rsquo;unit\u00e9 form\u00e9e par les clubbeurs acharn\u00e9s\u00a0? Les corps emm\u00eal\u00e9s s&rsquo;animent au ralenti sur une musique en sourdine. Ce noyau humain se d\u00e9fait et les \u00e9lectrons libres se dispersent. En duo certains se retrouvent et ne font plus qu&rsquo;un. Ces couples fusionnent dans l&rsquo;intimit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e par le son \u00e9lectronique. Pour s&rsquo;exprimer, les corps ont besoin du rythme enivrant de la musique. Ils semblent vouloir se joindre \u00e0 d&rsquo;autres pour fusionner et ressentir l&rsquo;osmose avec l&rsquo;\u00e9tranger. Certaines fois c&rsquo;est en sym\u00e9trie et en cadence qu&rsquo;ils s&rsquo;\u00e9lancent, s&rsquo;entra\u00eenant les uns les autres. D&rsquo;autres fois, c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart qu&rsquo;ils ondulent leur corps sans pr\u00eater attention au reste du groupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais qu&rsquo;elle est donc cette ombre observatrice \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart que l&rsquo;on met du temps \u00e0 apercevoir\u00a0? Elle est hors piste comme spectatrice, comme nous. Une seule ombre\u00a0? Mais non deux&#8230; trois&#8230; une multitude. Elles aussi se prennent finalement au rythme des sons. Elles semblent \u00eatre l&rsquo;\u00e2me du spectateur voulant rejoindre lui aussi \u00e0 cette musique addictive. Puis elles retombent tels des f\u0153tus et se reforment. Elles sont comme une \u00e9ternelle renaissance du corps par la musique.<\/p>\n<p>Les trois structures mobiles en forme de soleil \u00e9clairant la piste semblent illustrer la journ\u00e9e des clubbeurs qui commence en pleine nuit et ne termine qu&rsquo;au lever du jour. Les artistes les d\u00e9placent pour r\u00e9duire l&rsquo;espace de la piste. Les corps doivent alors se r\u00e9adapter \u00e0 ce nouvel environnement, plus confin\u00e9 et cohabiter sans jamais se g\u00eaner.<\/p>\n<p>Qu&rsquo;est ce que ce syndrome Ian\u00a0? A l&rsquo;origine, Ian Curtis, le chanteur de Joy Division fascine par sa danse \u00e9pileptique. Alors que certains le pensaient sous drogue, il laissait simplement son corps \u00eatre absorb\u00e9 par la musique. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois que je me trouve dans cette situation de spectateur de club. D&rsquo;habitude nous sommes sur la piste \u00e0 faire jouer nos corps au rythme des <em>beats<\/em>, \u00e0 se laisser envo\u00fbter par un tempo tribal. Cette fois-ci nous observons ces corps se mettre en mouvement, s&rsquo;aimanter et s&rsquo;\u00e9manciper. Christian Rizzo r\u00e9ussit \u00e0 nous placer dans une nouvelle dimension en proposant une \u00e9tonnante exploration de soi. Avis aux clubbeurs, venez analyser vos corps qui se d\u00e9sarticulent lentement, qui se s\u00e9parent de la masse pour prendre de l&rsquo;ampleur. Captivant.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Louise Le Danvic<\/h6>\n<pre>Photo : Marc Coudrais<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus Le syndrome Ian est un spectacle de danse contemporaine qui s\u2019interroge sur les danses dites populaires, en s\u2019inspirant de la premi\u00e8re exp\u00e9rience du chor\u00e9graphe Christian Rizzo dans une bo\u00eete de nuit londonienne \u00e0 14 ans. 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