{"id":9290,"date":"2017-04-29T20:00:45","date_gmt":"2017-04-29T18:00:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=9290"},"modified":"2017-04-29T20:00:45","modified_gmt":"2017-04-29T18:00:45","slug":"ocd-love","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=9290","title":{"rendered":"OCD Love"},"content":{"rendered":"<p>Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | <a href=\"http:\/\/theatre-chaillot.fr\/sharon-eyal-gai-behar-house\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est dans le Grand Foyer du Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot que les spectateurs prennent place, attendant avec impatience de d\u00e9couvrir <em>OCD Love<\/em>, le spectacle cr\u00e9\u00e9 par Sharon Eyal et Gai Behar, dont c\u2019est la premi\u00e8re en France. La chor\u00e9graphe et danseuse Sharon Eyal, apr\u00e8s vingt ans de carri\u00e8re \u00e0 la fameuse Batsheva Dance Company, a co-fond\u00e9 avec Gai Behar la compagnie L-E-V en 2013, qui signifie <em>coeur<\/em> en h\u00e9breu. Son collaborateur artistique est l\u2019une des figures de la sc\u00e8ne nocturne et des arts vivants de Tel Aviv. Le duo est rejoint par le DJ montant Ori Lichtik, qui a compos\u00e9 la musique. Les six danseurs de la L-E-V explorent l\u2019\u00e9tat obsessionnel et compulsif li\u00e9 \u00e0 l\u2019amour\u00a0: OCD renvoie \u00e0 <em>Obsessive-Compulsive Disorder<\/em>. La chor\u00e9graphe isra\u00e9lienne s\u2019est inspir\u00e9e du texte \u00e9ponyme du slammeur Neil Hilborn, po\u00e8te souffrant de troubles obsessionnels compulsifs, qui raconte comment la passion a pu venir \u00e0 bout de ses TOC, mais aussi comment cet amour est lui-m\u00eame devenu une obsession.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 les lenteurs du d\u00e9but du spectacle, o\u00f9 l\u2019une des danseuses est seule sur sc\u00e8ne, on est vite capt\u00e9 par la fougue et la ma\u00eetrise des corps des danseurs. Toutefois, c\u2019est au bout d\u2019une vingtaine de minutes de spectacle, lorsque les six danseurs sont r\u00e9unis, que l\u2019on est v\u00e9ritablement pris dans un raz-de-mar\u00e9e d\u2019intensit\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 la fin du spectacle. Ce sont donc trente-cinq minutes d\u2019ensorc\u00e8lement, au cours desquelles la danse transcende toute cat\u00e9gorie : chacun des danseurs \u2013 six silhouettes muscl\u00e9es et athl\u00e9tiques \u2013 se meut de mani\u00e8re obsessive et excessive, entre pulsions et transe, sur fond de musique \u00e9lectronique, qui donne envie aux spectateurs de se lever. Les interpr\u00e8tes font r\u00e9sonner leurs \u00e9nergies, de mani\u00e8re \u00e0 ce que le public soit poss\u00e9d\u00e9 lui aussi. En effet, la puissance de la danse devient contagieuse et d\u00e9borde de la sc\u00e8ne. Les danseurs, par leurs gestuelles, offrent au public des tableaux harmonieusement agenc\u00e9s o\u00f9 les muscles se d\u00e9ploient. Les corps sont poss\u00e9d\u00e9s et agit\u00e9s, ils imitent le d\u00e9membrement physique dans une forme d\u2019animalit\u00e9 soutenue par la synchronisation des mouvements. Les costumes noirs d\u2019Odelia Arnold mettent bien en valeur les corps sculpt\u00e9s des danseurs, tandis que les \u00e9clairages de Thierry Dreyfus cr\u00e9ent un jeu d\u2019ombres et de lumi\u00e8res. Le public est conquis\u00a0: les danseurs font vibrer la salle, qui applaudit chaleureusement \u00e0 la fin du spectacle. Une r\u00e9serve toutefois : le Grand Foyer ne semble pas \u00eatre la salle id\u00e9ale pour un tel spectacle (pourtant annonc\u00e9 dans la salle Jean Vilar sur le prospectus). Tout en longueur, la salle, o\u00f9 les spectateurs sont tous assis \u00e0 la m\u00eame hauteur, donne plut\u00f4t l\u2019impression d\u2019un pr\u00e9au o\u00f9 l\u2019on irait voir un spectacle scolaire de fin d\u2019ann\u00e9e. La chor\u00e9graphie ne tire parti ni de l\u2019architecture de la salle, ni de la disposition des spectateurs des deux c\u00f4t\u00e9s de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Margaux Alexandre<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque Sharon Eyal et Gai Behar con\u00e7oivent <em>OCD Love<\/em>, leur \u00ab\u00a0premi\u00e8re vraie cr\u00e9ation\u00a0\u00bb comme le dit Sharon Eyal, ils \u00e9crivent l\u2019histoire de l\u2019amour et du manque amoureux. La passion, c\u2019est non seulement le th\u00e8me de l\u2019\u0153uvre, mais aussi ce qui guide les cr\u00e9ateurs qui indiquent qu\u2019<em>OCD Love<\/em> leur \u00ab\u00a0vient des tripes\u00a0\u00bb. La repr\u00e9sentation est sombre\u00a0; ce n\u2019est pas un amour heureux et sans \u00e0-coups qui y est cont\u00e9, mais au contraire un amour qui n\u2019est pas coordonn\u00e9, dans lequel les partenaires se font plus de mal que de bien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>OCD Love<\/em>, dans\u00e9 par L-E-V Danse Company, est pr\u00e9sent\u00e9 du 26 au 29 avril 2017 au th\u00e9\u00e2tre national de la danse Chaillot. C\u2019est un spectacle en tension entre douceur et violence qui se d\u00e9voile aux yeux de spectateurs conquis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cr\u00e9ateurs prennent le parti de souligner l\u2019obscurit\u00e9 du th\u00e8me. Les danseurs sont tous v\u00eatus de noir et leurs habits, d\u00e9pareill\u00e9s, refl\u00e8tent les irr\u00e9gularit\u00e9s de l\u2019amour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sons et lumi\u00e8res connaissent une intensification progressive qui permet \u00e0 la repr\u00e9sentation de gagner en rythme. On passe ainsi du battement d\u2019un m\u00e9tronome au d\u00e9but de l\u2019\u0153uvre \u00e0 une puissante et envoutante musique, ponctuellement relev\u00e9e par les sifflements des danseurs. La musique accompagne les expressions faciales des artistes ainsi que leurs d\u00e9placements (\u00e0 l\u2019instar de l\u2019arriv\u00e9e sur sc\u00e8ne simultan\u00e9e de quatre danseurs), sauf lorsque la mise en sc\u00e8ne exige la d\u00e9synchronisation pour mieux rappeler le malheur amoureux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Onirique lorsque deux femmes dansent, guerri\u00e8re quand ce sont deux hommes, festive quand ils sont trois, angoissante si un homme est seul, l\u2019ambiance cr\u00e9\u00e9e prend plusieurs formes, mais est toujours port\u00e9e par les musiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette sc\u00e9nographie sert \u00e0 merveille la performance des six danseurs, trois femmes et trois hommes. Le spectacle donne \u00e0 chacun l\u2019occasion de faire montre de son talent. En effet, \u00e0 chaque tableau un danseur se d\u00e9marque des cinq autres, dansant en solo tandis que les autres m\u00e8nent une m\u00eame danse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de leurs d\u00e9placements tranche avec la sombreur du th\u00e8me. A plusieurs reprises, les danseuses semblent ainsi prendre leur envol, se mouvant avec la prestesse et la frivolit\u00e9 d\u2019oiseaux. Cette dimension a\u00e9rienne est nourrie par les larges mouvements de bras des danseurs. Toutefois, cette virtuosit\u00e9 ne saurait masquer un aspect plus sombre de cette performance. Les visages des danseurs restent ainsi souvent ferm\u00e9s et fermes. La perdition de l\u2019amour se refl\u00e8te dans celle de l\u2019homme. Effectivement, au fur et \u00e0 mesure du spectacle se dessine une m\u00e9canisation des corps, au d\u00e9part si souples. Ainsi, un homme est pris de spasmes r\u00e9guliers qui lui donnent des airs de robot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les corps sont envoutants, particuli\u00e8rement le dos du premier homme \u00e0 s\u2019\u00e9lancer sur sc\u00e8ne et qui s\u2019apparente \u00e0 une sculpture rodinienne prenant vie. La danse des artistes est ponctu\u00e9e de cris et autres sons du corps (les danseurs se frappent le torse) qui dynamisent encore le spectacle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les spectateurs, situ\u00e9s de part et d\u2019autre de la sc\u00e8ne et sur des si\u00e8ges plus ou moins hauts de sorte qu\u2019il n\u2019y ait pas de laiss\u00e9 pour compte, ovationnent le travail des artistes, \u00e0 la fois de la cr\u00e9atrice, des \u00e9quipes et des danseurs. S\u2019ils sont rest\u00e9s silencieux tout au long du spectacle, plong\u00e9s dans une admiration et un respect certains des artistes, plusieurs rappels et autres \u00ab\u00a0bravo\u00a0\u00bb et sifflements acclament ces derniers \u00e0 la fin de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Aurore Denimal<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify;\">Il parait qu\u2019il est plus facile de critiquer que dire du bien de quelque chose. Mais bizarrement, j\u2019ai eu du mal \u00e0 appr\u00e9cier OCD Love et.. c\u2019est compliqu\u00e9 \u00e0 expliquer. C\u2019est pourquoi je ne vais pas m\u2019attarder sur le concept de la repr\u00e9sentation mais rentrer directement dans le vif du sujet.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify;\">La danse tout d\u2019abord. La premi\u00e8re partie de la repr\u00e9sentation est constitu\u00e9e d\u2019un couple qui avance lentement, de mani\u00e8re tr\u00e8s raide. Ce n\u2019est ni esth\u00e9tique, ni une prouesse technique. A vrai dire c\u2019est un peu ennuyant. Mais ce qui m\u2019a le plus ennuy\u00e9 c&rsquo;est que la danseuse n\u2019\u00e9tait ni raide, ni souple. Compar\u00e9e \u00e0 son partenaire &#8211; un vrai piquet &#8211; elle contrastait, m\u2019emp\u00eachant de rentrer dans la proposition. Je ne dis pas qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une mauvaise danseuse, loin de l\u00e0. Mais cela rendait encore plus difficile l\u2019immersion dans la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify;\">Le reste de la performance, et notamment les chor\u00e9graphies de groupe m\u2019ont beaucoup plus enthousiasm\u00e9es, de m\u00eame que le duo entre deux danseurs. Visuellement c\u2019\u00e9tait beau, un peu d\u00e9rangeant mais tr\u00e8s esth\u00e9tique. Il n\u2019y avait pas l\u2019impression de d\u00e9j\u00e0 vu de la premi\u00e8re partie mais au contraire, j\u2019avais l\u2019impression de d\u00e9couvrir un univers, une sensibilit\u00e9. Etant n\u00e9ophyte ce point de vue est cependant tr\u00e8s personnel. L\u2019autre aspect qui m\u2019a beaucoup int\u00e9ress\u00e9 \u00e9tait la posture des danseurs. Ils \u00e9taient plus que de simples ex\u00e9cutants, plus que des artistes performeurs. Ils \u00e9taient \u00e0 la fois mimes et chefs d\u2019orchestre. Dirigeant et subissant la musique.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify;\">La musique d\u2019ailleurs est le dernier point, que je souhaite aborder. Et peut-\u00eatre celui qui m\u2019a le moins s\u00e9duite. Il y avait d\u00e9finitivement une volont\u00e9 de cr\u00e9er un lien fort entre les danseurs et la musique, comme lorsqu\u2019ils semblaient devoir jouer du violon \u00e0 l\u2019infini, tentant la pose des musiciens pendant de longues minutes ce qui &#8211; pour ceux qui ont essay\u00e9- est tr\u00e8s douloureux. R\u00e9p\u00e9titive, lancinante, rythm\u00e9e, on sentait qu\u2019il \u00e9tait important mais impossible de comprendre pourquoi. A part quelques moments, notamment quand les cordes prennent le dessus, il \u00e9tait impossible de dire en quoi c\u2019\u00e9tait un \u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 de la repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p class=\"Corps\" style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9sum\u00e9, OCD Love m\u2019a laiss\u00e9 dubitative. J\u2019ai aim\u00e9 sans vraiment savoir pourquoi alors que la plupart du temps, j\u2019avais l\u2019impression de regarder une parodie de spectacle moderne. Si c\u2019\u00e9tait le cas, s\u2019il s\u2019agissait de d\u00e9noncer les pseudos spectacles artistiques qui se ressemblent tous c\u2019\u00e9tait parfait. Dans le cas contraire j\u2019ai eu un sentiment global d\u2019inach\u00e8vement, car extraits de la performance globale, certains moments \u00e9taient magnifiques. Mais au final, j\u2019ai trouv\u00e9 qu\u2019il y avait un probl\u00e8me de coh\u00e9rence. On en ressort frustr\u00e9 car il y avait du potentiel. Ou est-ce parce que ce spectacle \u00e9tait trop moderne, trop profond pour que l\u2019on comprenne et qu\u2019on est pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<h6 class=\"Corps\" style=\"text-align: right;\">H\u00e9lo\u00efse Dung<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019amour est un mal connu de tous temps, et la compagnie isra\u00e9lienne Batsheva Dance Company en a donn\u00e9 une interpr\u00e9tation ce samedi 29 avril 2017 au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je vais \u00eatre franche d\u00e8s le d\u00e9but\u00a0de cette critique : je n\u2019ai gu\u00e8re appr\u00e9ci\u00e9 la repr\u00e9sentation, et finalement j\u2019ai appr\u00e9ci\u00e9 que cela ne dure \u00ab\u00a0que\u00a0\u00bb 55 minutes. Une troupe de 6 danseurs, de 3 filles et 3 gar\u00e7ons, \u00e9tait sur sc\u00e8ne. La mise en sc\u00e8ne \u00e9tait tr\u00e8s simple\u00a0: le public se trouvait de deux c\u00f4t\u00e9s de la sc\u00e8ne, aucun d\u00e9cor et les danseurs avaient tous des costumes diff\u00e9rents, mais tous les tissus \u00e9taient noirs. Un d\u00e9but un peu trop long \u00e0 mon gout avec une seule danseuse r\u00e9p\u00e9tant les m\u00eames mouvements. Puis les autres danseurs arrivent, la musique devient plus intense et l\u2019histoire commence \u00e0 se dessiner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un personnage s\u2019est plus diff\u00e9rencier au long du spectacle\u00a0: celle qui \u00e9tait malade. En effet <em>OCD<\/em> veut dire <em>Obsessive Compulsive Disorder<\/em>, ce qui se traduit par une personne qui a des tocs, qui est bipolaire, et ici \u00e0 cause de l\u2019amour. La metteuse en sc\u00e8ne, Sharon Eyal explique sur le site du th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot ceci\u00a0: \u00ab\u00a0Je vois tout tr\u00e8s sombre dans cette pi\u00e8ce, sombre et dans l\u2019ombre. Toi et ton ombre qui danse. Le travail est tr\u00e8s largement inspir\u00e9 du texte\u00a0<em>OCD<\/em><em>\u00a0<\/em>de Neil Hilborn. Ce texte est particuli\u00e8rement fort pour moi, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019il me refl\u00e8te \u00e9norm\u00e9ment. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque tous les danseurs \u00e9taient sur sc\u00e8ne ils se rassemblaient souvent par deux pour donner leur interpr\u00e9tation de l\u2019amour, un amour bon ou conflictuel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les moments que j\u2019ai le plus appr\u00e9ci\u00e9 sont quand les danseurs dansaient tous ensemble de mani\u00e8re synchrone et au moment o\u00f9 on voyait un personnage se d\u00e9tacher du groupe, c\u2019est-\u00e0-dire o\u00f9 le trouble revenait.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Charlotte Dutron<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 29 avril 2017 j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de voir le spectacle de danse <em>OCD Love <\/em>de Sharon Eyal et Gai Behar. Il s&rsquo;agissait de la derni\u00e8re repr\u00e9sentation au th\u00e9\u00e2tre de Chaillot de ce spectacle qui \u00e9tait produit en France pour la premi\u00e8re fois et dont une suite, <em>Love Chapter 2<\/em>, est pr\u00e9vue pour le festival Montpellier Danse au mois de juillet. La chor\u00e9graphe, Sharon Eyal, a dans\u00e9 dans la Batsheva Dance Company de 1990 \u00e0 2008 avant de fonder sa propre compagnie, L E V Dance Company, avec son compagnon Gai Behar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>OCD Love <\/em>fait intervenir sur sc\u00e8ne six danseurs, trois hommes et trois femmes, habill\u00e9s en body noir pour les femmes et torse nu pour les hommes. La th\u00e9matique de cette cr\u00e9ation est frontalement annonc\u00e9e par le titre\u00a0: \u00ab\u00a0OCD Love\u00a0\u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence aux troubles obsessionnels compulsifs dans un cadre amoureux. La pi\u00e8ce explore les \u00e9tats possibles du corps tortur\u00e9 par un amour obsessionnel\u00a0: les danseurs se d\u00e9sarticulent, se d\u00e9ploient et se recroquevillent au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;ils se rencontrent les uns les autres. L&rsquo;ouverture de la pi\u00e8ce se fait par une danseuse seule sur sc\u00e8ne, qui tourne lentement sur elle-m\u00eame au son d&rsquo;une musique dont les battements \u00e9voquent le rythme de l&rsquo;horloge. Apr\u00e8s ce d\u00e9but o\u00f9 la danseuse essaie tour \u00e0 tour de nombreuses positions dont l&rsquo;inconfort et le manque de naturel sont criants, un danseur arrive, l&rsquo;ignore d&rsquo;abord, tourne autour de la sc\u00e8ne, puis la rejoint. Par la suite les sc\u00e8nes font intervenir tous les danseurs, parfois ensemble, parfois en duo ou en groupes fragment\u00e9s. L&rsquo;une des sp\u00e9cificit\u00e9s de cette pi\u00e8ce est de n&rsquo;\u00eatre pas dans\u00e9e sur une sc\u00e8ne \u00e0 l&rsquo;italienne mais sur une sc\u00e8ne centrale, install\u00e9e dans le foyer du palais de Chaillot, de mani\u00e8re \u00e0 ce que les spectateurs voient les mouvements selon des angles diff\u00e9rents. Cette insistance sur le point de vue unique de chaque spectateur nous rappelle que le mouvement en danse est entier, total, et n&rsquo;a pas \u00e0 \u00eatre vu d&rsquo;un seul point de vue, de face seulement. Le corps tout entier est pris dans la danse, et chaque spectateur le per\u00e7oit \u00e0 sa mani\u00e8re. <em>OCD Love <\/em>nous montre un engagement total dans la danse\u00a0: chaque danseur s&rsquo;investit en poussant son corps jusqu&rsquo;\u00e0 ses limites, autant par l&rsquo;amplitude de certaines postures que par le travail pour saccader des mouvements qui nous paraissent familiers.\u00a0 La pi\u00e8ce dure \u00e0 peine une heure, mais elle bouleverse totalement le rapport au corps que l&rsquo;on vit quotidiennement\u00a0: ici tout est plus palpable, aussi bien l&rsquo;harmonie entre les \u00eatres, parfois, que le d\u00e9chirement et la maniaquerie qui peuvent nous envahir. La sc\u00e9nographie et les costumes sont sobres et orientent notre attention sur les corps des danseurs, qui sont au fond le seul sujet de la pi\u00e8ce\u00a0: le corps quand il va chercher au plus loin de ses possibilit\u00e9s pour rendre compte des \u00e9motions et des obsessions. Dans une interview Sharon Eyal disait que pour elle <em>OCD Love<\/em> sent \u00ab\u00a0comme des fum\u00e9es poussi\u00e9reuses\u00a0\u00bb, et c&rsquo;est bien le cas, \u00e0 ceci pr\u00e8s que la fum\u00e9e ne se dissipe pas.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marie Huber<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Ma premi\u00e8re vraie cr\u00e9ation, sans r\u00e9serve\u00a0\u00bb. C\u2019est en ces mots que Sharon Eyral parle de OCD Love, une production de sa compagnie L-E-V r\u00e9alis\u00e9e avec Gai Behar. Ce ballet contemporain est inspir\u00e9 du remarquable po\u00e8me OCD de Neil Hilborn qui narre \u00e0 la premi\u00e8re personne la d\u00e9ception amoureuse d\u2019un homme p\u00e9tri de TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs, OCD en anglais). Sharon Eyral cr\u00e9e avec instinct et cela se ressent\u00a0: chaque geste, esquiss\u00e9 avec une pr\u00e9cision chirurgicale, semble venir du c\u0153ur. La musique, mix\u00e9e en live par le musicien et DJ Ori Lichtik, est totalement int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 l\u2019esth\u00e9tique globale de l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur une sc\u00e8ne \u00e0 la hauteur d\u2019yeux s\u00e9parant le public en deux parties, une femme s\u2019avance pour un long solo introductif. La lenteur et le contr\u00f4le extr\u00eame de chaque mouvement ainsi que la musique minimaliste et r\u00e9p\u00e9titive installent une atmosph\u00e8re particuli\u00e8re, d\u2019abord d\u00e9routante puis fascinante. Un homme entre \u00e0 son tour et commence \u00e0 effectuer des tours de sc\u00e8ne, r\u00e9it\u00e9rant en boucle les m\u00eame gestes brusques, m\u00e9caniques, compulsifs. Son investissement total est celui d\u2019un acteur, jusque dans son regard fixe et inqui\u00e9tant. Les quatre autres danseurs font ensuite leur apparition et on assiste \u00e0 une succession de tableaux contrastants, de la danse \u00e9nergique de groupe au d\u00e9chirement int\u00e9rieur solitaire. L\u2019histoire mise en sc\u00e8ne est d\u2019abord difficile \u00e0 saisir exactement, semblant \u00eatre laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation du spectateur, cependant la lecture (ou mieux, l\u2019\u00e9coute) du texte de Hilborn \u00e9claire tout\u00a0; les couples qui se forment le temps d\u2019un duo puis se s\u00e9parent, la femme qui porte des coups par l\u2019interm\u00e9diaire des autres danseurs ou encore les gesticulations tourment\u00e9es sont autant de stylisations de la d\u00e9ception amoureuse du narrateur du po\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On pourrait d\u00e9finir un TOC (ou OCD) comme un malaise que seuls peuvent dissiper des gestes rituels, souvent irrationnels. Ici, tout cela est esth\u00e9tis\u00e9. Certains mouvements sont machinaux, artificiels \u00e0 l\u2019extr\u00eame, r\u00e9p\u00e9titif, v\u00e9ritable paroxysme de ce que pourraient \u00eatre ceux d&rsquo;un grand n\u00e9vros\u00e9. Le malaise na\u00eet des contorsions, de la musique parfois dissonante, de la nudit\u00e9 des corps, de l\u2019expression faciale des danseurs qui semblent par moments poss\u00e9d\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les costumes, noirs et diff\u00e9rents pour chaque danseur, laissent de nombreuses parties des corps d\u00e9nud\u00e9es. Ainsi la lumi\u00e8re des quelques projecteurs braqu\u00e9s sur les artistes met en valeur leur musculature, cr\u00e9ant un jeu d\u2019ombre fascinant sur les corps, comme un ballet dans le ballet. Outre la dimension sensuelle que cela apporte, rien de vient ainsi d\u00e9tourner l\u2019attention des mouvements des danseurs, ni cacher la perfection des gestes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique est ininterrompue pendant toute la dur\u00e9e du spectacle. Son volume fort et son c\u00f4t\u00e9 r\u00e9p\u00e9titif et hypnotique contribuent \u00e0 faire de ce ballet une exp\u00e9rience sensorielle \u00e0 part enti\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">OCD Love est une \u0153uvre o\u00f9 n\u2019est laiss\u00e9 au hasard\u00a0: \u00e9clairage, costume, musique, disposition sc\u00e9nique, expressions corporelle et faciale des danseurs, tout cela contribue \u00e0 cr\u00e9er un tout homog\u00e8ne expressif et narratifs, fascinant et esth\u00e9tiquement tr\u00e8s r\u00e9ussi.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Adrien Kerebel<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Longtemps la danse a eu pour id\u00e9al l&rsquo;\u00e9quilibre, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 infinie des gestes, la gr\u00e2ce surhumaine des mouvements. Effacer surtout tout indice de douleur, d&rsquo;effort ou de travail\u00a0; la beaut\u00e9 classique est \u00e0 ce prix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nijinski le premier cherche \u00e0 exprimer la souffrance \u00e0 travers la danse. Pas une \u00ab\u00a0tristesse majestueuse\u00a0\u00bb\u00a0: non, le d\u00e9s\u00e9quilibre visible qui atteint corps et \u00e2me l&rsquo;homme moderne. La danse contemporaine introduit la rupture, la disharmonie, la discordance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0OCD Love\u00a0\u00bb sonne comme un oxymore. \u00ab\u00a0Obsessive-compulsive disorder\u00a0\u00bb ou TOC en fran\u00e7ais d\u00e9signe un trouble mental qui se caract\u00e9rise par la r\u00e9p\u00e9tition obsessionnelle de pens\u00e9es ou de comportements anxieux. C&rsquo;est donc l&rsquo;histoire d&rsquo;un amour compulsif, ou d&rsquo;une convulsion d&rsquo;amour que se propose de mettre en sc\u00e8ne cette cr\u00e9ation de Sharon Eyal et Gai Behar, inspir\u00e9e par un po\u00e8me de Neil Hilborn. \u00ab\u00a0Il ne faut pas y chercher une volont\u00e9 de faire quelque chose de triste mais plut\u00f4t quelque chose que je devais sortir de moi, comme une pierre sombre que j\u2019ai dans la poitrine\u00a0\u00bb, d\u00e9clare Sharon Eyal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les corps des six danseurs mi-nus, mi-v\u00eatus de noir, tout droit arrach\u00e9s du c\u0153ur de la chor\u00e9graphe, semblent en effet taill\u00e9s dans une pierre sombre, \u00e0 la mani\u00e8re de statues de Rodin. Chaque muscle est tiraill\u00e9, sculpt\u00e9 par une tension continue. La sueur, visible, lisse leurs membres satin\u00e9s, creus\u00e9s par les jeux d&rsquo;ombre et de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle commence par un duo, un homme et une femme. Ils occupent l&rsquo;espace entier, ils pourraient danser ensemble mais leurs mouvements sont victimes d&rsquo;un d\u00e9calage irr\u00e9ductible\u00a0: ils ne se touchent jamais. C&rsquo;est donc un duo inachev\u00e9, irr\u00e9conciliable. La s\u00e9paration est accentu\u00e9e par le choix in\u00e9dit de la sc\u00e9nographie\u00a0: le public est lui-m\u00eame divis\u00e9 et plac\u00e9 d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 et de l&rsquo;autre de la sc\u00e8ne, chaque partie des spectateurs joue le miroir de l&rsquo;autre. Les regards des danseurs fixent successivement l&rsquo;un des deux c\u00f4t\u00e9s, inaccessibles \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque chor\u00e9graphie exprime une puissance grandiose, engag\u00e9e dans un rapport de force avec les autres danseurs pr\u00e9sents. Chaque chor\u00e9graphie illustre \u00e9galement un profond d\u00e9sespoir. Les corps sont anim\u00e9s de violence, de spasmes. Les danseurs se battent, ils convulsent. Certains gestes sont emprunt\u00e9s aux machines et traduisent les m\u00e9caniques insupportables de la folie, les engrenages de l&rsquo;angoisse. D&rsquo;autre sont emprunt\u00e9s aux oiseaux, aux f\u00e9lins\u00a0; ils traduisent l&rsquo;animalit\u00e9 redoutable, belle et dangereuse inscrite dans les profondeurs de l&rsquo;\u00eatre humain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La musique, compos\u00e9e par Ori Lichtik, accompagne avec pr\u00e9cision le sentiment d&rsquo;oppression v\u00e9hicul\u00e9 par le spectacle. D&rsquo;abord impitoyable comme le battement d&rsquo;une horloge, ou du c\u0153ur, elle mesure le temps qui passe, qui revient, qui se r\u00e9p\u00e8te\u00a0: le silence assourdissant d&rsquo;un dialogue impossible.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Justine Leret<\/h6>\n<hr \/>\n<p><em style=\"text-align: justify;\">OCD Love<\/em> \u00ab\u00a0[\u00e7]a sent comme des fum\u00e9es poussi\u00e9reuses, avec une odeur de fumoir. C\u2019est color\u00e9 dans une puret\u00e9 de gris, de noir et de bleu fonc\u00e9. \u00c7a sent comme la Lune\u2026\u00a0\u00bb nous explique Sharon Eyal. La danseuse et chor\u00e9graphe isra\u00e9lienne et Gai Behar s\u2019inspir\u00e8rent pour la cr\u00e9ation de ce ballet contemporain pour six danseurs pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot d\u2019un texte du po\u00e8te Neil Hilborn. L\u2019histoire d\u2019une femme amoureuse emp\u00eatr\u00e9e dans sa relation par les troubles obsessionnels compulsifs de son conjoint.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Si j\u2019avais gard\u00e9 tout cela en moi plus longtemps, cela m\u2019aurait pos\u00e9 des probl\u00e8mes\u00a0\u00bb. C\u2019est que cette danse est un exutoire, une th\u00e9rapie et le nirvana \u00e0 la fois. Et c\u2019est l\u00e0 toute la complexit\u00e9, mais aussi la force, de ces OCD, ou Troubles Obsessionnels du Comportement (TOC). Ils sont bruts et brutaux, incontr\u00f4lables et primaires. Pourtant ils expriment le geste pur, entier, \u00e0 la beaut\u00e9 saillante. Et ce tout autant qu\u2019ils d\u00e9rangent et effraient par leur inad\u00e9quation avec les carcans de la normalit\u00e9. L\u2019Expression m\u00eame, qui \u00ab\u00a0vient des tripes\u00a0\u00bb. En cela, la danse offre une forme de catharsis. Si les danseurs se d\u00e9cha\u00eenent de leurs passions, de leurs troubles, des rat\u00e9s des m\u00e9canismes de leur vie, le spectateur ne peut qu\u2019\u00eatre happ\u00e9 dans cette spirale d\u2019introversion extravertie. Ceci est d\u2019autant plus probant que la sc\u00e8ne est encadr\u00e9e en cour et jardin par le public. Celui-ci\u00a0 ne peut que faire face \u00e0 sa propre humanit\u00e9 par le miroir de r\u00e9actions et d\u2019\u00e9motions qui lui est pr\u00e9sent\u00e9, voire impos\u00e9. Chacun se retrouve face \u00e0 soi tout autant qu\u2019il est face \u00e0 un autre, face \u00e0 l\u2019Autre.<\/p>\n<p>Unit\u00e9 et dissociation, harmonie et t\u00e9tanie. Dans la p\u00e9nombre se d\u00e9ploient des corps ramass\u00e9s, tortur\u00e9s. Mais c\u2019est \u00e0 une \u00e9closion que l\u2019on assiste. Peu \u00e0 peu chaque danseur sort de sa chrysalide pour \u00e9panouir sa cr\u00e9ativit\u00e9 dans une sensualit\u00e9 croissante. Tableau d\u2019une immense puret\u00e9, presque d\u2019une candeur ing\u00e9nue de ces \u00e2mes mises \u00e0 nu. Une extr\u00eame sensibilit\u00e9, expos\u00e9e \u00e0 fleur de peau, passag\u00e8rement tranch\u00e9e, battue par d\u2019animales chim\u00e8res. Ruptures d\u2019\u00e9quilibre, mouvements arr\u00eat\u00e9s &#8211; et pourtant perp\u00e9tuel ajustement. Hypnotique, chamanique, exutoire, c\u2019est comme si la danse faisait partie int\u00e9grante de la vie et y offrait l\u2019osmose. Ils se prot\u00e8gent les uns les autres, mais dans cet unisson chacun est inaccessible, seul dans ce qu\u2019il ressent, face \u00e0 son propre d\u00e9r\u00e8glement des sens. Mais la musique, septi\u00e8me danseur \u00e0 part enti\u00e8re, par ses basses au violoncelle de plus en plus p\u00e9n\u00e9trantes, \u00e0 la fois visc\u00e9rales et m\u00e9caniques, transcende ces gestes abruptes pour les magnifier, les extasier.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai besoin de les voir danser avec leur \u00e2me\u00a0\u00bb. Et celle bien celle-ci que chaque danseur nous offre singuli\u00e8rement pour que nous atteignions les subtilit\u00e9s de la n\u00f4tre.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Isaline Mallet<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le samedi 29 avril je me suis rendue au th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot au Trocad\u00e9ro, superbe endroit. J\u2019\u00e9tais intrigu\u00e9e par ce qu\u2019allait \u00eatre OCD Love, je m\u2019attendais forc\u00e9ment \u00e0 y voir de la danse, avec comme th\u00e8me les troubles obsessionnels compulsif li\u00e9s \u00e0 l\u2019amour. Cette pi\u00e8ce, compos\u00e9e par Sharon Eyal et Gai Behar, est inspir\u00e9e d\u2019un po\u00e8me de Neil Hilborn. De plus, elle est produite par la compagnie de danse L-E-V et on doit sa direction technique \u00e0 Arlon Cohen. Enfin les danseurs sont Gon Biran, Darren Devaeny, Rebecca Hytting, Mariko Kakizaki, Keren Lurie-Pardes et Shamel Pitts. Pour Sharon Eyal, la chor\u00e9graphe, le texte de Neil Hilborn \u201c\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 de la chor\u00e9graphie, en tout cas un moule dans le quel couler son inspiration, se couler soi-m\u00eame.\u201d<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au d\u00e9but de la pi\u00e8ce, une femme rentre sur sc\u00e8ne avec comme fond sonore une musique faisant penser au tic-tac d\u2019une horloge, symbolisant certainement le temps qui passe. Tr\u00e8s vite, tous les danseurs sont pr\u00e9sents, et on sent comme une ambiance pesante. Les lumi\u00e8res, supervis\u00e9es par Thierry Dreyfus, ne permettent pas un \u00e9clairage \u00e9quilibr\u00e9 de la sc\u00e8ne durant la totalit\u00e9 du spectacle. Un cadre assez sombre est cr\u00e9\u00e9. C\u2019est d\u2019ailleurs ce qu\u2019en dit Sharon Eyal : \u201cJe vois tout tr\u00e8s sombre dans cette pi\u00e8ce, sombre et dans l\u2019ombre. Toi et ton ombre qui danse.\u201d On comprend rapidement le th\u00e8me majeur, qui est l\u2019amour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La mise en sc\u00e8ne rythme les d\u00e9placements des danseurs. Ils se tournent beaucoup autour et font na\u00eetre une ambiance oppressante. Ils communiquent avec le public en usant de jeux de regards, assez effrayants. On peut \u00e9galement entendre des cris venant de certains d\u2019entre eux. Tout cela confirme le titre de la pi\u00e8ce : OCD. En effet, le trouble obsessionnel compulsif est un trouble mental caract\u00e9ris\u00e9 par l\u2019apparition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e de pens\u00e9es intrusives (les obsessions) produisant de l\u2019inconfort, de l\u2019inqui\u00e9tude, de l\u2019appr\u00e9hension et\/ou de la peur; et\/ou de comportements r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et ritualis\u00e9s (les compulsions) pouvant avoir l\u2019effet de diminuer l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 ou de soulager une tension.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 la sc\u00e9nographie, il n\u2019y a pas de d\u00e9cor, la sc\u00e8ne est neutre, et les costumes sont tr\u00e8s sobres. Les femmes portent des body noirs, et les hommes sont torse-nus. Cela permet de d\u00e9voiler leur corps svelte et d\u2019assimiler davantage les mouvements. Ces derniers peuvent parfois rendre le spectateur mal \u00e0 l\u2019aise, car les danseurs, malgr\u00e9 une gestuelle a\u00e9rienne, se d\u00e9placent avec animosit\u00e9. Enfin, la disposition de la salle, qui place deux publics l\u2019un en face de l\u2019autre avec la sc\u00e8ne au milieu, oblige les danseurs \u00e0 respecter les pr\u00e9ceptes de la danse contemporaine, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ne pas faire de face-public, contrairement au moderne jazz.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Camille Michelin<\/h6>\n<pre>Photo : Regina Brocke<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Danse | Th\u00e9\u00e2tre national de Chaillot | En savoir plus C\u2019est dans le Grand Foyer du Th\u00e9\u00e2tre National de Chaillot que les spectateurs prennent place, attendant avec impatience de d\u00e9couvrir OCD Love, le spectacle cr\u00e9\u00e9 par Sharon Eyal et Gai Behar, dont c\u2019est la premi\u00e8re [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":9270,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,6,7],"tags":[],"class_list":["post-9290","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-danse","category-theatre-national-de-chaillot"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9290","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9290"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9290\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9290"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9290"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9290"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}