{"id":930,"date":"2016-12-12T20:00:41","date_gmt":"2016-12-12T19:00:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/chroniques\/?p=930"},"modified":"2016-12-12T20:00:41","modified_gmt":"2016-12-12T19:00:41","slug":"frere-animal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=930","title":{"rendered":"Fr\u00e8re animal"},"content":{"rendered":"<p>Spectacle musical | Philharmonie de Paris | <a href=\"http:\/\/philharmoniedeparis.fr\/fr\/activite\/serie-limitee\/16645-frere-animal\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Fr\u00e8re animal (second tour) est pr\u00e9sent\u00e9 au Philharmonie de Paris. Ce spectacle est \u00e9crit et mis en sc\u00e8ne par Florent Marchet et Arnaud Cathrine, accompagn\u00e9s par Val\u00e9rie Leulliot, Nicolas Martel, et Matthieu Gayout. Fr\u00e8re animal n&rsquo;est pas facile \u00e0 classer: est-ce une com\u00e9die musicale? Les musiciens sont trop statiques, et le th\u00e8me ne semble pas assez joyeux pour \u00eatre d\u00e9fini ainsi. Est-ce une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre? La musique y joue un r\u00f4le trop important. Fr\u00e8re animal est caract\u00e9ris\u00e9 par ses auteurs comme \u00ab\u00a0une fable ultra-contemporaine enti\u00e8rement en musique, parl\u00e9 et chant\u00e9\u00a0\u00bb. Et en effet, Fr\u00e8re animal peut \u00eatre d\u00e9fini comme une fable, c\u2019est \u00e0 dire un court r\u00e9cit en vers ou en prose qui vise \u00e0 donner de fa\u00e7on plaisante une le\u00e7on de vie. Car oui, on assiste \u00e0 une le\u00e7on de vie et de mani\u00e8re plaisante\u00a0: au gr\u00e9 de chansons. C\u2019est une satire tr\u00e8s politique de notre soci\u00e9t\u00e9 actuelle, marqu\u00e9e par les attentats, l\u2019augmentation du ch\u00f4mage et la mont\u00e9e des courants identitaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Thibault, le protagoniste principal, finit de purger sa peine pour avoir mis le feu \u00e0 son usine. Il sort enfin de sa prison apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es et retrouve son fr\u00e8re Renaud, maintenant mari\u00e9 avec un homme\u00a0; sa petite amie Julie qui l\u2019a quitt\u00e9 pour un autre, et son ami de longue date Benjamin, membre actif du parti identitaire Bloc National. Sans grande surprise, Thibault, qui n\u2019arrive pas \u00e0 retrouver un travail dans son petit village de province, se jette dans les bras de Benjamin et rejoint son parti identitaire. Il se retrouve alors en opposition totale avec son p\u00e8re et son fr\u00e8re, qui ne le comprennent pas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La sobri\u00e9t\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne (les acteurs sont tr\u00e8s statiques, leurs uniques mouvements sont pour \u00e9changer de place) renforce cette id\u00e9e qu\u2019une chose in\u00e9luctable est train d\u2019arriver\u00a0; les spectateurs sont dans l\u2019attente du moment o\u00f9 \u00e7a va \u00ab\u00a0\u00e9clater\u00a0\u00bb. Et \u00e7a \u00e9clate\u00a0: Thibault, exclu de chez lui par son p\u00e8re, finit par fuir la ville. Les \u00e9clairages, plut\u00f4t sombres, retranscrivent assez bien l\u2019ambiance noire et la d\u00e9sorientation de ce jeune homme perdu, rejet\u00e9 par tous, et qui se cherche une identit\u00e9. \u00a0La petite taille de la salle augmente l\u2019impression de proximit\u00e9 que le public ressent vis-\u00e0-vis de ce jeune homme, qu\u2019on a envie d\u2019aider et de conseiller. Fr\u00e8re animal d\u00e9crit, \u00e0 l\u2019aide de chansons vari\u00e9es et entra\u00eenantes, la perte de rep\u00e8res de Thibault avec justesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un spectacle puissant et prenant, en grande partie gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019excellente interpr\u00e9tation des musiciens et leur \u00e9nergie, qui nous interroge sur la mani\u00e8re dont un individu peut \u00eatre rapidement rejet\u00e9 et perdre ses rep\u00e8res.\u00a0 Le message est aussi tr\u00e8s politique\u00a0: les partis identitaires et leurs discours y sont tr\u00e8s fortement critiqu\u00e9s, ainsi que le r\u00f4le de la prison qui a d\u00e9connect\u00e9 Thibault du monde dans lequel il \u00e9tait ins\u00e9r\u00e9. Le seul b\u00e9mol de ce spectacle est le caract\u00e8re un peu clich\u00e9 de ces personnages, qui manquent parfois de profondeur, et le manich\u00e9isme pr\u00e9sent, notamment dans l\u2019opposition Thibault\/Benjamin-Renaud.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Anna Bellot<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encens\u00e9s pour le premier volet de leur \u00ab\u00a0fable ultra-contemporaine\u00a0\u00bb <em>Fr\u00e8re animal<\/em> en 2007, ses cr\u00e9ateurs ont remis le couvert et reprennent l&rsquo;histoire de leur (anti-)h\u00e9ros Thibaut, jeune homme issu d&rsquo;un milieu social d\u00e9favoris\u00e9 et d\u00e9rivant dans un contexte \u00e9conomique sinistr\u00e9, qui, \u00e0 bout de forces et de nerfs, avait mis le feu \u00e0 l&rsquo;usine o\u00f9 il travaillait, symbole de ces derniers viviers d&#8217;emplois industriels, qui p\u00e9rissent lentement sous le coup des d\u00e9localisations et autres plans de licenciement, alors qu&rsquo;ils sont l&rsquo;\u00e2me de villes dont ils embauchent une \u00e9norme partie de la population. Apr\u00e8s un long s\u00e9jour en prison, le jeune homme retrouve les siens, sa copine qui a refait sa vie sans l&rsquo;attendre \u00e0 Bruxelles, son fr\u00e8re en couple homosexuel, et, incapable de s&rsquo;orienter dans ce retour brutal \u00e0 une existence routini\u00e8re et d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e, tombe entre les griffes d&rsquo;un parti identitaire nomm\u00e9 Bloc national : et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il manque de basculer \u00e0 nouveau dans le crime, pour refuser au dernier moment de participer \u00e0 un acte de vandalisme maquill\u00e9 en d\u00e9linquance de jeunes d&rsquo;une cit\u00e9 voisine. Le tout, jou\u00e9 comme une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre, mais en musique d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On retiendra l&rsquo;\u00e9clectisme de musiciens passant d&rsquo;un instrument \u00e0 l&rsquo;autre, \u00e9changeant la basse pour le clavier ou le marimba, et d\u00e9montrant un grand talent pour entra\u00eener le public, hypnotis\u00e9 par des rythmes ent\u00eatants, dans la spirale infernale du personnage, et leur humour, avec un faux d\u00e9marrage (un probl\u00e8me de son qui leur am\u00e8ne \u00e0 tous sortir de sc\u00e8ne, sous les vivats de la foule, pour y revenir sous les vivats et sur fond de rires enjou\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;actualit\u00e9 du spectacle est un point fort : le parall\u00e8le avec un puissant parti d&rsquo;extr\u00eame-droite contemporain cr\u00e8ve les yeux et l&rsquo;allusion aux pr\u00e9tentions \u00e9lectorales de ce dernier (cette suite de Fr\u00e8re animal est un \u00ab\u00a0second tour\u00a0\u00bb) se laisse d\u00e9celer de m\u00eame : l&rsquo;exploration des coulisses d&rsquo;une cellule locale (le petit chef, fils de notable avenant et cauteleux, le menu d\u00e9tail du buffet servi aux adh\u00e9rents, le double discours, la permanence devenu la tani\u00e8re du h\u00e9ros&#8230;) d\u00e9note une certaine originalit\u00e9 parmi d&rsquo;autres productions contemporaines ambitieuses comme la BD <em>La pr\u00e9sidente<\/em>, de Fran\u00e7ois Durpaire (sc\u00e9nario) et Farid Boudjellal (dessin), ou le prochain film de Lucas Belvaux <em>Chez nous<\/em>. \u00c0 la critique en r\u00e8gle des auteurs et des acteurs du spectacle, s&rsquo; ajoute \u00e9galement un constat sur les difficult\u00e9s de se r\u00e9ins\u00e9rer dans un syst\u00e8me socio-professionnel gripp\u00e9, avec un parcours chaotique qui n&rsquo;est pas non plus sans rappeler la d\u00e9rive des apprentis djihadistes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 une performance vraiment efficace, on peut lui reprocher cependant deux lacunes, \u00e0 commencer par l&rsquo;accompagnement de l&rsquo;histoire par la musique, qui parfois, malgr\u00e9 une bonne ou\u00efe, emp\u00eache de bien saisir le d\u00e9tail des dialogues, et qui est peut-\u00eatre un peu trop r\u00e9p\u00e9titive par moments (en revanche, les chansons ne sont pas mal du tout, et tous les personnages poussent \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre la chansonnette). Plus regrettable \u00e0 nos yeux, le personnage principal, la \u00ab\u00a0fr\u00e8re animal\u00a0\u00bb, manque d&rsquo;\u00e9paisseur, est incessamment et donc assez invraisemblablement rabaiss\u00e9 par ses proches, enferm\u00e9 dans une figure de rat\u00e9, une deuxi\u00e8me fois abandonn\u00e9 par tous quand bien m\u00eame, \u00e0 la fin, il \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;emprise psychologique et \u00e0 la tentation d&rsquo;un mouvement clairement fascisant. R\u00e9sultat, un aveu d&rsquo;\u00e9chec \u00e0 ramener, dans la loi et dans la soci\u00e9t\u00e9, un animal sauvage, certes, mais aussi un refus d&rsquo;assumer sa propre fraternit\u00e9 avec lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour finir sur une note positive, la sc\u00e8ne de la sortie de la prison est vraiment tr\u00e8s bien pens\u00e9e, soulignant l&rsquo;incompr\u00e9hension du personnage qui se retrouve plus exactement \u00e0 la rue qu&rsquo;en libert\u00e9, et l&rsquo;ar\u00f4me le plus persistant de la repr\u00e9sentation est sans aucun doute le dynamisme contagieux des musiciens-compositeurs-chanteurs-acteurs-etc., jusqu&rsquo;au dernier moment, o\u00f9 l&rsquo;un d&rsquo;eux d\u00e9chire sans d\u00e9tours l&rsquo;un des tracts (pas si imaginaires que \u00e7a, peut-on imaginer, \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;en entendre la lecture) du Bloc national.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Martin Chevallier<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Philharmonie de Paris accueillait du 12 au 15 d\u00e9cembre 2016 Fr\u00e8re Animal pour une repr\u00e9sentation en concert de <em>Second tour<\/em>, leur deuxi\u00e8me album. Pour rappel, Fr\u00e8re Animal, c&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un premier album du m\u00eame nom, compos\u00e9 par le chanteur Florent Marchet et l\u2019\u00e9crivain Arnaud Cathrine et paru aux \u00e9ditions Verticales. Le groupe rassemblait d\u00e9j\u00e0, outre ce duo, Nicolas Martel (aux multiples talents de chanteur du groupe Las Ondas Marteles, mais aussi com\u00e9dien et danseur) et Val\u00e9rie Leulliot du groupe Autour de Lucie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais pas besoin d&rsquo;avoir forc\u00e9ment \u00e9cout\u00e9 ce premier album pour plonger dans cette suite : le concert commence judicieusement par un petit r\u00e9sum\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent. Dans cette satire du monde de l&rsquo;entreprise, Thibaut (Florent Marchet), le personnage principal, avait termin\u00e9 en prison suite \u00e0 l&rsquo;incendie qu&rsquo;il avait provoqu\u00e9 dans l&rsquo;usine de Comblet, ville fictive o\u00f9 il habitait alors. Quand il en ressort alors au d\u00e9but de ce deuxi\u00e8me album et concert, sa petite amie Julie (Val\u00e9rie Leulliot) ne l&rsquo;a pas attendu et est partie avec un autre, tandis que son fr\u00e8re Renaud (Arnaud Cathrine) s&rsquo;est mari\u00e9 avec un autre homme. Impossible pour Thibaut de retrouver du travail (encore moins \u00e0 l&rsquo;usine \u00e0 laquelle il avait mis le feu), et l&rsquo;isolement le gagne dans cette France d&rsquo;apr\u00e8s les attentats. Seul Benjamin (Nicolas Martel), son ami et responsable de l&rsquo;antenne locale du Bloc National, parti identitaire d\u2019extr\u00eame droite, lui tend la main\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Fr\u00e8re Animal (Second tour)<\/em> se r\u00e9v\u00e8le d\u00e8s les premi\u00e8res notes une belle surprise, et int\u00e9ressante par les r\u00e9flexions qu&rsquo;elle soul\u00e8ve. Musicalement, les chansons \u00e9tonnent et m&rsquo;ont beaucoup plu par leur aspect \u00e0 la fois chant\u00e9 et parl\u00e9, et un accompagnement pop-rock \u00e9nergique. On soulignera par exemple le terrifiant et charismatique discours de bienvenue au Bloc National du diabolique Benjamin Vairon (Nicolas Martel), \u00ab\u00a0Une chanson fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, ou ses \u00ab\u00a0Consignes\u00a0\u00bb pour gagner de nouveaux partisans. D&rsquo;autres illustrent \u00e0 merveille le d\u00e9sarroi de Thibaut (Florent Marchet) face au monde actuel qui l&rsquo;accueille (ou qui le rejette), comme la tr\u00e8s r\u00e9ussie \u00ab\u00a0Vis ma vie\u00a0\u00bb. Il y a eu un tr\u00e8s beau travail sur les ch\u0153urs \u00e9galement, qui apportent un peu de douceur \u00e0 certaines chansons comme \u00ab\u00a0Que fais-tu ?\u00a0\u00bb, la tr\u00e8s belle \u00ab\u00a0Messages personnels\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Sans moi\u00a0\u00bb. Bref, la playlist est diversifi\u00e9e, bien construite et excellente musicalement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais <em>Fr\u00e8re Animal (Second tour)<\/em>, c&rsquo;est aussi un album engag\u00e9 (on peut le dire), qui se penche sur la mont\u00e9e de ces partis extr\u00eames se nourrissant de l&rsquo;envie de repli sur soi et de cette identit\u00e9 nationale un peu floue, qui rassurent les gens se sentant d\u00e9laiss\u00e9s. Cette fable politique aborde avec intelligence et justesse ce qui attire tellement dans ces partis, mais aussi le d\u00e9sarroi de cette g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9boussol\u00e9e face \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 actuelle, qui ne parvient pas \u00e0 leur proposer une direction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En concert, le spectacle permet \u00a0alors de donner une dimension enti\u00e8re \u00e0 ce que chantent ses personnages. Pourtant, ce n&rsquo;\u00e9tait pas gagn\u00e9 : la sc\u00e8ne de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de la Philharmonie \u00e9tait tout juste assez grande pour accueillir les chanteurs et musiciens (dont Benjamin Vairon pour l&rsquo;accompagnement). Le d\u00e9cor semblait aussi tr\u00e8s minimaliste, pr\u00e9sentant un fond sobre et des lampadaires qui ressemblaient \u00e0 des lampes de bureau g\u00e9antes. Mais cela n&rsquo;a gu\u00e8re emp\u00each\u00e9 les membres du groupe de se d\u00e9placer, de se confronter l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre ou au public, voire d&rsquo;aller distribuer des tracts parmi les rang\u00e9es ! Le jeu des lumi\u00e8res \u00e9tait aussi tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9, entre lumi\u00e8re bleue \u00e9lectrique ou \u00e9clat rouge sang gla\u00e7ant, qui pouvaient compl\u00e8tement transformer la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En somme, <em>Fr\u00e8re Animal (Second tour)<\/em> est donc un excellent conte social qui prend v\u00e9ritablement son envol en concert. \u00c0 \u00e9couter absolument (avant les \u00e9lections) !<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Tiffany Moua<\/h6>\n<pre style=\"text-align: justify;\">Photo : Pierre et Florent<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Spectacle musical | Philharmonie de Paris | En savoir plus Fr\u00e8re animal (second tour) est pr\u00e9sent\u00e9 au Philharmonie de Paris. Ce spectacle est \u00e9crit et mis en sc\u00e8ne par Florent Marchet et Arnaud Cathrine, accompagn\u00e9s par Val\u00e9rie Leulliot, Nicolas Martel, et Matthieu Gayout. 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