{"id":9342,"date":"2017-05-11T20:00:52","date_gmt":"2017-05-11T18:00:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=9342"},"modified":"2017-05-11T20:00:52","modified_gmt":"2017-05-11T18:00:52","slug":"beowulf","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=9342","title":{"rendered":"Beowulf"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Sorbonne &#8211; Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | <a href=\"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/evenements\/beowulf\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9pop\u00e9e anglo-saxonne <em>Beowulf<\/em> est mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9t\u00e9e par Benjamin Bagby, grand sp\u00e9cialiste, chanteur, harpiste, chercheur en interpr\u00e9tation et reconstruction de la musique m\u00e9di\u00e9vale, et directeur de l\u2019ensemble <em>Sequentia<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle du 11 mai 2017 dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de l\u2019Universit\u00e9 Paris-Sorbonne est la premi\u00e8re repr\u00e9sentation parisienne du <em>Beowulf<\/em> de Bagby, rendue possible gr\u00e2ce \u00e9galement aux UFR de Musicologie et d\u2019Anglais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un po\u00e8me \u00e9pique du VIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, un guerrier goth vainquant monstres et d\u00e9mons, une interpr\u00e9tation \u00e0 la fa\u00e7on des \u00ab\u00a0chanteurs de conte\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019on pourrait croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un spectacle de connaisseurs pour les connaisseurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la salle il y avait sans doute des musicologues, des m\u00e9di\u00e9vistes, des anglicistes, mais certainement pas seulement\u00a0: un public \u00e9galement bien plus vari\u00e9 et moins expert s\u2019est laiss\u00e9 transporter par la transmission suggestive de la captivante narration.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, la maitrise performative de Bagby ne peut qu\u2019enchanter tous les passionn\u00e9s de th\u00e9\u00e2tre, de musique, de po\u00e9sie. Seul sur sc\u00e8ne pendant une heure et demie, il reproduit l\u2019\u00e9clectisme et l\u2019art des bardes m\u00e9di\u00e9vaux, entra\u00eenant le spectateur \u00e0 l\u2019aide de son chant, de sa musique et de son jeu d\u2019acteur. L\u2019harpe germanique \u00e0 six cordes, propre aux conteurs de l\u2019\u00e9poque, accompagne sa voix puissante dans le r\u00e9cit des gestes du h\u00e9ros.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais le narrateur est bien plus que cela\u00a0: non seulement il m\u00eale, alterne, superpose histoire, chant et m\u00e9lodie, mais il s\u2019adresse \u00e9galement au public. Il cligne de l\u2019\u0153il, il rappelle son r\u00f4le de v\u00e9ritable conteur, et sa pr\u00e9sence mimique et gestuelle se font partie int\u00e9grante de l\u2019interpr\u00e9tation jusqu\u2019au comique. Chanteur et d\u00e9clamateur, acteur et narrateur\u00a0: tous les arts sont donc agenc\u00e9 de mani\u00e8re captivante, sans solution de continuit\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019extraordinaire pr\u00e9sence sc\u00e9nique de Benjamin Bagby et \u00e0 sa profonde familiarit\u00e9 avec l\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors non, il ne s\u2019agit absolument pas d\u2019un spectacle pour les sp\u00e9cialistes d\u2019une des plusieurs disciplines en jeu dans cette remarquable reconstruction. Face \u00e0 une telle performance, au contraire, tout spectateur a la possibilit\u00e9 de se laisser emporter par un des arts \u2013 ou tous\u00a0! \u2013 mis en sc\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, par exemple, les sous-titres en fran\u00e7ais \u00e9tant projet\u00e9s trop en haut par rapport \u00e0 la sc\u00e8ne et \u00e0 l\u2019interpr\u00e8te \u2013 regrettable mais sans doute in\u00e9vitable dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre \u2013, il est tout aussi charmant de ne pas saisir parfaitement l\u2019intrigue, et de rentrer dans la performance en privil\u00e9giant le chant et le jeu d\u2019acteur, ainsi que les myst\u00e9rieux sons d\u2019un tr\u00e8s ancien anglais.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Silvia Guidice<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c9merveill\u00e9s par la beaut\u00e9 de l\u2019endroit, nous poussons les portes de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu, vieux de plus de 100 ans. C\u2019est Benjamin Bagby, chanteur, compositeur, harpiste et performeur de musique m\u00e9di\u00e9vale qui nous accueille, assis sobrement sur un tabouret. L\u2019atmosph\u00e8re du lieu est grandiose et silencieuse \u00e0 la fois, l\u2019assembl\u00e9e retient son souffle avant que l\u2019interpr\u00e8te ne commence \u00e0 entonner les premi\u00e8res notes du po\u00e8me \u00e9pique Beowful, d\u00e9clam\u00e9 en langue originale: l\u2019anglo-saxon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La voix porte et r\u00e9sonne \u00e0 travers l\u2019espace, elle est grave et lente. Nous repensons aux incantations chamaniques ou aux mysticismes du Seigneur des anneaux lorsque nous l\u2019entendons. La spiritualit\u00e9 qui \u00e9mane du po\u00e8te laisse l\u2019assistance de marbre, et c\u2019est quand nous remarquons qu\u2019il porte entre ses bras une lyre, que nous nous laissons finalement emporter par la m\u00e9lodie tout enti\u00e8re. C\u2019est un chant doux et celtique que l\u2019instrument laisse peu \u00e0 peu d\u00e9gager. Seul face au public la pr\u00e9sence sur sc\u00e8ne de Benjamin Bagby occupe enti\u00e8rement l\u2019espace, malgr\u00e9 une acoustique peu encline \u00e0 ce genre de prestation. Peu \u00e0 peu pourtant la salle s\u2019impr\u00e8gne de l\u2019esprit de ce que nous raconte le po\u00e8me. Au-dessus, un \u00e9cran affiche les sous-titres et nous sommes ainsi emport\u00e9s un peu plus dans l\u2019univers m\u00e9di\u00e9val, en appr\u00e9ciant ce r\u00e9cit d\u2019aventures et de rois anciens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il semble que dans nos t\u00eates, les paysages et les images que cr\u00e9ait la musique apparaissent soudainement. L\u2019ensemble m\u00e9lodique nous envoyant dans le pass\u00e9 de ce r\u00e9cit \u00e9pique de chevalerie et de qu\u00eate. La lyre s&rsquo;arr\u00eate quelque temps pour laisser la voix s\u2019\u00e9panouir dans un silence de plomb, puis reprend ses accords distillant sa magie. Enfin Benjamin Bagby, sans perdre son souffle, termine son r\u00e9cit uniquement avec la parole. D\u00e9pouill\u00e9 d\u2019instrument, l\u2019interpr\u00e8te nous livre le d\u00e9nouement du r\u00e9cit qui nous laisse dans un \u00e9tat second et mystique, un r\u00e9cit dont les \u00e9chos nous ont enchant\u00e9s pendant toute la prestation de ce passionn\u00e9, qui a r\u00e9ussi \u00e0 transmettre \u00e0 travers les \u00e2ges, la po\u00e9sie de Beowulf.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Estelle Magnieux-Pallatin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\">En partenariat avec l&rsquo;UFR d&rsquo;anglais et de musicologie, le spectacle <em>Beowulf<\/em> a \u00e9t\u00e9 produit dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de la Sorbonne. <em>Beowulf<\/em> est un po\u00e8me \u00e9pique anglo-saxon datant du VIII\u00e8me si\u00e8cle, il a \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9 par Benjamin Bagby, grand sp\u00e9cialiste de l&rsquo;interpr\u00e9tation de la musique m\u00e9di\u00e9vale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est une exp\u00e9rience peu commune que de replonger au Moyen Age : le po\u00e8me \u00e9pique est chant\u00e9 en vieil anglais, avec pour seul accompagnement instrumental une lyre. Pas d&rsquo;effets de sonorisation, de lumi\u00e8re ou de mise en sc\u00e8ne\u00a0: tout est authentique. Cependant, loin d&rsquo;\u00eatre per\u00e7u comme \u00ab\u00a0vieillot\u00a0\u00bb, ce spectacle \u00e9merveille les spectateurs par la m\u00e9connaissance de la langue originale, le ton de la voix, la force du chant et les notes de la lyre. C&rsquo;est une atmosph\u00e8re magique qui se cr\u00e9\u00e9e d\u00e8s les premi\u00e8res paroles du conteur, enveloppant le public dans une bulle transport\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 la technologie n&rsquo;existait pas encore&#8230; (ou presque, les surtitres en fran\u00e7ais \u00e9tant projet\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran pour permettre la compr\u00e9hension du texte).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;\u00e9pop\u00e9e est divis\u00e9e en plusieurs \u00e9pisodes dont le sch\u00e9ma narratif suit le motif traditionnel du r\u00e9cit\u00a0: situation initiale, \u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur, p\u00e9rip\u00e9ties, d\u00e9nouement et conclusion. Tout \u00e9tait calme et paisible dans le Royaume danois sous la gouvernance d&rsquo;un roi vertueux jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 Grendel, un\u00a0 monstre sanguinaire, arriva et saccagea la salle du Palais-de-Cerf pour d\u00e9vorer les guerriers ivres pendant leur sommeil. Le monstre faisait tellement de morts jours apr\u00e8s jours que l&rsquo;histoire se r\u00e9pandit au del\u00e0 des eaux et se sut de Beowulf, grand guerrier goth de noble sang au courage et \u00e0 la force sans pareilles. Lui et ses compagnons se rendirent alors au Royaume dans l&rsquo;unique but de d\u00e9livrer le roi de ce fl\u00e9au. Beowulf, dont les exploits n&rsquo;\u00e9taient pas inconnus de tous, arriva finalement \u00e0 battre Grendel \u00e0 mains nues, ce dernier p\u00e9rit mis\u00e9rablement lors de sa fuite. Ainsi fut narr\u00e9e et chant\u00e9e la force et le courage de Beowulf le h\u00e9ro l\u00e9gendaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les pauses entre chaque \u00e9pisode permettent de rendre compte de la progression du r\u00e9cit. Les diff\u00e9rentes mani\u00e8res de jouer la lyre (ou de ne pas la jouer) illustrent les diff\u00e9rents types de sc\u00e8ne (narration, dialogue, d&rsquo;action etc)\u00a0: au son de la musique, tant\u00f4t la tension se fait sentir, tant\u00f4t elle est rel\u00e2ch\u00e9e, permettant de tenir le public en haleine. La voix de Benjamin Bagby, extraordinaire, capte l&rsquo;attention des spectateurs en changeant de ton pour mimer la prise de parole des diff\u00e9rents personnages. Son chant clair et puissant r\u00e9sonne dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre et \u00e9meut les c\u0153urs des spectateurs, sa gestuelle ouvre le public sur un tout autre monde merveilleux de prouesses et de gloire. Un lien intime s&rsquo;est cr\u00e9\u00e9 entre le conteur et le public \u00e0 travers ce voyage dans le temps.<\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Eveline Su<\/h6>\n<pre>Photo : Hilary Scott<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Sorbonne &#8211; Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | En savoir plus L\u2019\u00e9pop\u00e9e anglo-saxonne Beowulf est mise en sc\u00e8ne et interpr\u00e9t\u00e9e par Benjamin Bagby, grand sp\u00e9cialiste, chanteur, harpiste, chercheur en interpr\u00e9tation et reconstruction de la musique m\u00e9di\u00e9vale, et directeur de l\u2019ensemble Sequentia. 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