{"id":9344,"date":"2017-05-15T20:00:15","date_gmt":"2017-05-15T18:00:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.culture-sorbonne.fr\/?p=9344"},"modified":"2017-05-15T20:00:15","modified_gmt":"2017-05-15T18:00:15","slug":"jowee-omicil-quartet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/?p=9344","title":{"rendered":"Jowee Omicil Quartet"},"content":{"rendered":"<p>Concert | Sorbonne &#8211; Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | <a href=\"http:\/\/festivaljazzsaintgermainparis.com\/event\/jowee-omicil-quartet\/\">En savoir plus<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Nous sommes le lundi soir d\u2019un printemps qui s\u2019ach\u00e8ve avant d\u2019avoir r\u00e9ellement commenc\u00e9, press\u00e9 par un \u00e9t\u00e9 \u00e9touffant, rattrap\u00e9 par un hiver qui n\u2019a pas encore dit son dernier mot, mais il semble ce soir que le ciel est apais\u00e9. Les couples, groupes d\u2019amis et solitaires qui entrent dans la cour d\u2019honneur de La Sorbonne sont de tous les \u00e2ges et de toutes les allures mais partagent un air de gaiet\u00e9. Nous sommes accueillis dans le hall des amphith\u00e9\u00e2tres par une \u00e9quipe de jeunes souriants qui nous dirigent avec un entrain contagieux. Il faut faire la queue pour entrer dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu, une l\u00e9g\u00e8re appr\u00e9hension se fait sentir \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ne pas avoir la meilleure place mais la disposition de la salle est adapt\u00e9e, assez grande pour accueillir la foule d\u2019enthousiastes et assez restreinte pour que l\u2019atmosph\u00e8re soit chaleureuse \u2013 pour que nous formions le corps qui va bient\u00f4t s\u2019enivrer de jazz. Jowee Omicil et ses trois musiciens \u2013 batteur, pianiste et guitariste \u2013 arrivent avec juste assez de retard pour que l\u2019impatience monte sans tourner au vinaigre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le saxophoniste et poly-instrumentiste virtuose commence par une adaptation de \u00ab\u00a0La vie en rose\u00a0\u00bb, de quoi se mettre dans la poche le public parisien. Les musiques de son nouvel album intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Let\u2019s bash\u00a0\u00bb, expression qui scandera tout le concert, m\u00ealent aux influences cr\u00e9oles le gospel, la soul, la culture hip-hop et, liant le tout, le jazz. Jowee Omicil entrecoupe chaque morceau, tant\u00f4t par une lanc\u00e9e d\u2019applaudissements pour ses musiciens et son producteur, tant\u00f4t par un petit num\u00e9ro personnel assez difficile \u00e0 d\u00e9crire. L\u2019artiste fait le clown en se baladant dans la salle, invite l\u2019assembl\u00e9e \u00e0 entonner en c\u0153ur \u00ab\u00a0Bash bash bash\u00a0!\u00a0\u00bb ou encore \u00e0 imiter des m\u00e9lodies qu\u2019il joue sur son saxophone ou sa clarinette.\u00a0 L\u2019essentiel est dans la joie qui emplit de plus en plus l\u2019espace, les spectateurs se laissent aller au rythme de la musique\u00a0; de ce que j\u2019ai observ\u00e9, personne ne peut rester sto\u00efque en face de l\u2019\u00e9nergique musicien.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le concert para\u00eet trop court, l\u2019on en sort presque frustr\u00e9 par les nombreuses interruptions qui nous semblent apr\u00e8s coup avoir \u00e9court\u00e9 le temps de musique. Et puis rapidement, l\u2019on se ravise, c\u2019est l\u2019ensemble qui nous restera en m\u00e9moire et l\u2019ensemble \u00e9tait vivifiant.<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Ali\u00e9nor Bazin<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le 15 Mai 2017 \u00e0 l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu la Sorbonne a v\u00e9cu un des moments les plus d\u00e9contract\u00e9s de son histoire avec <em>Jowee Omicil Quartet<\/em>. Le concert porte le m\u00eame nom de l\u2019album dont il c\u00e9l\u00e8bre la sortie, \u00ab\u00a0Let\u2019s Bash\u00a0\u00bb, et compose le Festival Saint Germain des Pr\u00e9s de jazz. Ceux qui connaissaient le groupe, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 au courant du mix d\u2019influences du r\u00e9pertoire mais ne s\u2019attendaient pas \u00e0 l\u2019explosion de sensations qu\u2019on a v\u00e9cu ce soir-l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Jowee Omicil est reconnu en tant que multi-instrumentiste et il a honor\u00e9 sa r\u00e9putation en changeant d\u2019instrument \u00e0 chaque musique. Au fur et \u00e0 mesure que le spectacle se d\u00e9roulait, les instruments s\u2019\u00e9parpillaient \u00e0 travers l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre. \u00c0 la fin il a fallu tout ramasser ce qu\u2019a provoqu\u00e9 un fou rire dans le public. Naturel, dr\u00f4le et intime sont trois mots qui d\u00e9finissent le concert du 15 Mai.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">\u00ab\u00a0Comment \u00e7a va la Sorbonne\u00a0?\u00a0\u00bb, la premi\u00e8re phrase qui donnait d\u00e9j\u00e0 le ton de la soir\u00e9e. Loin de se sentir intimid\u00e9s par le lieu, les musiciens se sont appropri\u00e9s de l\u2019espace tout en cassant les barri\u00e8res symboliques existantes entre le public et la sc\u00e8ne. Le saxophoniste se promenait dans l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre comme si c\u2019\u00e9tait chez lui. Il nous a fait des jeux d\u2019improvisation qui ont rendu la soir\u00e9e amusante dans tous les sens.\u00a0 Un des points forts de la soir\u00e9e a \u00e9t\u00e9 la chanson \u00ab\u00a0Sur le pont d&rsquo;Avignon\u00a0\u00bb interpr\u00e9t\u00e9e par le public sous la direction de Jowee Omicil qui tel <\/span><span style=\"font-size: 16px;\">Quant \u00e0 la musique, il s\u2019agit d\u2019un m\u00e9lange entre tradition et modernit\u00e9. Les racines cr\u00e9oles et latines se m\u00ealaient au hip-hop et au rap. Impossible d\u2019oublier le r\u00f4le du m\u00e9gaphone dans le concert\u00a0: toutes les interventions vocales dans le concert ont \u00e9t\u00e9 faites par le biais de son m\u00e9gaphone. Jowee Omicil ne s\u2019est pas servi do microphone laiss\u00e9 \u00e0 sa disposition et cela a donn\u00e9 un effet tr\u00e8s urbain et cosmopolite au concert qui contrastait avec le d\u00e9cor classique de l\u2019amphith\u00e9\u00e2tre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Revenons maintenant au titre du concert, \u00ab\u00a0Bash\u00a0\u00bb, qui signifie f\u00eate en anglais, dans un langage informel et urbain. Ceux qui ont eu la chance d\u2019assister au concert du 15 Mai sont s\u00fbrs d\u2019avoir ressenti une ambiance qui traduisait la signification du nom du concert. Bref, les musiciens jouaient avec passion et cet amour de la musique nous a \u00e9t\u00e9 transmis ce soir-l\u00e0. \u00c0 la fin du concert le saxophoniste et chanteur annon\u00e7a\u00a0: \u00ab\u00a0notre mission ce soir est de vous envahir avec de l\u2019amour\u00a0\u00bb. Mission r\u00e9ussite\u00a0!<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Daniela Bomfim<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">\u00a0C\u2019est \u00e0 l\u2019Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de la Sorbonne que se produit ce soir, lundi 15 mai 2017, le Jowee Omicil Quartet\u00a0: dans le cadre du Festival Jazz \u00e0 Saint-Germain-des-Pr\u00e9s se d\u00e9roulant du 11 au 22 mai 2017 \u00e0 Paris, le groupe au leader charismatique vient pr\u00e9senter son nouvel album \u00ab\u00a0Let\u2019s BasH\u00a0!\u00a0\u00bb devant un public plus qu\u2019enthousiaste comme on n\u2019en voit plus.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le ton du concert est donn\u00e9 d\u00e8s les premi\u00e8res notes jou\u00e9es, avec un Jowee Omicil pr\u00eat \u00e0 donner tout le dynamisme qui l\u2019habite \u00e0 ses spectateurs. En interaction constante avec le public, le jazzman ne cesse de se renouveler et de varier les ambiances musicales \u00e0 la lumi\u00e8re de ses diverses inspirations. Excellent au saxophone, au chant soprano et alto, \u00e0 la clarinette et m\u00eame au piccolo, le virtuose du groupe enchante l\u2019auditoire avec des influences jazzy se m\u00ealant \u00e0 ses origines cr\u00e9oles, au gospel, \u00e0 la soul, \u00e0 la culture hip-hop, et \u00e0 d\u2019autres folklores du monde entier\u2026 L\u2019hommage aux anciens n\u2019est pas en reste non plus, puisque le groupe se r\u00e9f\u00e8re aux illustres figures de Charlie Parker, Wayne Shorter et Ornette Coleman. Cette musique totale emprunte d\u2019ailleurs aussi \u00e0 Charles Aznavour, dont <em>La Boh\u00e8me<\/em> acquiert ici des accents tout nouveaux tant qu\u2019envo\u00fbtants.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">En somme, la soir\u00e9e prend des airs de f\u00eate et la salle est rapidement enchant\u00e9e par l\u2019enjouement de Jowee Omicil. \u00c0 coups de \u00ab\u00a0Bash\u00a0!\u00a0\u00bb, celui-ci entretient le lien de complicit\u00e9 et d\u2019\u00e9change avec nous, \u00e0 travers sa contagieuse bonne humeur. Les autres membres du quartet impressionnent \u00e9galement par d\u2019admirables solos, dont les oreilles sortent ravies\u00a0: qu\u2019il s\u2019agisse du piano de Jonathan Jurion, de Justwody Cereyon \u00e0 la basse ou de la batterie d\u2019Emmanuel Tilo Bertholo, les accords t\u00e9moignent d\u2019un brio exceptionnel, d\u2019une parfaite entente et d\u2019un sens du groove inou\u00ef. Cette transe d\u00e9bordante n\u2019emp\u00eache pas non plus une dimension humoristique propre \u00e0 Jowee Omicil, qui s\u2019exprime \u00e0 l\u2019aide de son m\u00e9gaphone et requiert une \u00e9coute et r\u00e9p\u00e9tition attentives de ses vocalises de la part d\u2019un public qui se pr\u00eate habilement au jeu. Pour montrer sa proximit\u00e9 avec le spectateur, le musicien aborde m\u00eame certaines personnes venues l\u2019\u00e9couter en s\u2019asseyant pr\u00e8s d\u2019elles. Pari r\u00e9ussi donc pour le Jowee Omicil Quartet, qui en proposant une musique prot\u00e9iforme, parle \u00e0 tous et parvient \u00e0 rendre accessibles des airs parfois difficiles \u00e0 appr\u00e9hender.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">On ressort, comme promis en d\u00e9but de soir\u00e9e, pleins d\u2019amour, et de jazz\u00a0!<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Marianne Bouyssarie<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Pour sa dix-septi\u00e8me \u00e9dition, le festival Saint-Germain-Des-Pr\u00e9s r\u00e9unissait les plus grands noms du jazz dans la capitale, du 11 au 22 mai. Cr\u00e9\u00e9 par l&rsquo;association L&rsquo;esprit Jazz en 2001, cet \u00e9v\u00e9nement majeur du jazz de la sc\u00e8ne parisienne se d\u00e9roule dans un cadre idyllique et unique. Les diff\u00e9rents concerts, conf\u00e9rences, master classes et expositions de photographies organis\u00e9s sont dispatch\u00e9s dans plusieurs lieux incontournables et patrimoniaux de Paris. Les \u00e9glises de Saint-Germain-Des-Pr\u00e9s et de Saint Sulpice ouvrent leurs portes aux rythmes endiabl\u00e9s du jazz. Le th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Od\u00e9on, la Maison des Oc\u00e9ans ou encore le Mus\u00e9e de Cluny se pr\u00eatent au jeu accueillant aussi bien des t\u00eates d&rsquo;affiches que des jeunes talents. Le festival a re\u00e7u en 2008 Norah Jones, pour son tout premier concert en France\u00a0; Manu Dibango, saxophoniste et chanteur camerounais, fut re\u00e7u au festival en 2013\u00a0; Lisa Simone ouvrit le bal en 2001 ou encore Ben l&rsquo;Oncle Soul \u00e9tait invit\u00e9 au festival de cette ann\u00e9e. Les universit\u00e9s parisiennes Panth\u00e9on-Assas et le Sorbonne-Paris IV accueillirent en leur sein un grand nombre d&rsquo;artiste &#8211; donnant, par la m\u00eame occasion, l&rsquo;opportunit\u00e9 de d\u00e9couvrir, ou red\u00e9couvrir, la Cour d&rsquo;honneur de la Sorbonne notamment. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs dans cette derni\u00e8re que\u00a0 Jowee Omicil s&rsquo;est produit pour le plus grand plaisir de tous.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">N\u00e9 \u00e0 Montr\u00e9al, d&rsquo;origine ha\u00eftienne, l&rsquo;artiste virtuose et multi-instrumentaliste a interpr\u00e9t\u00e9 son tout nouvel album de 2017, <em>Let&rsquo;s Bash<\/em>; accompagn\u00e9 au piano et au synth\u00e9tiseur Fender Rhodes par Jonathan Jurion\u00a0; le martiniquais Justwody Cereyon \u00e9tait \u00e0 la basse et enfin Emmanuel Tilo Bertholo \u00e9tait \u00e0 la batterie. Son nouvel opus a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 dans le sud de la France, \u00e0 Avignon, aux studios La Buissonne. Il est le fruit de cinq jours de travail et d&rsquo;un m\u00e9lange de genres musicaux dont s&rsquo;inspire l&rsquo;artiste, entre la funk, le hip-hop, le folklore, son jazz est un monde en lui-m\u00eame. Non seulement, Jowee Omicil \u00e9tonne et stup\u00e9fait son public par sa ma\u00eetrise d&rsquo;un grand nombre d&rsquo;instruments comme du saxophone soprano et alto, du piccolo (commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab\u00a0petite fl\u00fbte\u00a0\u00bb), de l&rsquo;harmonica, de la trompette&#8230; Mais aussi, il surprend et enflamme son public\u00a0! Lors de son concert, arm\u00e9 d&rsquo;un m\u00e9gaphone dont le son \u00e9tait \u00e0 revoir, il interpelle l&rsquo;audience, lui parle, lui pose des questions, l&rsquo;invite \u00e0 chanter\u00a0! Son professeur de yoga et mentor \u00e9tait dans la salle, ce soir l\u00e0, Jowee Omicil prend alors le temps d&rsquo;\u00e9changer quelques mots avec lui. Jowee Omicil n&rsquo;\u00e9tait pas simplement l\u00e0 pour nous jouer sa musique, mais bien pour la partager avec nous, en cr\u00e9er une nouvelle et surtout, il voulait que l&rsquo;on \u00ab\u00a0bash\u00a0\u00bb\u00a0tous ensemble- petit clin d\u2019\u0153il aux \u00ab\u00a0bash parties\u00a0\u00bb, ces f\u00eates joyeuses d&rsquo;outre-Atlantique. Ce mot \u00ab\u00a0bash\u00a0\u00bb fut r\u00e9p\u00e9t\u00e9, chantonn\u00e9, pendant tout le concert, cr\u00e9ant une harmonie musicale entre le public et la sc\u00e8ne. Jowee Omicil nous a d\u00e9sinhib\u00e9, le temps d&rsquo;une soir\u00e9e et, cela, qu&rsquo;au moyen de son jazz pr\u00e9cieux. Il nous a livr\u00e9 une ode au jazz, \u00e0 la fois rendant hommage aux plus grands comme Aznavour avec <em>La Boh\u00e8me<\/em>, ou encore au Cap-verdien Luis Morais ou encore \u00e0 Tinariwen. Son jazz f\u00fbt un v\u00e9ritable hymne \u00e0 l&rsquo;amour, Jowee Omicil lui-m\u00eame le disait, il voulait nous \u00ab\u00a0envahir d&rsquo;amour\u00a0\u00bb. L&rsquo;artiste, dont la devise est \u00ab\u00a0Je veux que le jazz redevienne populaire\u00a0\u00bb, a su plaire \u00e0 chacun, que l&rsquo;on aimait, ou d\u00e9couvrait le jazz, les corps, dans le public, se tortillaient, les t\u00eates bougeaient en rythme, peu \u00e0 peu toute l&rsquo;assembl\u00e9e se d\u00e9hanchait. Le jazz d&rsquo;Omicil est un jazz du monde, folklore, brassant une multitude de culture, s&rsquo;impr\u00e9gnant \u00e0 la fois de la solennit\u00e9 religieuse et forte du Gospel, qui a marqu\u00e9e son enfance,\u00a0 et s&rsquo;inspirant du blues de Nouvelle Orl\u00e9ans, y m\u00ealant des sonorit\u00e9s africaines et carib\u00e9ennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le temps d&rsquo;un concert, dans l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu, Jowee Omicil a soutenu sa th\u00e8se, sa th\u00e8se d&rsquo;amour, de libert\u00e9, de joie de vivre\u00a0d\u00e9di\u00e9e au jazz. L&rsquo;artiste a salu\u00e9, nous a remerci\u00e9 ainsi que ses comp\u00e8res, puis, il a rendu hommage \u00e0 ses instruments, qui sous nos applaudissements ont pris vie.<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Amandine Cheval<\/h6>\n<hr \/>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le musicien Jowee Omicil est venu \u00e0 la Sorbonne soutenir une th\u00e8se qui aura marqu\u00e9 les esprits. \u00ab\u00a0Il faut se soutenir\u00a0\u00bb, a-t-il lanc\u00e9, filant le jeu de mots tout au long du concert. Jowee Omicil (qui alternait entre saxophone soprano, alto, clarinette et piccolo) et ses trois musiciens \u2013 Jonathan Jurion (entre le piano et le fender rhodes), Justwodey Cereyon (\u00e0 la basse), et Emmanuel Tilo Bertholo (incroyable \u00e0 la batterie), plus un second pianiste, arriv\u00e9 pour la derni\u00e8re musique et le rappel \u2013 ont \u00e9t\u00e9 en effet soutenus, applaudis, voire ovationn\u00e9 par un public que n&rsquo;a pas effray\u00e9 le vieux plancher grin\u00e7ant de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Jowee Omicil est un v\u00e9ritable personnage qui a suscit\u00e9 l&rsquo;enthousiasme g\u00e9n\u00e9ral. Il a su faire participer, chanter et bouger un public assis sur des bancs serr\u00e9s, avant \u00eatre capable aussi de faire parler sa clarinette. A la fin, le public s&rsquo;est lev\u00e9 \u2013 deux fois\u00a0! \u2013 pour saluer la performance remarquable du groupe. Le musicien lui-m\u00eame a eu l&rsquo;air saisi d&rsquo;un \u00e9tonnement agr\u00e9able.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Car s&rsquo;il ne manque pas d&rsquo;humour, Jowee Omicil est surtout un admirable jazzman, qui ma\u00eetrise avec clart\u00e9 chacun de ses instruments et dont le style est nourri de multiples influences, des rythmes carib\u00e9ens au gospel, en passant par la soul et la culture hip-hop. L\u2019\u00e9clectisme de la performance a \u00e9t\u00e9 assum\u00e9 d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre\u00a0: le concert a commenc\u00e9 avec une r\u00e9f\u00e9rence discr\u00e8te au fameux <em>Salt Peanuts<\/em> de Dizzy Gillespie et une reprise comique de\u00a0\u00ab\u00a0Sur le Pont d\u2019Avignon\u00a0\u00bb pour se conclure par un magnifique hommage \u00e0 \u00ab\u00a0Herr Mozart\u00a0\u00bb, avec une reprise fascinante de la Symphonie n\u00b041.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Jowee Omicil pr\u00e9sentait ainsi son nouvel album, \u00ab\u00a0Let&rsquo;s Bash\u00a0\u00bb, probablement une r\u00e9f\u00e9rence aux festivit\u00e9s des \u00ab\u00a0bash parties\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Bash\u00a0\u00bb fut le mot d&rsquo;ordre de la soir\u00e9e, entonn\u00e9 avec joie par le public au rythme des indications du musicien. Mais le plus important peut-\u00eatre, c\u2019est que \u00ab\u00a0Bash\u00a0\u00bb est un mot myst\u00e9rieux et polys\u00e9mique \u2013 \u00e0 la fois cri de combat et d&rsquo;amour \u2013 qu\u2019il charge d\u2019un nouveau sens au cours du concert\u00a0: il devient un cri de ralliement. Dans le making-off de l\u2019album, il affirme que l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 est recherch\u00e9e\u00a0: pour se laisser emporter dans son monde, il faut lui faire confiance et r\u00e9p\u00e9ter avec lui un mot qui est <em>\u00e9tranger <\/em>aux auditeurs, jusqu\u2019\u00e0 ce que la r\u00e9alit\u00e9 de la communion vienne effacer le sens m\u00eame du mot. Lors de la ballade \u00ab\u00a0Love and Honesty\u00a0\u00bb, ind\u00e9niablement le climax du concert, une ambiance de transe quasi-religieuse s&rsquo;est faite ressentir.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">\u00a0Dans la simplicit\u00e9 et la force des m\u00e9lodies scand\u00e9es, en laissant une couleur s\u2019installer longuement avant de se lancer dans une improvisation \u00e9volutive, on sent la volont\u00e9 d\u2019une musique sociale et joyeuse, qui donne le temps de s\u2019exprimer, qui renoue les \u00e2mes entre elles tout en les rassurant. Jowee Omicil souhaite ainsi rendre le jazz de nouveau populaire. Il me semble que \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb a ici deux sens\u00a0: il y a \u00e0 la fois l\u2019id\u00e9e que le jazz puisse toucher tout le monde et s\u2019\u00e9loigner d\u2019un herm\u00e9tisme qui lui est trop souvent associ\u00e9, et l\u2019id\u00e9e qu\u2019il puisse \u00ab\u00a0rassembler\u00a0\u00bb, devenir un lieu de f\u00eate commune, \u00e0 la fa\u00e7on des bals populaires. Pour ce concert au moins, c\u2019est un pari r\u00e9ussi\u00a0: durant la soir\u00e9e, il a d\u00e9clar\u00e9 \u00eatre l\u00e0 pour donner de l&rsquo;amour, \u2013 nous l&rsquo;avons, manifestement, re\u00e7u, et cela lui a \u00e9t\u00e9 rendu.<\/span><\/p>\n<h6 style=\"text-align: right;\">Justine Leret<\/h6>\n<hr \/>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">La sc\u00e8ne se d\u00e9roule sous les ors de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu de la Sorbonne, le lundi 15 mai \u00e0 20h30. Jowee Omicil et son quartet (quatuor de jazz pour les non initi\u00e9s) arrivent en sc\u00e8ne sous les applaudissements nourris d&rsquo;un public nombreux et d\u00e9j\u00e0 conquis.<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Le jazzman est venu nous pr\u00e9senter, en avant-premi\u00e8re pour ainsi dire, son nouvel album\u00a0: \u00abLet&rsquo;s BasH\u00a0!\u00a0\u00bb, r\u00e9f\u00e9rence aux \u00ab\u00a0bash parties\u00a0\u00bb, f\u00eates n\u00e9es de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;atlantique. Le jazz que nous propose Jowee Omicil est tout particulier\u00a0: il est fait de ses multiples p\u00e9r\u00e9grinations \u00e0 travers le monde. Chaque morceau nous entra\u00eene, parfois all\u00e8grement, parfois avec m\u00e9lancolie, dans une r\u00e9gion du monde inconnue jusqu&rsquo;alors. Pour ceux qui ont eu la chance de se frotter \u00e0 la culture cr\u00e9ole, comme votre serviteur, c&rsquo;est un bonheur de d\u00e9couvrir la mani\u00e8re dont Jowee Omicil est parvenu \u00e0 transfigurer cet aspect de ce qu&rsquo;il est dans sa musique.<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Qualifier la musique de notre jazzman est un exercice p\u00e9rilleux et sans doute apor\u00e9tique. Chaque morceau donne lieu \u00e0 une r\u00e9invention, tant il puise dans des origines diverses, qui vont des jazzmen les plus classiques (tels Charlie Parker, figure apparemment tut\u00e9laire pour notre musicien) aux inspirations glan\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 du hip-hop. Les solos du trompettiste provoquent chez le public la m\u00eame tension que lors d&rsquo;un riff de guitare endiabl\u00e9 \u00e0 un concert de Rock. Il se laisse emport\u00e9 par le rythme d\u00e9licieusement d\u00e9cadent du quartet. Bien entendu, cette r\u00e9invention musicale peut choquer les oreilles peu habitu\u00e9es \u00e0 un tel ton subversif. L&rsquo;apparition du gospel en plein milieu d&rsquo;un morceau \u00e9tonne, interroge, perturbe. Mais ce faisant, c&rsquo;est toute notre conception du jazz, et parfois nos a priori, que renouvelle Jowee Omicil.<\/span><\/p>\n<p class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 16px;\">Ce qui est certain, c&rsquo;est que l&rsquo;homme et son groupe poss\u00e8dent un v\u00e9ritable sens de la sc\u00e8ne qui aura su s\u00e9duire un public aux anges. Il nous sourit, cligne de l\u2019\u0153il, nous parle. Loin des clich\u00e9s d&rsquo;un jazz guind\u00e9 et \u00e9litiste r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 quelques <i>happy few<\/i>, le Jowee Omicil Quartet d\u00e9poussi\u00e8re un style musical qui a encore de beaux jours devant lui comme en t\u00e9moignent les longs applaudissements qui marqu\u00e8rent la fin d&rsquo;un spectacle dont les embard\u00e9es r\u00e9sonneront longtemps sous les dorures de l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu.<\/span><\/p>\n<h6 class=\"Standard\" style=\"text-align: right;\">Hugo Toudic<\/h6>\n<pre class=\"Standard\" style=\"text-align: justify;\">Photo : Mariagrazia Grove<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p class=\"text-justify mb-2\" >Concert | Sorbonne &#8211; Amphith\u00e9\u00e2tre Richelieu | En savoir plus Nous sommes le lundi soir d\u2019un printemps qui s\u2019ach\u00e8ve avant d\u2019avoir r\u00e9ellement commenc\u00e9, press\u00e9 par un \u00e9t\u00e9 \u00e9touffant, rattrap\u00e9 par un hiver qui n\u2019a pas encore dit son dernier mot, mais il semble ce soir [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":8084,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,25,60],"tags":[],"class_list":["post-9344","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-archives","category-concert","category-sorbonne"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9344","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=9344"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/9344\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=\/"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=9344"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=9344"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/chroniques.sorbonne-universite.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=9344"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}