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Bibliothèque nationale de France – site Richelieu – galerie Mansart et galerie Pigott

Janvier 2026

En pénétrant dans l’espace de l’exposition, j’ai été vivement frappée par la richesse visuelle de ce que j’apercevais. Le lieu met en lumière une facette surprenante, mais essentielle, du groupe des Nabis : l’art de l’estampe. Y sont exposées leurs lithographies en couleur et leurs gravures sur bois que l’on connaît bien moins que leurs peintures.

En effet, près de 200 estampes, affiches, illustrations et objets décoratifs racontent l’histoire d’une décennie parisienne de la fin du XIXe siècle. Les pièces proviennent en majorité de la collection de la BNF enrichie par des prêts des grands musées internationaux.

Un peu d’étymologie s’impose pour comprendre ce mouvement : le terme « nabi », dérivé de l’hébreu « prophète », a été proclamé par ces artistes qui voulaient révolutionner l’art et en faire une force vectrice dans la société. Leur but était d’intégrer le beau dans la vie quotidienne. C’est précisément cet aspect que les commissaires Céline Chicha-Castex et Valérie Sueur-Hermel ont mis en avant ici. Elles ont structuré le parcours en sections thématiques qui rendent l’expérience à la fois pédagogique et inspirante.

Ainsi, cette exposition constitue une belle invitation à redécouvrir les Nabis sous un nouveau spectre, au-delà de la peinture. Elle illustre leur volonté de faire de l’art, auparavant réservé aux musées, un médium vivant, accessible et faisant partie intégrante de l’environnement de chacun. De cette manière, elle met le projecteur sur une décennie foisonnante où l’art a dépassé les limites des codes figés dans le temps.

J’aimerais faire un parallèle avec une autre exposition que j’ai eu la chance de visiter au Musée du Luxembourg à Paris en 2019 qui s’intitulait « Les Nabis et le décor ». Elle présentait les peintures, tapisseries, papiers peints, paravents et pièces décoratives de moyenne envergure qui démontraient ce besoin de transformer les espaces de vie ainsi que d’abolir la frontière entre beaux-arts et objets domestiques. En comparaison, la BNF se focalise sur l’impact des Nabis sur l’univers graphique. Les deux approches, très complémentaires, m’ont permis d’enrichir ma compréhension de l’ambition de ce mouvement parisien qui avait pour projet de flouter les bords entre l’art et l’ordinaire.

Crédit photo : BNF

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