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Opéra Bastille

Samedi 6 décembre 2025

Le ballet Notre Dame de Paris de Roland Petit est un monument du néo-classique français. Il est brillamment monté et dansé par le ballet de l’Opéra de Paris avec comme danseurs principaux Amandine Albisson dans le rôle d’Esmeralda et Hugo Marchand dans celui de Quasimodo, qu’il parvient à interpréter en déformant volontairement son corps et ses pas et en se rendant laid malgré l’excellence de danse. De son côté, la danseuse étoile incarne avec élégance et force la bohémienne à travers des pas de deux particulièrement émouvants où musique et chorégraphie se mêlent pour annoncer les drames à venir. Le premier danseur Pablo Legasa se révèle quant à lui dans le rôle de Frollo dont il montre avec force la noirceur. Il impressionne par sa danse légère et sa technique absolument maîtrisée.

Malheureusement, en dehors des pas de deux et des solos qui montrent la beauté et les possibilités corporelles permises par le néo-classique, les chorégraphies de groupe me semblent un peu datées. Les pas ne mettent pas en valeur les qualités techniques pourtant évidentes des danseurs et les moments de groupes semblent parfois manquer de précision et d’intérêt. Il s’agit surtout d’une succession de pas, parfois virtuoses, presque gymniques, mais sans véritable sens esthétique ou chorégraphique. 

Les décors sont de leur côté particulièrement grandioses. Ces immenses formes labyrinthiques, en rappelant les structures des églises, donnent à la scène une profondeur impressionnante qui permet aux danseurs de déambuler en leur sein et de prendre ainsi possession des décors. Ces derniers symbolisent avec ingéniosité les changements de lieux et de temps du récit et participent alors pleinement du déroulé du ballet.

Crédit photo : Anne Deniau

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